28 janvier 2012
La clé des chiants?
Bon, j'aurais du me méfier : il est vrai que déja, j'avais eu beaucoup de mal à tenir en entier devant le fameux Microcosmos que j'avais vu à la télévision peu de temps aprés son triomphe en salles.
Voir pendant près d'une heure 30 des fourmis et autres bestioles rampantes et volantes en caméra embarquée, sans la moindre parole ni intervention humaine, et a fortiori bien sûr lorsque on est loin d'etre un fana d'insectes, m'avait paru être un calvaire assez interminable.
Et bien malgré cela, et afin de combler l'ennui d'un samedi aprés midi pluvieux pendant lequel mon fiston de 5 ans commencait à casser les pieds de tout le monde, je l'ai emmené dans notre cinéma de quartier pour y voir la Clé des Champs, le tout nouveau film du tandem Claude Nuridsany et Marie Pérennou reprenant sensiblement la même recette que le précédent ...
Eh bien, le seul avantage que j'ai pu trouver personnellement à cette
sortie fut que je pus continuer la sieste que le chérubin en question avait interrompu, tant, et cela faisait bien longtemps que ca ne m'était pas arrivé, je n'ai jamais réussi à garder les yeux ouverts pendant la durée de la projection.
Il faut dire que tout, ou presque, concorde aux baillements ou décrochements de machoire: de la voix off (Denis Poladyles), monocorde et aux propos sentencieux et redondants, à la musique de Bruno Coulais qui recycle paresseusement ses thèmes précédents.
Les images sont certes très belles, la prouesse technique est indéniable, et la nature s'en trouve forcément glorifiée, mais pourquoi refuser à ce point la fiction? Aucune histoire entre les enfants, comme on aurait pu s'y attendre en fonction des articles et des photos de presse... les enfants servent totalement de décorum, mais aucun dialogue ne sera jamais prononcé entre eux... Cela dit, la seule conversation entre le petit garçon et un viel ermite (j'ai enfin tenté d'ouvrir une paupière à ce moment là) qui connait le secret des animaux de la mare est tellement mal joué et mal synchronisé qu'on ne regrette pas qu'il n'y en ait pas d'autre.
Bref, la vision de la clé des champs n'est pas loin d'être une vraie purge, du moins pour les parents. Quant à mon fils, si pendant la projection, les seules questions qu'ils me posaient concernait le court métrage avec les personnages de Cars projeté avant le long, il m'a quand même sorti une longue tirade à la sortie du cinéma comme quoi il fallait absolument que les hommes prennent soin de la nature.
J'imagine qu'il avait entendu sa maitresse lui en parler, mais si il réussi à faire lui même le rapprochement avec le film qu'il venait de voir, c'est que finalement, on n'y était pas tout à fait allé pour rien!!!
La Cle Des Champs - Bande Annonce
21 janvier 2012
Rien à déclarer: pas grand chose en effet
Avant la fin de 2011, j'ai eu envie de visionner coup sur coup les 2 films qui ont le plus cartonné au box office avec des millions d'entrées. Donc dans la foulée des Intouchables qui m'ont plutôt laissé un bon souvenir, j'ai regardé sur Canal plus l'autre gros triomphe de l'année, certesplus prévisible que le film qui a couronné Omar Sy, puisqu'il a déplacé une bonne partie des foules qui avaient été voir ce qui est encore à l'heure actuelle le plus gros succès en France de tous les temps ( bien qu'Intouchables serait sur le point de le menacer).
Ce film c'est bien évidemment celui réalisé par Dany Boon quelques années aprés Bienvenue chez les chtis, et qui s'appelle Rien à déclarer, et qui a bénéficé d'une promotion à la hauteur du phénomène qu'il a crée.
Rien a déclarer a entrainé dans le sillage du précédent 7 millions de spectacteur, et au vu du film, j'avoue avoir du mal à comprendre pourquoi ( contrairement aux Intouchables). Il faut dire que je ne comprends pas vraiment pourquoi Dany Boon a cru bon de choisir cette intrigue désuete basée sur l'effondrement des frontières pour parler du racisme ordinaire. Il aurait été plus percutant à mon sens de prendre un personnage raciste plus actuel plutot qu'un belge anti français comme on en voit jamais.
