Second roman de la rentrée de janvier 2022, on change de registre en vous amenant du coté du polar britanno-indien  : 

On avait découvert  il ya trois ans  le romancier indo-anglais (enfin  indo écossais plus exactement si l'on veut être précis ) Abir Mukherjee  avec son premier roman L'Attaque du Calcutta-Darjeeling, qui nous plongeait dans une enquête mélé d'une bonne pincée d'un humour bie british dans le Calcutta de 1919 . 

Puis «  Les princes de Sambalpur » avait continué de nous emballer en 2020  ; 

Bonne nouvelle  pour débuter 2022: un troisième épisode des enquêtes de Sam Wyndham, capitaine dans la police impériale, et de son fidèle adjoint Satyen Banerjee, dit Sat, va prochainement paraitre et il est toujours aussi jubilatoire ! 

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 "J'ai peu d appétit ces jours-ci et, grâce aux fantaisies de M.Gandhi, encore moins envie de lire la presse. Le pays est une poudrière et cela depuis que le Mahatma, comme aiment à l'appeler ses disciples, a poussé les Indiens à se dresser dans une frénésie de non-coopération pacifique et leur a promis que s'ils le faisaient il leur apporterait l'indépendance avant la fin de l'année."

Un serial  killer sévit, classique me diriez vous pour un polar, mais c'est son contexte qui l'est moins.

Nous sommes à  Calcutta en décembre 1921, alors que le Prince de Galles en personne effectue une visite officielle  dans le plus grand pays de l'empire Britannique. 

Une visite princière  sous haute surveillance  car un certain Gandhi demande au peuple Indien de se révolter pacifiquement  contre la Couronne.
Calcutta en pleine ébullition  et deux meurtres sans liens apparents, le capitaine  Wyndman et le serjent Banerjee, un duo de flics que l'on connaît et apprécie  beaucoup à Baz'art, mènent l'enquête.
Bien sûr  nos deux héros doivent  toujours composer avec leurs démons intérieurs, un syndrome  post-traumatique et une puissante addiction à l'opium pour le capitaine  tandis que le jeune sergent se débat contre la culpabilité pour un Indien de servir dans la police de sa majesté,  alors que toute sa propre famille lutte pour l indépendance de l'Inde. 
Chaleur,poussière et géopolitique instable, comme à son habitude, et pour notre plus grand plaisir, Abir Mukherjee utilise les codes classiques du roman policier pour nous raconter une page d histoire de la Grande Bretagne  et de son empire colonial.
"Avec la permission  de Gandhi" est un polar very british, passionnant  et surtout très instructif sur le sort des Ghurkas, des oubliés de l'Histoire, ses soldats Népalais que l'armée  Britanique utilisa durant la guerre de 14/18.
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"Les Indiens sont avides de mysticisme, et naturellement, la vue de cet homme avec son petit dhoti suffit à les convaincre de le faire. Des millions d entre eux -- pas seulement des révolutionnaires de salon de Bombay, Calcutta et Delhi, mais les gens ordinaires, les fermiers, les paysans et les ouvriers de dix mille villes et villages sur toute la surface du pays -- ont répondu à ses appels à boycotter les produits anglais, quitter les services publics et d une manière générale mettre une sacrée pagaille. Il faut reconnaître au petit homme d avoir fait du parti du Congrès, réunion d'avocats inutiles, un mouvement populaire. Coopter les masses, tel a été le coup de maître du Mahatma."

Abir Mukherjee, « Avec la permission de Gandhi » (Liana Levi), parution le 13 janvier 2022