26 janvier 2012
L'expo Miniartextil 2012: l'art contemporain placé sous le signe de l'énergie
Si vous êtes un habitant de la région parisienne enclin à toute découverte artistique hors du commun, je vous conseille sans la moindre hésitation de foncer, à partir du 4 février prochain à Montrouge, dans les Hauts de Seine.
La Ville de Montrouge reçoit en effet, pour sa seule étape en France, et pour la 8ème fois, l’exposition internationale d'origine italienne, Miniartextil. Condensé de ce que l’art textile contemporain produit de plus dynamique et d’original, Miniartextil 2012 présente plus d’une cinquantaine d’œuvres « mini-textiles », de format 20x20x20 cm maximum. Les œuvres sélectionnées pour Miniartextil viennent d’artistes de tous les continents, avec pas moins de 43 pays représentés.
Pour la première année, le « Prix Montrouge » a été créé. Il est décerné à un
artiste de l’exposition, dont l’œuvre est acquise par la Ville de Montrouge et qui entre dans la collection d’art contemporain municipale. Le « Prix Montrouge » est attribué cette année à l’artiste Valérie Buess pour son œuvre « Ready", oeuvre de papier qui suggère la vie en mouvement, dans ses métamorphoses. (voir photo à droite) ».
Surprenantes, poétiques, esthétiques, les œuvres produites marient avec intelligence et élégance savoir-faire ancestraux et dernières innovations en matière de fibres ou de textiles divers et variés (soie, coton, laine, graines, bois, lin)....
Le thème de cette nouvelle édition, « Energie », promet des rencontres fortes et contrastées entre la légèreté et la densité, l’intimité ou l’excentricité de ces sculptures de poche. Une invitation pour le visiteur à découvrir la singularité des propositions des artistes 54 sélectionnés, issus de tous les continents.
Miniartextil regroupe et présente chaque année une sélection pointue d’œuvres d’artistes sélectionnées par un jury international prestigieux qui privilégie la jeune création, parmi plus de 350 propositions venues du monde entier.
Mais Miniartextil, c’est égal
ement une scénographie originale, présentant chaque mini-œuvre dans un écrin en suspension, léger et épuré. Pour l’édition 2011-2012, Les Salons de l’Hôtel de Ville de Montrouge, dotés d’immenses lustres et de plafonds remarquablement peints début 1900, accueillent en outre une dizaine d’installations de grand format d’artistes invités ponctuant, grandeur nature, cette exposition tout en raffinement. On pourra ainsi admirer l’impressionnant taureau de Jean-Philippe Hausey-Le Plat (photo), les corps lumineux de l’artiste slovène Anda Klancic ou encore l’installation immersive du duo Bela Bela.
Alors, si vous voulez tenter une expérience inédite et assez intense au niveau sensoriel, tentez l'expérience Miniartextil, vous ne serez pas déçus!!!
03 janvier 2012
Visiter l'atelier d'un sculpteur, ca vous dit?
J'ai tant de carence dans le domaine muséal que, depuis que je suis sur Lyon, les artistes présentés lors des expositions temporaires des musées principaux de la ville sont généralement parfaitement inconnus à mes oreilles. En effet, quand je résidais sur Paris, les musées les plus importants proposaient souvent des rétrospectives Monet, Turner, Gauguin, Rembrandt, et au moins, ceux là, je les connaissais de nom, alors que ceux que je vois sur les affiches de ma ville d'adoption ne me sont absolument pas familiers.
Prenons par exemple l'exposition en date qui se déroule actuellement au Musée des Beaux Arts de Lyon, et consacrée au sculpteur Etienne Martin, présenté dans le dossier de presse comme u"n des sculpteurs majeurs du XXième siècle". Vu que je suis totalement incapable de donner un autre nom de sculpteur majeur de l'époque, je veux bien adhérer au postulat de départ, et je suis donc allé sur place me faire une idée plus approfondie de l'oeuvre de ce grand artiste.
Cela dit, Etienne Martin a, d'après ce que j'ai pu découvrir suite à ma visite, réalisé également des
sculptures exposées dans divers lieux publics, notamment dans le Parc de Bercy, et ces oeuvres là (comme celles sur la photo à droite), je me souviens très bien être passé plusieurs fois devant, sans savoir qui en était l'auteur.
En fait, Etienne Martin, drômois d'origine, a connu une vraie histoire personnelle avec la ville de Lyon, dans laquelle il a suivi pendant 5 ans l'école des Beaux Arts. Il est un des chantres de la sculpture non figurative, qui est assimilée au mouvement de peinture non figuratif, en vogue dans les années 40 50 en opposition avec les vagues d'impressionnisme et de surréalisme. Contemporain du Nouveau Réalisme, de l’art pop et du Minimal, l’œuvre d’Étienne-Martin demeure résolument isolée. Dès l’origine, et jusqu’à la fin, son travail fut placé sous le signe de l’expérimentation, de l’usage de matériaux a priori étrangers au monde de la sculpture et d’une quête spirituelle complexe, ouvrant de nouvelles perspectives à l’art contemporain' évidemment j'ai suivi une formation accélérée vu le novice que je prétendais être au début de l'article :o) .
