Baz'art  : Des films, des livres...
28 octobre 2022

Rencontre avec Louis Garrel pour son film L'innocent

Avec L'innocent le déjà culte acteur-réalisateur Louis Garrel s’empare d’une intrigue à mi-chemin entre film de braquage et comédie sentimentale.

Le quatrième long-métrage de Louis Garrel a réalisé l'ouverture du Festival Lumière le 15 octobre dernier 

On a rencontré Louis Garrel à cette occasion afin qu’il nous touche quelques mots sur ce qui est de l'avis de tous son meilleur film :  

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 Un polar viriliste devenu au fil de l'écriture un polar.... comique et sentimental

Au début, je voulais seulement faire un polar. Avec Tanguy Viel au scéna­rio, qui n'avait jamais écrit pour le cinéma, on voulait vrai­ment faire un polar avec de vrais person­nages pris dans toutes sortes d’aven­tures, un film de fila­ture jusqu’à une vraie scène de casse, mais en désa­morçant le côté viri­liste du polar.

Mais au fur et à mesure de l’écriture, cela s’est transformé en polar comique et sentimental ; un polar de personnages donc, et l’enjeu était de parvenir à 4 personnages qui soient suffisamment équilibrés.

Je cherchais en fait à revenir à un premier degré enfantin du spectacle, retrouver le plaisir primal qu’on éprouve devant un film d’aventures ou de braquage…

Mes protagonistes sont donc traversés par de grands sentiments d’amour et de filiation, mais au sein d’un film qui reste toujours ludique.

L'Innocent - visuel 2 ©Les Films des Tournelles

On a donc voulu écrire des person­nages suffi­sam­ment forts pour pouvoir les emme­ner dans des situa­tions rocam­bo­lesques, et que les deux s’équi­librent. 

On a tenté de trouver une certaine originalité, on a joué avec les codes du genre, puis on a davantage poussé les personnages avec ma seconde coscénariste Naïla Guiguet.

L’idée, c’était de faire en sorte que les acteurs développent une vraie affection pour leur personnage ; je sais moi-même à quel point c’est important. Il fallait les idéaliser, les rendre touchants, tendres, héroïques. C’est sans doute ce qui a été le plus difficile."

 

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 "Déjouer les croyances du spectateur

Mon but est avant tout de déjouer les attentes du spectateur, de faire en sorte qu’il ne sache plus sur quel pied danser. J’adore ça au cinéma, et j’ai notamment tenté de le reproduire dans la fameuse scène du braquage ; d’un coup on ne sait plus qui se joue de qui, on se demande même si les manipulateurs ne sont pas piégés eux aussi.

Surprendre, c’est l’objectif premier d’une histoire mais c’est souvent laborieux à l’écriture.

Aussi car  la surprise ne doit pas effacer l’apparente légèreté du récit.  Mon souhait le plus cher lorsque je réalise un film  c'est espérer que le spectateur développera un lien secret avec. Pour cela, il ne faut pas que les intentions soient prémâchées ; il faut veiller à garder une constante légèreté dans l’action.

C’est ce principe qui fonctionne sur moi en tant que spectateur : à un moment donné je suis ému comme par surprise, et alors j’ai l’impression d’être le seul à m’émouvoir. Par ailleurs je fais confiance à cette idée de « croyance » propre au cinéma.

C’est-à-dire que dans cet univers artificiel et très codifié, tout d’un coup surgit une émotion vraie ; non seulement de la part des personnages mais aussi des spectateurs, qui sont émus quand bien même ils savent que tout est faux

 

.Le choix de Lyon comme film du tournage

Le centre-ville de Lyon est très historique, il rappelle l'Italie, avec les tons ocre, jaune et rose des maisons. C'est une ville qui a vraiment du charme,

J'ai passé mon temps à dire à l'équipe : 'On n'essaie pas de faire comme l'industrie américaine, il faut vraiment faire un film qui soit à Lyon'. Donc je disais : 'C'est du Michael Mann, mais de Rhône-Alpes ( rires) '.

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De beaux personnages féminins

En fait, je ne voulais ni tomber dans le pathé­tique des rapports mère-fils qui peuvent vite deve­nir lourds au cinéma, ni dans la testo­té­rone des polars habi­tuels. On a donc voulu écrire des person­nages suffi­sam­ment forts pour pouvoir les emme­ner dans des situa­tions rocam­bo­lesques, et que les deux s’équi­librent.

Noémie (Merlant, ndlr) s’est vrai­ment décou­vert un pouvoir comique sur le tour­nage et on voyait moins Anouk Grin­berg au moment du tour­nage, elle avait été aussi beau­coup enfer­mée dans des rôles endo­lo­ries au théâtre.

Je crois qu’elles étaient très heureuses ! Ce sont aussi des person­nages qui s’amusent à jouer en perma­nence, comme au théâtre.

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 L’In­nocent de et avec Louis Garrel, actuel­le­ment en salles. Lire notre  critique du film.

crédit photo Fabrice SCHIFF

Merci à Ad Vitam films 

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