Baz'art : Des films, des livres...

16 mai 2012

Films présentés à Cannes & sorties en salles....

visuel_palme_dorChaque année, dès que je connais la liste des films sélectionnés à Cannes, je m'empresse d'aller regarder leur date de sortie en salles. En effet, à défaut d'être présent sur la Croisette, ni même d'être à Paris profiter des superbes initatives proposées par l'exploitant MK2, je me dis que si j'ai la chance de voir, ne serait ce que deux des 22 films en compétition avant la proclamation du palmarès, je serais un peu moins largué que dans le cas contraire, et, surtout, j'aurais eu l'impression d'y être par procuration, ne serait ce que deux heures seulement.

Si, souvent, un, voire deux films sont diffusés dans les salles en même temps, cette année, les non festivaliers que nous sommes (je ne pense pas posséder dans mes lecteurs des futurs cannois en goguette) ont de la chance puisque 4 films de la compétition officielle sortiront en salles avant la cérémonie de clôture. Et ce ne sont pas les films qui font le moins envie ( comme par exemple le film égyptien de Yousry Nasrallah, Après la Bataille ou Paradis Amour de l'autrichien Ulrich Seidl) qui ont été choisis par les distributeurs, mais ceux réalisés par de vrais pointures du 7ème art, de Jacques Audiard à David Cronenberg.

Dès ce soir, en même temps que le film est présenté en ouverture à Cannes, les spectacteurs de toutes les salles de l'Hexagone moonrisepourront voir Moonrise Kingdom de Wes Anderson (il est très rare que le film d'ouverture soit aussi en compétition) et dès le lendemain, De rouille et d'os, le film de 2012 qui m'excite sans doute le plus, sera également visible par festivaliers et spectateurs lambda.

La semaine d'après, plus particulièrement mercredi prochain, cela sera au tour de Sur la route, l'adaptation par Walter "Central Do Brasil" Salles" de tenter de convaincre tout le monde simultanément, juste avant que le Cosmopolis de Cronenberg soulève les passions et les foules de Cannes et de Navarre.

Avec un peu de chance, un ou deux de ces films seront présents au palmarès, comme l'année dernière où tous les cinéphiles non accrédités avaient pu jauger sur pièces de la pertinence du choix de la Palme d'Or, The Tree of life ,diffusé en salles dès la mi mai.

Si tel est le cas, nous pourrions ainsi faire croire à qui le veut que, nous aussi, nous étions sur la Croisette, mais qu'on a pu y voir que 4 films, trop préoccupés que nous étions à boire un verre avec Benoit (Poelvorde, ou bien tailler la bavette avec le Pingouin de Madagascar 3...Mais comme nous avons vu les 4 films présents au Palmarès, le choix était forcément le plus pertinent qui soit... ( je ne sais pas qui pourrait gober ce tissu de mensonges, mais tant pis).

46988_audiard_imgEn fait, le choix des distributeurs de sortir ou pas les films en même temps que Cannes ne sont pas dictés par le palmarès, mais plus par rapport à la notoriété du cinéaste. Des réalisateurs comme Cronenberg et Audiard,  possèdent un public fidèle et acquis à leurs causes,  public certain d'aller voir leurs oeuvres sans même que le film ne fasse le buzz sur la Croisette. Ainsi, ces cinéastes n'ont pas besoin d'attendre pour que leurs film sortent, et si jamais le film est présent au palmarès, cela sera tout bénèf pour la longévité de sa carrière.

Alors, qu'au contraire, des films réalisés par des cinéastes moins connus ont plus intérêt à voir leurs films sortir dans les salles obscures quelques mois plus tard, souvent vers la rentrée. Ainsi, si le film a bénéficié d'une flateuse réputation lors de la quinzaine, le film pourra utiliser le recul estival pour surfer sur la vague cannoise. C'est ainsi que l'année passée, Polisse ou The Artist, dont la présentation cannoise fut des réussites éclatantes, ont eu parfaitement raison de sortir en octobre, afin que l'attente et l'excitation drainée par les échos du festival soit  portée à son paroxysme.

Quant aux films encore plus fragiles, ceux dont je me moquais un peu (gentiment) tout à l'heure, en général, les dates de sortie ne sont pas encore connus au jour d'aujourd'hui, et c'est en fonction de leur accueil à Cannes que les distributeurs vont paufiner leurs dates de sorties. Si la réception du film fut bonne, une sortie dans les trois mois de la rentrée est plus que souhaitable, dans le cas contraire, si le film fut passé inaperçu, une sortie en début d'année suivante, voire juste avant le festival de Cannes de l'année d'après est souvent choisi, ce qui a souvent le goût d'une sanction.

C'est ainsi que pour le moment, nous ne connaissons que 12 dates de sorties sur les 22 films en compétition, oeuvres de cinéastes les plus confirmés (en plus de ceux déja cités, sont présents aussi ceux de Resnais, Ken Loach, Leos Carax). Ne perdons plus une seule seconde, je vous la donne dès à présent :

126145-kristen-stewart-dans-le-film-sur-la-diapo-2Compétition Officielle

MOONRISE KINGDOM de Wes ANDERSON : 16 mai 2012

DE ROUILLE ET D’OS de Jacques AUDIARD : 17 mai 2012

SUR LA ROUTE de Walter SALLES : 23 mai 2012

COSMOPOLIS de David CRONENBERG : 25 mai 2012

LA PART DES ANGES de Ken LOACH : 27 juin 2012

HOLY MOTORS de Leos CARAX : 4 juillet 2012

REALITY de Matteo GARRONE : 22 août 2012

LAWLESS de John HILLCOAT : 12 septembre 2012

VOUS N’AVEZ ENCORE RIEN VU d’Alain RESNAIS : 26 septembre 2012

TASTE OF MONEY de Im-Sang SOO : octobre 2012

KILLING THEM SOFTLY d’Andrew DOMINIK : 17 octobre 2012

AMOUR de Michael HANEKE : 24 octobre 2012

 Hors compétition

MADAGASCAR 3 – BONS BAISERS D’EUROPE d’Eric DARNELL et Tom McGRATH : 6 juin 2012

THÉRÈSE DESQUEYROUX de Claude MILLER : 21 novembre 2012

Ce qui est sûr, c'est que tous ces films font diablement envie et que, festivaliers ou pas, tous les français avons cette formidable chance d'accueillir sur notre sol le plus prestigieux des festivals de cinéma du monde, vitrine extraordinaire sur le cinéma mondial. Maintenant, je me tais, et laissons ,d'ici quelques heures maintenant, Bérénice Bejo ouvrir ce 65ème festival de Cannes, tout aussi excitant que les 64 précédents.

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02 mai 2012

Le cinéma taïwanais à l'honneur à Paris

PARIS-POSTER-WEBA la mi mai, il n'y aura pas que le festival de Cannes à mettre le cinéma à l'honneur en France, mais également le festival Taïwan Cinefest. 

Organisé tous les ans à Londres depuis 2009, le festival du Taïwan Cinefest s’étend à présent à la ville de Paris, avant de partir en d’octobre 2012, à la conquête des États-Unis. les 18 et 19 mai 2012, en partenariat avec le cinéma la Clef (34 rue Daubenton, Paris 5ème).

Le Taiwan Cinefest est une initiative culturelle visant à améliorer l'accès et lacompréhension du cinéma taïwanais à travers un festival annuel et des événements cinématographiques organisés dans quelques unes des plus grandes villes d’Europe.

Cette année, les quatre longs-métrages qui seront présentés à Paris sont Spin Kid, Leaving Gracefully, War Game 229 et Days We Stared at the Sun 110mins version.

Pour Steven Flynn, le fondateur du festival, "la mission du Taïwan Cinefest est de s'aider des films pour améliorer compréhension et les échanges culturels entre les réalisateurs taïwanais et la communauté internationale."

Chaque année le festival organise par ailleurs un concours de nouveaux talents unique en son genre. Cette compétition récompense les meilleurs courts-métrages de réalisateurs en devenir dont les oeuvres mettent en avant un nouveau talent (qu'il soit devant ou derrière la caméra)ou un thème relatif à Taïwan.
Jusqu'à huit films sont sélectionnés et diffusés chaque année dans les villes accueillant le festival, le meilleur court-métrage se voyant remettre un prix.

Personnellement des 4 films issus de la programmation parisienne, et jamais diffusés en France, deux d'entre eux m'ont particulièrement attirés, et je vous en fais un petit topo pour donner envie aux parisiens qui ont soif de curiosités :


still_TheSpinKidThe Spin Kid,  qui fera l' Ouverture du festival & première diffusion en France, est le film évènement de ce festival :
Réalisé par Joe Lee, le fim raconte une romance sombre sous fond de règlements de comptes et de scène rave locale.A-Hao, la nouvelle idole du cinéma taïwanais, interprète un jeune DJ élevé par son grand-père après la mort de sa mère. Grandissant dans un temple, A-Hao participe fréquemment aux danses folks lors des évènements religieux qui y sont organisés et mixe sur son temps libre. Les évènements prennent une tournure dramatique lorsqu'un ami d'enfance l'implique sans le vouloir dans un trafic de drogue.
Poursuivi par la police, A-Hao voit les choses se compliquer d'autant plus que l'officier en charge n'est autre que son père avec qui il nourrit des relations particulièrement distantes.

A la fois thriller, drame et romance, le film, qui a cartonné dans son pays d'origine, peut séduire un public nombreux, y compris en Occident. Il sera diffusé au cinéma La Clef le vendredi 18mai à 18h30.

still_LeavingGracefullyLeaving Gracefully
Là c'est mon coté amoureux de mélos et de drames puissants qui émeuvent aux larmes qui m'a fait retenir ce film.
Leaving Gracefully, mis en scène par Pen Chia-Chia raconte l'histoire douce amère d'un couple dont l'amour triomphe alors que l'un de ses membres se voit diagnostiquer une maladie grave. Un voyage incroyable tiré d'une histoire vraie. Le véritable amour triomphe sur toutes les adversités dans cette histoire vraie d'un homme (Huang Pin-Yuan) acceptant la maladie neurologique débilitante de sa femme. Poussé à ses limites face à l'impossibilité de trouver un remède pour sa femme (Rene Hou), il entreprend avec elle un dernier voyage afin de retrouver l'espoir. Après avoir modifié le fauteuil roulant de sa femme, ils prennent tous deux la route pour un voyage autour de Taïwan. Ils embarquent alors pour un périple spirituel redécouvrant l'amour qu'ils se portent et plus encore, l'importance de vivre pleinement chaque jour. L'actrice principale Rene Hou, parait il, délivre une prestation de toute beauté unanimement qualifiée par la critique comme “touchante, authentique et digne d'un oscar”. Tiré du best-seller “Million Steps Of Love”.

