Baz'art : Des films, des livres...

23 mai 2012

Petit bilan du festival de Cannes à mi parcours : la France à l'honneur?

Festival-de-Cannes-2012-295x300Je ne vais évidemment pas jouer les mythomanes et prétendre que je suis en direct de la Croisette me faire le plein de films, puisque personne ne me croirait. Mais, comme depuis mercredi dernier, et comme tous les ans, je baigne tellement dans l'ambiance cannoise, en guettant le moindre tweet, le moindre article de la presse écrite ou la moindre émission de radio et de télé, je pense être capable de faire un petit bilan après une semaine de compétition, en sachant évidemment, qu'au moment où je ponds ce billet, il reste encore de gros morceaux qui ne sont pas encore passés en Selection Officielle (les films de Cronenberg, Walter Salles, Jeff Nichols, Leos Carax...)

Personnellement, vu que je n'ai vu qu'un seul film de la compétition ( Moonrise Kingdom, le film d'ouverture qui m'a que très moyennement emballé, j'y reviens plus longuement bientôt), je vais surtout vous donner un aperçu des impressions générales du festival, des favoris aux déceptions.

Mais comme je ne serais pas chez moi ce week end prochain (mais malheureusement toujours pas sur Cannes),  je ne pourrais malheureusement pas livrer mes pronostics définitifs, au vu des rumeurs de veille de festival, souvent les plus parlantes pour se faire une idée précise du palmarès en devenir. C'est donc dès à présent que je fais une petite synthèse de ce début des festivals, d'après les échos des journalistes et festivaliers qui ont bien voulu nous donner leurs impressions ( cinématographiques si possible, pas ceux qui dissertent longuement sur leurs tenues du soir ou sur l'heure à laquelle ils ont quitté la soirée de la veille)

Pour l'instant, après 5 jours de festival, et 11 films sur les 22 présentés en sélection officielle, on peut dire sans se tromper que l'édition 2012 semble moins forte que la 2011 car à moins que tous les films chocs passent les derniers jours, les déceptions furent plus grandes que l'an passée, et surtout il ne semble pas y avoir  de films incontestables comme l'an dernier,  où on avait pu grosso modo en compatibiliser une bonne demi douzaine (Tree of life, mais aussi Melancholia, La Piel que habito, Drive, Polisse, The artist...)

Au jour d'aujourd'hui (j'ai écrit mon billet lundi soir, donc avant la présentation de Cogan la mort en douce d'Andrew Dominik, In Another Country de Hong San Soo et de la Route des anges de Ken Loach, pas sûr que ces films viennent bouleverser la donne), ce sont, sans chauvinisme aucun (ou si peu) les 2 films français en compétition (car si Hanecke a eu la palme d'or en 2009 sous pavillon autrichien, ici c'est sous la bannière de la France, pays des producteurs du film en compétition, qu'il concourt) qui ont laissé  la meilleure impression d'ensemble :

1. De rouille et d'os : Audiard dans la cour des grands

Pour le moment, et ce n'est pas pour me déplaire tant je pense que le film sera un de mes préférés de cette sélemarion-cotillard-a-tourne-d-os-et-de-rouillection, c’est le film de , De rouille et d’os, qui a fait son petit effet en projections (pleines à craquer) et en conférence de presse. Thierry Frémaux croyait même se souvenir, jeudi soir, que l'ovation réservée au film de Jacques Audiard était l'une des plus ferventes depuis des années.On murmure même ici que si un prix d’interprétation n’est pas attribué à ou , cela serait surprenant…

.Le film démarre aussi sur les chapeaux de roues au box office, avec une première journée sur Paris impressionnante en terme d'entrées,  et 600 000 entrées France en 4 jours. Et au niveau de la presse, malgré quelques bémols, ici et là, De rouille et d'os s'est aussi installé en première ligne des favoris de la critique internationale, avec une moyenne de 2.9 (sur 4) dans le panel de Screen magazine. Pareil chez les critiques d'ici, interrogés par le Film Français.  Pour l'instant, il y a peu de concurrence, à part le dernier film de Michael Haneke, qui, lui aussi, tient solidement son rang de favori.

956860_amour-de-michael-haneke2. Amour de Michael Haneke : Une valeur sure fidèle au poste

Un choc salutaire administré, dimanche matin, par Michael Haneke. Dans le sobrement intitulé "Amour", le grand cinéaste autrichien raconte une tragédie universelle : la vieillesse, la déchéance, la mort, emmené de main de maitre par un grand Jean-Louis Trintignant, qui mériterait, infiniment, un prix d'interprétation.

Amour est un film dont les festivaliers semble avoir apprécier la finesse psychologique et  et la délicatesse de l’ensemble. La froideur habituelle du cinéaste pairaitrait se teinter d’une tonalité plus sensible.  Assurément l'un des grands chocs de ce festival qui a provoqué des réactions extasiées à la sortie de la séance de presse  La presse française est enthousiaste, à l'exception d'Eric Neuhoff du Figaro qui déteste (mais Neuhoff, que je suis dans l'émission du Cercle n'est pas absolument pas un critique de cinéma crédible).  Sept titres, cités par le Film Français, lui décernent une palme (Première, La Croix, Positif, Le Parisien, L'Humanité, Ouest France et le JDD). La presse internationale est globalement emballée, mais la moyenne des notes des journalistes interrogés situe le film de Haneke au même niveau est un peu inférieure à la française

moonriseLe reste des autres films :  Légères déceptions et gros flops

Comme je le disais, le reste de la compétition officielle du Festival de Cannes semble, surtout dans les premiers jours, avoir réservé bien des déceptions. Ambiance morose, de faux scandales (Paradies - Liebe d'Ulrich Seidl) en tunnels d'ennui (Au-delà des collines de Cristian Mungiu, La chasse de Thomas Vinterberg)...

Enthousiasme modéré pour le Wes Anderson, la comédie loufoque de qui divise les avis (à Cannes comme sur la blogosphère) ou pour le film d'Abbas Kiarostami, un des réalisateurs préférés du président du jury.

