Baz'art  : Des films, des livres...
18 septembre 2013

Trois -très- bons romans de la rentrée littéraire

les-impostures-du-reel-frederick-tristan-9782368900307Après vous avoir parlé en début de semaine des livres qui ne nous ont pas vraiment séduit, j'ai voulu enfin placer cette semaine spécial trois chroniques sous un signe positif, en mettant en avant des livres de cette rentrée littéraire  qui nous ont plus emballés, et à Michel et à moi.

Trois romans de cette rentrée littéraire de septembre 2013, et pas forcément les livres dont on parle le plus, ni par les médias, ni par les personnes qui font les listes des prix Littéraires, et pourtant des livres, qui, à notre avis, valent largement le coup d'oeil, voire même plus.

1.Les impostures du réel  de Fréderick Tristan:

Je pensais naivement connaitre au moins de nom tous les écrivains vivants ayant été lauréat du Prix Goncourt. Or, lorsque les éditions Le passeur m'ont proposé, bien avant que ne soit lancée la rentrée littéraire, de découvrir le roman d'un ancien lauréat du plus prestigieux de ces prix,le Goncourt, en la personne de Frédérick Tristan, je vous avoue que ce nom m'était totalement inconnu. Or, en faisant mes recherches j'ai appris que ce membre éminent du courant littéraire de la Nouvelle Fiction avait obtenu en 1983 ce prix Goncourt avec «les Égarés» et a écrit quantités d'autres romans, tels  que «le Dernier des hommes» (1993), «l'Énigme du Vatican» (1995),

Ma première expérience avec l'univers de Frédérick Tristan fut donc pleinement convaincante car ce roman , que  le romancier a avoué avoir commencé  à l’âge de 15 ans et avoir attendu plus de 60 ans pour le mettre à l'écrit, est très riche et traite de pas mal de thèmes divers et variés.

 En suivant les errances de Paul, un adolescent mal aimé en quête de sa véritable identité, ce roman foisonnant et d'une ampleur indéniable nous plonge dans l'univers des grandes fortunes où tout n'est qu'arrangement sordides avec un seul impératif: augmenter encore le patrimoine sans que soit pris en compte les dégats  engendrés sur l'être humain .
 
Mais les incertitudes du réel ( beau titre!) embrase également d'autres thématiques tout aussi passionnantes tels que :le monde du théâtre et de la littérature ou bien encore  le pouvoir vénéneux des femmes ( toutes celles du roman sont fragiles psychologiquement) qui peuvent faire tourner la tête au plus solide des hommes.
Le livre, certainement un poil trop long, souffre de quelques disgressions inutiles et des passages plus inégaux, mais l'ensemble est quand même d'une vraie et belle tenue et on suit ces personnages jusqu'au bout du roman ( et accessoirement jusqu'au bout du roman) avec le plus vif intéret.

restaurant amour 2. Le restaurant de l'amour retrouvé d'Ito Oagawa

 J'ai lu ce livre dans le cadre de la sélection du prix du roman Fnac ( troisième  sur 5 que je chronique), et cela m'a permis de me familariser avec une littérature que je connais mal, la littérature japonaise, par le biais de ce que je connais mieux concernant le pays du soleil levant, à savoir sa cuisine.

Ce roman nous entraine en effet dans les coulisses du restaurant l’Escargot tenu par la jeune Rinco, qui a comme pouvoir, et cette idée magnifique, donne le la du roman,  de redonner aux gens qui viennent y dîner le goût de vivre.

Comme l'’histoire se situe au Japon, et même si on connait un peu la cuisine japonaise, on fait connaissance avec   des produits locaux dont on n'a jamais entendu parler, mais  on se surprend à saliver forcément en suivant les nombreuses pages nous expliquant la préparation des repas.

Histoire d’une renaissance, Le Restaurant de l’amour retrouvé est aussi celle d’une réconciliation entre une mère et une fille.