Si ces deux films vous mettent l'eau à la bouche ou si vous voulez avoir plus amples d'informations sur les deux autres films de la programmation, vous pouvez vous rendre sur le site officiel du festival  seront disponibles sur le site officiel du festival.

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19 avril 2012

Selection de Cannes 2012 : premières impressions à chaud

festival_cannes_2012_afficheDepuis près de six mois, le délégué-général du festival, Thierry Frémaux, sillonnait la planète pour sélectionner ces films. La fin d'un premier suspense et des faux espoirs pour certains : le Festival de Cannes a dévoilé ce jeudi la liste des élus appelés à monter les marches du palais à partir du 16 mai prochain.

L'attente etait particulièrement aiguisée autour de la vingtaine de films candidats à la palme d'or, dont le jury est présidé cette année par le cinéaste italien Nanni Moretti, qui veut des «films capables de le surprendre encore, pas le type de films déjà vus 5 000 fois».

Voici donc la liste des 16 premiers films en compétition, mais Thierry Frémeaux apportera  la semaine prochaine une liste de quelques films qui viendront s'ajouter. On se souvient que l'année passée, The artist avait été rajouté après coup, avec le résultat que l'on sait :

FILMS EN COMPETITION OFFICIELLE :

MOONRISE KINGDOM de Wes Anderson (Film d’Ouverture)

DE ROUILLE ET D’OS de Jacques Audiard

HOLLY MOTORS de Leos Carax

COSMOPOLIS de David Cronenberg

THE PAPERBOY de Lee Daniels

KILLING THEM SOFTLY de Andrew Dominik

REALITY de Matteo Garrone

AMOUR de Michael Haneke

LAWLESS de John Hillcoat

IN ANOTHER COUNTRY de Hong Sang-soo

TASTE OF MONEY de Im Sang-soo

LIKE SOMEONE IN LOVE de Abbas Kiarostami

LA PART DES ANGES de Ken Loach

DANS LA BRUME de Sergei Loznitsa

BEYOND THE HILLS de Cristian Mungiu

APRÈS LA BATAILLE de Yousry Nasrallah

MUD de Jeff Nichols

VOUS N’AVEZ ENCORE RIEN VU de Alain Resnais

POST TENEBRAS LUX de Carlos Reygadas

SUR LA ROUTE de Walter Salles

PARADIS AMOUR de Ulrich Seidl

THE HUNT de Thomas Vinterberg

Analyse :

Première constation, alors que certaines années, Holywood était aux abonnés absents, en 2012, «Le cinéma américain revient en France» pour cette 65ème édition du festival de Cannes, a annoncé le président du festival Gilles Jacob.

Dans la liste de ces films, certaient étaient déja annoncés depuis pas mal de temps,  et revenaient régulièrement dans les rumeurs d'avant sélection  : Sur la788262Cannes2012 Route, du Brésilien Walter Salles, adapté de Jack Kerouac, avec Kirsten Dunst et Viggo Mortensen ; Amour, (Love), de Michael Haneke, palme d'or 2009 avec le Ruban blanc.

Les deux stars du blockbuster américain Twilight, en pleine reconversion, se croiseront sur le tapis rouge. Kristen Stewart joue dans l’adaptation très attendue du roman de Jack Kerouac, Sur la Route, par le Brésilien Walter Salles. Son ex-partenaire à l’écran et ex-petit ami, Robert Pattinson, est quant à lui la tête d’affiche du nouveau David Cronenberg, Cosmopolis, aux côtés de Juliette Binoche. Le film est l'adaptation d’un roman de Don Delillo, portrait d'un Golden Boy paranoïaque. Hasard ou coïncidence, ces deux films sont attendus en salle le 23 mai, en deuxième semaine de Cannes.

Parmi les autres grands habitués du Festival, le Britannique, déjà palmé Ken Loach, présentera une nouvelle comédie noire intitulée La part des anges.


Côté Français, la sortie du nouveau film de Jacques Audiard sera donc présenté au festival (Grand Prix du Jury 2009 pour Un prophète). De rouille et d’os met en scène une Marion Cotillard frappée par un accident tragique qui la prive de ses jambes.

Par contre ,du coté des absents alors qu'il étaient forcément préssentis, le Québécois Xavier Dolan (Prix Regards jeune de la Quinzaine des réalisateurs pour J’ai tué ma mère en 2009) avec son 3ème film Laurence Anyways, un film sur un homme qui désire changer de sexe dans les années 90, de même que  la dernière mouture de Batman, Dark Knight Rises, de Christopher Nolan, le nouveau Terence Malik , The Funeral house, The Place beyond the Pines de Derek Cianfrance (auteur du magnifique Blue Valentine) ou encore le tout nouveau James Gray (quel dommage!) ne seront pas présents, à moins que ces films, pas encore finalisés, fassent partie de la sélection complémentaire de la semaine prochaine.

Ce qui ne sera certainement pas le cas des derniers Assayas (Après mai), Ozon (Dans la maison) qui font également partie des oubliés,mais qui ,eux, visiblement ont été présentés dans leur mouture finale. J'avoue le regretter aussi, mais certainement les films français sélectionnés sont moins classiques dans leurs formes, et sont plus dans la lignée de l'audace demandée par le Président Moretti.

Toujours pour le cinéma français, On savait que Thérèse D. serait présenté hors-compétition à Cannes. Le dernier film de Claude Miller, disparu trés recemment, aura l'honneur d'être présenté en cloture  le 27 mai prochain, le festival  a rappellé hier qu'en "adaptant Thérèse Desqueyroux, le roman de François Mauriac, Claude Miller aura signé son ultime film". "En lui dédiant sa soirée de clôture, le Festival de Cannes, accompagné de sa famille, de ses amis, de ses producteurs, de ses distributeurs, est heureux de saluer la mémoire de Claude Miller", écrivent ses organisateurs. Ainsi le Festival honorera "une oeuvre immense à laquelle Cannes et tous les admirateurs du cinéaste seront heureux de rendre hommage." Une présentation à Cannes  constitue donc un bel hommage posthume à celui qui reçut le Prix du Jury en 1998 pour La classe de neige.

Sinon, plusieurs films alléchants seront présentés toujours dans la sélection officielle, mais hors compétition  :

Une journée particulière, de Gilles Jacob et Samuel Faure 

Polluer le paradis, de Fatih Akin  

Roman Polanski:A Film Memoir, de Laurent Bouzereau 

The Central Park Five de Ken Burns, Sarah Burns, David McMahon 

Journal de France de Claudine Nougaret et Raymond Depardon 

A Musica Segundo Tom Jobim de Nelson Pereira Dos Santos 

Moi et Toi, de Bernardo Bertolucci 

Madagascar 3: Bons baisers d'Europe, d'Eric Darnell et Tom McGrath 

Villegas, de Gonzalo Tobal 

Mekong Hotel, d'Apichatpong Weerasethakul 

Les invisibles, de Sébastien Lifshitz

Voilà pour les premières impressions juste aprés l'annonce, mais évidemment, je reviendrais longuement sur ces films dans un mois avec la présentation des films, à distance forcément, puisque je n'ai pas eu la chance d'être invité, hélas,

Posté par filou49 à 13:30 - festival cinéma - Commentaires [5] - Rétroliens [0]
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12 avril 2012

Le gratin du cinéma policier international se donne rendez-vous à Liège

film liègeJ'ai l'impression en regardant la provenance des lecteurs de ce blog, que j'en ai un certain nombre qui viennent du Nord de la France, et même carrément de Belgique (où la communauté des blogueurs culturels me semble importante). Ainsi, c'est plutôt à eux que je m'exprime pour leur parler d'un festival qui se déroulera, pour sa 6éme édition,  du 19 avril au 22 avril  (de jeudi à dimanche prochain) dans la capitale économique officielle de la région Wallonne, à savoir la ville de Liège.

Un peu comme le festival de Beaune, ce festival met à l'honneur le film policier sous toutes ses formes.  La compétition officielle comprend ainsi 8 films qui tournent autour de la thématique policière, en couvrant des genres très étendus, du thriller à la comédie sociale. Ces huit films, d'horizons géographiques très divers ( Canada, Allemagne, Russie...) sont en lice pour décrocher l’un des quatre « Insignes de Cristal » (meilleur film, scénario, comédien et comédienne).

Le jury est composé de 12 personnalités venant ecxlusivement  du monde du cinéma, parmi lequel le président du jury n'est autre que le célèbre cinéaste Alexandre Arcady,  le réalisateur du Grand Pardon et de Pour Sacha ( film que j'adore particulièrement) et comprendra des membres aussi prestigieux que Fanny Cottençon, Catherine Jacob ou un autre cinéaste pour qui j'ai une tendresse particulière, Philippe Harel.

Le Festival se fixe de nouvelles cibles ambitieuses : en complément à une compétition officielle de cinéma international, quelques belles avant-premières, une compétition de documentaires, une compétition de courts-métrages,  et aussi, pour moi qui adore la flimographie de ce pays, un focus sur le cinéma anglais (avec notamment la projection du chef d'oeuvre d'Hitchcock, les 39 marches) .

Accompagnés de débats, de la présence d’équipes de films, d’événements festifs, de séances scolaires, de concerts, de rencontres, l'ensemble de ce festival va littérallement enflammer le coeur de cette ville que j'ai visité étant petit et qui m'avait laissé un très beau souvenir.

Pour plus d'informations sur le festival, n'hésitez pas à aller faire un tour sur le site officielwww.festivaliege.be

 

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01 avril 2012

Bain de foule à Quais du Polar...