Certains films, au sujet pourtant fort, sont passés totalement inaperçus (comme le film de Youri Nasrallah sur la révolution egyptienne, Après la bataille ou bien Lawless, le film de John Hillcoat écrit par le bluesman Nick Cave, western se déroulant pendant la prohibition dont certains se sont carrément demandés pourquoi le film était sélectionné en compétition.

D'autres longs métrages ont, au contraire, créé des polémiques qui ont divisé la croisette en deux clans, comme  Paradis : Amour d'Ulrich Seidl,  sur des femmes âgées et disgracieuses qui se paient des gigolos africains, dont les défenseurs paraissaient toutefois plutôt moins acharnés que ceux qui se sont déchainés contre la « complaisance » et le « regard obscène » du cinéaste autrichien. 

Très attendu, Reality, le nouveau film de Matteo Garrone, le réalisateur du puissant Gomorra,  satire sur la télé réalité, a déçu tom-hardy-lawless-imagelui aussi une bonne partie des festivaliers, de par la façon un peu datée d'aborder son sujet.  Et que dire du film d'Alain Resnais, Vous n'avez encore rien vu, dont les derniers films pourtant pas terribles étaient défendus à corps et à cri par la profession, et qui là, semble avoir dérouté et ennuyé tout le monde ou presque?

Malgré ces journées qui ne cessent de décévoir critiques et certains festivaliers, certainement pas vraiment remis de la qualité de l'édition précédente, se dégage toutefois, dans les premiers films présentés, une constance, que tout le monde ou presque a souligné: des performances d'acteurs assez prodigieuses.

En effet, que ce soit Matthias Schoenaerts, Tom Hardy,  Aniello Arena (l'acteur de Reality qui n'a pu être présent à Cannes, car il est incarcéré et n'a pu se libérer que pour tourner le film), Jean Louis Trintignant, Mads Mikkelsen, tous pourraient prétendre à un prix d'interprétation masculine. Pour les femmes, Marion Cotillard se sent bien pour l'instant bien seule. Et ce ne sont  pas les futurs Cosmopolis ou Sur la route, qui semblent donner la part belle aux hommes, qui risquent de changer la donne.

De mon coté, d'après ce que j'ai pu lire et ici et là, et connaissant mes gouts personnels, j'ai très envie, je l'ai déjà dit, mais je le répète, de voir De rouille et d'os ( très bientôt, je l'espère), mais aussi Reality, dont la filiation avec la comédie italienne des années 70 me séduit, et dans une moindre mesure La Chasse, au sujet qui m'interpelle. Quant au film d'Hanecke, malgré ce qu'on dit, j'ai un peu peur du coté cérébral et froid présent dans toutes les oeuvres de ce grand formaliste qui s'érige souvent en moraliste, mais cela dit, cela ne m'avait pas empeché d'apprécier Caché ou La Pianiste.

Par contre, je pense que je détesterai le film roumain (trop lent et ennuyeux) ou l'autrichien ( trop haineux envers ses personnages), mais sait-on jamais, tant que je n'ai pas vu les films en question, tout cela reste en l'état d'impressions.Imprimer l'article Et vous, si vous suivez Cannes aussi attentivement que moi, quel film de la programmation vous a fait le plus envie jusqu'à présent?

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21 mai 2012

Madonna est-elle une grande réalisatrice?

20111216-picture-madonna-we-uk-posterBon, voici l'exemple type de question dont la réponse est incluse dedans....C'est vrai, quoi, si nous, en France, Johnny Halyday ou Francis Cabrel (pour prendre des chanteurs à la notoriété équivalente à Madonna) s'essayait à la mise en scène de fictions cinématographiques , il y aurait pas mal de réticence et d'a priori sur leurs potentiels  à tort ou à raison.

Mais aux USA, où il paraitrait, que, contrairement en France, les étiquettes sont plus faciles à décoller pour un artiste, on voit pas mal de chanteurs s'improviser romancier, ou des cinéastes devenir musiciens sans que cela ne semble poser de problème.

Ainsi, une des stars de la pop les plus connues du 20ème et même 21ème siécle, Madonna, s'est improvisée cinéaste depuis deux films, en toute logique, et assez étrangement, au vu de la promotion de ses films, en toute modestie.

Cette immersion dans le milieu du cinoche, elle s'est opérée en toute logique, car Madonna a toujours baigné dans l'univers du 7ème art, notamment en épousant deux personnalités connues du milieu, l'acteur réalisateur ( mon dieu vivant) Sean Penn, et le réalisateur Guy Ritchie ( qui me fait personnellement moins d'effet :o). De plus, les clips de la diva de la pop, ont toujours été, de La isla bonita a Like a prayer d'inspiration éminement cinématographiques, certains étant de vrais petits courts métrages avec une vraie fiction mise en images et en musiques.

WSi j'avais raté ses deux premières incursions dans le milieu du cinéma ( la fiction Obscenité et Vertu ,ainsi que le documentaire plaidoyer pour l'Afrique qu'elle n'a pas réalisé mais dont elle est à l'origine: I am because we are), je n'ai pas voulu rater sa dernière en date, et ce, malgré les critiques assassines qui ont accompagné le film, notamment lors de sa présentation au dernier festival de Venise.

C'est ainsi que j'ai pu voir, la veille de sa sortie salles, grâce à Raphaël d'UGC France, W.E,  titre qui en fait reprend les initiales de Wallis et Edouard. Ces derniers sont les prénoms des ducs et duchesses de Windsor, dont l'histoire oh combien rocambolesque, avait défrayé la chronique en 1936, date à laquelle le prétendant à la couronne d'Angleterre avait abdiqué par amour pour une américaine délurée et surtout mariée, ce qui avait jeté le discrédit sur toute la royauté.