Le
personnage est d'autant caricatural que son interprete, Benoit Poelvorde en fait des tonnes dans les grimaces et le cabotinage. Un hommage à De Funès sans doute, mais de toute façon, contrairement à plein d'autres, j'ai jamais porté au pinacle cet acteur (de Funès, pas Poelvorde que j'aime bien, mais pas dans ses derniers films).
Contrairement à Intouchables, on est ici plus dans le comique de situation, de quiproquo (toutes les scènes où Dany Boon ne peut montrer qu'il est le compagnon de la soeur de son pire ennemi), et tout ca est quand même extremement prévisible et manque de subtilité et de finesse dans l'écriture.
Sauvons quand même un ou deux bons gags, grâce aux personnages secondaires ( François Damiens, et surtout le génial Olivier Gourmet dans un rôle de curé compréhensif, mais pas trop), une façon assez sensible de décrire un groupe de collègues, un déjeuner de travail, déjà décelable dans les Chtis, et un certain sens du rythme dans les situations.
Mais, franchement, on ne peut pas dire que je me suis gondolé de rire devant ce film, qui donne surtout l'impression d'avoir été écrit et réalisé trop vite. Sans doute, entre la promotion, l'écriture de son dernier spectacle et d'autres obligations, Dany Boon aurait eu mieux fait d'attendre un peu, mais certainement a t il eu envie de surfer sur le carton de Bienvenue chez les chtis et ne pas voir retomber le soufflé.
RIEN À DÉCLARER : BANDE-ANNONCE HD de Dany Boon
14 janvier 2012
Plus de baisers italiens, svp...
Il y a maintenant plus de 10 ans, au tout début de mon histoire avec ma copine actuelle, nous allions très souvent au cinéma (merci la carte UGC illimité ) et si certains films ne nous ont guère marqué, je me rappelle parfaitement avoir adoré un film italien, romantique en diable et vraiment épatant.
Ce film, c'est Juste un Baiser réalisé par un certain Gabriele Muccino, et avec une troupe de comédiens transalpins formidables, emmené par Stefano Accorsi, qui était déja le compagnon de notre topissisme Laetitia Casta nationale.
Difficile en effet de ne pas être emballés par cette histoire de trentenaires liés par une amitié à la vie, à la mort, et tous taraudés par des doutes existentiels ( faut il tromper sa copine, avoir un enfant?) forcément universels. Le film avait d'ailleurs connu un énorme succès en Italie (où il avait reçu 5 récompenses aux césar italiens) et bien au dela de la frontière, puisqu'un remake (pas terrible) avait vu le jour et que Gabrielle Muccino avait obtenu une carte de visite à Holywwod pour tourner deux mélos avec Will Smith, à la recherche du bonheur et 7 vies ( fillms que je trouve plutôt réussis dans leurs genres).
Après son exil américain, le réalisateur a voulu revenir dans son pays natal avec
une histoire qu'il connait bien, celles des personnages de Juste un baiser qu'il reprend 10 ans aprés les avoir laissés. Pour cela, il a fait appel l'ensemble de son casting (excepté l'actrice principal, la superbe Giovanna Mezzogiorno qui n'a pas souhaité rempiler, et remplacée par une autre actrice pour le même rôle, on se croirait dans un feuilleton américain:o) et les trentenaires un peu insouciants du premier film se sont mués en quadragénaires tous un peu déprimés et usés par la vie.
Du reste, à la vision du film (sorti il ya tout juste un an au cinéma et diffusé actuellement sur Canal Plus), on peut se demander si c'est nous qui avons vieilli ou seulement les personnages du film car, jamais on ne retrouve la fraicheur et l'enthousiasme du premier volet.
Dans Encore un baiser, les situations sentent le cliché et le déja vu à plein le nez, et surtout on a la facheuse impression de voir un télénovela où tout parait artificiel et outré. Le film, qui dure 2h20, semble surtout interminable, et personne ne semble vraiment y croire, des acteurs au réalisateur qui sont tous plus ou moins en roue libre.
Pas forcément déplaisant à voir sur le moment, pour qui aime les films ultra sentimentaux, mais même pour ces derniers, le film se laisse aussitot oublié après l'avoir vu, et surtout, sur la même veine que les petits mouchoirs, le film fait l'exploit d'être encore moins réussi.
