Nous avons réuni dans cette sélection trois  nouveautés du portail Ciné + qui nous ont particulièrement touchés dans la sélection du mois d'août : 

1/Jojo Rabbit 

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Il y a beaucoup de points communs entre Jojo Rabbit et Boy tant le réalisateur privilégie le traitement de l'humour, un humour découlant du décalage entre la narration de l’enfant et la réalité à l’image.

Le film possède donc un réel charme tenace, lié à une poésie et une fantaisie de tous instants, et des idées comiques vraiment réjouissantes

 Le sujet  de Jojo Rabbit était casse gueule et le réalisateur  s' en sort vraiment  bien dans la lignée des Lubitch ou des Chaplin qui eux aussi ont osé tourner en dérision les horreurs du nazisme ...

Taika Waititi fait preuve d'audace, d'irreverence, évidemment mais jamais d'irrespect et de ridicule et trouve en Roman Griffin Davis un jeune homme de dix ans pas tête à claque pour un sou.. 

 

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C' est un peu "Le petit Nicolas " qui rencontre  le IIIème Reich. 
La morale serait:  méfions nous de ce que l'on met dans la tête des enfants. et pose avec plus de subtilité qu'attendu la question de l'endoctrinement de nos chères têtes blondes.
Car nous sommes dans le cerveau fragile d' un enfant de 10ans et cela est fortement bien rendu, ce qui explique l'image très stylisée. et le mélange entre onirisme et réalisme..
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C' est du réalisme ripoliné, colorisé par la  vision idéalisée  et innocente de l' enfance.
Ce qui rend encore plus fort les éclairs de violence comme les pendaisons, la jeune juive cachée .ou bien évidemment, une des idées explosives du film, Hitler l'ami imaginaire  joué par le cinéaste lui même....
Entre rires et larmes, ce Jojo Rabbit  mérite largement le coup d'oeil... et même plus ! 

2/ Mine de rien

 5 © 2018 M

 L'émancipation des femmes, le racisme, l’accueil des réfugiés, le quotidien de femmes sdf ou les mésaventures d'un trio d'ouvrières. : les comédies sociales à la française ont le vent en poupe, comme un documentaire nous l'expliquait  récemment à la télévision .

Le succès l'an passé des Invisibles de Louis Jean Petit a forcément donné des idées à d'autres cinéastes  de surfer sur cette vague de  comédie sociale "à la française", en sachant que ces derniers s'insrivent avant tout dans le cinéma qui aura donné ses vraies lettres de noblesse de genre, le cinéma anglais.

5 © 2018 M

Ceci est particulièrement criant en regardant Mine de Rien,  le premier long métrage du comédien Mathias Melkuz- qu'on avait beaucoup aimé dans les films de Benoit Cohen au début des années 90, nos enfants chéris par exemple.

Tout du long du film, on pense forcément aux grandes comédies sociales anglaises des années 90 de The Full Monty de Peter Cattaneo en passant par The Van de Stefan Frears ou notre coup de coeur les  virtuoses  sincérité de ton et des seconds rôles touchants .

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A travers ce groupe de chomeurs en réinsertion qui vont avoir l'idée de réhabiliter leur mine en déshérence pour en faire un parc d'attraction, on comprend bien où veut en venir le cinéaste: montrer des gens qui essaient de relever la tête en dépit de l'adversité tout en gardant un attachement fort aux racines du passé et de leur patrimoine culturel..

Ici, on est au coeur du Nord de la France- Hauts de France désormais- , le pays des mineurs et des corons et c'est tout une imagerie, de Bachelet ou Vieux de Daniel Guichard qui est convoquée .

Comme dans les chroniques sociales pré citées, Mathias Melkuz s'attache à décrire une belle galerie de personnages profondément humains- excellement défendus par des comédiens d'une belle générosité, Arnaud Ducret- qui abandonne pour un temps ses comédies lourdaudes- en tête  et attachants, qui gardent l'humour et la fraternité pour tenter de s'en sortir .

2 MINE DE RIEN © Eddy Brière – M

Le film embrase cette générosite et s'avère être une chronique chorale profondément touchante et optimiste qui ne surfe certes pas forcément dans la même catégorie que les films anglais ou même si on reste sur le cinéma français que  les Invisibles, plus ambitieux dans sa forme et son écriture,  mais qui fait quand même un bien fou et un bel exemple de ce renouveau de la comédie sociale française. 

 3/La fameuse invaion des ours de sicile 

On connait Lorenzo Mattotti pour ses bandes dessinées et ses illustrations, mais il s’est plusieurs frotté à l’animation, avec par exemple le segment "La Bête" dans le long-métrage "Peur(s) du noir" des studio Folimage, ou bien encore sa belle colloboration au Pinocchio d'Enzo D'Allo.

 "La Fameuse Invasion des Ours en Sicile" est un conte pour enfants, il ne faut pas s’y tromper. Il s’agit réellement d’un film qui s’adresse à un jeune public, pas trop jeune quand même car certaines scènes un peu violentes avec un monstre ou deux pourrait effrayer les plus jeunes. 

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La force du dessin de Mattotti, quand il se dote de mouvement, est double, voir même triple. En effet, comme c’est un illustrateur qui prend les commande, les designs de personnages sont uniques, ne ressemblant à rien de ce qui peut se faire entre l’animation traditionnelle 2D et la 3D.

Ils prennent le meilleur des deux mondes, avec une palette de couleurs sidérantes, très travaillée et très composée, en toute circonstance, y compris des scènes de bataille où tout, et vraiment tout, bouge. Ce sont ces scènes qui révèle la deuxième force de du film : la qualité du mouvement.

En effet, les Ours courent, dansent, se battent et même virevoltent quand ils ne roulent pas. Et tous ses mouvements parfaitement impossible au demeurant, se construisent de manière extrêmement fluide et rythmée, dans un balai des corps qui jamais ne se répète.   

Dessinateur de génie, auteur reconnu de bandes dessinées et célèbre affichiste, Lorenzo Mattotti réalise une fable fascinante et actuelle est sublimée par l'univers graphique de l'artiste italien, tout en courbes et en couleurs.