L'exposition Etienne Martin, telle qu'elle est présentée au M.B.A, a pour ambition de nous faire entrer à l'intérieur de
son atelier de sculpteur. La conservatrice de l'exposition a en effet tenté de reconstituer l'intimité de son lieu de travail net certaines des salles sont illuminées et organisées de telle façon à ce qu'ont ait ce sentiment de s'incruster chez l'artiste.
Personnellement, j'y suis allé avec mon fils de 5 ans, et pour rendre l'exposition plus ludique, j'ai essayé de lui faire deviner ce que l'artiste avait essayé de reproduire dans telle ou telle oeuvre, nonobstant la notion de non figurative(que j'ignorais du reste avant de venir)
Et d'ailleurs, la plupart des oeuvres portent un titre concret et qui correspond bien avec ce qu'on avait deviné dès le début (il est fort mon loulou, non?). Et pour les autres, celles au nom plus flou ou indeterminé, on ne pouvait qu'être emporté par la proéminence de l'ensemble et la quantité de travail que l'artiste a produit pour la réaliser.
Le clou de l'exposition réside certainement dans deux élements phare : Le manteau, sculpture de près de 80 kilos (voir photo). Inspirée des costumes de théâtre chinois, le Manteau est une sculpture à part entière, mais assez différente cependant du reste de sa production, qui combine des formes abstraites ramassées et des matériaux de récupération. Habituellement chasse gardée du Centre POmpidou, cette pièce unique a eu la chance d'avoir été pretée au MBA pendant toute la durée de l'exposition.
Le second temps fort, à mon sens, de l'exposition, réside dans la salle animalerie où nous sont présentés des transformation de cuivre et de végetaux formant au final différents animaux, du porc épic à l'oiseau au bec surdimenssionné, et ce bestiaire a forcément plu à mon enfant, et à celui qui sommeille en moi également, je l'avoue.
En parallèle, un hommage est rendu à Marcel Michaud, qui fut le premier galeriste d’Etienne-Martin, et certainement l’une des figures importantes du milieu artistique lyonnais des années 1930-1950. Personnellement, j'avoue que cette exposition souffre un peu de la comparaison avec celle de Martin, car à part à un ou deux tableaux près, je n'ai pas été trés touché par l'oeuvre de Michaud, un peu anecdotique à mon gout.
Mais que cela ne vous empeche surtout pas d'aller vous précipiter au Musées des Beaux Arts, jusqu'au 23 janvier, date de la fin de l'exposition, pour découvrir les trésors de l'atelier d'Etienne Martin.
Bande-annonce expo L’Atelier d’Etienne-Martin
05 décembre 2011
Le musée Gallo Romain de Lyon se penche sur nos maux
En préambule de ce billet, laissez moi vous faire un tout petit rappel historique (c'est bien la première fois que je vous parle d'histoire sur ce blog, mais ca ne peut faire de mal, n'est ce pas?). En effet, le patrimoine historique de ma ville de Lyon est émminement riche, richesse liée bien évidemment en premier lieu à sa position stratégique du temps de l'empire Romain.
Avant Lyon, il y avait Lugundum, nom donnée à la cité qu'ils avaient pris en possession, et leur lieu de gouvernance était situé en haut de la colline de Fourvière. De cet empire, il est resté une trace extraordinaire : le théatre antique, site absolument remarquable où se déroulent chaque été le non moins magnifique festival des Nuits de Fourvière.
Juxtaposé à cet ampithéatre, le musée Gallo Romain, fondé en 1975, se charge de faire revivre une partie des trésors de cette époque, tout en les faisant confronter à des questions sociétales contemporaines, afin que ce musée soit un lieu vivant, et non pas tourné que sur le passé.
C'est dans cet esprit qu'est présentée, depuis le 4 octobre, et jusqu'au 22 avril 2012, une exposition temporaire intitulée: La médecine à l'époque romaine, également sous titrée Quoi de Neuf, docteur?, et que j'ai eu l'occasion de visiter la semaine passée.
Et ce qui frappe d'emblée lorsqu'on parcourt cette exposition, c'est de voir à quel point les similitudes avec notre époque actuelle sont nombreuses, alors que le contexte est totalement différent (espérance de vie trés limitiée, mortalité infantile elevée, religion qui compléète et aide la science).
En effet, à l'époque des romains,
les praticiens disposaient d'outils assez évolués, leur permettant de pratiquer des examens, réduire les fractures, soigner les plaies.
