bowling_600-1 Pour la toute première fois, mon coup de griffe du samedi concerne un film qui n'est pas encore sorti en salles: il s'agit de Bowling, une comédie française qui sort cet été, le 18 juillet, exactement et que j'ai eu la chance(?) de voir en avant première il ya déjà plusieurs semaines.

Le film est inspiré d’un fait divers français : en 2008, tous les habitants de la petite ville bretonne de Carhaix ont manifesté pendant 17 semaines pour empêcher la fermeture du service de maternité de leur hôpital, et ont fini par obtenir gain de cause. Cette histoire étonnante a fait l’objet d’un reportage dans "Zone Interdite" et c’est ainsi que la réalisatrice en a entendu parler.

Bowling est le deuxième long métrage réalisé par Marie-Castille Mention-Schaar après Ma Première fois, sorti plus tôt dans l’année 2012. A l'heure où certains cinéastes galèrent des années pour monter des films, elle ne connait pas vraiment ce problème.

Il faut dire que MCMS (excusez pour l'abréviation, plus simple pour moi, comme vous pouvez le comprendre) est,  avant de se lancer dans la mise en scène  une productrice ( notamment du film La Première étoile (2009) de Lucien Jean-Baptiste, qu'elle a également scénarisé) et que pour ses films de metteur en scène, elle porte aussi la casquette de productrice et de scénariste, ce qui commence à faire pas mal et qui facilite aussi un peu les choses pour monter les projets plus vite que ses collègues de la profession.bowling

 L'idée de départ n'est pas plus bête qu'une autre, et  Marie-Castille Mention-Schaar  a eu le mérite à tourner son film dans la ville de Carhaix et dans le véritable hôpital qui avait menacé de fermer sa maternité. Cela confère un petit charme typiquement breton au film, région qui est assez peu fréquentée par le cinéma français.

Le problème est que  la réalisatrice ne fait pas grand chose de cette touche bretonne, et qu'au contraire, le film tourne assez vite au régionalisme, et qu'on a quand même souvent l'impression d'être un téléfilm du samedi soir de  France3, et pas vraiment devant un film de cinéma.

Une ou deux scènes sortent un peu du lot grâce une fantaisie inattendue (une partie d'1;2,3 soleil en pleine manifestation), le reste nage en plein clichés et plein archétypes: chacune des actrices joue exactement la partition que l'on attend d'elle : Mathilde Seigner en infirmière grande gueule, mais finalement si binevaillante, Firmine Richard, aide soignante ( pourquoi joue t-elle toujours des roles d'aide soignante ou de femme de ménage?) un peu au bout du rouleau mais tellement sympathique, et Catherine Frot, la bourgeoise parisienne si condescentante envers les provinciaux, et qui va s'apercevoir que ces ploucs ne le sont pas autant qu'ils le paraissent et vont la transformer intérieurement.

Et les parties de Bowling  en elle même( l'équipe de la maternité forment une équipe de bowling à laquelle va se méler la méchante DRH) ne sont malheureusement que pur accessoire, et se mélange mal avec l'histoire de la lutte sociale. Tout se termine exactement comme on l'avait imaginé, et alors que je ne connaissais absolument rien au film en allant le voir, il m'a semblé l'avoir déjà vu au bout de 10 minutes de film, ce qui n'est quand même pas bon signe.

Le scénario est vraiment trop cousu de fil blanc pour tous ceux qui, comme moi, voient des comédies françaises depuis la nuit des temps : tous les passages obligés sont là ,et le film ,qui lorgne très visiblement sur les pas de la comédie sociale anglaise à la Full Monty, s'élève à peine plus haut qu'un Camping.

Il aurait fallu plus de fiel dans le discours et les personnages, plus de surprises, plus de vie pour que cette histoire  pourtant vraie prenne également corps à l'écran.