En tout cas, encore un exemple de suite qui ne s'imposait pas du tout et qui donne l'impression d'avoir été fait avant tout pour des raisons mercantiles, et assurément pas artistique...Le film a connu un énorme succès en Italie, presque autant que le premier volet, par contre, en France, il est passé ce coup ci totalement inaperçu...cqfd:o)
ENCORE UN BAISER : BANDE-ANNONCE VO
07 janvier 2012
Happy Feet 2: Filmé avec les pieds?
Il n'y aurait pas de vraies vacances scolaires avec mon fils s'il n'y avait pas de sorties ciné à la clé. Mais, comme le chéurbin avait déja vu Mission Noël (sans moi) et le Chat Potté (avec), il ne restait plus grande chose à l'affiche, si on enlève les Chimpunks qui me donnent une crise d'urticaire rien qu'en les voyant brailler dans la bande annonce.
Notre choix s'est donc porté sur les pingouins d'Happy Feet 2, et même si nous n'avions pas vu le premier opus, et que j'y allais un peu à reculons, je m'étais dit qu'avec George Miller, le réalisateur de Mad Max ou de Babe aux manettes, c'était au moins un signe de qualité, et ben, malheureusement, j'aurais du mieux écouter mes premiers instincts.
En effet, Happy Feet 2 est quand même un des pires films d'animation que j'ai pu voir depuis que je me fais une cure de dessin animé, bref depuis les 3 ans de mon bonhomme.
L'histoire m'a paru totalement embrouillée avec un pseudo message écolo que les enfants ne peuvent saisir, tant il est confus, l'animation (j'ai vu le film en 2D, et peut-être que la 3D réhausse le niveau) est vraiment pas trés réussie, avec des graphismes grossiers, et un mélange de personnages réels à deux moments du film qui n'apportent absolument rien à l'intrigue. Les scènes avec les deux crevettes, totalement déconnectées du reste de l'histoire, font évidemment penser aux folies de Scrat dans la trilogie de l'âge de glace, mais sans aucun humour, et avec plus de lourdeur, ce qui est quand même un peu ennuyeux.
Et pour couronner le tout, alors qu'en général, je suis très bon client des passages chantés et dansés ( dans les films pour adultes et pour enfants), là, j'ai trouvé la qualité de ces scènes vraiment inégales, une ou deux ( celles du hip hop du début) sont plutot réussies, mais les autres sont assez consternantes, dont une version d'opéra à la soupe pseudo Shym et Amel Bent.
Le film perd sans doute de son attrait en VF, mais je ne retenterais pas la version originale pour revoir ma position, désolé :o)
HAPPY FEET 2 : BANDE-ANNONCE VF HD
17 décembre 2011
Les petits mouchoirs : Mon festival de Cannet
Alors là, je sais pertinement que, contrairement à samedi dernier où mon coup de griffe a presque fait l'unanimité, celui ci va déclencher des torrents de commentaires outrés car je m'attaque quand même à un des énormes cartons du cinéma français de ces dernières années, que tout le monde a vu (ou presque), et que tout le monde a adoré (ou presque)... Je sais par exemple que My Little discoveries l'a cité, au détour d'un quelconque tag, comme le film qui l'a la plus marqué cette année, pour plein de raisons. Et bien moi, je suis désolé, j'ai vu, comme plus de 5 Millions de Français, Les petits mouchoirs au cinéma, et j'ai pas vraiment partagé cet enthousiasme quasi général.
Et dieu sait pourtant que j'aime ce genre de films de copains: peut - être car, dans la vraie vie, je n'ai jamais vraiment fait partie d'un de ces groupes de potes qui passent leur vie et leur vacances ensemble, liés à la vie, à la mort (mes amitiés à moi étaient plus exclusives et souvent sous la forme de binomes mal assortis), et que du coup j'ai beaucoup projeté ce manque au cinéma. Car, c'est un fait acquis, plusieurs films de potes font partie de mes films de chevet.
En premier lieu figure le duo des films réalisés par Yves Robert, Un éléphant ca trompe énormémement et Nous irons tous au paradis : j'ai bien du voir une dizaine de fois ces deux films, éblouissants dans sa manière de confondre moments de complicité énorme entre ces 4 potes, et moments plus douloureux (oh la scène où les 3 amis de Bedos viennent sur le quai de gare annoncer la mort de sa mère). Et je fais partie de ceux qui vouent un culte au seul excellent film du tandem Poiré- Clavier "Mes meilleurs copains" avec une brochette d'acteurs au top (Lanvin, Bacri), et notamment Daroussin, et ses "y' pas mort d'hommes". Et évidemment le cinéma anglo saxon a livré aussi son lot de trés grands films sur l'amitié masculine, des Copains d'abord à Peter's Friend.