Cette histoire (que, visiblement, ma chère mère connaissait bien mieux que moi, question dé génération, j'imagine), j'en avais entendu parler pour la toute première fois l'année passée en allant voir au cinéma le très fameux et très oscarisé Discours d'un roi, puisque le roi en question arrivait sur la trône à cause du désistement du Edouard VIII en question, son propre frère. Chez Madonna,  le Georges VI du film apparait d'ailleurs bien moins glorieux que joué par Colin Firth: toujours bégue, mais couard et pas bien malin, j'avoue que le décalage peut un peu décontenancer tout ce qui

Mais, par rapport au film de Tom Hopper, la véracité historique n'interesse pas vraiment Madonna:  peu lui importe d'établir une reconstitution fidèle aux évènements, l'important pour elle est de faire ressortir de cette histoire l'incroyable souffle romanesque qui en résulte.549884-madonna-sur-le-tournage-de-w-e-a-new-637x0-2

Et en ce sens, le pari est réussi : WE est un film à conseiller à tous les romantiques en goguette, Madonna assumant ce potentiel romanesque de l'histoire avec fougue et un véritable talent visuel. La mise en scène  nous emporte, grâce à un   ravissement indéniable, et  formant un tourbillon audiovisuel assez étourdissant, mêlant les images d’archives à ses propres images tournées sous divers supports.  Le film livre également une superbe bande son alternant le classique et le moderne, les tubes « vintage » et les musiques planantes du compositeur Abel Korzeniowski.

Certes, cette flamboyance peut parfois être too much et faire penser à une publicité pour un parfum, mais ce n'est pas vraiment par la mise en scène que le film pêche, mais bien par le scénario. En effet, l'intrigue entrecroise le destin de Wallis Simpson et d'Edward VIII avec un personnage fictif vivant dans les années 1990 et obsédée par cette romance historique. Hélas, ce mélange entre les deux parties ne fonctionne pas vraiment, l'histoire contemporaine trop faiblarde (et flirtant avec le roman photo), et servie par des personnages trop caricaturaux ne fait pas office pas de contrepoint attendu.

Bref, alors que Madonna a pourtant traité un sujet qui visiblement la passionne, il est fort dommage qu'elle n'ait pas soigné le scénario, le gros talon d'achille de ce W.E,  toutefois pas aussi désastreux qu'on ait bien pu le dire.

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17 mai 2012

Des places de ciné à gagner pour les mamans...mais pas que!!

820882-affiche-du-film-maman-637x0-1Quoi, on n'est pas dimanche et je vous offre encore des places de ciné???

Ben oui, quoi, et à cet excès de générosité, je donnerais plusieurs raisons déja on est un jour férié, donc on peut le considérer dans l'imaginaire collectif comme un dimanche.

D'autre part, je suis d'humeur particulièrement généreuse en ce moment, festival de Cannes oblige (vous l'avez deviné, j'adore cette période), et du coup, et j'en fais profiter tout le monde en faisant remporter des invitations cinéma que j'ai dans ma besace

Et je n'attends pas dimanche, car ce dimanche, j'ai d'autres choses à vous faire gagner.

Bref, aujourd'hui, j'ai 5 invitations pour une personne pour le film Maman, le film d'Alexandra Leclere, dont je vous ai parlé dans ma sélection cinéma de la semaine passée.

Je n'ai pas encore vu le film, mais les échos que j'ai eu sont plutôt très favorables.

Pour participer, laissez moi juste un petit commentaire et dites moi si vous préfererez une ou deux places, je procédererais à un tirage au sort pour les postulants à une place et pour un autre à deux places. Et si vous relayez le concours sur FB ou twitter (avec lien à me communiquer, svp).

Je vous laisse peu de temps, ben, justement jusqu'à dimanche soir, le 20 mai minuit, pour participer. Merci à tous les participants et bonne fin de 8 mai!!!

Posté par filou49 à 12:01 - cinéma - Commentaires [15] - Rétroliens [0]
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Poker et cinéma: les liaisons dangereuses en 2 films cultes

joueursSi je suis un peu joueur dans l'âme, avec notamment une passion pour les jeux concours qui s’est juste un peu émoussée depuis que j'ai un blog, j'ai toujours voulu m'éloigner des jeux d'argent, de peur d'être trop contaminé par le virus.

C'est pour cela que le poker, j'y ai un peu touché, à l'époque où tout le monde s'y mettait, mais uniquement de loin ou avec des jetons.

En fin de compte, et comme j'ai tendance à le faire pour tous les domaines, c'est plus par l'intermédiaire des écrans de cinéma qu’ à l’intérieur des salles de jeu que j'ai vraiment appréhendé le monde du poker.

Si je fais le décompte des films qui ont pour sujet principal le poker, et que j'ai eu l'occasion de voir, j'en dénombre 5.

Si 3 d'entre eux ne m'ont pas profondément marqué (Maverick avec le paria Mel Gibson, Poker avec Pierre Arditi et Arnaques, Crimes et Botanique de Guy Ritchie), deux autres films, tous deux américains, dévoilent magnifiquement la fièvre qui anime les joueurs et donne furieusement envie de jouer au poker : Les Joueurs, sorti en 1998, et Lucky You, sorti en 2006.

 poker1. Les joueurs (The Rounders) de John Dahl

L'histoire :

As du poker, Mike McDermott perd toutes ses économies en une seule nuit. Ce revers de fortune le décide à tourner le dos au jeu. Encouragé par sa femme Jo, il se remet à ses études de droit et se tourne vers la réussite sociale. Mais quand Worm, son vieil ami, sort de prison, Mike doit définitivement choisir. Pour le sauver, par fidélité, il va être obligé de replonger. Retrouver le goût des cartes, jouer gros, fréquenter les rounders, les implacables joueurs de poker professionnels...

Ce que j'en pense :

A l'époque du film (1998), la fièvre du poker n'avait pas encore envahi la France. Mais, plus que par le sujet, c'était le talent du réalisateur John Dahl, qui avait réalisé Last Séduction et Kill Me again, deux pépites du film noir qui m'avait convaincu d'aller dans les salles obscures humer l'ambiance des salles de jeu.

Les Joueurs est un film qui nous permet de suivre deux accros au poker, joués par Matt Damon et Edward Norton, qui  voient leur situation qu'empirer au fur et à mesure des parties qu'ils livrent. Si le détail des parties, très techniques, a parfois un peu perdu le non initié que j'étais (encore plus à l'époque de la sortie salles du film), j'avais vraiment apprécié l'humanité des personnages, la chaleur qui se dégageait du groupe de joueurs, ainsi que la tension qui émanait des parties, du notamment à l'apparition, dans la dernière partie du film, d'un mafieux russe, interprété avec son charisme légendaire par un John Malkovich aux petits oignons.