On s'apperçoit alors, chose qui m'a beaucoup surpris, que le souci de l'hygiène du corps et également de la qualité de l'eau est primordial, et plusieurs objets présentés lors de cette exposition sont là pour en témoigner.
Cette exposition présente donc un panel fort riche des pratiques médicales sous l'empire romain , que ce soit par un rassemblement important des instruments de chirurgie utilisées pendant cette période (aiguilles à cataracte, herbiers et graines en pot, boite d'amputation...)., mais également par le recours poussé à la religion et même, dans certains cas, à la magie (amulettes diverses et gemmes)
Les maladies de cette époque sont égalements bien représentées, et l'on voit ainsi que certaines pathologies actuelles existaient déja sous cette ère: arthrose, rhumatismes, et fractures d'os diverses et variées ( un squelette de femme polytraumatisé qui fait un peu froid dans le dos nous est proposé)...
Et l'exposition garde également un versant ludique , grâce à la Muséotouch, tablette tactile intégrée à l'intérieur d'un corps posé sur une table, et permettant au visiteur de cliquer sur différentes parties du corps pour faire apparaitres des photographies des instruments ou maladies associées à cette partie.
De plus en plus, l'interactivité s'invite dans les musées, et c'est une excellente nouvelle pour attirer tous ceux qui pensent que les musées sont des sanctuaires sans prise avec le présent ou le futur. Si vous êtes de Lyon ou seulement de passage, ne manquez pas ce magnifique site et cette trés intèressante exposition, vous ne le regretterez pas.
Expo: la médecine à l'époque romaine (Lyon)
Edit 1 : et ce billet sur le musée Gallo Romain est l'occasion pour moi de vous rappeller qu'il y a une pochette musée à gagner lors de mon concours de Noël lancé hier sur mon blog, et qu'absolument personne ne s'est positionné dessus. Bon, papilotte m'a donné sa raison ( mais j'objecterai qu'il n'y a dedans pas que des places gratuites loin de là), mais tous mes lecteurs ne sont quand même pas au RSA quand même... bref celui qui se place dessus aura plus de chances de gagner que le ciné, je pense....
03 septembre 2011
Zoom sur les peintres bretons
Allez, exceptionnellement pour ce samedi de rentrée, je n'ai pas envie d'alller casser du sucre sur le dos de ces pauvres cinéastes ou acteurs. Ravalons notre fiel et au contraire, mettons en avant une catégorie d'artistes que je n'ai pas eu l'occasion de défendre jusqu'à maintenant dans ce blog: :je veux parler des peintres. Mais pas question pour le moment de parler de Picasso ou Cézanne, je le ferais uniquement si je vais voir l'expo prévue prochainement au Grand Palais et qui me fait effectivement bien envie.
Non, ici, j'aimerai mettre un petit coup de projecteur sur des
artistes peintres quasi anonymes, et que j'ai eu l'occasion de croiser lors de mon séjour en Bretagne, dans le golfe du Morbihan, Ce ne sont pas les peintres qui manquent en Bretagne; peintres que l'on croise en effet un peu partout, au détour d'un moulin, d'un port ou d'un hangar, et qui mettent en valeur le patrimoine de leur région.
Michel Fleury (voir peinture en haut à gauche, et portrait à droite) est un de ces passionnés qui parcourt la Bretagne avec son chevalet et en parfait autodidacte fait ses preuves en peignant une région aussi belle et sauvage qu'elle est. De la faune à la flore en passant par les édifices patrimoniaux, cet artiste dépeint avec vigueur et talent le paysage qui l'entoure.
Au cours de mon périple, j'ai également eu l'occasion d'apprécier le travail de Jean Fontan (peinture ci à gauche). Fontan a connu une destinée particulière: modiste pendant 30 ans, un terrible coup dur, dixit son site, l'a contraint à changer de voie et à devenir peintre. J'ai été notamment particulièrement attiré par la galerie en elle même, où plusieurs apprentis peintre s'essayaient, chacun avec un chevalier, sur une petite terrasse, à l'air libre
Par rapport à Fleury, Fontan est moins impressionniste: il joue avec la lumière, ose des contrastes assez inattendus et campe des personnages ou des scènes de la vie avec délicatesse et sensualité. Ici, ce n'est pas uniquement la Bretagne et l'océan qui y est représenté, bien qu'ils soient quand même bien prégnants dans son univers, mais la ville et ses mystères y sont également saisis avec cette acuité particulière.
Voilà, en espérant que j'ai réussi, sans trop vous ennuyer, à vous avoir fait passer un petit moment avec deux artistes qu'on ne voit pas forcément dans les autres blogs.
Juste un petit coup de chapeau pour ceux qui continuent à vivre chaque jour avec passion de leurs arts, mais rassurez vous, il se peut bien que samedi prochain, je rejoue au méchant...