D'ailleurs, Guillaume Canet, si on en croit ses interview, a visiblement pris pour référence les modèles étrangers plutot que les français, et je trouve que cette influence ne lui sied pas forcément. Le gros problème du film pour moi réside dans le faible degrès d'empathie avec les personnages. Lorsqu'on va voir un films de potes, on a envie de rester avec ces types au moins deux heures, et on sort du cinéma en étant content d'avoir partagé un bout de la vie de ses mecs là. Et, en ce qui me concerne, les héros des Petits Mouchoirs, ce ne sont pas pas des personnes qui m'ont semblé super interessantes et passionnantes à voir vivre.
Egoistes, peu cultivés, superficiels, se prenant la tête pour des broutilles, ces gens là ne sont pas vraiment trés
aimables, surtout les mecs (mais les filles, à part le personnage de Marion Cotillard, sont de simples faire valoirs). Alors, certes, rongé par le remords de voir leur ami sur un lit d'hopital se battre entre la vie et la mort, ils vont faire un travail sur eux- meme. Et faire en sorte que leur égocentrisme naturel disparaisse pour laisser place à la vraie valeur de la solidarité, mais ce cheminement intérieur m'a semblé trop être un artifice de scénario.
La faute peut etre à ce personnage de Jean Louis, ostréiculteur dans la vie et sur l'écran qui est chargée d'apporter la belle parole, et qui représente les vraies valeurs contre cette société individualiste et matérialiste que les autres personnages incarnent. Pas forcément faux, mais la charge manque de subtilité. Et si beaucoup de gens se sont gaussés sur la performance de Cluzet, j'ai trouvé qu'il en faisait des tonnes dans le rôle de cet odieux personnage de stressé qui se pourrit la vie et surtout celles des autres. Et du coup, j'ai pas cru du tout au soi disant flash amoureux que ressentait Magimel à son sujet.
Bon, certaines scènes sont quand même assez réussies, notamment grâce à Laurent Laffite (vous savez, le sosie de Michel Leeb) qui distille une certaine fraicheur, et la fin, lacrymale juste ce qu'il faut a de quoi émouvoir.
Visiblement, ce film, qui a connu un énorme succès, a également vu des réactions de rejet assez fortes à son encontre, et d'ailleurs, dans un entretien lu cette semaine, Guillaume Canet en a pleinement conscience et dit en connaitre les raisons. Il prétend que ceux qui ont détesté le film ont eu le dégout de voir une sorte de miroir de leur personnalité, car ces êtres, reflet de la société actuelle. Je ne pense pas du tout ressembler à un seul des personnages des petits mouchoirs, mais ci c'est le cas, il ya de quoi sortir de la salle bien déprimé.
10 décembre 2011
L'âge de raison: euh ...et l'âge d'être un grand cinéaste alors?
Chez les grands réalisateurs, on retrouve souvent une même thématique et des obsessions qui leur permettent de former un univers reconnaissable entre tous. Mais cela ne suffit pas, car le problème est qu'on peut retrouver aussi ces mêmes constantes chez les cinéastes plus..... médiocres.
Prenons l'exemple du metteur en scène Yann Samuel, puisque c'est de lui dont il s'agit. Ce homme, qui semble sympathie au demeurant, a une obsession thématique qu'il ressort de film en film, dès son premier Jeux d'enfants jusqu'à son dernier, la guerre des boutons (celui avec Chabat et Elsonimo) : l'enfance, son innocence et sa cruauté parfois. Et ici dans L'âge de raison sorti l'année dernière sur nos écrans, c'est bien avec Jeux d'enfants que la similitude est la plus forte car le scénario est trés proche (le besoin pour des adultes un peu paumés de se raccrocher à son enfance où tout était tellement plus beau et plus simple), et tous les deux empreints d'une vraie candeur assumée, mais hélas, qui cotoie dangereusement le ridicule.
Ici, tout parait téléphoné dès les premières scènes -qui frappent également par la trés mauvaise post- synchronisation des dialogues-. On aura trés vite compris que le personnage joué par Sophie Marceau est une business woman qui a réussi dans la vie (professionnelle et amoureuse) mais qu'il lui manque quelque chose pour être pleinement heureuse: son innocence et sa naïveté de jeune fille. Heureusement les mystérieuses lettres qu'elle va recevoir le jour de ses 40 ans va lui permettre de retrouver la flamme qui l'animait petite.