Les joueurs constitue pour moi un film qui captive de bout en bout, et qui permet de mieux toucher du doigt l'adrénaline et le sentiment de toute puissance que ressent tout accroc à ce jeu.


1998 Les Joueurs fr

 

lucky you 2. Lucky You

L'histoire :

Dans les salons de Las Vegas où s'affrontent les meilleurs joueurs de poker du monde, Huck Cheever est connu comme un risque-tout. Mais, dans sa vie privée, ce flambeur acharné est un homme d'une prudence extrême, qui refuse tout investissement émotionnel, toute relation durable.
Lorsque Huck se présente au Tournoi International de Poker 2003, avec la ferme intention de remporter le titre en même temps que les faveurs de la chanteuse Billie Offer, un obstacle inattendu se dresse sur sa route : son père, L.C. Cheever, joueur légendaire, qui abandonna jadis la mère de Huck. Une lutte sans merci, attisée par des années de ressentiment, oppose d'emblée les deux hommes pour la conquête du titre.

Ce que j'en pense :

Ce film, sorti quelques années après Les joueurs (2006), arriva justement après cette fameuse vague du poker, où même les non accrocs étaient pris dedans et tentaient le coup. Là encore, si j'ai voulu voir le film, c'est parce qu'avant tout, j'aimais particulièrement le travail du réalisateur, auteur de quelques bons films ( Bad Influence, Wonder Boys) et surtout d'un vrai chef d'œuvre (L.A Confidential). De plus, j'avais eu le privilège de visiter Las Vegas l'année d'avant la sortie du film, et j'avais envie de retrouver sur grand écran la folle ambiance de Sin City.

Et Lucky You ne m'a pas déçu car, si j'ai pu retrouver justement le parfum de Vegas, c'est grâce à la force et la beauté de la mise en scène d'Hanson qui restitue fidèlement la flamboyance un peu vaine de la ville. Le film nous offre une peinture la fois réaliste et stylisée de l'univers des grands tournois de poker, ainsi qu'une démonstration de la folie qui entoure ces compétitions. Les acteurs, Éric Bana en tête, sont excellents, et la musique sied parfaitement à l'ensemble. Et la romance qui survient entre le personnage central et la charmante Drew Barrymore sert de parfaite respiration entre deux scènes de parties particulièrement tendues.

De plus, mais détail important vu le thème central du film (et celui de mon billet), les parties m'avaient paru êtres tout à fait réalistes.  En effet, comme, comme je l'ai laissé entendre en début de billet, j'avais joué un peu au poker quelques années avant, j'avais pu mieux jauger de la fiabilité des coups qu'à l'époque où j'ai vu les Joueurs.


LUCKY YOU - Bande-annonce VO

En résumé, et même si certains puristes dénigrent, pour des raisons diverses, ces deux films, personnellement, Les Joueurs et Lucky You constituent, à mes yeux les deux plus grandes réussites du film de poker.

Posté par filou49 à 06:02 - cinéma - Commentaires [3] - Rétroliens [0]
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15 mai 2012

Les blogueurs doivent-ils raconter la fin des films?

The-End-So-You-Want-To-Be-A-DetectiveEn allant voir récemment le résultat de mes requêtes google, je me suis aperçu qu'un certain nombre d'internautes venaient sur mon blog avec une recherche précise : celle de connaitre la fin des films. En effet, j'ai du avoir une bonne vingtaine de demandes concernant la fin du film Polisse, une dizaine sur la fin des 38 témoins, et 4 ou 5 sur le Prénom et Babycall, films que je n'ai meme pas vu au demeurant, mais dont j'ai juste parlé dans mes sélections du mercredi. 

Je ne saurais évidemment dire si ces requêtes proviennent de personnes qui ont vu le film et qui veulent avoir des précisions ou alors d'autres, qui veulent s'épargner la vision du film et pouvoir le raconter en public pour faire comme si!!

Devant cet afflux de demandes, je me suis demandé pourquoi nous, blogueurs ciné, prenions ce parti pris de ne jamais raconter la fin des films, ni même des éléments clés de l'intrigue, exactement comme dans les autres médias, alors que rien ne nous l'interdit formellement. Cette pratique a d'ailleurs un nom que j'ignorais jusqu'à récemment, elle vient de l'anglais,  ca s'appelle spoiler.

On entend par spoil tout document ou texte qui dévoile tout ou une partie de l'intrigue d'une œuvre (livre, film, série). Etspoil qui donc gâche le plaisir et la surprise que la personne aurait en découvrant l'œuvre par elle-même. . J'ai vu que sur Wikipédia, mais je ne sais pas trop d'où ils sortent cette théorie, que généralement, on ne considère plus comme spoil le fait de donner ces informations (cruciales ou pas) lorsque la date de sortie de l’œuvre dépasse les 5 ans.

Sur le site Allo ciné, j'ai remarqué que, depuis peu de temps, lorsqu'un internaute poste une critique sur le site, il a la possibilité d'activer une touche " spoiler" pour cacher certains passages trop significatifs de son écrit, ce qui rend d'ailleurs ensuite le texte peu lisible, un peu comme lorsque dans les reportages foireux de M6, on ne voit la moitié des visages et des lieux floutés.

Si on pourrait légitimement penser qu'une grande majorité des gens veulent absolument ignorer le dénouement des films, de plus en plus de cinéphiles pensent le contraire et vont même chercher à savoir la fin d'un film, prétextant que l’intérêt ne réside pas dans l’anecdote, mais dans la façon de conduire le récit, la manière de la raconter.

