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"Quand les jours deviennent vide, il ne reste que ce qu'on a gardé en mémoire, les histoires éparpillées comme des graindes, les récits qui nous lient les uns aux autres dans ce monde"

Alors que des incendies ravageurs dĂ©truisent les appalaches en  Caroline du Nord et envahissent l'atmosphère d'une fumĂ©e opaque, Ricky, lui, se dĂ©truit Ă  petit feu Ă  coup de shoots d'hĂ©roĂŻne.
Lorsque, à cours d'argent et endetté, il appelle son père Ray, solitaire et paisible retraité, non seulement celui-ci accourt mais la revolte monte et il se donne pour mission d'agir et de sortir son fils de ce cercle infernal.

On avait dĂ©couvert l'univers de David Joy (un nom pas forcĂ©ment prĂ©destinĂ© tant ses livres sont  irriguĂ© d'une vraie tristesse), un  jeune auteur d'une trentaine d'annĂ©es,  avec son premier roman LĂ  oĂą les lumières se perdent.

On l'a retrouvĂ©  en 2020,  toujours chez Sonatine et toujours formidablement traduit par Fabrice Pointeau. avec " ce lien entre nous ".

Plus dĂ©chirant que jamais, David Joy revient  avec son quatrième roman, nos vies en flamme en nous racontant la lutte d'un veuf inconsolable pour sauver son fils junkie, avec en toile de fond incendies de forĂŞts qui ravagent la partie montagneuse des caroline en 2016.

 "Avoir de l’argent dans la main poussait Ă  fermer les yeux, et bientĂ´t vous ne vous souciiez plus de l’endroit dont vous veniez pour dire quoi que ce soit. Â» 

 Derrière l’intrigue noire assez classique – un trafic de drogue et une vengeance Ă  accomplir – David Joy, comme Ă  son habitude, s'attache Ă  tracer le portrait d'hommes et de femmes qui se dĂ©battent comme ils le peuvent avec ce que ce monde devient et avec  les fantomes de ce qu'ils auraient voulu devenir .

Roman noir sur la misère humaine, est une vĂ©ritable ode Ă  la nature, vibrante d'Ă©motion et avec plus de scènes d'intrigue policière  proprement dite que ces prĂ©cĂ©dents romans.

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Un roman apre et dĂ©chirant (notamment dans son très beau dĂ©nouement)  qui nous captive de bout en bout, oĂą tous les personnages, perdants magnifiques,  sont vraiment de chair et possèdent une complexitĂ© et une humanitĂ© que l'on trouve rarement dans les polars. .

Portrait d'une Amérique qui brûle.Message appuyé par une stupéfiante postface de l'auteur qui ancre d'autant plus le roman dans la réalité.

Un roman violent, désespérant parfois et toujours très beau.

« Nos vies en flammes » (When These Mountains Burn), de David Joy, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Fabrice Pointeau, Sonatine, 328 p., 21 €, numérique 15 € (en librairie le 20 janvier).

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NB : David Joy sera prĂ©sent sur Lyon du 1er au 3 avril pour la prochaine Ă©ditions de Quais du Polar