L'histoire pourrait être belle, si elle ne véhiculait pas autant de clichés et de stéréotypes derrière elle, et surtout,
si tout ne semblait pas aussi figé à l'écran : des décors aux dialogues, tout a un vrai parfum de naphtaline.
Personnellement, le seul petit plaisir que j'ai pu trouver au film réside dans le lieu où il se déroule : Lyon, et plus précisemment le quartier trés moderne de la Cité Internationale où je traine mes bottes assez souvent.
Le film n'a pas connu le succès escompté, et ce, malgré la présence de l'actrice préférée des français qui en général enchaine les succès au box office : Sophie Marceau, qui, on doit l'avouer, a quand meme une belle tendance à mal choisir les films dans lequel elle joue.
C'est vrai, quoi à une ou deux ecxeptions près, elle joue pas que dans des chefs d'oeuvre, la Miss Marceau (j'ai pas dit la mime) et hélas, cet Age de Raison ne changera en rien la donne.
03 décembre 2011
Aleph de Paolo Coehlo: j'aurais dit plutot "à l'aide"!!!
Ah, ca, j'en ai reçu des mails et des mails qui m'imploraient au bord des larmes de remettre à tout prix ma chronique du coup de griffe du samedi. Bon en fait, j'exagère un peu (comme toujours), puisque une seule personne me l'a demandé, elle se reconnaitra, et en plus, je pense qu'elle préfererait que je " taille" prioritairement des films. Quoiqu'il en soit, il est temps que ma chronique assassine du samedi revienne, et c'est donc un bouquin qui en fera les frais, et surtout son auteur, Paolo Coehlo, dont j'ai lu le dernier livre Aleph, reçu grace à Hérisson 8, qui m'a parrainné dans le cadre de son opération 1% de la rentrée littéraire.
Avant de chroniquer ce "livre" (?), je vais un peu contextualiser mon rapport à l'auteur, et donc, une fois de plus, vous raconter ma vie ( tout est prétexte à ce grand déballage narcissique finalement):
A la fin des années 1990, je suis parti en vacances à Grêce avec un organisme spécialisé dans les voyages pour les djeunss. J'étais tout seul alors que tout le monde venait en groupe, donc le but était quand meme de m'intégrer, et de me faire accepter. Et (il ya quand meme un rapport avec la choucroute, je vous rassure), toutes les filles du groupe n'avaient emporté qu'un seul livre dans leurs valises, "un ouvrage absolument génial, qui te change complétement ta façon de voir la vie" et ce roman c'était l'Alchimiste de Paolo Coehlo dont personnellement je n'avais jamais entendu parler à l'époque, et qui était pourtant déjà sorti depuis une dizaine d'années.
Bref, je me suis fait prété ce livre par une de ces vacancières, et on ne peut pas dire que j'ai partagé l'enthousiasme général pour ce livre en particulier et cet écrivain brésilien en règle générale...
Mais évidemment, par peur de prendre tous les matins mon petit déjeuner tout seul (enfin avec plein de chats, il ya en par centaines dans ce pays) à me lamenter devant mon verre d'Ouzo, je n'ai rien dit et j'ai simulé (eh oui les hommes peuvent simuler parfois :o) un fol intéret pour ce livre et son auteur, en me disant que je ne devais rien n'y connaitre en littérature ( à l'époque, j'en lisais quand même nettement moins que maintenant)...
Ce n'est que quelques années plus tard, en rencontrant d'autres personnes au gouts littéraires différents que j'ai pris conscience que je n'étais pas le seul à ne pas adhérer au discours de ce Paolo Coehlo qui continue pourtant de vendre des miliers et des milliers de livres à travers le monde. Après L'alchimiste, j'ai lu deux autres de son auteur (notamment Véronika décide de mourir), et sans que leurs lectures ne soient franchement déplaisants, j'ai toujours eu l'impression de lire un manuel de développement personnel, ou alors un article de la revue Psychologies magazine sur 350 pages ( déja sur une page, je trouve ca lourd).