Et d'ailleurs, une  récente étude menée à l'Université de Californie à San Diego confirme cette éventualité que les spoilers pourraient en fait accroître le plaisir  ressenti devant un film ! Selon le chercheur qui a initié l'enquête, « connaître la fin permet de se focaliser sur d'autres éléments du récit, comme les personnages et le style ». Un point de vue partagé par Charlie Keil, directeur de l'Institut d'études du cinéma de l'université de Toronto, qui complète : « La façon de raconter l'histoire est plus importante que la résolution de l'intrigue. Sinon pourquoi est-ce qu'on regarderait des films déjà vus ? »

Personnellement, je ne suis pas d'accord du tout avec cette analyse et c'est certainement pour cela que je revois peu de films ou alors lorsque je suis certain de ne plus me souvenir de la fin. Pour moi, qui ait tendance à préférer le scénario à la mise en scène, si un film ne me ménage plus de surprise, et notamment sur le dénouement, alors mon plaisir en est largement éventé. Je m'opposeannuel d'ailleurs sur ce sujet férocement à ma mère, qui, pour sa part, n'est absolument pas dérangée par connaitre la fin d'un fim, et qui du coup se fait un malin plaisir de mes les raconter si je n'ai pas vu le film (comme pour  le film Incendies, où le twist final revet une importance capitale).

Et je m'insurge pareillement et régulièrement contre le critique de Télérama Pierre Murat, qui dans L'émission radiophonique Le masque et la plume sur France Inter (émission que je n'écoute hélas plus) a la facheuse avait l’habitude, fâcheuse  de raconter, non sans une certaine perverse délectation, la fin des films.

Je ne dis pas qu'il ne m'est jamais arrivé de lire des fins de film sans avoir vu le film. Je suis notamment un lecteur assidu d'un ouvrage, L'annuel du cinéma, édité par la revue Les fiches du cinéma, qui raconte dans le détail l'intégralité des résumés des scénarios de l'ensemble des films sortis en France sur une année. Et lorsque je sais que je n'irais pas voir un film qui ne m'attire pas assez, je lis ce résumé jusqu'au bout. Ou bien lorsque je commençe un film mais qu'il ne me plaitt pas assez pour continuer jusqu'à la fin, je lis l'intégralité de la fiche, mais j'avoue que j'a alors toujours au fond de la bouche un  petit gout d'inachevé. La lecture de cet annuel est en fait bien plus intéressante pour moi lorsqu'elle m'aide à mieux comprendre une fin de film que j'ai bel et bien vue, mais dont j'ai besoin de quelques éclaircissements (bref une fin d'un David Lynch par exemple).

Si je n'avais pas cet annuel, j'aurais pu égalemela-fin-du-filmnt m'aider d'un site internet, la fin du film.com, qui, comme son nom l'indique, dévoilait la fin d'un certain nombre de films, grâce à l'intervention d'une quinzaine de bénévoles,. Le tout classé par catégorie : « Et à la fin il devient gentil », « Alors, en fait, le type », « Et alors là, tout à coup »...Son fondateur, Eric Culnaert, 37 ans, consultant en nouvelles technologies, revendiquait un côté potache : « Je voulais simplement renverser la logique de la critique de films. Si je peux énerver un peu, tant mieux. » Mais ce site a pris fin en mars 2011 pour des raisons inconnues. Et aucun autre site n'est venu combler ce manque.

J'imagine donc que c'est pour cela que les internautes se ruent sur mon blog, et probablement sur les autres blogs ciné, pour faire leurs requêtes. Hélas pour eux, ils doivent repartir bien décus de mon site. Si je ne vais pas changer d'avis et publier au vu et su de tout le monde les fins des films, je propose à tous les internautes qui arrivent sur mon blog dans ce but de m'envoyer un mail privé et de me demander mon point de vue sur la fin du film en question,  et je me ferais alors un plaisir de lui répondre. Sauf bien sur s'il s'agit de films que je n'ai pas vu....

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03 mai 2012

Margin Call, le film qui te fait aimer les traders

Kevin Spacey Margin CallIl y a quelques mois de cela, j'avais assisté avec mon fils à un spectacle d'improvisation pour les enfants qui demandait, comme souvent dans ce genre de représentations, pas mal d'interacitivté avec le public. A un moment, un des comédiens m'interpelle et me demande de lui donner sans réflechir l'identité du métier que je déteste le plus...Ne m'attendant pas à cette question, j'ai lancé le premier métier qui me venait à l'esprit, qui était " trader". On était pourtant déjà loin des scandales de Kerviel et compagnie, mais comme un certain nombre de français, je garde une rancoeur tenace pour cette profession qui a commencé à avoir une très mauvaise réputation depuis la crise financière de 2008, et mon inconscient a donc gardé ce métier comme la "pire profession du monde".

Cela étant dit, je n'avais de ce métier de trader qu'une image forcément caricaturale, à savoir celle d'un type qui vendrait père et mère pour se faire le plus de blé possible. En effet, s'il y a bien un domaine qui ne m'a jamais interessé, c'est bien l'économie (malgré un Bac économique, allez savoir) et j'avoue n'avoir jamais cherché à vraiment connaitre les vraies raisons de cette crise et le détail des missions de ces traders.

Heureusement que le cinéma est là pour pallier cette carence et heureusement qu'il y a des invitations avant première pour voir desmargin-call-2011-20299-1619893536 films dont le sujet me dit si peu : je cultive un  tel mépris pour ce milieu là que passer 2 heures en compagnie d'employés et de dirigeants d'une grande entreprise financière à l'aube de la crise des subprimes menacait de me plonger soit dans l'agacement soit dans l'ennui le plus profond.

Ce film, c'est Margin Call, sorti hier sur nos écrans, et réalisé par un jeune cinéaste américain, J.C Chandor, dont c'est le tout premier film, et qui a réussi, sur la simple base de son script, à rassembler une superbe brochette de comédiens, des plus confirmés (Kevin Spacey, Jeremy Irons, Demi Moore) à des plus jeunes comédiens, découverts dans des séries du moment (Zachary Quinto vu dans Héroes).

L'objectif de la fiction de J.C Chandor, est de retracer 24 heures décisives dans la vie d'une banque d'investissement avant le krach boursier de l'automne 2008, de la naissance du soupçon jusqu'à la prise de conscience de l'étendue du cataclysme.

Et c'est peu de dire que le pari du réalisateur est réussi, tant, pendant toute la projection du film, je n'ai pas pensé une seule seconde à autre chose qu'au destin de ces personnages qui s'agitaient (et dieu sait qu'ils s'agitaient) à l'écran.

Margin-Call-05Si Margin call arrive à être un film réellement passionnant sur un sujet qui ne l'est pas au départ, plusieurs raisons peuvent l'expliquer.

