Mes-plus-belles-chances

Michaël Jones a sorti il y a quelques semaines  « Mes Plus Belles Chances », un livre dans lequel il évoque ses 50 ans de carrière.

On a tellement aimé ces confidences écrites qu'on a eu envie d'en savoir un peu plus sur sa conception.

On savait que l'indissociable compagnon de route de Jean-Jacques Goldman habitait depuis vingt ans près de Lyon.  

Et même s'il continue à se produire très souvent sur scène - avec une centaine de concerts par an- entre deux dates, on a réussi à trouver une date pour le rencontrer.

 On s'est retrouvés ainsi dans un très beau bar d'hotel lyonnais, une adresse qu'on lui avait  proposé, car on se doutait que le thé y était très bon (" trouver un bon thé en France, c'est comme trouver un bon café aux USA, c'est quasi impossible", dixit le spécialiste)..

Michaël n'était pas tout seul, puisque l'accompagnait Marion, sa femme, qu'il a rencontré en 2013 et avec qui il travaille ensemble depuis lors.

Une Marion qui ne manquait pas une parole de notre échange et qui n'oubliait pas d'intervenir dès que Michael la sollicitait pour compléter une de ses réponses : 

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 Un projet littéraire né lors d'une émission TV au Pays de Galles

Ce livre est né d'une rencontre avec Stéphane Basset, qui m'avait emmené il y a une dizaine d'années au Pays de Galles pour tourner un documentaire sur mes racines dans le village de Welshpool.

Le principe de ces reportages, c'était d’aller retrouver l’origine et les racines des artistes. 

Alors, nous sommes partis tous les deux retrouver les lieux de mon enfance: c’était vraiment un moment très sympathique. 

Il y an environ, Stéphane m’a rappelé. Il était à la recherche de ce document qu’il avait perdu et que j’avais gardé évidemment. 

 Très vite, il m'a dit qu'on devrait en profiter pour prolonger cette émission par un livre ensemble.

Je n'ai pas mis bien longtemps pour accepter le deal (rires). 

Une enfance galloise si loin si proche

Je suis né au pays de Galles, mais ma mère a grandi en Normandie, du côté de Villedieu-les-Poêles. Elle a rencontré mon père qui était venu en France lors du débarquement de Normandie.

J'ai suivi là bas une formation d’ingénieur automobile . 

J’avais même une promesse d’embauche de Ford pour faire l’assistance sur les rallyes.

Mais avant ça, je me suis pris une année sabbatique. 

Quand je suis arrivé en  Normandie en 1971 avec pour seul bagage la guitare Fender Telecaster blanche que ma grand-mère m'avait offerte, c'était une sorte de retour aux sources.

J'ai vite sillonné  la France avec mes premiers groupes de rock avec les musiciens de bal que j'ai pu rencontrer de ci de là.

Je pensais m’amuser avec eux quelques mois, et repartir au Royaume Uni pour bosser.

Je ne pouvais pas savoir à l'époque que cela allait durer cinquante ans (rires)… 

La rencontre avec JJG, un cadeau du ciel?

Ma rencontre avec Jean-Jacques Goldman reste encore aujourd'hui pour moi  ma plus belle chance , car c'est une incroyable aventure de musique partagée pendant plus de trente ans. 

J’ai eu beaucoup de chance de le croiser il y a presque quarante ans, de m’être régalé de son talent, sa droiture, son humour, son courage ... 

En fait, Jean-Jacques n'a qu'un seul défaut à mes yeux, c'est celui de préférer les Stones (rires). 

Il faut dire que Les Beatles sont pour moi le plus grand groupe de tous les temps; cela ne souffre d'aucune contestation. Ils alliaient un immense talent vocal à une créativité souvent pionnière. 

En revanche, un groupe comme les Who, cela nous rassemble (rires)!!!

L'acmé de ces 30 ans de travail ensemble, c'est sans doute le titre "Je te donne," cette ode au métissage, au mélange des cultures.

C'est un morceau qui est quand même entré dans ma vie un peu par hasard.. "Je te donne", je l'ai vraiment accueilli comme une des plus belles chances, pour paraphraser le titre du livre; un titre que Stéphane Basset a trouvé.

Savoir provoquer ses plus belles chances

Encore aujourd'hui, grâce à Marion notamment, je me retrouve très chanceux! Il faut dire qu'à 70 ans, je suis amoureux comme un adolescent...

J'ai été extrêmement chanceux au cours de ma vie, mais la chance, cela se provoque aussi.

Car j'ai eu cette possibilité de les provoquer, ces plus belles chances.

D'ailleurs, si j'avais un conseil à donner aux personnes qui s'inquiètent pour leur avenir, c'est celui de provoquer la vie et de  cultiver sa propre différence, c'est ca pour moi, ces plus belles chances qu'on a en soi.

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Un plaisir toujours intact de jouer sur scène

Le partage avec le public, c’est un peu ma drogue à moi, je n'arrive pas à vivre sans.

La musique, pour moi, c’est une fête, et ça se fait forcément ensemble

J'ai pu le vérifier a contrario lors du confinement où le partage par écran interposé, c'est pas du tout mon truc.