Et cette impression est loin de s'arranger avec son dernier ouvrage, le Aleph en question, qui m'est carrément
assez vite tombé des mains. Les toutes premières pages m'ont vraiment effrayées : " Les choses semblent plus noires à mesure que nous avancons vers le futur (guerres de religion, pauvreté, depression, crise économique...) Et moi qui veut pérséverer dans une tradition spirituelle dont les racines se retrouvent dans un passé révolu, loin de tous les défis du moment présent?. Avec J, que j'appelle mon maitre, je marche dans le chène sacré qui est là depuis 500 ans, contemplant impassible les souffrances humaines, son seul souci est de se défaire des feuilles en hiver, et de les récupérer au printemps...."
Voilà des le début du livre, une très bonne synthèse de l'oeuvre de Paolo Coeholo, et notamment de son style : car si on s'arrete d'abord sur la forme, est-ce la traduction qu'il faut blamer devant ces phrases construites en dépit du bon sens? Coehlo revendique une simplicité de son style pour qu'il soit apprécié par le plus grand nombre, mais c'est accorder peu de crédit à son lectorat que de lui assener des phrases interrogatives sans verbe ( "et moi qui veut ect....?)
Quant au propos de l'auteur, je peux tout à fait comprendre qu'il parle aux gens: ce combat contre la société de consommation bassement matérialiste et la volonté nécessaire pour rechercher au fond de soi toutes les ressources nécessaires sur le chemin du sacré peut avoir des échos dans cette période actuelle, mais personnellemen,t j'ai l'impression d'avoir entendu 50 fois ce genre de discours, et de façon plus nuancée et moins naïve qu'ici. Et trés franchement, alors qu'on a affaire à un roman, la narration se délite complétement, le style est trés saturé, on passe de paragraphes en paragraphes sans qu'on sache où on en est.
Cela ne serait pas si grave si ce roman n'était pas animée d'une vraie ambition, écrite au dos de la couverture : Aleph se veut "un voyage qui pourrait bien changer votre existence". J'ai déjà quelques doutes sur le fait que les grands chefs d'oeuvres artistiques puissent changer une vie (vaste débat), mais alors ce pensum là, franchement à part me dire de faire demi tour dès que je croise un bouquin de Coehlo devant une vitrine, je ne vois pas en quoi il pourrait me faire changer mon existence!!!
Edit : vous ne trouvez pas qu'on dirait Jean Pierre Cassel sur la photo? Je me suis même demandé s'il n'y avait pas une erreur sur Google... Jean Pierre, si tu nous regardes...
05 novembre 2011
Des vies d'oiseaux ne m'a pas fait planer
Allez, encore un coup de griffe littéraire, et encore un qui concerne un roman français paru pour cette rentrée, Des Vies d'oiseaux, écrit cette fois encore par une romancière (on va penser que je suis misogyne si je continue) et plébisicité par la critique, comme l'était déjà mon premier coup de griffe, Pièce Détachée d'Hélène Lenoir.
En effet, Des vies d'oiseaux, j'en avais tellement entendu du bien, un peu partout (presse écrite, radio, blogs) que malgré mes a priori de départ, j'ai eu envie de céder moi aussi aux sirènes de Véronique Ovaldé et de m'envoler avec ses oiseaux.
Véronique Ovaldé, dont je n'avais déja pas accroché au seul roman que j'avais lu d'elle, Déloger l'animal, a un univers particulier, à mi chemin entre la fable et la chronique, et pour la seconde fois (après son précédent roman Ce que je sais de Vera Candida, prix des lectrices de Elle 2010) choisit de situer son histoire dans un territoire d'Amérique du Sud, un territoire fantasmé, l'Irigoy.
Et comme tout écrivain à l'univers si personnel, on n'y rentre ou pas et de mon coté, je n'ai jamais réussi à trouver la clé pour l'ouvrir.
Ovaldé recèle en elle l'art de
trouver des mots savants ou des envolées lyriques à proximité d'expressions colorées ou populaires, bâtissant des oxymores en cascades, de telle sorte que le récit apparait totalement fragmenté, abstrait. Et comme je vous l'ai déja dit dans mon article sur le dernier film de Marjane Sartrapi, Poulet aux Prunes, je ne possède pas l'imaginaire suffisant pour entrer dans un tel univers si barré (et cependant pour Poulet aux prunes, j'étais quand même bien moins réticent que pour ce livre, pouvoir de l'image oblige).