Avant tout, le film est extrémement documenté et jamais caricatural (comme pouvait l'être Wall Street 2), le père du réalisateur a travaillé pendant 40ans dans une banque d'investissement, et a donné énormément d'informations à son fils qui en a tiré profit pour batir des personnages autenthiques et des situations parfaitement crédibles. Certes, les grands pontes de cet établissement développent un cynisme et se prêtent à des stratégies diaboliques simplement dans le but de maintenir la tête de leur établissement hors de l'eau, et qu'importe les conséquences sur les milliers de personnes qui sont au bout de la chaine. Mais les autres employés, des chefs de service aux agents situés tout en bas du système, ont des vrais états d'âme et un sens des responsabilités dont on ne se doutait pas forcément.

Par ailleurs, le scénario bénéficie d'une construction de récit très ingénieuse basée sur une unité de lieu (cet immeuble qu'on nePaul+Bettany+Margin+Call quitte quasiment pas du film, sauf en de rares pauses faussement plus respirables) et de temps : le film dure exactement 24 heures, et du coup, la fiction possède une force qu'il n'aurait pas eu si l'histoire s'était déroulée en plusieurs jours.

Par ailleurs, la mise en scène est au diapason de ce récit: tendue à l'extrême, concentrée exclusivement sur son sujet (aucune histoire parrallèle comme souvent dans ce genre de films), elle donne au film une intense dimension dramatique qui contribue énormément à la réussite éclatante du film.

Mais tout ceci ne serait rien sans un casting aux petits oignons, ce qui est assurément le cas: quel plaisir de revoir Kevin Spacey Demi Moore, et Jeremy Irons défendre des personnages aussi complexes et consistants. Quel bonne surprise de découvrir  enfin ce Simon Baker dont tout le monde me parle (dois je vous rappeller que je ne regarde jamais les séries de TF1, par pur snobisme? :o) Et pour Paul Bettany, qui ne jouait que dans des nanars (Priest,) en voilà une belle résurrection! Et je n'oublie pas les petits jeunes, tout à fait à la hauteur des anciens.

Bref, à cause de ce film nuancé et haletant de bout en bout, je serais bien embeté si, aujourd'hui, je retournais au spectacle d'improvisation et qu'on me reposait la même question... Et je ne pourrais pas, à la place, répondre "flic", à cause de Polisse de Maïwenn,et évidemment je ne pourrais pas plus rétorquer: " huissier" depuis que j'ai vu Je ne suis pas là pour être aimé de Stéphane Brizé... Quelqu'un pourrait t-il ainsi me donner une idée d'un métier à mauvaise réputation que le cinéma n'a jamais encore humanisé? Merci d'avance :o)..

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01 mai 2012

A moi seule : un film superbe et intelligent sur un sujet tabou

à moi seulePour ce premier mai, je ne ferai pas la fête du travail et vous pondrai quand même un petit billet sur un film qui n'a rien de ludique et de festif, bien au contraire, mais qui m'a énormément séduit et dérouté en même temps.

Ce film, c'est À moi seule réalisé par un jeune metteur en scène français Frédéric Videau et dont le sujet est très proche d'un livre dont je vous ai parlé plusieurs fois sur ce blog, Twist de Delphine Bertholon. 

Le cinéaste et l'écrivain s'inspirent d'un fait divers autrichien qui a défrayé la chronique, la sinistre affaire Natascha Kampusch, et récemment au moins deux autres artistes Markus Schleinzer et son film Michael, et Régis Jauffret et son dernier roman Clasutria sont partis également d'un  même postulait de départ, une de séquestration pendant de très longues années, dans une cave d'une jeune personne par un  déséquilibréprofond .

Dans A moi seule, Videau s'éloigne assez rapidement de ce fait divers, et ne situe jamais son film sous le joug de la classique reconstitution.  Certes, Gaëlle a été enlevée à l'âge de 8 ans par Vincent, on le comprend dès les premières images quand Gaëlle, devenue une jeune fille, est libérée par Vincent. Mais, en commençant par le dénouement et en déconstruisant la chronologie (le film mélange totalement et très habilement le passé de la détention au présent de la reconstruction), le cinéasteA_moi_seule cherche avant tout à nous rendre compte de l'ambivalence de sa jeune héroïne  en proie à un syndrome de Stockholm qui ne dit jamais son nom. 

Ce n'est pas le fait divers en lui même qui interesse le cinéaste,mais bien plus la réadptation de Gaelle au monde extérieur aprés ses 8 années de captivité, et à l'étrange relation qui a pu se nouer entre le ravisseur et sa victime.

De ce fait, le film s'avère réellement fascinant de bout en bout. Voilà en effet un de ces rares films qui nous pousse dans nos retranchements moraux et qui arrive à mettre à mal nos propres certitudes. En douceur, mais avec beaucoup de fermeté, Frédéric Videau bouleverse les codes, tord le cou aux clichés sur la question de la paternité, de la parentalité, de la filiation.

En effet, la question centrale du film est de savoir comment une petite fille grandit avec ce qui constitue sa seule famille, à savoir un déséquilibré incapable de nouer de vraies relations affectives, qui, en même temps, veut lui assurer le confort matériel dans la mesure de ses moyens (achete les cd et livres qu'elle aime, nourriture de son choix) 

3d1b2060-7dad-11e1-8ff4-0997dd048f6d-493x328Ainsi Vincent va annoncer d'emblée à Gaëlle : "je ne te ferai jamais de mal, je ne te frapperai pas, je ne te violerai pas"... C'est clair et, étrangement, nous prenons le parti de "faire confiance" à Vincent, malgré son évidente inhumanité. Cette confiance accordée d'emblée nous questionne forcément quant à notre propre attitude. Derrière l'inacceptable de son geste, on ressent une extrême solitude et une humanité qui ébranle indubitablement nos convictions.

