Once Upon a time in Hollywood (critique): le pouvoir consolateur de la fiction
Pour que Baz’art soit dans les temps et colle quand même un peu à l'actu ciné, impossible de ne pas parler du dernier Tarantino sorti mercredi dernier ....évidemment parler de quelque chose dont tout le monde parle c’est un peu déprimant car on se sent un peu inutile., mais tentons quand même d'apporter de l'eau à l'édifice...
Michel qui a vu le film pour baz'art, est ressorti de sa projection plutôt content et nous explique pourquoi :
Il est un peu has been Rick Dalton, vieux jeune premier condamné à jouer les méchants de service dans des séries télé. Tellement has-been et déprimé qu’il est prêt à partir pour Rome tourner des westerns spaghetti.
Il répand son spleen sur les épaules solides de Cliff Booth sa doublure cascades, son chauffeur, son électricien et son infirmier.
Deux frères qui se soutiennent dans la lente descente vers l’oubli et l’anonymat, autant dire l’enfer à Hollywood. Le nouveau cinéma est déjà là tout prêt, Roman Polanski qui depuis “Rosemary’s baby” à tous les producteurs à ses pieds et Sharon Tate sa jeune et jolie épouse emménagent au 10050 Cielo Drive dans la villa voisine de l’acteur.
Du cinoche en veux-tu en voilà c’est la marque de fabrique d’un film de Tarantino. Autant vous dire qu’ici il s’en donne à cœur joie. Tout Hollywood des sixties est concentré en 2h30 et c’est éblouissant.
Un scénario malin qui suspend le temps, le réalisateur nous emmène en ballade dans un Los Angeles rutilant comme les chromes de la voiture de Di Caprio et brulant comme le torse de Brad Pitt.
Touchants et roublards à la foi ils sont tous les deux exceptionnels, Tarantino, comme d'habitude excellent directeur d’acteurs tire d’ailleurs le meilleur de tout son casting.
Comme d’habitude la bande son est choisie, la photographie lumineuse et la mise en scène très soignée. « Once upon a time » même avec ses défauts est un objet cinématographique qui fera date.
Passionné par son métier le réalisateur nous livre, comme l’avait fait François Truffaut avec sa « Nuit américaine », une véritable déclaration d’amour au cinéma.
Connaissant l’histoire du 7e art et sa ville par cœur et il parsème son film de micros références qui raviront les cinéphiles, les autres trouveront peut-être la ballade un peu longuette; dommage pour eux.
Après la question de savoir si Once upon a time....” sera –t-il un grand film qui marquera l'histoire du 7ème art, , seul l’avenir nous le dira , .mais c’est tout de même assez réussi....
Tarantino nous dit en creux que le cinoche ou par extension la fiction est là pour nous consoler des saloperie de la vie., philosophie certes un peu simpliste mais salutaire s'il en est ..
ONCE UPON A TIME IN HOLLYWOOD - Official Trailer (HD)
EDIT : On a lu dernièrement des articles ou tweets , et même les chroniqueurs de notre bien aimé émission Le masque et la Plume qui critiquent le film en faisant le procès que Tarantino serait de droite voir d’extrême droite, un procès d'intention qu'on ne peut lui faire après avoir vu Django Unchained ou Jackie Brown....
C'est surtout un mec dingue de cinoche qui a les moyens de faire son cinoche....
Le cinoche répare la vie quotidienne c’est tout ce que nous dit son cinéma..
N'allons pas jusqu'à divulgacher Once Upon ...mais la fin est vraiment dans l’esprit du réalisateur...on peut détester, mais ce n’est que du cinoche et tout le film nous le dit....