Festival-Quais-du-Polar-2012_banniere1Allez en ce premier avril, et juste après cette petite blague pas terrible, petons nous la un peu : savez vous que l'année dernière, j'étais un rouage important (bon pas essentiel quand même, n'éxagérons rien) du Festival Quais du Polar puisque je faisais partie du jury des lecteurs chargé de sélectionner le meilleur polar français parmi 6 livres en sélection.

Si le lauréat (Saturne de Serge Quadrappuni) n'était pas du tout celui qui m'avait le plus plu, je n'avais pas fait le mauvais joueur, et j''avais gardé un très beau souvenir de cette expérience : du repas de délibération que j'avais fait au restaurant le Cintras, situé juste à coté du Palais de la Bourse ou se déroule le festival, à la soirée d'inauguration du festival avec le buffet et le discours du maire, Gérard Collomb, tout m'avait enthousiasmé.

Cette année, même si j'étais redevenu un anonyme parmi les anonymes, j'ai donc décidé de revenir passer une tête au Palais de la Bourse pour assister à la 8éme edition de ce festival, dont la notoriété est croissante d'année en année.

Cette année,  j'ai eu l'impression que la presse nationale en avait énormément parlé,  et un certain nombre de stars internationales du genre, à la notoriété encore plus importante que les autres années, étaient présentes, de Michael Connely à Arnaldur Indriansson.  et cette effervessence s'est ressentie dès que je suis arrivé, hier après midi à l'approche du lieu ,tant la foule était groupée en masse.

Du coup, je ne suis pas resté longtemps ( j'ai pas quitté Paris pour me retrouver à suffoquer dans la chaleur des foules :o), juste le temps d'un aller retour, mais assez quand même pour  faire les observations suivantes : 

203466-jean-louis-debre-637x0-21-  Jean Louis Debré, l'ancien président de l'assemblée nationale, s'était reconverti auteur d'un polar (un certain Quand les brochets font courir les carpes, bouh, ca fait pas super envie,non?), information qui m'avait totalement échappé à mon oeil averti, visiblement je n'étais pas le seul car le pauvre était le seul ou presque à attendre le chaland, alors que juste à coté de lui, une queue immense attendait Maxime Chattam;

- Alexis Jenni, le lauréat du Goncourt 2011 et fierté lyonnaise, n'en finit plus de parader dans tous les lieux de sa ville, car j'avoue ne pas trop comprendre dans un salon consacré à un polar, alors que son livre n'est absolument pas un policier;

- Les auteurs américains ( CJ Box, Craig Johnson) étaient souvent distingués grace à leurs chapeaux de cow boy qu'ils portaient en haut de leurs cranes...tous les auteurs de polar US sont forcément des cow boys?

- Jérome Leroy n'est pas qu'un nom de footballeur célèbre (enfin pour ceux qui s'interessent au foot), mais aussi un écrivain dont le dernier polar, le Choc est une sorte de politique fiction qui semble connaitre un certain succès vu la file d'attente devant son stand;

- Les auteurs de polar, surtout les beaux gosses ( Marin Ledun, Laurent Guillaume) ont un certain succès devant la gent féminine, qui n'en finissait pas de multiplier roucoulades et oeillades.

De mon coté, ne sachant pas trop quel livre choisir parmi ce choix considérable, et ayant surtout un budget plus sérré que les autres années, je suis reparti sans rajouter un polar de plus à ma PAL déja bien fournie, mais en me disant que ce festival a encore de très belles années devant lui...

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01 mars 2012

28èmes Reflets du Cinéma Ibérique et Latino-Américain de Villeurbanne

refletsDu 14 au 28 mars, et comme chaque année depuis 28 ans, l'Association Pour le Cinéma vous propose une quinzaine de fête du cinéma ibérique et latino-américain. Une fois encore, place à la culture hispano et lusophone au Zola de Villeurbanne ! Cette année, trois visions seront mises à l’honneur dans la sélection des 34 films à l'honneur.

34 films dont une grande majorité d'avant-premières et d'inédits, en provenance d'Espagne, d'Argentine, de Bolivie, du Venezuela, du Chili, du Pérou, de Colombie, du Mexique, du Brésil ou encore du Portugal. Cette année, un focus sur l'Espagne, le Mexique, la Colombie et l'Argentine. 65 séances et 10 pays représentés, mais aussi des rencontres avec les réalisateurs et des débats. La section "Regards" proposera 13 documentaires dans les bibliothèques de Lyon, à l'Instituto Cervantes et à l'Université Catholique de Lyon, alors que la fête sera encore à l'honneur le mercredi 28 mars et "100% Brazil" (Fiesta de Clôture) !!! Mais les Reflets, ce sont aussi des concerts, des expositions, et de bien belles rencontres en perpesctive.

 Le festival débutera avec une avant-première espagnole, « Eva », film de science-fiction de Kike Maillo, racontant l’histoire d’Alex, ingénieur en robotique qui choisit pour modèle de son futur androïde sa jeune nièce, Eva. La découverte se poursuivra tout au long de la semaine avec des films de différentes nationalités, dont douze inédits, et six avant-premières, le tout en version originale (sous-titrée). L’occasion de découvrir des cultures authentiques, qui ne laissent pas indifférentes. Une soirée sera également consacrée à l’acteur Sergio Pangaro, avec le film inédit “Moacir“, qui mêle fiction biographique et documentaire et “L’Artiste“, histoire d’un infirmier qui devient célèbre grâce aux œuvres qu’il vole à un de ses patients autistes. Ce film sera suivi d’une rencontre. Au programme également, autour du festival lui-même, des concerts et des rencontres musicales (los “momentos“ y los “minutos piquantes“), cinématographiques, des documentaires, des expositions…

Personnellement, j'ai bien prévu d'aller faire un tour au moins une fois à ce fort alléchant festival. Et si vous voulez en savoir plus sur la programmation, n'hésitez pas à aller jeter un oeil sur le site du festival.

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21 février 2012

My last day in Annonay (chroniques d'un jury- 4ème partie)

  remiseDans la mouvance du précédent article de ma série " Dans la peau d'un jury de festival", et bien sûr, seulement pour ceux qui apprécient la dite série, je vous annonce une bonne et mauvaise nouvelle : la mauvaise, c'est qu'aujourd'hui, je vous donne le compte rendu de ma dernière journée, et qui dit dernière journée dit fin de ce chapitre. Mais la bonne, c'est que comme j'ai un peu de mal à me détacher totalement de cette aventure, je vous prépare un dernier billet/bilan de cette fantastique expérience. Mais ne mettons pas trop vite la charrue avant les boeufs, et revenons à ce dimanche 5 février, jour de clôture et donc de délibération des prix:

8 heures : si vous vous souvenez à quelle heure je m'étais couché la veille (et encore heureux que la soirée s'était terminé un peu abruptement), vous pensez bien que je ne suis pas forcément frais comme un gardon, d'autant plus que je n'ai pas pour habitude d'être un type bien matinal (doux euphémisme, je commence souvent à atteindre le top de ma forme vers 17 heures). Bref, le gardon a dû marcher au gurosan pour avoir une chance de tenir le coup lors de cette dernière journée de compétition où les neurones devront être présentes au rendez-vous...

10 heures : dernière journée qui commence d'ailleurs,contrairement à autres jours, par un film en compétitionamouretrien d'autre, l'amour et rien d'autre, film allemand de Jan Schambourg. Et avant même de venir au festival, lorsque j'avais un peu regardé les présentations des films, j'avais particulièrement été attiré par celui ci. Le titre, d'une part (qui a pourtant fait tiqué les autres membres, moins midinettes que moins), le sujet, particulièrement intriguant, et aussi le fait que le film ait déja trouvé un distributeur en France tout cela laissait augurer de la qualité du film. D'ailleurs, au sujet de la distribution du film, Gaël Labanti nous a informé que la distributrice, Sophie Dulac, avait refusé que le réalisateur soit présent à Annonay, afin que toute lattitude soit laissée à la promotion parisienne d'avant sortie française (le 25 avril). Je me dis que toutes ces informations pourraient jouer, lors de la délibération, en défaveur du film. Car une chose est sûre : dès les premières minutes, où on sent poindre un malaise évident qu'on n'arrive pas à correctement cerner, on sent qu'on à affaire à une très belle oeuvre. Je ne dévoilerai pas l'intrigue du film, car il réserve plusieurs surprises, notamment un vrai changement de cap à mi parcours, mais L'amour et rien d'autre est un film passionnant de bout en bout, qui dérange et fait réfléchir. A la lisière du fantastique et de la folie, le film, qui pourrait, dans la première demi heure, faire penser à une Affaire Jean Claude Romand à la sauce allemande, surfe sur carrément autre chose avec un portrait sur le fil du rasoir d'une fille à la dérive. Pour moi, assurément le film le plus fort et le plus maitrisé de ce festival, et que j'imaginerai  mal ne pas voir présent au Palmarès, encore faut- il que le reste du jury partage mon emballement. Autrement dit, j'observe avec une certaine appréhension le tour de table, et m'aperçois que le film est très bien accueilli, à la quasi unanimité. Même Gaël, qui, jusqu'à présent, n'aimait aucun film, semble sous le charme. Il n'y a que Constance pour y être totalement hérmétique, ne comprenant absolument pas les motivations du personnage principal.  Mais Raphaël ayant trouvé également été totalement emballant, je me dis que j'aurais finalement pas tant de mal que cela à le défendre tout à l'heure...

cantine12 heures : Changement de décor pour le déjeuner du jour: on a rendez vous à l'Etape, qui a aménagé pour l'occasion une grande tente. Pas de serveuses qui prennent notre commande, mais un buffet copieusement garni avec moultes entrées, plats et déssert. Mes comparses du jury sont raisonnables, Gaël et moi nettement moins, tout est excellent, j'en profite donc ouvertement, un peu trop quand même... Raphaël nous dit que ce décor fait penser à une cantine de tournage, et c'est en effet comme cela que j'imaginais les pauses déjeuner dans l'univers du cinoche... du reste, pour rester dans l'ambiance, il nous raconte quelques anecdotes de tournage, les siennes, ou même celles de ses collégues.. Bref, tout se passe pour le mieux jusqu'à la toute fin, où l'on frôle l'incident diplomatique : je suis un des 4 derniers à quitter la table (forcément avec ce que j'ai pu ingurgiter :o) et nous nous faisons halpaguer par une des membres de l'organisation qui nous reproche de ne pas avoir débarrassé notre table comme tous les autres convives ont pu le faire, et qu'on s'est trop vite habitués à se faire assister depuis le début du séjour... le fait est que nous n'avions pas l'info et que, étant comme souvent dans la lune, j'avais pas pensé à regarder les autres tablées, je vais donc tout penaud ranger mon assiette :o)...