Et en plus de ce trouble liée à l'ambiguité de cette relation, le film pose également une autre question essentielle : comment retrouver un cercle familial lointain, comme  si de rien n'était? En effet, on va s'apercevoir qu' à une prison succède une autre prison, moins apparente, mais tout aussi aliénante. Pendant son enfermement physique, si Gaëlle gagne sa liberté jour après jour contre Vincent, cela ne fait pas d'elle une jeune fille libre quand elle se retrouve à l'extérieur. Le film nous montre d'éclatante façon à quel point la frontière entre réclusion et liberté peut parfois être poreuse.

Et le film ne serait pas aussi réussi sans l'éblouissante prestation des deux comédiens principaux; je ne connaissais pas du tout la jeune Agathe Bonitzer, elle impose ici une présence magnétique, qui fait parfois penser à Charlotte Gainsbourg. Quant à Reda Kateb, qui lui  partage avec Joey Starr dans la même animalité bienvaillante, il éblouit encore plus que dans le Prophète qui l'avait fait découvrir au plus grand nombre.

A moi seule est donc un film pas forcément facile d'accès, de par le sujet, et son traitement, mais, pour qui veut bien tenter l'expérience, se révèle être une aventure assez magnifique.


À MOI SEULE : BANDE-ANNONCE Full HD de Frédéric Videau

 

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23 avril 2012

Young adult : le (pas si) triomphal retour de la reine du lycée

Young-Adult-5Je sais pas vous, mais pour ma part, j''ai toujours eu tendance à confondre deux réalisateurs américains aux univers proches, Alexandre Payne et Jason Reitman, qui sont un peu issus de la même famille artistique.

C'est vrai, quoi, tous les deux ont effet l'habitude de prendre comme point de départ des comédies américaines aux abords traditionnels, voire populaire, et de les faire légèrement dérailler pour nous dresser in fine des peintures très grincantes de l'american way of life.

Les derniers films de ces réalisateurs, sortis tous deux en ce début 2012,  et qui, pour moi, font partie des meilleurs films de ce début d'année, ne font que corroborer cette impression de similitude entre les deux univers.

Reitman, à l'instar de Payne, aime par dessus tout disséquer au scalpel cette amérique blanche qui ne supporte pas les marginaux, les looser, ou même ceux dont leurs années de gloire, bien réelles, sont derrière eux.

C'est ce qui est le cas pour Mavis, l'ancienne reine de beauté du lycée de Mercury, une de ces ces stars du lycée qui peuplent les films ou séries pour teenagers, mais qui en général ont rarement le beau rôle, ces sortes de pestes, en général bombesques, mais dénuées d'intelligences et/ ou d'humanité.young audl En général, ces filles servent plus au décorum, mais on ne va jamais voir ce qui se passe dans leur tête, et encore moins voir si, quelques années après, leur popularité est aussi grande qu'à cette époque bénie des dieux.

C'est dans cet esprit que Young adult m'a fait un peu penser à cette mode (retombée?) du site Copain d' avant, cette époque où on allait tous jeter un oeil sur la page de nos camarades de lycée pour soi disant prendre de leurs nouvelles, mais,avec comme finalité non avouable, se rassurer qu'en fin de compte, ils n'ont pas mieux réussi leur vie que nous.

Car si Mavis est si mal accueillie, c'est sans doute, plus qu'àcause de la mauvaise réputation qu'elle traine derrière elle, du au fait qu'elle, au moins, ait réussi à quitter cette ville dortoir pour la grande ville (Mineapolis) et asseoir une certaine renommée avec ces livres pour ado (pour Young adult comme elle aime le rappeller).

Du coup, la plupart de ses anciens camarades, jaloux de cette singularité, auront tendance à ne pas l'épargner, d'autant plus que Mavis ne fera rien pour se rendre aimable. Car c'est aussi la grande particularité du film et du cinéma de Reitman, axer son intrigue autour d'un personnage principal pas vraiment sympathique, qui a tendance à dire tout haut ce qui ne se dit pas, (du genre, mais non ce bébé, il n'est pas beau, vous avez vu cette tête de près?)

Si le film peut dérouter ceux qui s'attendent à une comédie légère pour adolescent, je suis personnellement tombé sous le charme de ce film, qui possède, entre autres atouts, une qualité d'écriture bien au dessus de la moyenne, avec notamment un personnage secondaire de geek associal très finement campé, bien loin des stéréotypes dela comédie US classique.

Et évidemment, la petite musique, extrêmement mélancolique que distille le film jusqu'à sa fin, pas vraiment la happy end attendu (on a un peu peur à un moment, mais ouf, ca bifurque vite) font de ce Young Adult, pourtant bien dénigré sur la blogosphère, un très beau film que je recommande vivement.


Young Adult : bande annonce #1 VO

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19 avril 2012

Le match des magazines ciné: UGC vainqueur par K.O

UGC199_couvAllez, je vous avoue ma trahison : mercredi 4 avril, jour de l'inauguration du confluence UGC Cité Ciné sur lequel je reviens longuement ici, j'ai enchainé avec une séance cinéma (2 days in New York) dans un cinéma concurrent de l'entreprise UGC, à savoir Pathé, qui occupe l'autre bonne partie de l'espace des salles de cinéma sur Lyon.

Et si, au niveau de leur emplacement géographique, du confort des salles, du soin portée au son et à l''image, et de leurs choix de programmation, je trouve que les deux franchises présentent toutes les deux des résultats remarquables et à peu près équivalents, je me suis aperçu ce jour là qu'il y a un élèment sur lequel UGC l'emporte largement sur son concurrent: celui de son magazine cinéma.

En effet, le matin, suite à ma rencontre avec les responsables du nouveau multiplexe, j'avais été bien "ravitaillé" en revues Ilimité, du nom de la carte de fidélité des adhérents UGC, et l'après midi, lors de ma séance ciné, je n'ai pas manque de récuperer mon journal du cinéma Gaumont Pathé. Image-38

De fait, le soir, lorsque je les ai sorti de mon fameux sac (qui n'a plus de secrets pour vous depuis ce billet),  je n'ai pu m'empecher de faire un petit comparatif des deux, et de me rendre compte que la revue Illimité l'emportait largement sur celle des cinéma Gaumont Pathé (ils auraient pu trouver un titre moins ronflant d'abord :o).