En revanche, en live, je peux jouer devant vingt personnes dans un bar, ou devant des milliers de personnes sur une grosse scène, tout me convient. 

Jean-Jacques (Goldman) aime moins la scène que moi c'est sûr. En même temps, il ne déteste pas vraiment se produire sur scène.

Certes, au début  il avait beaucoup le trac, c'est d'ailleurs comme cela que je l'ai remplacé sur Taï Phong.

Mais il a fini par aimer ça, d’ailleurs on a fait beaucoup de tournées ensemble.

On n'aurait pas pu le faire s'il avait la scène en aversion totale.

Mais c'est sur que n’est pas forcément ce qu’il préfère. 

Son truc à lui, c’est avant tout la création, écrire des chansons, réaliser des disques… 

Moi c’est un peu le contraire, alors on se complétait bien tous les deux (rires) !Toulouse. Michael Jones : «Sans Jean-Jacques Goldman, il y a forcément un pincement au cœur» - ladepeche.fr

Jean Jacques...et les autres!!

Je n'ai pas pu dire tout ce que je voulais dans le livre  : je me suis  en effet rendu compte que j'avais oublié pas mal de choses quand je l'ai relu une fois terminé.

Je me suis dit qu'il y avait largement de quoi faire un tome 2 (rires) !!

J'ai chanté avec des artistes internationaux de grand talent, j'ai eu la chance de nouer des liens très forts avec d'autres chanteurs français comme ou Francis Cabrel. Maxime Le Forestier ou encore Jean-Louis Aubert.

Jean Louis, c'est  le maître des bœufs  : il pouvait continuer à jouer toute la nuit après nos concerts des Enfoirés (rires)..

Les enfoirés, la fin d'un cycle? 

Les Enfoirés, j'ai arrété de m'y produire, il faut dire que c'était vraiment usant et fatiguant comme préparation. Apprendre le jour même des chansons qui ne sont pas de soi, plus se déguiser et les chorégraphies à faire, ce n'est vraiment pas de tout repos ( rires)!  Je n'arrête pas pour autant de colllaborer avec les Restos du Coeur, mais je m'engage d'une autre manière.

J'ai en effet décidé, depuis quelques années, de réaliser une tournée acoustique dans les antennes locales des Restos du cœur à l'intention des bénéficiaires et des bénévoles.

Je refais une tournée des antennes en janvier prochain et si d’autres artistes veulent m’accompagner, je les attends avec impatience (rires)  !!
Les Enfoirés : Michael Jones dévoile les vraies raisons de son départ

Son avis- mitigé- sur les musiques d'aujourd'hui

Sur les Enfoirés il ya eu sans doute un fossé de génération. 

J'ai fait le constat que lors des dernières années de l'émission, on avait un peu le tour des chansons plus anciennes et du coup on chantait de plus en plus de chansons récentes. 

  Sans doute aussi que je suis moins à l’aise avec la musique d’aujourd’hui.

Pour moi dans ces chansons,  les boites à rythmes l'emportent sur les  vrais instruments..

 Dans les nouveaux chanteurs en général,  il y a beaucoup de belles voix, je vous le concède aisément, mais  finalement peu de vrais musiciens donc c'est plus difficile de chanter en live et d'improviser. 

Dernièrement, près de Bourg en Bresse, j'ai vu en concert le groupe Mustang.

Eux, je les ai vraiment trouvés formidable aussi bien au niveau mélodies que dans la  maitrise des instruments  (NDLR : on aime aussi énormément ce groupe comme on l'avait dit ici même) mais c'est vraiment rare que j'ai un tel coup de coeur en live.

Un nouveau rôle à 70 ans : animateur d'émission culinaire et musicale?

 Pendant le confinement, les musiciens et les restaurateurs étaient sans travail. 

On a alors eu l’idée de faire une émission qui nous réunit, et ça m’amuse beaucoup. Cette émission s'appelle Confiture (Jam) .

 C’est Marion, en fait,  qui a eu l’idée de mélanger musique et cuisine et d’accueillir chez nous deux invités, un musicien et un chef.  Il y a plein de points communs entre la gastronomie et la musique, à commencer par le vocabulaire : chef, cymbales, mandoline.....

On a racheté  juste avant le confinement une ancienne entreprise de jouets dans la banlieue lyonnaise.  C’est la première fois que j’ai un studio de cette qualité avec mes instruments à portée de main et une cuisine pour les musiciens.

Nous avons tout construit et aménagé, avec Marion, pendant le confinement pour pouvoir enregistrer l'émission dans les meilleures conditions possibles. 

Le troisième épisode, en août,  réunissait Thomas Dutronc et Marc Veyrat

Quant au prochain que je viens d'enregistrer et qui devrait être diffusé d'ici fin novembre, il célébrera l’Italie avec Claudio Capéo et le cuisinier Tomas Parisini, un cuisiner italien qui travaille à Jonage et qui est formidable .

En animateur, je trouve que je fais des progrès mais je suis encore loin d'avoir l'aisance des professionnels (rires)!!   

 
Michael Jones, Mes plus Belles Chances , éditions Robert-Laffont. 20,50 €

Merci à Sandrine l'attachée de presse de Robert Laffont pour la tenue de cette rencontre !