14 heures : Voici l'heure du 8ème et dernier film de la compétition, il s'agit d'un film marocain, le fort justement titré photo-the-end-1-561x315The End, et Florence, la femme (et accessoirement interpréte, j'y reviendrais dans le dernier billet) de Gaël L, le directeur artistique nous avait glissé ce midi à l'oreille que ce film pourrait faire basculer nos certitudes, car son mari a l'art de choisir des derniers films qui ont la capacité d'ébranler tous les acquis... Je suis fin prêt à ce que cela soit le cas, mais dès la présentation du film par Gaël et le réalisateur, je me dis qu'a priori, il cumule pas mal d'handicaps pour moi : il est question d'OFNI (objet filmique non identifié), de BD trash et trés violente, d'univers totalement surréaliste, bref, pas le genre de cinéma qui me fait triper. Ce qui est certain, c'est que le film est totalement à la hauteur de ces prédictions : totalement barré, déjanté, on pense forcément à un Tarantino encore plus azimuté...Force est de reconnaitre qu'au niveau inventivité et idées de mise en scène, il en fleurit à tous les plans, hélas, le reste ne suit absolument pas: pas d'histoire (ou si peu), pas de personnages (les femmes sont par exemple de simples pantins), bref, la machine, aussi belle soit elle, tourne trés vite à vide :The end aurait pu faire un intéressant court métrage de 10 minutes, mais pas cet interminable exercice de style d'1h 50 mns...j'ai tellement laché vite l'histoire(?) que j'en profite pour me faire des films dans ma tête concernant l'imminente délibération : je me dis que le film pourrait avoir ses fans et, dans ce cas, au moins un de mes 2 chouchous y laisserait sa peau...en même temps, comme le film est original et visuellement fort, je pourrais faire des concessions,  et de toute facon, on va devoir en faire, c'est ca qui est super excitant d'ailleurs...

img_ardoise_deliberations_115417 heures : tiens en parlant de délibérations, les voilà qui arrivent de suite (la magie du net :o). Pour nous mettre à l'aise, et accroitre le coté sollenel du moment, les organisateurs ont décidé de nous mettre à l'écart de la ville (un peu comme à Cannes), mais dans un endroit qui ne nous est pas totalement inconnu , puisqu'il s'agit de la salle de conférence de l'hôtel où nous résidons depuis 3 nuits...Nous voilà donc enfermés pendant 3 heures maximum (moins, si l'on arrive à se mettre d'accord avant), prêts à la fin à s'étriper ou au contraire à se faire de gros hugs... ce qui est assez amusant, c'est le coté vraiment confidentiel du truc: lorsqu'une stagiaire viendra nous apporter les plateaux repas, elle le fera les mains sur les oreilles pour être sur que rien ne filtrera... et pour avoir lu les confidences de Gilles Jacob sur certaines délibérations de Cannes, j'ai eu, toutes proportions gardées, l'impression d'y être, notamment lorsque le président du jury nous dira que les rumeurs du festival ( qui les colportent? mystère) penchaient du coté de Sebbe qui nous aurait tous séduits... franchement comme personne de l'extérieur nous a parlé, je mesure mal comment les rumeurs peuvent filtrer, mais j'avoue que mon égo est assez flatté de savoir que le public fait des élucubrations sur nos choix...Quant aux délibérations en tant que telles, je ne vais pas vous les narrer par le ménu détail,  car même les plus passionnées de ma chronique risquerait de lacher l'affaire: disons qu'on a comméncé par parler un peu du dernier film qu'on a vu, The end, qui étrangement, n'a pas beaucoup de défenseurs, à part Constance, la plus punk d'entre nous (qui me reproche de ne pas l'être assez, et elle a tout à fait raison)...nous sommes plusieurs à pronotisquer que le film pourrait plaire aux lycéens qui sont en train de délibérer en même temps que nous, du coup on l'abandonne vite parmi nos protégés, de même que, dans cet ordre, Crébinsky (sans blague), Parked, Au cul du loup (bien que certains l'aimaient beaucoup)...bref, ca se joue entre Roméo 11, L'amour et rien d'autre, Sebbe et  All that remains, et aprés de longues palabres, on s'aperçoit  vite que les deux films qui font le plus parler sont les deux premiers... le film allemand va même amener Gaël et Marianne à réfléchir sur leurs visions de l'amour, thème oh combien interessant, mais bon, on a des films à primer aussi :o)...Comme Raphaël défend les deux mêmes films que moi, et qu'il y a au moins  trois autres membres du jury à les préférer aussi, il devient assez vite que ces deux longs vont finir au palmarès, malgré l'avis contraire de ceux qui aimaient énormément All That Remains...finalement, ces derniers cèdent peu à peu, non sans une certaine amertume, et il s'agit  désormais de savoir dans quel ordre  classer les 2 finalistes : Et L'amour et rien d'autre ayant déjà une sortie en salles, est-ce que le grand prix serait judicieux? Bon, personnellement, j'aurais préféré que le film allemand, selon moi plus fort et plus maitrisé, ait le couronnement ultime, mais ce n'est pas l'avis du Président, qui va, avec énormément de diplomatie, réussir à faire obtenir la majorité des voix pour Roméo Onze comme vainqueur du Grand Prix, et L'amour et rien d'autre comme prix spécial.... voilà il est 19H30, on a nos deux films, on sent que certains l'ont un peu mauvaise, mais c'est le lot de ce genre de prix, avec  seulement 2 prix, impossible de contenter tout le monde...dans l'euphorie du courronnement de mes deux films favoris, et comme personne n'est motivé pour le faire, je dis à Raphaël que je  suis OK pour parler au micro sur scène et donner le nom d'un des lauréats, L'amour et rien d'autre,.....5 minutes aprés, je retrouve mes esprits et me dis: "toi, mon filou, parler au micro devant 500 personnes pour annoncer un prix devant des gens suspendus à tes lêvres, tu es fou ou quoi"? Hélas, lorsque je veux rétracter, Raphaël me dit qu'il a déjà donné mon nom à l'organisateur,  il faut que j'assume, maintenant, et pour me donner du baume au coeur, je pense à deux de mes compagnons du jury, qui eux, se sont désignés volontaires pour parler plusieurs minutes de leurs expériences de jury...

scène annonay20 heures : J'ai appellé chez moi pour prévenir que, d'ici quelques instants, je vais prendre le micro pour m'improviser M.C (bon j'exagère un peu, comme toujours, je vais dire trois mots) et lorsque ma compagne le répète aux enfants, ma fille de 2 ans voudra lui apporter un rectificatif :" meuh non, papa il parle pas au micro, il sort les poubelles"... je vois que l'image que je laisse à ma fille est celle d'un vrai superman...bref, revenons à nos moutons, à cette soirée de remise de prix qui commence et à moi qui n'en mène pas large because annonce des prix en cours.. les premiers prix sont annoncés (Prix de la musique à All that remains, Prix du public à Parked, prix des lycéens à The End), mais j'écoute tout ceci  très moyennement (en plus, je le savais déjà, les privilèges du VIP) , je me dis que le pire serait que je m'emmèle les pinceaux, tel Vanessa Paradis qui avait confondu deux Judith lors d'une cérémonie de césar, j'essaie donc de me répéter le titre plusieurs fois le titre "l'amour et rien d'autre" (et non pas La vie et rien d'autre, faut pas que je croise le regard de Tiffany Tavernier, je vais trop penser au film de son père)...et le nom du réalisateur du film primé c'est quoi déja :... Jim Troucmuch?? Non, Jan S.C.H.A.M. B..U.R.G.H....Ah j'aurais pas du dormir dans mes cours d'allemand au collège, je le regrette maintenant :o) Allez, plus de tergiversations,  voilà qu'on nous annonce, un par un, exactement comme à Cannes, j'entends à peine Thomas et Nicole qui livrent un résumé qui me semble très juste de leurs impressions de jury, et c'est maintenant qu'on me tend le micro...avant  même que je ne parle, j'entends un brouhaha  (zut, j'avais pourtant vérifié ma braguette...), on me dira aprés que le film primé avait été affiché avant mon annonce sur l'écran géant derrière nous, et encore pas dans le bon ordre(d'abord le grand prix,bonjour le fiasco)... bon, je me débarrasse au plus vite du film et du nom de l'auteur, et en plus, comme personne n'est là pour récupérer le trophée, ca tombe un peu à plat... On embraie vite avec le nom du  lauréat du Grand Prix, et là, l'accueil semble plus chaud : il faut dire que Ali Ammar vient sur scène récupérer son prix, et comme je l'avais déja remarqué il y a 2 jours, l'acteur possède un vrai magnétisme que je ressens ce soir de trés près....

philippepetit21 heures : Ouf; le plus dur est derrière moi...j'avoue décompresser quelque peu et me remettre de mes émotions...c'est pour cela que je jette un oeil un peu distrait au film de clôture de Festival, Le funambule, documentaire qui retrace la fabuleuse aventure du français Philippe Petit, qui, en 1974, a décidé de marcher sur un fil disposé entre les 2 Twin towers qui venaient de se construire...dis, donc, les organisateurs, ce film ne serait il pas un message aux courageux membres du jury qui se sont plaints de vertige avant la vraie-fausse traversée en mongolfière? En tout cas l'exploit est de taille, c'est sur, mais le documentaire, qui mélange assez peu habilement interviews et fictions, me laisse un peu de marbre...40 ans après l'exploit de Philippe Petit à New York, celui d'un autre Philippe (avoir dit deux mots dans un micro), dans une cité encore bien plus grande, semble tout aussi phénoménal,non?...

