© Benjamin Guillonneau
26 juillet 2025
Notre journal de bord du Festival OFF Avignon 2025 : Jour 11( dernier jour)
Après trois semaines intenses, le Festival touche à sa fin. On clôture donc nos journaux de bords réguliers avec le tout dernier et trois pièces qui parlent de sentiments dans tous les sens du terme.
Le Festival était beau et puissant ( bilan chiffré sans doute à venir) on a hâte de recommencer l'an prochain!!
Trésor National
Théâtre Actuel 10h00
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Le Trésor National c'est Esra Zaman, la plus grande icône de tous les temps de Yeşilçam, le Hollywood turc, mère de la narratrice, Hülya. Tout débute quand Esra demande à sa fille de lui rédiger un éloge pour sa propre cérémonie funéraire –qu'elle s'apprête à mettre en scène au Théâtre de la Ville d'Istanbul.
Vu que les deux ont coupé les ponts depuis longtemps, et que Hülya désormais devenu Julya, " la française " habite Paris depuis des décennies, cette dernière s'indigne et en un premier temps entreprend de refuser, et puis finalement l'idée lui plait, l'occasion à jamais de reprendre sa revanche sur une mère qui s'est souciée majoritairement de sa carrière de star et de son image publique au détriment de sa fille
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En adaptant le roman de Sedef Ecer, Victoire Berger-Perrin signe un spectacle touchant et doux amer, où se mêlent la mémoire d’une femme, les silences d’une fille et les blessures d’un pays qui vacille entre liberté et contrôle.
Cette intrigue privée prend des dimensions quasi mythiques- et permet de faire défiler, en toile de fond, la fresque de la grande Histoire turque, agitée de coups d'états, tandis que se débattent quantité de silhouettes attachantes qui brièvement s'affrontent à la tourmente historique ou sont emportées par elle.
Une belle façon de mêler le romanesque et le politique, de raconter une époque à travers une femme..
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Ce qu'il reste d'un amour
Théâtre de l’Atelier Florentin; 12 h40
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Ils se sont aimés, chacun à leur façon. Puis ils se sont quittés après de nombreux faux départs. Chacun à leur manière, ils ont souffert de cette rupture. Ils se retrouvent, le temps d’une nuit.
Rien n’a changé, sauf le canapé qu’elle trouve plus petit. Ils s’aiment encore, tout en sachant que vivre ensemble leur est impossible, tant ce qu’ils attendent l’un et l’autre de l’amour est différent. Lui qui veut préserver sa liberté et elle qui rêve d’un engagement total… et peut-être d’un canapé plus grand. L’attachement et le désir qu’Alice et Hugo ont l’un pour l’autre les réunit, mais leurs attentes, leur vision de la relation les éloigne.
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Une pièce classique sur le papier, mais interprétée par un couple de comédiens très touchants par la fragilité de leurs personnages respectifs
Le rire, omniprésent, a peine à cacher les émotions qui se dégagent du texte, admirablement interprété par le duo Caroline Devismes-Thomas Le Douarec,
Ils sont touchants, attachants, nous font rire aussi.
Le jeu de Caroline Devismes & Thomas le Douarec est d’une grande justesse, tout en simplicité.
Il traduit la tendresse, la complicité, l’affection profonde, la nostalgie… et à la fois la douleur, le manque, la frustration et la colère, avec toutes les nuances qu’il faut.
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avec Caroline Devismes & Thomas le Douarec, au Théâtre de l’Atelier Florentin.
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L'Amant, Théâtre du Chêne noir, 15 h 15.
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Sarah et Richard, époux légitimes, ont passé un pacte entre eux mais aussi avec le diable. Elle a le droit de recevoir son amant au domicile conjugal, et il peut rencontrer sa maîtresse sous couvert de « réunions au bureau »
Lorsque la curiosité et la jalousie de Richard heurtent la farouche liberté de Sarah, leur couple est mis à l’épreuve entre désir, amour et frustration.
Qui est réellement qui et quelles sont les règles que l'on peut encore transgresser?
Avec ses dialogues ciselés et ses silences éloquents, Pinter explore les paradoxes du mariage et la complexité du désir.
Un classique à l’élégance humoristique et à l’ironie mordante, plein de surprises. « L'amant» est sans doute un concentré de l'œuvre d'Harold Pinter le spécialiste de l'épure conjugale, du mensonge et de la trahison.
Tout est dans cette pièce de théâtre courte mais d'une grande intensité. Pinter, expert pour disséquer les rapports humains qui sont comme d'habitude chez le dramaturge : servitude, domination, lutte des classes perdue d'avance, jalousie, hypocrisie, solitude au milieu des autres.
Dans un décor design années 1960, Thierry Harcourt dirige les excellents Sarah Biasini et Pierre Rochefort avec flegme et sens du secret, nous entraînant dans un étrange thriller du sexe et du désir.
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Commentaires
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