Certaines scènes ( toutes celles notamment avec le cochon, animal domestique assez incongru pour nous) peuvent paraitre un peu déroutantes car on ne voit pas bien  toujours où l'auteur veut nous mener, et le livre prend un petit virage dans sa narration dans le dernier tiers,  mais il n'empeche, ce restaurant de l'amour retrouvé distille un charme atypique et évident tout du long de ses 242 pages. On souhaite au roman de surfer sur le succès des émissions culinaires pour faire son trou dans la rentrée littéraire, il le mérite amplement!!

dernièreLa dernière séance de Chahdortt Djavann

En refermant « La dernière séance » le cœur serré, aucun doute n’est possible Chahdortt Djavann est une formidable conteuse. Téhéran 1991 première phrase du roman : « le lendemain de son mariage, Donya décida de s’enfuir ». Nous ne quitterons plus Donia, l’auteure nous prend par la main et nous accompagnons son héroïne  sur le chemin de la liberté, mais une femme Iranienne, où qu’elle soit, peut- elle être libre à l’aube de l’an 2000 ?

Deux récits se répondent,1991 Donya  à Istanbul, première étape vers la femme qu’elle rêve d’être et 1999 Donya à Paris, dans le cabinet de son psychanalyste ,toujours en quête de la femme qu’elle n’arrive pas à être .

Entre les deux, c’est une véritable  Odyssée qui attend la jeune femme : une logeuse Stambouliote bienveillante, un prétendant Anglais persuadé d’avoir à faire à une princesse Iranienne, donc très riche, un voyage jusqu’à la frontière Bulgare dans un autobus bordel rempli de prostituées, de clients et de maquereaux, un suspens au mariage blanc juste avant son arrivée à Paris, un psychanalyste Parisien en pleine débâcle amoureuse ; Chahdortt  Djavann a la force et le talent des grands romanciers, elle nous fait vivre les aventures de son héroïne au rythme de ses battements de cœur.

Tout est puissant dans ce roman, la charge féministe bien sûr, mais aussi et surtout, une véritable déclaration d’amour à la langue française que la romancière maitrise à la perfection.

Qu’elle dénonce de la condition de la femme en Iran à la fin du 20e siécle,qu’elle règle son compte à la misogynie de Houellebecq ou bien qu’elle compare les théories  analytiques de Freud et Lacan avec Onfray son écriture est intelligente, fine et serrée,beaucoup de choses sont dites en peu de mots «  La dernière séance »est, selon Michel, mon complice de ces chroniques littéraires ( que je remercie une fois de plus), un des grands roman de la rentrée.

 

Commentaires
B
oui je pense qu'il n'est plus dans l'air du temps, un peu comme un Francois Nourissier et d'autres et puis visiblement il fait tout pour ne pas le jeu des médias donc ces derniers ne tentent pas d'explorer plus loin... oui c'est un beau pari pour cette jeune maison d'édition, et merci à eux de m'avoir contacté pour m'avoir proposé ce livre et cet auteur dont j'ignorais tout!!
Répondre
A
Frédérick Tristan est un véritable grand écrivain contemporain, hélas méconnu, plus assez "branché" pour la caste germanopratine du petit monde médiatico-éditorial actuel ? Pourtant, son écriture fluide et son imagination immense produisent un pur bonheur de lecture ! Son univers est d'une grande richesse, sans ennui, où l'auteur joue sans cesse avec nous, tout en abordant des thèmes profonds. Oui, à lire ! Merci à cette nouvelle jeune maison d'oser éditer un tel auteur, par goût certainement, et à rebrousse-mode du jeunisme ambiant si souvent creux...
Répondre
L
Bonjour,<br /> <br /> <br /> <br /> Moi c'est la dernière séance qui me tente bien, j'avais adoré la muette le livre précédent de l'auteur!! merci pour ces belles chroniques!
Répondre
N
J'ai repéré "le restaurant de l'amour retrouvé" en librairie, il me tente bien ;)
Répondre
M
"Le restaurant de l'amour retrouvé" me tentait assez, ton article me donne plus encore envie de le lire ! Bonne soirée Filou.
Répondre
Qui sommes-nous ?