Cela dit, même sans voir la séance, j'aurais pu récupérer ces magazines gratuits et en libre service, qui sont disponibles dans leurs présentoirs avant même de passer aux caisses. Si vous  voulez combler un désir de lecture gratuite sur votre passion du 7ème art, mais que votre porte monnaie est vide, voici un bon plan, sauf qu'après, vous risquez d'avoir une envie totalement irrépressible d'aller combler votre faim de films dans une salle obscure des enseignes en question.

Car les deux revues ont en commun de promouvoir totalement tous les films programmés dans les salles des deux enseignes respectives, et tout est fait pour donner envie aux gens gaumont pathéd'aller voir ces films.

Si aucune critique négative des longs métrages n'apparait donc dans les pages, ce qui semble logique, certains films sont plus mis en valeur que d'autres, et en général, ce sont qui bénéficient d'un label particulier (le Coup de Coeur Gaumont Pathé  pour l'un ou les label UGC des spectateurs et UGC découverte pour l'autre).

Ces films bénéficient ainsi, en règle générale, d'un résumé plus fourni et surtout d'interviews  ou, en alternance, de portraits des acteurs ou réalisateurs des dits films en question assez originales,.et dans leurs formes et dans leur contenu.,

Voilà pour les points communs entre les deux revues, car sinon, comme je vous le disais au début de mon billet, la revue Illimité possède une plus value énorme par rapport à  celle deson rival.

S'il y a encore quelques années, le journal du cinéma UGC était simplement à vocation promotionnelle, désormais, un vrai effort éditorial a été fait, et on a même l'impression de lire une vraie revue journalistique, dans l'esprit assez proche de la référence qu'est Première.

En effet, avant la sélection des films proprement dit, une vingtaine de pages sont consacrées à l'actualité cinématographique proprement dite, avec des catégories décalées et originales.Florence Foresti Howard

Par exemple, la rubrique "20 degrés de séparation" développe la théorie de Karinthy (un peu de culture dans ce mondes de brutes: o)  en reliant un acteur à un autre qui n'a a priori rien à voir, au travers d'une chaine comprenant 18 autres acteurs. Ingénieux et amusant! 

De même, la rubrique le Top 10 trace un panthéon forcément subjectif des 10 meilleures oeuvres sur un thème donné ( par exemple : Le top 10 des : femmes d'action,  rôles avec un handicap, acteurs à poils...)

Pour ne pas toutes les citer, faute de place, je mentionnerais fort logiquement  la note d'optimisme avec laquelle la revue finit, page intitulée 'Le futur c'est", et qui trace un portrait d'un acteur ou réalisateur fille ou garçon en qui UGC place de nombreux espoirs (Reda Kateb, Alice Belaidi, Jeff Nichols, un  vrai sans faute!!!) .

De plus, j'ajouterais également que, moi qui aime la BD plutôt humoristiques, j'apprécie également à sa juste valeur le soin apporté aux dessins, legers et drôles, illustrant la plupart des rubriques en question?

Bref, le magazine UGC, par son ton singulier et qui ne se prend jamais au sérieux, te fait presque regretter que les lumières de la salle s'éteignent aussi vite lorsque la séance commence. Au moins, lorsque je vais dans un Pathé, j'avoue avoir moins ce problème....

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18 avril 2012

Pourquoi il faut aller voir "L'amour et rien d'autre" au cinéma

amour etComme je le déplorais déjà la semaine passée, les sorties cinéma du mois d'avril ne se distinguent pas particulièrement en ce moment, et on avait déja connu un peu le même problème en 2011 (cela dit, l'année dernière, les 3 premiers de l'année avaient été plus fertiles en grand films que 2012, il me semble).

Du coup, plutôt que distinguer 3 films moyens qui ne m'emballent pas plus que cela, je préfère mettre un avant un seul film qui sort ce mercredi, L'amour et rien d'autre, un premier film allemand d'un certain Jan Schamburg.

Je le fais d'autant plus, que, contrairement à mes sélections habituelles où je ne parle que d'oeuvres qui me font envie mais que je n'ai pas encore vu, j'ai déjà eu l'occasion de voir ce film, il y a maintenant plus de deux mois, et je l'avais énormément apprécié.

Pour mes nouveaux lecteurs qui n'avaient pas assisté à mes pérégrinations annonéenes ( comme c'est dommage, ça :o), c'est bien évidemment dans le cadre de ce festival international du premier film, dans lequel il était présenté en compétition officielle que j'ai pu voir ce film. Ce film fut pour moi de loin le meilleur de la compétition, mais comme je n'étais pas le seul à choisir, c'est pas lui qui a eu la récompense suprême, même s'il a quand même été récompensé d'un prix spécial que je suis allé moi même déclamer au micro ( mon fameux quart d'heure de gloire warholien)

Si l'intrigue du film semble reposer sur le fait qu'une femme s'aperçoive, après la mort de son mari, que celui qu'elle a épousé n'était pas celui qu'elle pensait avoir connu (thème assez proche de plusieurs faits divers, comme l'affaire Romand), on va progressivementamour s'apercevoir que le réalisateur ne s'interesse pas beaucoup à cette partie thriller, et va préférer faire bifurquer  le film sur une autre voie,.mais je ne vous en dis pas plus, pour ne pas éventer la surprise de ceux ou celles qui aimeraient tenter le coup.

Sachez simplement que pour moi, L'amour et rien d'autre dépeint, avec une grande finesse, les relations complexes qui peuvent se nourer entre des humains, et répond à la question que tout le monde s'est posé à un moment donné : comment survivre à la fin d'un amour?

 Et surtout, le film ne serait pas ce qu'il est sans la grâce de son actrice principale, que je ne connaissais pas, car elle est visiblement plus une actrice de théatre que de cinéma (à part un rôle remarqué dans Requiem en 2006).  Ici, dès son apparition Sandra Hüller arrive à exprimer, par une facete de jeu impressionnante, toute l'ambivalence d'un personnage si difficile à cerner.

Une actrice prodigieuse pour un film qui ne l'est pas moins, et auquel j'avais envie légitimement de redonner un petit coup de zoom à l'occasion de sa sortie en salles ce mercredi.

Posté par filou49 à 05:50 - cinéma - Commentaires [6] - Rétroliens [0]
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