23 heures : Le dernier film du festival livrant son générique de fin, on arrive dans le hall du théatre, et là,  je tombe sur Ali Ammar qui pose de bonne grâce avec son trophée, et se demander à voix haute comment il va bien pouvoir le glisser dans sa valise...Un air de mélancolie, synonyme de presque fin de l'aventure, envahit l'air glacial du hall d'entrée,  mais on passe quand même (presque) tous à l'Etape pour boire un dernier verre et éventuellement converser avec les acteurs, réalisateurs...certains réalisateurs, absents de notre palmarès, nous adressent un regard glacial, on baisse les yeux piteusement d'un air de dire "c'est pas moi, ce sont les autres qui n'ont pas voulu vous récompenser "....quelques anecdotes plutot amusantes se passent lors de cette soirée d'adieux, j'en intégrerais peut etre dans mon billet/bilan, et d'autres, je les garderais pour moi... Quelques mots écrits sur le livre d'or pour essayer de restranscrire le bonheur ressenti lors de cette formidable aventure, et il est déjà 2 heures 30 passés, il va falloir rentrer, car demain j'avoue ne pas trop savoir par quels moyens rentrer chez moi...en même temps, ais-je vraiment  envie de partir de cette magnifique cité d'Annonay, qui pour 4 jours au moins, a été à mes yeux mon New York à moi.??..(to be continued)

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17 février 2012

Mongolfière, froid, et.. films à gogo (chroniques d'un jury de festival 3ème partie)!!!!

mongolfiereBon, j'ai l'impression qu'elle plait pas mal (du moins à certaines d'entre vous, assez enthousiastes) cette chronique d'un jury de festival. Alors, et même si c'est un peu de boulot quand même, je continue sur ma lancée et vous livre mes impressions de ma troisième journée au festival de cinéma international d'Annonay, où les choses sérieuses continuent de plus belle :

- 8 heures : Ce samedi matin, une bonne et une mauvaise nouvelle m'attendait au réveil. Commençons par la bonne : il fait un froid inimaginable : -19° en réel et -27° en ressenti (on glosse pas mal sur ce récent concept de "ressenti" dans la voiture), et donc impossible pour les organisateurs de maintenir la ballade en mongolfière. J'ai  comme l'impression que cette nouvelle ne chagrine personne, et surtout pas le réalisateur Raphaël Jacoulot, qui m'avoue à demi mots souffrir, lui aussi, d'un vertige terrible ( ce qui a été ennuyeu pour le tournage d'Avant l'aube, j'en parlerais peut-être dans mon billet sur le film) : ah, ce sont de vrais supermen les mecs de ce jury! Passons à la mauvaise maintenant : il fait un froid inimaginable, et  pourtant, contrairement à la ballade dans les airs, la visite guidée de la ville n'est pas annulée...je suis déjà en train de penser à des subterfuges pour passer outre cette échéance, car en plus j'ai paumé mon bonnet (étonnant, non?), ca va être l'horreur pour mes mignonnes petites oreilles...

totem10 heures: Mais avant cette prometteuse visite programmée en fin de matinée, trouvons quelque chose pour remplacer la virée sur les hauteurs de la ville. Et comme on est dans un festival de ciné...tiens, pourquoi ne pas aller voir un film, même un présenté hors compétition??...Le premier film de la matinée projeté au théatre est en fait un court métrage, et qui présente la caractéristique d'être 100% ardéchois.... Il s'agit de Totem, réalisé par un certain Romain Evrard, qui en fait est un ancien élève de la MJC d'Annonay,  et pas peu fiier de présenter son oeuvre dans sa ville d'origine. Au moins se dit-on qu'on va voir quelque chose qu'on  n'aura pas l'occasion d'aller voir ailleurs. Au bout de 5 minutes de film, je les envie, ceux d'ailleurs, qui ne mesurent pas vraiment leur chance : ce n'est pas vraiment un film, mais une sorte de trip chamanique où un type décide de se retirer totalement du monde urbain pour accomplir un voyage initatique en pleine foret où il partira à la découverte de son vrai soi... Allez, soyons sympa :sauvons  une ou deux belles idées visuelles, mais l'urbain que je suis reste totalement hermétique au message du film qui me semble puéril et prétentieux (à l'image du réalisateur, assez imbu de sa personne)...Et le tout sans aucun dialogue (à part une voix off ridicule à fond sur le côté recherche de son chakra) et aucun rebondissement (si un : l'acteur joue avec un scarabée, un moment  clé du film :o)... le film dure 28 minutes, je n'ose imaginer dans quel état j'aurais fini si ca avait duré 2 heures 28....cela dit, je ne montre pas trop mon mécontentement : et d'une, certains de mes confrères du jury semblent aimer, notamment Gaël (qui pose au réal une question sur l'écriture du film...euh, où tu as vu une écriture dans le film, Gaël??). Et de deux, je préfère être  quand même largement là  plutôt qu'en train d'hurler ma mère tout en haut d'une mongolfière...:o)

annonay ville11 Heures : Bon, maintenant, on quitte la chaleur du théatre pour le hall d'entrée où  nous sommes, avec Gaël et Aline, en train de nous demander ce que l'on va faire en attendant le repas : Boire un verre à l'étape? Aller voir le début d'un autre film, même si on n'en verra pas la fin? C'est à ce moment là que Thomas, un des membres du jury, nous dit que la guide de la ville nous attend pour la visite commentée de la vieille ville quiville commence de suite. Bonne poire, on se dit qu'elle va pas se la faire toute seule sa visite, et on va rechef affronter le vent glacial comme des courageu que nous sommes...Ce qu'on ne savait pas, c'est que Thomas et les autres membres n'avaient aucune intention de la faire, cette visite, et qu'on aller se retrouver que tous les 3, plus Pierre Duculot (le cinéaste du cul du loup, cf épisode 2) ainsi que la photographe officielle du festival...bref, non seulement on va être les seuls de la troupe à se les geler, mais en plus on va voir notre trogne dans le journal du festival du lendemain...sympa, les gars :o) Inutile de dire que je fais la visite au pas de course, et que la guide semble prendre un malin plaisir à s'arreter dans les coins où le vent est le plus frigorifiant possible...Evidemment, je ne retiens pratiquement rien des mots de la guide (il est vaguement question de mongolfière, puisque les inventeurs de l'objet sont du coin, je comprends donc mieux la ballade à laquelle j'ai échappé, maintenant), je m'arrete simplement quand je vois un sac plastique tournoyer devant moi :je pebonnet-chapka-leopard-fourrure-gris-bleu-american-retro-201109201-111114nse au film American Beauty, et je m'aperçois que Gaël a exactement la même pensée que moi...décidement, on est quasi télépathe tous les deux (euf sauf pour Totem, quand même :o). Bon, sur la fin, même la guide semble avoir envie de presser la visite, vivement qu'on  se sauve tous de là,  sinon mes oreilles risquent de se briser en mille morceaux...

 12 heures 30 : Du coup, mué par l'envie de leur redonner forme humaine ( à mes oreilles, faut suivre quand même :o), je cours en ville tenter de trouver une boutique ouverte (pas évident dans cette ville morte) pour m'acheter un couvre-chef, et je ne trouve qu'une chakpa un peu ridicule (bon, quand même pas celle dela photo, mais pas loin) ...me voilà  fin prêt pour partir à l'aventure,tiens pourquoi pas retrouver mes amis de la forêt de Totem. Bon, en attendant, contentons nous d'aller manger au Dôme, un repas toujours aussi délicieux , surtout le dessert, une tarte au citron nouvelle tendance à tomber (on en profite avec Gaël pour aller remercier le chef, car c'est déjà notre dernier repas dans ce restaurant).

  romeoeleven0114 heures : Allez, il est quand même l'heure d'aller jouer notre rôle de jury pour la première fois de la journée. Le 1er film en compétion est canadien, il s'appelle Roméo Onze, et avant la projection, l'acteur principal du film, Ali Ammar apporte déjà sa trés touchante présence  : en effet, l'acteur souffre d'une malformation aux jambes, et son discours d'introduction au film nous pousse à nous battre contre tous les obstacles -physiques ou psychiques- qui se dressent dans notre vie. On pourrait craindre du coup un film un peu schématique sur le sujet, oh combien casse gueule, du handicap, il n'en est rien : le film est une oeuvre constamment subtile et émouvante sur ce jeune, issu de la communauté libanaise de Montréal, qui souffre tout autant de la pression de sa famille que de son handicap physique. Et certaines scènes sont des vraies prouesses de mise en scène, notamment un plan séquence de 10 minutes dans un ascenseur où la tension qui étreint et le personnage principal,et le spectacteur est à son apogée. Assurément mon premier coup de coeur de ce festival. Du coup, à la délibération, je guette les avis de mes collègues, et si il ne fait pas l'unanimité, les avis sont quand même bien positifs dans l'ensemble, notamment celui du Président, qui semble encore plus emballé que moi. Tout de suite, je me dis qu'il devrait obtenir un petit quelque chose demain, à moins que les prochains films soient tous des chefs d'oeuvre...

all that16 Heures : Ne perdons pas de temps pour le vérifier : on enchaine de suite avec un autre film en compétition (le timing est un peu étrange, pourquoi ne pas avoir mis un premier film plutôt le matin?). C'est un film suisse qui s'appelle All that Remains et  le projet est portée par une ambition incontestable: le croisement de deux roads movies parrallèles, l'un auAll-That-Remains Japon concernant une jeune américaine malade et un japonais taciturne, et l'autre aux USA mettant aux prises un américain mutique et une pipelette dont le mari est incarcéré. Nous ne comprenons pas d'emblée le lien entre les deux histoires,  et nous le découvrirons qu'à la toute fin du film. On pense bien évidemment trés fortement au cinéma d'Innaritu, notamment Babel, mais en moins abouti et en moins maitrisé : les personnages n'ont pas l'épaisseur suffisante, notamment le couple d'américains. La fin est trés belle, mais mon interêt s'etait un peu évaporé  avant, devant la lenteur du voyage. Comme pour Totem, le réalisateur (enfin l'un d'entre eux) présente son film avec un peu trop d'assurance à mon goût. Je préfère la modestie d'un Pierre Duculot, mais en même temps, on a bien juré hier que ces interventions ne jouaient pas dans nos délibérations. Et la délibération qui suit est assez partagée : le film a ses fans, qui ont adoré l'histoire et également la musique (effectivement plutôt réussie, un prix de la musique,demain?), mais d'autres, comme moi sont plus réservés. Raphaël Jacoulot n'est pas fou du film, mais contrairement à moi, il n'est pas un afficonados du cinéma d'Innaritu, à la mécanique trop bien huilée pour lui. Bref, le film risque de faire débat demain, car certains défenseurs acharnés du film ne semblent  pas facilement enclin à le laisser tomber.