 

Webzine crée en 2010, composé d'une dizaine de rédacteurs qui partagent  la même envie : transmettre notre passion de la culture sous toutes ses formes : critiques cinéma, de littérature adulte et jeunesse, critiques de pièces de théâtre, concert , expositions, musique, interviews et portraits d'artistes, comptes rendus de spectacles,  tests de jeu de société., couverture de festivals de cinéma ou de musique...

Visiteurs
Depuis la création 8 311 329
le 11ème Festival du cinéma chinois en France.

Le 11ème Festival du cinéma chinois en France a la particularité de circuler en France, avec un programme contemporain et inédit, jusqu’au 30 juin.

Entre grandes productions populaires et œuvres d’auteur, la programmation met en lumière la richesse des genres et des thématiques, allant de l’animation au thriller, en passant par le drame, le film historique ou encore le documentaire.

Le Festival se déroulera en mai et juin 2026 dans une dizaine de villes, dont Paris, Strasbourg, Lyon, Marseille, Toulouse, Cannes, Brest, Montargis, ainsi qu’en Outre-mer à La Réunion et en Nouvelle-Calédonie.

Il va passer à Lyon au Pathé Bellecour à partir du 29 mai 

Parmi les films présentés, le public pourra découvrir le nouveau film de Zhang Yimou « Scare out », ( voir photo ci dessous) « Endless journey » de Dai Mo (multi primé en Chine), « The lychee road » de Dong Chengpeng...

 

Le Festival de Cannes s’invite dans les cinémas Pathé!!

 

Du vendredi 22 au dimanche 24 mai, weekend Cannois dans les cinémas Pathé

 

Les films de Cannes s’invitent dans votre cinéma Pathé Grenoble pour un weekend exceptionnel du 22 au 24 mai, avec la projection d'une sélection de films issus de la sélection officielle du Festival de Cannes.

 

Pour la 13ème année, une sélection de films du Festival de Cannes sera proposée dans les cinémas Pathé Palace à Paris, Pathé Boulogne, Pathé Rennes, Pathé Nantes, Pathé Bellecour à Lyon, Pathé Wilson à Toulouse, Pathé Masséna à Nice, Pathé Comédie à Montpellier, Ciné Capitole à Clermont-Ferrand et Pathé Grenoble.

Au programme, trois jours de festivités aux couleurs de la sélection cannoise ! Cette nouvelle édition se tiendra du vendredi 22 au dimanche 24 mai 2026 et proposera plus d’une dizaine de films de la sélection officielle du Festival de Cannes. Une occasion exceptionnelle pour les cinéphiles de découvrir ces films presque en même temps que les festivaliers et, pour certains, plusieurs mois avant leurs sorties en salles.

Drôlement bien, Festival d'Humour en 2027 à Lyon

 

DRÔLEMENT BIEN, LE FESTIVAL D’HUMOUR NÉ À BESANÇON, ANNONCE SON EXPANSION NATIONALE ET S’INSTALLE À LYON

Après trois éditions couronnées de succès qui ont fait rayonner la capitale comtoise, le festival d’humour Drôlement Bien lance sa première édition lyonnaise du 14 au 17 janvier 2027, confirmant son statut de référence nationale.

Pour cette édition inaugurale à Lyon, Drôlement Bien investira 9 salles et proposera une programmation riche de 35 à 40 spectacles, fidèle à son ADN de festival social et accessible : « Rire ensemble, c’est Drôlement Bien!"

Festival Drôlement Bien - le festival pour rire

Nous contacter

Une adresse mail : philippehugot9@gmail.com 

Newsletter
168 abonnés