Bon, si je veux quand même tenter de résumer l'intrigue, je peux vous dire qu' au début de l'histoire, il est vaguement question d'une couple de la haute bourgeoisie "irigoyenne" (on le dit comme on veut puisque je vous répète que ce pays n'existe pas), qui fait appel à un commissaire de police parce que des jeunes gens se sont incrustés dans leur luxueuse maison mais sans rien leur voler, mais en fait tout le monde se désinteresse trés vite de cette infraction, le plus important, ce sont les pensées intérieures de tous ces gens.
Bref, ca commence comme un polar et ça vire ensuite vite au conte fantastico-philosophique, et là pour moi, les choses se sont bien gatées : les tournures de phrases sont tellement saugrunues et éloignées de mon esprit cartésien que j'ai vite laché l'affaire, et abandonné le livre, préférant m'immerger dans des histoires plus réalistes, et me disant, une fois de plus, que le surréalisme et le baroque, ce n'était définitivement pas pour moi.
Et lorsque j'ai voulu, pour écrire ce billet, balayer l'ensemble des critiques de la toile sur ce bouquin, je me suis senti tout seul, tant tous ceux qui ont découvert ces vies d'oiseaux ont semblé déployer leurs ailes avec grande délectation...
Ce livre est lu dans le cadre de l'opération 1% rentrée littéraire.
29 octobre 2011
Le coup de griffe de samedi : Des hommes et des dieux
Alors là, en ce samedi 29 octobre, je sais que je ne vais pas me faire que des ami(e)s, et que certains ont déja du déglûtir douloureusement leur petit déjeuner rien qu'en voyant le titre. Des hommes et des dieux, grand prix du jury du festival de Cannes 2010 a fait une telle unanimité (3 Millions de spectateurs pour un film peu accesible de prime abord, c'est assez exceptionnel) et porte en lui un sujet tellement universel que tout hypothétique détracteur est taxé de mécréant sans coeur.
Une fois cela dit, le mécréant sans coeur va essayer de vous dire pourquoi le dernier film de Xavier Beauvois l'a décu lors de sa vision sur Canal plus la semaine passée.
Et pourtant, il faut dire que Xavier Beauvois fait partie des réalisateurs français que j'apprécie particulièrement, que je suis depuis son premier film Nord jusqu'à son avant dernier, Le Petit Lieutenant, qui m'avait bouleversé, en passant par Selon Mathieu où le duo Benoit Magimel/ Nathalie Baye faisait des étincelles. C'est peu de dire que j'attendais donc avec grande impatience ce film aux récompenses multiples.
Mais c'est justement, comme je le théorise souvent, quand il y a trop d'espérance autour d'un film que, dans
bien 90% des cas, la déception est au rendez-vous.
Et là, j'ai beau essayer d'analyser en long et en large les raisons de cette déception, je ne peux que vous réfleter l'ennui distingué que j'ai ressenti à la vision de ce film, qui, hélas, malgré toutes ces qualités déja énumérées ici et la, ma laissé au bord de la route.
Contrairement à ce que certrains spectacteurs ont pu ressentir, jamais je ne me suis senti être à l'intérieur de cette communauté religieuse : les scènes de prières et de labeur quotidien (le travail du jardin, la vente des produits de culture sur le marché) m'ont semblé assez interminables, et j'attendais avec impatience les rares scènes de conversation, même si, en général, ces dernières également me fustraient par leur côté abrput.
Certes, je me doutais qu'en m'imiscant dans le quotidien de 8 moines, j'allais plus me retrouver dans un univers proche des Dardenne que celui de Woody Allen, mais malgré cela, j'ai trouvé la caméra de Beauvois trop froide, trop distante pour me permettre de vraiment vibrer devant ces moines qui traversaient pourtant une épreuve terrible. Bien sûr, Les questions soulevées sont pourtant essentielles et profondément intelligentes ( est ce que la foi vaut le coup d'y risquer sa peau?), et certaines scènes ( celles du repas avec le lac des Cygnes en toile de fond- tellement plébisicitée lors de sa sortie), mais aussi la première incursion de l'armée le soir de Noël) possèdent une force indéniable, mais le film dans son ensemble n'est pas aussi percutant qu'il le promettait.
Décidement, après Entre les murs et Un prophète qui m'avaient également déçus, dans une moindre mesure, les films français qui ont connu le triomphe cannois ne m'emballent pas comme je le voudrais. Du coup, je redoute de voir The artist et Polisse qui ont connu sensiblement la même destinée.
Des hommes et des dieux Bande-annonce 1