feuille0418 heures 30 : L'heure de notre maintenant traditionnel rendez-vous autour d'un verre à l'Etape : etPierre-Adrian_Irle_ c'est là qu'on prend connaissance de nos portraits personnalisés en première page du journal du festival, l'étrangement nommé Fefeuille la tulipe. Si j'ai un peu de mal à accepter de voir ma tête dans le journal, les portraits faits à partir de notre lettre de candidature sont plutôt bien foutues. Et c'est grâce à ces portraits que je peux définitivement me faire une idée des goûts cinématographiques et de la personnalité de tout un chacun. Ainsi, si je ne suis pas surpris de voir  Constance, qui semble plus ou moins sur la même longueur d'ondes que moi dans les délibérations, citer La Piel que habito, Polisse ou Angèle et Tony  dans ses films fétiches de 2011, je comprends mieux pourquoi depuis le début du festival, je suis totalement en opposition avec Thomas, jury nancéen de 23 ans : pour ses films préféres, il a cité Cow boys et envahisseurs ou Sans Identité avec Liam Neeson...bon, je suis un peu de mauvaise foi (oh, à peine:o),  car je n'ai pas vu ces films, mais je suis néanmoins certain que si ca avait été le cas, ils n'auraient pas fait partie de mon panthéon personnel:o). Comme la veille, un réalisateur vient boire un verre à notre table, il s'agit de Pierre- Adrian Irlé, le co réalisateur d'All That remains, et par rapport au réalisateur espagnol, il me fait un effet moindre: trop sûr de lui, trop porté sur l'aspect mercantile du cinéma... c'est con, je préferais quand même largement son film à Crébinsky...bon c'est quoi cette idée de c.... d'aller boire un coup avec les réals??? Ca casse toutes mes certitudes, c'était ça, le but avoué??? :o)

ravioles19 heures 30: Dernier diner au restaurant (demain c'est autre chose de prévu), au restaurant cuisine en fêtes qui nous propose un repas spéciale ravioles: oui, la raviole, c'est quand même la spécialité du coin: quand j'habitais Paris j'en avais jamais entendu parler, et ma liaison avec une dromoise m'a totalement ouvert à la raviole (bon c super passionnant et poétique ce que je raconte, non? :o). bref, on a le choix entre 5 recettes de ravioles différentes et j'opte pour la plus....légère : une tartiflette de ravioles avec reblochons et lardons à outrance...c'est qui qui va le mieux digérer devant le film de la soirée? En tout cas, je garderais un souvenir ému de cette soirée, non pas pour les ravioles, mais pour l'intensité des conversations échangées. Tiffany Tavernier nous parle de son frère, le oh combien torturé et talentueux Niels, Gaël évoque à mots feutrés son paternel, et je prends ces confidences vraiment intimes comme une belle marque de confiance, et la preuve qu'une vraie complicité s'est instaurée dans le groupe.

21 heures : Il est temps de laisser la place au 6ème film de la compétition, et accesoirement dernier de la journée. C'est Parked, unParked-film film irlandais, que le directeur artistique du festival, nous présente avant la projection comme "un film bouleversant et drôle à la fois", et, dont l'acteur principal est assez connu puisqu'il s'agit de Colm Meaney, acteur anglais connu surtout pour ses rôles dans les comédies de Stephean Frears, The Van ou The Snapper. Ici, il joue un SDF qui a tout perdu et qui est obligé de vivre dans sa voiture, et qu'une rencontre avec un jeune toxicomane, drogué lui aussi, va tout chambouler. Sujet encore une fois casse gueule, mais contrairement à Roméo parkedOnze, le réalisateur se prend les pieds dedans : à part les deux premières minutes, où je me dis qu'on va avoir à faire à un très beau film digne et trés émouvant, rien ne fonctionne vraiment : la faute à plusieurs élèments : une musique, pas désagréable au demeurant, mais absolument omniprésente, même dans des scènes où elle apparait totalement superflue, à un jeune acteur irlandais (qui joue dans la série Merlin qui passe sur canal plus) pas trés convaincant, et à des situations trop clichés. Le problème principal du film, à mon sens, vient du fait que sur un sujet très proche auquel on pense forcément, le film français Louise Wimmer, plus sobre, plus juste, plus fin, est cent fois supérieur!!! Bref, une cruelle déception que ne vient pas atténuer la fougue du réalisateur irlandais, Darragh Byrne, qui défend son film avec ferveur devant une salle bien plus convaincue que moi. Encore une fois un prix du public possible pour ce film, et je note d'ailleurs que les films diffusés à 21H sont les plus populaires, et dans le traitement, et dans l'accueil qui leur est réservé...

Minuit :Bon, aprés le dernier film, qu'est qui nous attend? Le dernier débrief, of course, et je sais pas pourquoi, je sens qu'il va encore y avoir  forte dissenssion entre nous...et effectivement, le débat qui suit est, malgré (ou à cause de?) la fatigue, assez houleux, certainement le plus vif depuis le début: certains ont été trés touchés par le film (Constance, Thomas,notamment) et d'autres l'ont trouvé trés mauvais, le Président du Jury en tête, qui ne mache pas ses mots... pour ma part, je parle longuement de la comparaison avec Louise Wimmer, me fait même un peu reprendre par Raphaël car je m'éloigne de Parked, même si visiblement, il est tout fait d'accord avec moi : il a vu aussi le film de Cyril Mennequin et lui aussi avait fait penché la balance du mauvais coté...personnellement j'aurais sauvé l'histoire d'amour qui m'a (légerement) touché, mais les détracteurs du film n'ont pas mon coté fleur bleue :o) bref, il est possible que demain soir, ca s'empoigne sévère sur ce film...

jacoulotMinuit 30 : on avait prévu d'aller rejoindre notre chambre, comme les soirs précédents, mais une malheureuse phrase de l'équipe du festival va nous (du moins une partie d'entre nous) faire changer d'avis,  En effet, Gaëlle, l'une des organisatrices, nous provoque en nous disant que le jury de l'année dernière n'était pas composé de petits vieux comme nous et allait boire un coup jusque tard dans la nuit...Ni une ni deux, on joue les outrés (vieux nous?), et on décide d'oublier notre fatigue et d'aller veiller à l'Etape - (et d'ailleurs, seuls les plus jeunes, certainement moins piqués au vif que nous, iront se pieuter) : bonne pioche, car ce moment est bien agréable : c'est à cette occasion que je parle plus qu'à l'accoutumée avec Raphaël (photo), que j'ose le questionner sur le cinéma et son parcours de cinéaste : ses rêves de gosse, ses études aux Beaux Arts, ect...bon, il ne se départ pas vraiment de sa réserve naturelle, et d'ailleurs, heureusement (j'aurais été géné qu'il me tape sur l'épaule comme à un copain de régiment), mais le fait qu'il me réponde à ma mitraille de questions sans jamais afficher une éventuelle irritation me touche beaucoup... Ei j'échange également avec Pascale, la routarde du cinéma, qui me dit être déçue par la sélection officielle de cette année, nettement inférieure selon elle aux précédentes, mais m'annonce que les deux films que je vais voir demain sont ses préférés... a la fois une bonne nouvelle (chic, des bons films) et une mauvaise (moi qui avait commencé à me faire mon classement,ca va tout bouleverser)...tiens c'était définitivement la journée des bonnes et mauvaises nouvelles ce samedi !o)

2 heures : tiens on passe de la musique maintenant : L'aventurier d'Indochine (c'est quoi le rapport avec le cinoche?), puis quelques BO de films, notamment celle du temps des gitans (là ,je le cerne mieux le rapport :o)...on se dit que la soirée est loin d'être finie, mais en fait, si : la musique s'arrête aussi vite qu'elle était arrivée... il est  donc temps de rentrer, les vieux ont leur rhumatismes, et surtout doivent se préparer au lendemain où ils palabreront pendant 3 heures pour choisir un palmarès qui tiennent un peu la rampe, quand même...Allez, zou, tous à l'hôtel,  et on va essayer de ne pas trop surfer sur la toile si demain je veux éviter de jouer dans le remake de la nuit des Morts Vivants ( to be continued)

Posté par filou49 à 06:08 - festival cinéma - Commentaires [10] - Rétroliens [0]
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14 février 2012

Ah,qu'on est bien à Annonay!!! (chroniques de jury festival 2ème partie)

théatreBon, le souvenir de ma première chronique sur "Vis ma vie de membre du jury de cinéma" étant encore, je pense, bien frais dans les esprits, je continue donc sans plus attendre, avec la seconde journée de mon périple, celle du vendredi 3 février dernier :

8 heures : Après une courte nuit (geek comme je suis, je n'avais pas pu m'empêcher d'aller surfer sur la blogo à une heure de mat, et je le paie un peu maintenant), je me réveille un peu vaseux: une douche, deux cafés et la rédaction de mon carnet de bord, et me voilà fin prêt à affronter le froid sibérien ( je jette un oeil distrait sur la météo de la TV qui annonce - 20° en Ardèche) et surtout les trois films  de la compétition, qu'il va bien falloir analyser et disséquer dans tous les sens!!

