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  "Ô ma sœur, graine semée — aide-moi —

je suis là pour mourir mais je compte bien rester."


Le premier roman d'Ocean Vuong, "Un bref instant de splendeur", prenait la forme d'une lettre adressée par un fils à sa mère analphabète.

On avait adoré ce livre, on l'avait fait savoir dans un article au titre qu'on regrette un peu deux ans après . Ce qui est certain, c'est que ce premier roman d'Ocean Vuong emportait tout sur son passage et démontrait un amour pour la langue et  une inventivité littéraire étonnante.

 Ocean Vuong  revient sous les feux de l'actualité en France avec  "Le temps est une mère" qui prend la forme d'un recueil de poèmes. 

Textes en proses, tercets, correspodance épistolaire, vers, et même (!) listes d’achats sur mazon s’entremêlent autour de cette voix singulière, qui témoigne de la violence des traumas autant que des éblouissements de l'amour. 

D'un texte à un autre, des souvenirs émergent, révélateurs des blessures de l'Amérique. Les vers de Vuong sont bruts, sincères,  poignants.  "Et si ce n’était pas le choc qui nous faisait, mais les débris ?"

Donnant toute sa confiance dans le pouvoir des mots pour panser les maux,  le poète use des ressources vivifiantes de la poésie pour faire face à la perte de sa mère et donner vie et puissance  à l'absence.  

Et tous ces poèmes, se saisissant  des traumatismes familiaux liés à la guerre du Vietnam, de son homosexualité, de la mort de sa mère dont il cherche les traces.

Ce recueil est une odyssée personnelle sur le chemin du deuil et de la liberté. 

 "Ce qu’on aura toujours, c’est ce qu’on a perdu » 

Le temps est une mère;  

Marguerite Capelle (Traducteur)

GALLIMARD (21/09/2023) 
Collection Monde entier