Réalisé lors de la liberté conditionnelle du cinéaste, iranien Jafar Panahi qui purge une peine de six ans de prison à Téhéran, le film Aucun ours est sorti en salles mercredi dernier.

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Encore un tournage difficile  pour Jafar. 

Le cinéaste s'est  rapproché de la frontière  turque pour être au plus près de son équipe. Assigné à résidence dans son pays il ne peut donc pas la franchir .
 Tous les soirs son assistant lui envoie les rushes lorsque le réseau capricieux le veut bien.
Dans ce petit village isolé, l'arrivée d'un cinéaste réputé venu de la ville exite la curiosité  et la méfiance.
Est il un espion ? A-t-il pris une photo compromettante d'un homme et d'une femme peut être adultère ?
Pourquoi l'a-t-on aperçu  une nuit près de la frontière ? Que raconte  exactement son film ? L' histoire d'amour d un couple exilé en Turquie en partance pour la France.
Zara (Mina Kavani) dans « Aucun ours », de Jafar Panahi.
Jafar Panahi coche toutes les cases  de l'intellectuel subversif dangereux pour son pays.
Un film dans le film et deux amours impossibles ou interdits, entre modernité et traditions séculaires c est toute l'Iran d'aujourd'hui et son tragique quotidien  qui nous est raconté dans " Aucun Ours".
A l'instar d'un Woody Allen ou d'un Nanni Moretti,  mais en plus aride quand même, Jafar Panahi trouve le bon équilibre entre fiction et réel en se mettant en scène  et en comédien, s'avère plutôt charismatique.
Depuis le 11 juillet dernier,  Jafar Panahi purge une peine de six ans de prison pour propagande  contre le régime.
Pourtant la filmographie toute entière du réalisateur est un acte d'amour pour l'Iran et ses habitants.
Courir voir ses films est un acte solidaire politique. 


Film iranien de et avec Jafar Panahi. Avec Naser Hashemi, Reza Heydari, Mina Kavani, Bülent Keser (1 h 46).