-10 heures : Rendez-vous au Théatre  pour rencontrer de manière plus formelle que la veille, Gaël Labanti, le directeur artistique du festival et Marianne Ferrand, la directrice de la MJC. Si celle ci se lance dans une longue (et un peu rébarbative) tirade sur l'historique et l'organisation de la structure, Gaël attaque le vif du sujet en nous parlant du festival, de la sélection proprement dite, et  surtout de ce qu'il attend de notre rôle de jury.  8 films en compet triés sur le volet par un comité de visionnage  composé d'une douzaine de membres qui ont du choisir ces -supposées-perles parmi plus de 250 films provenant de toute la planète. Notre mission (qu'on a forcément accepté) est de donner un prix à deux de ces films (trois autres prix sont aussi attribués mais par d'autres biais), un prix spécial d'une dotation de 1500€, et un Grand Prix avec une dotation de 5000€, dont 3500€ serviront à aider le film à  trouver un distributeur en France. Car c'est la caractéristique de ce festival, il s'agit de films, qui, au moment de la sélection, n'ont pas trouvé de distributeurs sur l'hexagone (un seul en a trouvé depuis). Après cette présentation, on se concerte entre tous les membres du jury pour se poser des questions pratico- pratiques : Devrons nous rester à la fin des films lorsque les réalisateurs viendront parler de leurs oeuvres ou bien il y a t-il risque d'être influencé par leurs beaux discours? (réponse à la majorité : on peut rester, on est suffisament libre de pensée pour que rien ne vienne interférer, moi le premier :o). Et également, en combien de fois devons-nous parler des films avant la délibération finale?(réponse à l'unanimité : aprés chaque film, on se retrouvera dans un lieu determiné pour faire un tour de table à chaud sur le film qu'on vient de voir)...finalement, après une petite hésitation, on a tranché assez vite, le jury semble sur la même longueur d'ondes, tant mieux...

-11h30 : sur le programme, était indiqué à cette horaire : "Rencontre avec la presse": on s'est donc pris  facilement pour desLogo-DAUPHINE-LIBERE immenses stars qui allaient être noyés sous les flashs des photographes et les entretiens de professionnels en tête à tête. On a vite déchanté : une seule journaliste était présente, du Dauphiné Libéré, et visiblement, elle ne mourait pas d'envie d'être ici. Elle nous a clairement fait comprendre que son journal lui laissait très peu de place pour la rédaction de son article, et que de plus, le gros de la place serait consacrée à la photo de groupe. Du coup, place d'emblée à la photo  bien vite torchée, et aux questions où chacun d'entre nous a  pu glisser une banalité ( passion pour le cinéma, joie de voir des oeuvres prometteuses...), mais guère plus...

cuisine-en-scene12 h 30  : deuxième repas de groupe dans un autre restaurant de la ville, Cuisine en scène. Là, je fais connaissance plus poussée avec mes deux voisines, toutes deux membres du jury. A ma gauche, Constance, enseignante de français à Metz, me révèle le contenu de sa lettre de candidature : composée uniquement de titres de films  qu'elle a accollé les uns aux autres pour raconter sa vie de cinéphile, son audace a payé et force également mon admiration (mais bon, ça, à mon avis, elle s'en fout :o). A ma droite, Aline m'apprend qu'elle est la seconde blogueuse du jury. Son blog, Cinéglobe, ne m'était pas inconnu de nom, et je note un peu jalousement qu'elle a le triple de visiteurs que moi. C'est vraiment le repas spécial blogueurs car, pendant que je lui parle, une femme que je ne reconnais pas vient à notre table et demande à haute voix si " un certain Philippe est présent". Je pense de suite au pire (mes enfants? ma compagne?), mais en fait, il s'agit de Pascale, auteur de Sur la route du cinéma, blog ciné trés influent et qui, depuis sa présence au jury en 2005, ne cesse de venir à Annonay pour couvrir l'evenement à la fois sur son blog et sur le journal officiel du festival. Je l'avais contacté par mail juste avant de partir, on échange donc quelques mots, brefs, mais on sait de toute façon qu'on se recroisera d'ici la fin du festival.

sebbe14 heures : L'heure de passer aux choses sérieuses avec le premier film en compétition. Il s'agit d'un film suédois, Sebbe, de Babak Najafi, et  récompensé du prix du meilleur premier film au Festival de Berlin, ce qui est quand même plutôt bon signe. L'’histoire est celle de Sebastian, “Sebbe”, anti-héros marginalisé socialement et sentimentalement,  et qu’une mise-en-scène  brillante, (mais aux multiples influences, de Ken Loach  au gus Van Sant d'Elephant), sans oublier la force de l'interprétation du jeune comédien qui l'incarne rend particulièrement attachant… Quelques réserves toutefois : des facilités d'écriture, et un personnage de mère un peu trop chargé. Cependant, j'ai bien aimé le film, et lors du débriefing de la fin, je suis un de ceux qui le défende le plus. Les autres membres du jury sont moins enthousiastes que moi, notamment le Président Jacoulot qui pointe les nombreuses faiblesses  scnénaristiques du film. Devant cette tiédeur générale, je me dis que le film a de fortes chances d'être absent du palmarès. En même temps, comme je le dis à mes confrères, le film devra forcément être revu à l'aune de tous les autres : soit il sera sous évalué, soit, au contraire, et comme je le sens, surévalué si le niveau de la compétition est plus faible que celui ci.

16 heures : Je ne pensais pas d'ailleurs que cette prédiction allait se vérifier si vite : le second film de lacrébinsky compétition,que l'on voit dans la foulée,  qui nous vient d'Espagne, s'appelle Crébinsky, et, en ce qui me concerne, la vision de ce film totalement loufoque et décousu me fait l'effet d'une purge : on voit pendant une heure trente deux abrutis finis courir après une vache, dans des lieux et des décors qui font penser à du sous sous Kusturica (pas déjà mon réalisateur préféré à la base)...déjà, un court métrage de 5 minutes m'aurait semblé long, alors là, je ne vous dis pas le calvaire...A la fin du film, Le Président du jury Raphael Jacoulot doit partir en vitesse présenter Avant l'aube dans un ciné de la Loire, partenaire du festival, donc pas de debriefing, je ne saurais donc pas immédiatement  si tout le monde a partagé ou non mon irritation devant ce pensum... Du coup, j'en profite pour rappeller ma mère qui avait essayé de me joindre plusieurs fois pendant la projection...evidemment, cette insistance ne présageait rien de bon (on sait qu'elle l'aime son fils, il n'y aurait  donc rien eu de nouveau là dedans:o)) : quand je l'ai, elle m'annonce que sa meilleure amie, et accesoirement ma voisine pendant 25 ans, est décédée en début d'apres midi d'un cancer foudroyant. J'avais raison de craindre la mauvaise nouvelle ce midi avec l'arrivée de Pascale, j'ai du sentir quelque chose, vous me direz, c'est souvent comme cela quand tout nous sourit...

enrique otero18 heures : A l'annonce de cette terrible nouvelle, j'ai un peu de mal à replonger dans ma bulle enchantée qu'est le festival. Je file quand même à l'Etape, rejoindre ma tablée  réservée aux membres du jury, et  c'est à peine si je me rends compte qu'une nouvelle tête est attablée avec nous. On me précise qu'il s'agit en fait d'Enrique Otéro, le réalisateur de Crébinsky. Est ce pour nous influencer ou bien simplement car le type est naturellement trés chaleureux et souriant? En tout cas, même si je ne comprends rien à l'espagnol, je me rends compte qu'Enrique est  vraiment super sympathique et semble apprécier rester boire un coup à notre table de façon désinteressée.  Il nous parle de la Galice, la région d'Espagne d'où il vient, et de sa passion pour la musique (il est le chef d'une fanfare) ....Ah, j'ai toujours dit que ce Crébinsky était une merveille de film, moi, et je sais déjà à qui je vais donner ma voix dimanche soir .... au fait, qu'est que je disais  déjà ce matin?:o)

19 heures 30: Nouveau diner, comme hier, au Dôme. Personnellement, je suis moins loquace que la veille, vu la nouvelle que je viens d'apprendre, et vu aussi la conversation autour de moi : l'art contemporain, la pédophilie, le Canada, la coke et ses conséquences : tous ces sujets, soit je ne m'y connais pas assez, soit je risquerais de ne sortir que des lieux communs dessus. Donc, je suis plus spectateur qu'acteur,et en même temps, c'est parfaitement dans la droite ligne de mon premier aprés midi de festivalier, donc cela ne me dérange pas plus que cela.

cinemania21Heures : Il est temps de passer au troisième film de la compétition, et le  tout premier présenté par son metteur en scène. Il porte l'intriguant titre d'Au cul du loup", il vient de Belgique , et en fait, c'est le seul de la sélection dont j'avais déja entendu parler avant de le voir, car plusieurs blogeuses belges l'avait chroniqué lors de la sortie du film dans le plat pays . L'histoire est classique (une jeune trentenaire belge, à la vie un peu morne, décide de tout quitter sur un coup de tête pour rejoindre laduculot maison dont elle a hérité de sa grand mère, en Corse), mais pas désagréable à suivre. On pense à "Une hirondelle a fait le printemps" avec Mathilde Seigner et Michel Serraut, sur un  thème  proche (le retour  à la nature et aux choses simples), bref un film aux valeurs irréprochables, mais assez dépourvu d'idées de cinéma. Le film m'a semblé en tout cas bien sympathique, exactement à l'image de son metteur en scène, Pierre Duculot. Ancien prof de lettre et journaliste, ce dernier nous explique qu'il s'est lancé dans le cinéma en toute modestie pour parler de sujets légers et qui ne plombent pas. C'est tout à son honneur, et encore une fois, dès que je fais connaissance avec le réalisateur, j'ai envie d'aimer un peu plus son film. Qui a dit que le professionnalisme à outrance était mon credo? Bon cela dit, j'ai un jeu de mot qui me trotte dans la tête:  Pour son film, Pierre en a un peu manqué (Du culot) : je suis assez fier de mon coup, mais j'oserais pas la faire en délibération, j'ai une image de sérieux, pas  celle d'un sous Laurent Ruquier...

 Minuit: Bon, c'est pas tout ça, mais  on commence un peu à sentir la fatigue  de la journée: en effet, regarder les films en tant que membre du jury est plus éprouvant qu'en tant que spectateur lambda, il faut sans cesse penser à tout analyser, le cerveau tournant à plein régime ( " pov chéri" vous devez vous dire,non?:o). Et le"calvaire" n'est pas fini :il faut  encore monter à l'étage du théatre rejoindre notre lieu fétiche, celui où le jury délibère pour y refaire un tour de table sur les 2 derniers films de la journée. Si Crédinsky fait l'unanimité contre lui (il aurait du payer sa tournée de sa poche, Enrique s'il voulait y croire pour son prix :o), le film belge divise énormement les membres du jury :ceux qui sont plus sensibles au scénario qu'à la mise en scène disent apprécier l'intrigue et la fraicheur qui se dégagent des personnages, les autres, plus axés  réalisation, déplorent le côté trop "téléfilm France 3" de l'ensemble et stigmatisent les nombreuses faiblesses techniques de l'oeuvre. Pas sûr que Pierrot vienne chercher son trophée dimanche, même si, à mon avis, il a de fortes chances d'obtenir le prix du public, vu la réaction enthousiaste des spectateurs à la sortie... le fossé public/cinéphiles se creuse dès le premier jour de la competition, et, à mon avis, c'est loin d'être fini....
 
