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«  Le magnat du bois de la côte Ouest Harris Greenwood a acheté cette île en 1934, au comble de la grande dépression, à nul autre que John D. Rockefeller Junior, qui l’avait lui-même achetée aux Anglais, lesquels l’avaient prise aux espagnols, qui l’avaient eux-mêmes volée aux Indiens Haïdas et aux Penelakuts une fois établis les premiers contacts avec les Européens.

Harris Greenwood a évidemment donné son nom  à l’île, qu’il a laissée à son hippie de fille, Willow Greenwood, militante bien connue de la cause écologiste radicale. Elle l’a remercié en en faisant don – avec le reste de la fortune de son père – à une organisation environnementale à but non lucratif, condamnant par là même son fils Liam à une vie de dur labeur ouvrier, et la fille de ce dernier, qu’il n’a pas connue, Jacinda Greenwood, aux fers des prêts étudiants et à la servitude d’un complexe arboricole. »

Avec un extrait pareil, nul n’est besoin de faire un laborieux résumé.

A travers l’histoire de la famille Greenwood, c’est l’histoire du Canada et une uchronie de l’histoire de notre planète en danger qui va se dérouler.

1908, Harris et Everett Greenwood, 1934 Willow Greewood, 1974 Liam Greewood, 2008 jacinda Greewood, 2038, le dernier arbre ? 

La famille Greenwood, un incroyable arbre généalogique  qui cache une dense mais lumineuse forêt littéraire.

« Lorsque le dernier arbre »,  second roman de Michael Christie à sortir en France, est un voyage à travers plus d’un siècle, une randonnée sylvestre foisonnante où le destin des Hommes est irrémédiablement lié à celui de la forêt.

A chaque époque, des hommes et des femmes feront de leur mieux, et parfois de leur pire, pour essayer de survivre dans un monde qui va trop vite pour eux.

Ne dévoilons pas trop l'intrigue de ce livre car si l’on révèle trop des situations, l'on gâche bien évidemment le plaisir de la formidable découverte du livre.
Racontons simplement que le canadien Michaël Christie a la très bonne idée de faire du "planting" à savoir des petits résumés de l'intrigue à certain moments de la narration; procédé s'il en est fort malin et efficace!

MichaelChristie

«  Le meilleur moment pour planter un arbre, c’était il y a vingt ans. A défaut de quoi c’est maintenant. »
Lorsque le dernier arbre est un roman formidable à l’américaine, très bien construit et, ce qui ne gâche rien, très élégamment traduit par Sarah Gurcel.
Une chose est certaine : Michael Christie entraine le lecteur dans de passionnantes aventures humaines.
Pour la petite anecdote, c’est dans ce roman que l'on découvert le mythique Paul Buyan qui n'est autre que l'homme à l’origine de la chemise trappeur à carreaux rouges et noirs....

Saga familiale romanesque en diable, humaniste écologique et haletante, le lecteur passe d’une époque à l’autre sans jamais se perdre, le récit devient parfaitement addictif et impossible à lâcher.

Ce roman donne à ressentir et à réfléchir, et interroge notre relation au monde et aux autres.

Attention, nuits blanches à venir. Pas étonnant que les producteurs de Six feet under et Westworld en ait acheté les droits pour une prochaine adaptation en série.

Titre : Lorsque le dernier arbre
Auteur : Michael Christie
Traduction : Sarah Gurcel
Editeur : Albin Michel / collection Terres d’Amérique
608 pages – 22,90 €
Parution : 18 Août 2021