Baz'art  : Des films, des livres...
11 août 2015

Victoria : un tour de force, oui, mais un scénario un peu faiblard

 victoriafilm"Victoria", film du réalisateur allemand Sebastian Schipper, a remporté  le Grand Prix de la 7e édition du Festival international du film policier de Beaune et comme je l'avais dit lors de mon bilan du festival, ça aurait pu être mon tout premier film de festival, mais je suis arrivé une minute trop tard la faute à mon train qui a un peu trop tardé) ,  et je m'étais juré d'aller le rattraper en salles ce film  réali­sé par Sebas­tian Schip­per, ce que j'ai fait à sa sortie le 1er juillet dernier.

Je savais que la parti­cu­la­rité du film est d’avoir été tourné en un seul et unique plan séquen­ce, mais en un seul plan séquence et non pas plusieurs comme Birdman le dernier chef d'oeuvre d'Innaritu, mais je pense que pour encore plus apprécier le film il ne faudrait pas connaitre ce tour de force cinématographique.

Car  si « Victoria » vaut le coup, c’est assurément pour l’exercice de style auquel il nous invite : un long plan séquence de 2h19, le film dure exactement le temps du tournage, donc,entre quatre heures et six heures du matin  assurément le plus long plan séquence de l’histoire du cinéma  pour un travail en amont absolument ahurissant!C’est simple, la durée du tournage équivaut à celle du film, soit 2h14.

Victoria n’est donc au final qu’une seule et unique scène. Le résultat s'avère donc techniquement vraiment  bluffant : la gestion de l’espace,  du cadre, du temps avec notamment la lumière du jour qui se lève progressivement, tous ces éléments  sont parfaitement maitrisés  et on a donc l'impression d'être totalement immergé dans cette histoire de ces cinq jeunes, 4 allemands, et une jeune espagnole, embarqués dans cette folle aventure.

Malheureusement, et c'est là ou le bat blesse, on a quand même du mal à croire vraiment à cette aventure, car le scénario, et les dialogues, basés énormément sur l'improvisation des acteurs, restent assez faiblards et peu crédibles.Comme au théâtre, les acteurs ont d’abord répété pendant deux mois, avant de se lancer dans les représentations/prises.

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Cette absence totale de coupe pendant près de 2h20 oblige les acteurs à offrir un jeu intense, naturel, mais dont les dialogues sonnent parfois un peu creux et l'intrigue a tendance, surtout dans sa première heure, à patiner, avant de s'accélerer dans la dernière heure, au détriment de la crédibilité du scénario ( la scène de la boite de nuit après le braquage. On a également un peu de mal à s'attacher aux personnages, et à trouver de l'empathie pour cette Victoria dont les motivations restent assez absconces.

On atteint  ainsi la limite du procédé: aucune coupe, donc on garde tout, même ce qui n'est pas interessant, et  le tournage en caméra à l'épaule, parfois un peu nauséux, ne donne pas la poésie nécessaire  pour transcender le projet.

Cela dit, malgré ces réserves, cette expérience unique et sensorielle , cette sorte de Fureur de vivre des années 2010, mérite d'être vue.

Bande-annonce : Victoria - VOST

 

 

 

Commentaires
T
Au début j'avoue que j'étais sceptique, je trouvais le film un peu long, je voyais pas trop où ça voulait en venir et puis finalement petit à petit je suis vraiment entrée dedans. C'est sûr que le scénario n'est pas nécessairement le fort du film, même si c'est un film qui dit beaucoup de choses sur la jeunesse européenne, mais j'étais très contente de vivre cette expérience, ce "braquage" comme le clame le réalisateur, j'ai rien lâché, j'étais vraiment avec les acteurs, tous spontanés, avec leurs personnages etc... Pour moi c'est un film vraiment innovant, qui va au-delà de la question de l'exercice de style - et toc, je le préfère à Birdman, mais tu t'en doutais ;)
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A
Oui parfois c'est vrai, il ne se passe pas grand chose, cependant comme tu le dis pour le tour de force technique ça vaut le coup de le voir !
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Depuis vingt-six ans, le Festival Cinémas du Sud, organisé par Regard Sud, offre un panorama du cinéma contemporain du Maghreb et du Moyen-Orient, à travers des œuvres rares

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Les Mauvais Gones 2026 : Lyon au cœur du cinéma criminel du 20 au 24 avril

Du 20 au 24 avril 2026, Lyon accueillera la 8e édition du festival Les Mauvais Gones, un rendez-vous désormais installé dans le paysage culturel lyonnais, dédié au cinéma policier et de gangsters.

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Festival Caravane des Cinémas d’Afrique

La 18e édition du Festival Caravane des Cinémas d’Afrique aura lieu du 21 au 26 avril 2026 au Ciné Mourguet et dans 30 salles partenaires à travers la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Créé en 1991, le Festival Caravane des Cinémas d’Afrique avait initialement lieu chaque année avant d’adopter un rythme biennal dès 1992. En 2026, il retrouvera son format annuel, marquant ainsi une nouvelle étape dans son histoire. Ce retour à une périodicité annuelle permettra au festival d’accompagner plus étroitement la vitalité et la diversité du cinéma africain contemporain, en écho à la richesse de sa production et à l’enthousiasme croissant de son public.

Le Festival en quelques chiffres : une trentaine de films présentés, 30 salles partenaires en Région Auvergne-Rhône-Alpes, une vingtaine de nationalités et invités, environ 80 séances, 6 films en compétition pour le Prix du Public, 10 courts métrages pour le Prix du Jury Jeune. 

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