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Maxime Roy est un jeune réalisateur qui avait beaucoup de mal à produire ses films, tant et si bien qu'il se pensait perdu pour le cinéma.

Heureusement, dans sa vie personnelle est arrivé un certain François Creton, son beau père de l'époque (père de l'actrice Lola Creton), acteur lui aussi à la marge du circuit traditionnel mais dont la personnalité totalement à part ne pouvaiit qu'inspière à Maxime des envies d'écriture et de mise en scène.

Ensemble, ils vont ainsi tourner Beautiful Loser, un court métrage en 2018 centré autour de  Michel- joué par François Creton, incarnant un personnage qui lui ressemble énormément, un ancien junkie  qui éprouve sa difficulté à concilier son sevrage et sa vie de famille, lors d’une réunion de soutien aux alcooliques anonymes.

 Un court métrage qui prenait aux tripes, révélant aux yeux du public et du milieu du cinéma  François Créton,  acteur totalement singulier,  dont le magnétisme et l'histoire incroyable ne pouvait donner qu'un long, quelques années plus tard, les Héroïques, qui sort en vidéo ce 1er février. 

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Si la prémière scène du court métrage et du long se ressemblent beaucoup- une réunion d'alcoolique anonyme filmé en  long plan séquence, où l'on voit Michel/François libérer  sa colère et son désarroi lorsqu'il veut expliquer sa situation actuelle, Maxime Roy poursuit et prolonge ce qu'il avait initié avec Beautiful Loser.

En effet, Les Héroïques va développer une nouvelle histoire- là encore, étroitement liée à la vie  intime de François Creton-autour du père de Michel, père maltraitant et mal aimant, qui, malade en fin de vie, va demander à son fils une dernière faveur alors que celui ci est contraint de revenir vivre chez son père.

Toujours à cheval entre  une partie fiction et une partie plus documentaire, les deux centrées autour de cet homme  de 50 ans qui n'aura jamais réussi à grandir, Les héroïques frappe par son réalisme social d'une justesse et d'une tendresse admirables.

On ne peut que l'aimer ce Michel, cet homme systématiquement accroché à ses motos, son rock des années 80, un verlan complètement dépassé et accroché à une pseudo rébellion touchante mais également un peu pathétique.

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Il se veut fort et indépendant, ce Michel, mais il se révèle surtout très fragile et peu adapté à ce monde où on lui adjoint de grandir un peu et de se former pour trouver un métier digne de ce nom!

A la manière du cinéma d'un Ken Loach ou d'un  Robert Guédiguian (avec pour faire le lien, la présence dans un rôle secondaire de la toujours formidable Ariane Ascaride), Les héroïques s'attache à regarder avec tendresse mais sans complaisance ces invisibles, ces gens en marge de notre société que même les services sociaux ou structures associatives ont du mal à gérer car ils ne font partie d'aucune catégorie prédifinie.

Cadrant lui même son film, Maxime Roy se met toujours à la bonne distance et livre un cinéma instinctif, toute en intensité, mu par un élan collectif très fort ( très belles scènes de chansons dans une camionnette).

Du cinéma social et humaniste qui fait du bien au coeur et à l'âme !   

Bonus: 
Making of  (6mn)
3 courts métrages de Maxime Roy: Beautiful Loser / Sole Mio / Des gens biens

  LES HEROÏQUES 

En DVD et VOD le 1er février  / Pyramide Vidéo