Baz'art  : Des films, des livres...
25 octobre 2013

Geluck, bien plus drôle avec son Chat..

 chat04Je ne l'ai pas forcément souvent dit sur ce blog, mais mon père ayant eu un rapport privilégié avec la Belgique (il est né juste à la frontière, et  y a vécu pas mal de temps durant son enfance), j'aime particulièrement les résidents du plat pays, et j'apprécie notamment l'humour belge, cet humour fait de plein d'autodérision et de non sens en même temps.

Un des représentants les plus décapants de cette belgitude de l'humour qui a envahi nos contrées ces vingt dernières années est, sans contestation possible, l'hilarant Philippe Geluck passé à la postérité notamment depuis ses cultissismes chroniques chez Michel Drucker. Mais avant cela, je me souviens avoir visité son exposition au Musée des Beaux arts de Paris en 2003 et avoir été totalement sous le charme de son humour iconoclaste et bien évidement de son si irrésistible personnage du chat,  le maitre des lieux de cette  exposition toujours aussi si sentencieux et hilarant .

Geluck possède certes un humour qui ne plait pas à tout le monde, mais, personnellemGeluck couvent, sa finesse d'esprit et son humour un peu pince sans rire m'a toujours ravi, de telle sorte qu'il est surprenant que je n'en ai encore jamais parlé ici même.

Mais en cette rentrée 2013, je ne peux plus passer sous silence mon grand  intérêt pour Geluck, vu qu'il a une double actualité littéraire, par le biais d'un nouvel épisode de son fameux chat, ainsi qu'un essai humoristique, qui pose la seule bonne question qui vaille la peine : peut-on rire de tout?

1. BD: LA BIBLE SELON LE CHAT (ed Casterman)

On connaissait les 10 commandements ( notamment grâce au cinéma et à Charlton Heston), mais on ignorait le onzième commandement« Tu riras de tout, car, vu qu’on va tous crever un jour, seul l’humour te permettra d’avoir un peu de recul sur les vicissitudes de l’existence ».

Ce commandement, que Geluck fait dire à son chat gris bedonnant à la fin de son 18 ème volet du Chat, La Bible selon le chat,  l'auteur le met en application de très brillante manière avec ce projet bien périlleux et délicat sur le papier, mais qui réussit parfaitement son pari après lecture.

Geluck a en effet eu l'audacieuse idée de revisiter l'Ancien Testament et la Genèse de l'Univers à travers l'intervention de son Chat en Dieu absolu un peu bèbête et parfois très maladroit.  En bon mégalo qu'il est, qui d'autre que le Chat lui même pour jouer, habillé d'une toge blanche, le rôle de Dieu, qui  va diriger la création, Adam et Eve, le péché originel,  les éléments, les animaux, l'arche de Noé... Tout ça accompagné de son acolyte le mouton (né le sixième jour d'un nuage auquel il a assemblé quatre pattes et une tête, pour le soutenir)  et de sa femme, la Grande Faucheuse en personne.

Divisé en deux livres bien distincts ; le premier "dans lequel Dieu va créer des tas de choses épatantes" et le second "dans lequel Dieu va créer l'homme et la femme avec l'aide de son ami le mouton", " Dieu le chat va à chaque fois se retrouver dans des situations de plus en plus invraisemblables et de plus en plus tordantes pour le lecteur, du moins celui qui ne se choque pas pour ce qui pourrait apparaitre, pour les plus pratiquants, comme de vrais sacrilèges.

Cette "Bible selon le chat" est une grande première pour Philippe Geluck puisque c'est la  première histoire longue avec Le Chat, dont les histoires ne dépassaient alors pas la simple plage. Plus c'est long, plus c'est  bon, aurais je tendance à dire, car pour son premier long, le Chat (et Gelluck accessoirement) ont fait très fort, puisque c'est carrément la création de l'univers dans son entier qui passe sous le trait féroce, décapant et désopilant de l'illustrateur et humoriste belge. 

Bref, Un pari osé sur le papier, mais qui est plus que réussi à la lecture cette fort joussive BD.

peut on rire de tout2. ESSAI: PEUT -ON RIRE DE TOUT? (ed JC Lattès) 

Geluck étant donc dans une forme resplendissante avec cette BD ( publiée le 9 octobre dernier, pour une fois, je ne suis pas en retard dans mes chroniques), il a certainement voulu surfer sur cette vague de réussite en tentant ce coup ci un essai littéraire qui pose la fameuse question que chaque émission de "talk show" doit poser dès qu'il y a une atteinte à la liberté d'expression (un procès contre un comique, une menace terroriste contre un hebdo satirique, ect)....Et une question qu'il a du forcément se poser en s'attaquant à un livre sacré...
Cette question, c'est donc :  "Peut on rire de tout" ? On ne peut pas vraiment reprocher à Geluck de ne pas répondre frontalement à cette interrogation, puisqu'il le fait dès le début de son livre,  et la réponse est exclusivement et définitivement positive (connaissant le bonhomme, le contraire aurait été étonnant). L'auteur ne respecte aucun dogme et aucune institution quelconque, donc pour lui, tout mérite d'être combattue par l'humour (thèse plutôt séduisante avec laquelle je serais a priori d'accord). Ce n'est donc pas la thèse et l'idée de l'essai qui m'a déçu, mais bien la façon dont Geluck la traite.
 