1 heure : Allez, il est plus que l'heure de rejoindre notre hôtel...demain une journée de folie nous attend : encore 3films en compèt, la visite- forcément glaciale- de la ville et.... la ballade en mongolfière si le temps nous le permet...comment il s'appelle, déjà, le Saint des Glaces, histoire que je prie pour lui toute la nuit? :o) ( to be continued)

Posté par filou49 à 06:16 - festival cinéma - Commentaires [10] - Rétroliens [0]
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11 février 2012

Dans la peau d'un jury de festival : chroniques d'Annonay 1ère partie

festival_cinema_annonay_01_2012Allez, depuis le temps que j'en fais l'annonce, il est plus que l'heure que je me lance dans le compte rendu détaillé des coulisses du premier festival de cinéma auquel j'ai assisté de l'intérieur, celui d'Annonay, pour sa 29ème édition.

Car, je le répète pour les distraits, j'ai eu l'immense chance d'avoir été sélectionné parmi plusieurs centaines de candidats pour faire partie d'un jury de cinéphiles chargé de récompenser des premiers longs métrages venus de toute la planète, et l'experience fut tellement passionnante et enrichissante qu'il me tarde de vous  la raconter.

Alors aujourd'hui, en ce samedi,  jour  normalement destiné à mes coups de griffe, je vais reprendre le fil chronologique et vous expliquer ma première journée de festivalier. La partie de la journée de ce 2 février concernant le festival en lui même ayant commencé à 17h00, mon billet devrait être moins long que les prochains, mais en même temps, j'essaierai d'être synthétique dans mes compte rendus ultérieurs pour ne pas vous assommer d'anecdotes dont certaines pourraient vous interesser, et d'autres bien moins :

tiffany- Le matin du jour J : Un appel de Gaëlle, l'organisatrice du festival me conseille d'oublier mes billets de train déjà réservé de longue date, car Nicole, une des 30 bénévoles du festival peut me récupérer à Perrache. En effet, elle doit aller chercher  une des invitées du festival, la présidente du jury des lycées, qui n'est autre que Tiffany Tavernier, la fille d'un des plus grands réalisateurs français. Lorsque j'ai appris que j'allais donc faire un trajet d'une heure en sa compagnie, j'ai révisé mon petit Wikipédia  illustré et j'ai appris qu'elle était scénariste de deux des films de son père (Holly Lola et Ca commence aujourd'hui, tous deux vus et approuvés, ouf!!), et également romancière ayant publié 6 romans dont le dernier A table, et qu'elle présente aussi des ateliers d'écriture. Bref, je commence à stresser un peu, tant sa vie apparait plus interessante que la mienne, mais bon, il est trop tard pour jouer les trouillards et les complexés, et puis, si j'ai voulu faire partie de ce jury, c'est aussi pour faire ce genre de rencontres,non?..

- 17 heures: Pour une fois bien en avance, j'attends Nicole que je reconnais facilement à l'endroit indiqué. Après lui avoir posé quelques questions sur le déroulement des premiers jours du festival, on commence à surveiller les écrans : le train de Tiffany Tavernier vient d'entrer en gare. Heureusement qu'il y avait une photo sur Wiki, je la reconnais immédiatement, et de son coté, elle me prend de suite pour le président du jury adulte, le réalisateur Raphaël Jacoulot. Flatté de la méprise (chic, je peux donner l'impression d'être un artiste, moi?), je me dis que je ne vais pas pouvoir la garder trés longtemps viable et lui réponds d'une voix mal assurée que je ne suis qu'un petit cinéphile lambda travaillant dans le social et tout heureux d'avoir été sélectionné parmi les membres du jury...Filou,si tu commences à jouer aussi profil bas, tu vas pas marquer le festival,  alors, reprends toi un peu, mon gars... Au fur et à mesure du trajet en voiture, je gagne en assurance, et, même si Tiffany T estt très (trop?) extravertie et loquace,au moins sa verve à toute épreuve empêche le moindre blanc dans la conversation de s'installer.

AVANT-L-AUBE_def_WEB18 heures 30Nous voilà arrivés à Annonay, et malgré le portrait peu flatteur  dessiné par Nicole, ce que j'en vois ne me semble pas si moche... Mais de toute façon, on n'a pas du tout le temps de jouer les touristes, car il faut sauter dans le cinéma du festival, les Nacelles, pour visionner (en compagnie des 7 autres jurés dont je ne peux découvrir que les silhouettes avant extinction de la salle) Avant l'aube, le second film du président du jury qui partagera notre aventure pendant 4 jours, Raphaël Ducoulot. Je reviendrais sur le film dans un billet à part, mais disons d'emblée qu'il m'a énormément plu, et que les critiques élogieuses qui accompagnaient le film à sa sortie en mars 2011 était largement méritées!!! Au générique de fin, je suis en train de pousser un ouf de soulagement silencieux :  si je n'avais pas aimé le film, j'aurais été un peu embeté en parlant ensuite à Raphaël, et c'est marrant, c'est exactement ce que me dit - mais à voix haute, lui- mon voisin de fauteuil, qui se présente à moi par la même occasion: Gaël R.,  36 ans, de Vienne:  cinéphile jusqu'au bout des ongles, presque le même âge ( à quelques mois près), presque le meme département ( à 2 kms près) et aussi sympa que moi:o)...ca fait déja un paquet de points communs, ça, ce festival démarre donc sous les meilleurs auspisses...

20 Heures  : Raphael Jacoulot arrive dans la salle pour répondre aux questions des spectateurs qui semblent avoir aimé le film autant que moi...Comme souvent, certaines interventions sont totalement incongrues, mais Raphaël, d'une voix douce mais assurée y répond trés gentiment et très intelligement...Je me dis alors qu'elle s'annonce toujours pas mal du tout, cette  belle aventure...

l'étape21 Heures : Les organisateurs, surnommé par tout le monde "les 2 Gael", à savoir Gaël Labanti, le directeur artistique du festival  et Gaëlle Dumortier (oui, celle que j'avais eu au téléphone le matin, faut dire que c'est pas facile de suivre...ils ont tous le même prénom ou quoi?) nous ceuillent à la sortie du cinéma pour se présenter à nous et nous guider en direction de l'Etape, le lieu de raliement du village du festival, sorte de tente géante décorée façon berbère (chaque année ca change en fonction du thème du festival; cette année, c'est l'aventure, d'où l'ambiance désert). Là, on nous donne à chacun une malette officielle du festival avec dedans le programme de tous les films présentés (même ceux qu'on aura pas le temps de voir, sniff:o)  ainsi que plusieurs précieux sésames : le pass spécial membre du jury permettant d'accéder à nos places réservées et une enveloppe contenant tous nos tickets repas et boissons si on veut boire un coup à l'Etape...Histoire de bien me faire remarquer, je fais tomber cette enveloppe, tous les billets volant au pied de mes nouveaux collègues, les mettant ainsi tous à contribution... ils sont très sympas et m'aident à les récupérer, ayant certainement peur que je me retrouve le ventre vide dans 2 jours et que je pique dans leurs assiettes :o)...ce qu'ils ignorent encore, c'est que ce n'est que le début de ma maladresse légendaire et que d'ici la fin du séjour, j'aurais fait tomber 10 fois mon boitier de lunettes, et 5  fois mon bonnet :o)

22heures : Bon,c'est pas tout, ça, mais il est temps de se remplir le bide justement : le restaurant le Dôme, situé juste àle dome coté de l'Etape, nous ouvre ses portes. Le repas est très bon (notamment l'entrée, un excellent feuilleté aux écrevisses), mais, plus que le contenu de mon assiette, je me nourris des premières conversations de mes voisins de tablée. Etonnamment, je me sens bien à l'aise parmi ces gens que je ne connaissais pas du tout il y a deux heures,  mais en même temps, on parle presque exclusivement 7ème art, et c'est quand même le sujet qui me me sied le mieux au teint :o). Je commence déjà à percevoir les sensibilités artistiques de mes futurs "contre-argumenteurs". A la fin du repas, les deux stagiaires du festival, prénommées toutes deux Chloé (je pense qu'ils ont fait expres dans lle casting avec les prénoms,pour qu'on s'en souvienne plus facilement) nous donne un document retraçant notre programme  des 3 jours heure par heure. Si le nombre de projections prévus me va à ravir (évidemment), je bloque d'emblée sur un détail : un vol en mongolfière prévue le samedi matin très tôt...je commence déjà un peu à blanchir, lorsque, au même moment, Gaël R (pas le directeur, le membre du jury) interpelle une des Chloé pour lui dire que le vol en mongolfière, ca va pas etre possible pour lui, because vertige....Bon, eh ben, ca fait un point commun de plus, là, sauf que lui, il l'assume mieux que le poltron que je suis :o)

 Minuit : Le diner touche à sa fin, et au moment de partir découvrir notre hôtel (qui ne se situe pas à Annonay, mais à 15 mns de là), je m'apercois que mes valises sont restées dans la voiture à Nicole qui est partie se coucher...Heureusement qu'une des stagiaires y avait pensé à ma place et les avait mise ailleurs, dans une des salles du théatre, le même qui acceuillera les festivités tout du long...du coup, alors que tous mes confrères sont  déjà partis se coucher, je dois patienter, en compagnie de Tiffany Tavernier (qui a le même problème que moi vu qu'on a fait la route ensemble) qu'on trouve la clé de la salle en question... allez, minuit 30, j'ai mes petites affaires, il est temps d'aller se pieuter, une grande overdose filmique se profile dès demain.... et  vous savez quoi?....j'ai trop hate, et, excité comme je suis, le sommeil met un sacré temps à se pointer, le salaud !!! (...to be continued)

Posté par filou49 à 06:29 - festival cinéma - Commentaires [12] - Rétroliens [0]
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