Car  arrivons de suite au gros problème de l'ouvrage :  le livre a beau nous parler  d'humour et des limites de l'humour,  paradoxalement, il le fait sans vraiment d'humour ou alors un humour un peu réchauffé et du coup,jamais vraiment drôle. Le livre aborde des sujets terriblement graves, en divisant - comme il est indiqué sur le bandeau promotionnel- sa problématique de départ en plusieurs chapitres (peut on rire des handicapés, des pauvres, des vieux, ect....?) mais l'ensemble donne vraiment une impression de bâclé.
 
On ne demandait certes pas à Geluck de partir dans une longue thèse théorique et philosophique sur le sujet, ce n'est évidemment pas son rôle , mais qu'il ne se contente pas d'empiler les simples exemples sans aucune réflexion derrière et aussi et surtout qu'il sorte des stéréotypes et des clichés (sur les extrêmistes religieux, les jeunes, les homosexuels) dans lesquels il se fourvoie pas mal durant une bonne partie de son ouvrage.

Geluck lui-même semble à plusieurs reprises être conscient des limites de son livre, car plusieurs fois, il nous affirme qu'il ne pourra répondre que de manière suscite à sa question. L'auteur belge ne semble donc pas avoir-complètement- perdu de sa lucidité, gageons qu'elle lui permettra d'abandonner ce genre d'expériences littéraires et de continuer à nous faire rire avec son crayon, ses bulles et... son fameux et si enthousiasmant félidé!!!
Commentaires
L
Je l'ai croisé hier au Quai des Bulles ce monsieur ;)
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P
J'aime beaucoup Geluck et son chat. En dehors de ses BD j'avais lu "Geluck enfonce le clou" qui était plutôt jouissif. Malgré ton avis en demi-teinte, j'ai envie de découvrir "Peut-on rire de tout".<br /> <br /> Merci pour ton avis filou et bonne soirée !
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Y
Certes, Le Chat est plus drôle mais je en pense pas forcément que Geluck dans son livre sans Lui ait voulu être drôle. Une sorte de pamphlet avec des morceaux d'humour dedans, sans doute une peu de réchauffé, je te rejoins là-dessus. Par contre, dans le genre humour belge, si tu ne connais pas encore, je te conseille d'écouter Walter qui officie entre autres sur France Inter
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A
J'adore le chat et j'aime bien le personnage de GelucK. J'imagine qu'il s'est fait plaisir avec son essai, à défaut de faire plaisir à son lectorat habituel !
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Depuis vingt-six ans, le Festival Cinémas du Sud, organisé par Regard Sud, offre un panorama du cinéma contemporain du Maghreb et du Moyen-Orient, à travers des œuvres rares

(Fictions, documentaires) avec la présence exceptionnelle de leurs cinéastes.

 Cette 26e édition qui se tiendra du 15 au 18 avril 2026, permettra de découvrir aussi des œuvres du patrimoine arabe, comme le film Gare Centrale de Youssef Chahine, et Said Effendi du cinéaste irakien Kameran Hosni (né en Irak et décédé en 2004 à Los Angeles) et le film du cinéaste marocain Ahmed El Maanouni, Alyam, Alyam.

Cet évènement sera aussi l’occasion de découvrir des œuvres inédites, des premiers long-métrages et d’assister à une avant-première. Elle accueillera des invités témoignant de l’importance du Festival Cinémas du Sud à l’Institut Lumière.

https://www.institut-lumiere.org/25e-festival-cinemas-du-sud

 

mauvais gones
 

Les Mauvais Gones 2026 : Lyon au cœur du cinéma criminel du 20 au 24 avril

Du 20 au 24 avril 2026, Lyon accueillera la 8e édition du festival Les Mauvais Gones, un rendez-vous désormais installé dans le paysage culturel lyonnais, dédié au cinéma policier et de gangsters.

Pendant cinq jours, le cinéma UGC Ciné Cité Confluence se transforme en véritable immersion dans l’univers du crime à l’écran, avec une programmation de films cultes, des soirées thématiques et des échanges avec des invités du monde du cinéma.

 https://www.lesmauvaisgones.fr/

 

 

Festival Caravane des Cinémas d’Afrique

La 18e édition du Festival Caravane des Cinémas d’Afrique aura lieu du 21 au 26 avril 2026 au Ciné Mourguet et dans 30 salles partenaires à travers la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Créé en 1991, le Festival Caravane des Cinémas d’Afrique avait initialement lieu chaque année avant d’adopter un rythme biennal dès 1992. En 2026, il retrouvera son format annuel, marquant ainsi une nouvelle étape dans son histoire. Ce retour à une périodicité annuelle permettra au festival d’accompagner plus étroitement la vitalité et la diversité du cinéma africain contemporain, en écho à la richesse de sa production et à l’enthousiasme croissant de son public.

Le Festival en quelques chiffres : une trentaine de films présentés, 30 salles partenaires en Région Auvergne-Rhône-Alpes, une vingtaine de nationalités et invités, environ 80 séances, 6 films en compétition pour le Prix du Public, 10 courts métrages pour le Prix du Jury Jeune. 

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