Baz'art  : Des films, des livres...
9 juillet 2013

Mais pourquoi ce Take this waltz n'est-il pas sorti en France?

     take           Lorsqu'il m'arrive parfois de chroniquer, dans le cadre des nouvelles sorties DVD, des films qui sont restés inédits en salles, à la vision, j'admets généralement qu'il existe des raisons valables qui expliquent le fait que le distributeur n'ait pas choisi de le sortir en France.

 Et d'autres fois, après avoir vu le film en question, j'avoue ne pas comprendre du tout pour quels motifs il n'a pas été possible de le voir dans les salles obscures hexagonales.

C'est le cas avec "Take This Waltz", l'avant dernier film de l'actrice et réalisatrice Sarah Polley (tourné avant son docu fiction, Stories We Tell, qui lui, avait eu le droit à une sortie certes confidentielle en France en début 2013).

Sarah Polley fait partie de mes actrices phares du cinéma indépendant US, une des rares dont je suis particulièrement la carrière.

Ce fort intéret pour elle a commencé au début des années 2000,  depuis que je l'ai vu jouer dans Ma vie sans moi d'Isabel Coixtet, magnifique mélo dans une lequel une jeune maman condamnée profitait de ses derniers moments pour dire ses sentiments à ceux qui l'aiment.

Et si je l'apprécie autant, c'est qu'elle s'est fait une spécialité, dans ses films en tant que cinéaste ou en tant qu'actrice,  de sonder avec une grande sensibilité, mais assez frontalement également,  la sphère intime à travers une étude des relations humaines, qu'elles soient amicales, de couple, ou bien encore  familiales.

Dans son  premier film de cinéaste Loin d'Elle que j'avais vu en salles il y a une dizaine d'années, et qui signait le retour en grâce de Julie Christie, elle traitait très joliment de la maladie d'Alzheimer,  mais aussi et surtout, de la mémoire des sentiments, de ceux que l'on arrive à garder malgré la maladie et ceux qui disparaissent, et dont la destruction fait du mal à ceux que l'on aime ou plutôt que l'on a aimé.

  Ici, dans ce Take this waltz ( tiré d'une magnifique chanson de Léonard Cohen ,présent dans une scène cruciale du film), dont le DVD est sorti depuis le 15 mai dernier, édité par TF1 vidéo, elle tisse une chronique qui traite exclusivement de l'éternel sujet de la vie à deux, et nous décrit avec grande justesse tous les maux et les caractéristiques de la vie de couple: la tentation de l'adultère, les petites complicités du quotidien, la routine et le besoin irrépréssible (sentiment que je connais que trop bien) que l'on a presque tous de devoir occuper le moindre moment d'ennui et de vide en s'agitant d'une façon ou d'une autre.

 Margot, l'héroine de ce très beau film, est une jeune femme qui vit à Toronto, avec l'homme qui partage sa vie depuis 6 ans ( Seth Rodgen, l'acteur fétiche de Judd Appatow, dans un très beau contre emploi), plus passionné par la façon de cuisiner le poulet ( il écrit des livres de cuisine seulement sur la vollaille). Un jour, elle découvre à quelques maisons de là, un voisin aussi séduisant qu'amusant, et donc, qui devient vite une  menace pour son union qui ronronnait un peu.

Interprétée par une Michelle Williams bien meilleure que dans le biopic sur Marylin (chronique ici même), cette Margot est tout à la fois touchante et agçante, mais en tout cas terriblement humaine dans ses contradictions et ses envies d'envol.

Et son portrait est à l'image de toute l'oeuvre tant l'ensemble évite souvent les clichés pour nous brosser un joli portrait doux-amer, toujours juste, et bien plus intelligent que la grande majorité des films américains traitant de ce sujet,  sur l'eternelle insatisfaction des êtres qui réfléchissent trop et qui aspirent à un bonheur toujours insaisissable, et sur le désir qui n'est jamais aussi beau que lorsqu'il est inassouvi.

Take this Waltz contient notamment deux ou trois très belles scènes, presque cultes, qui resteront longtemps gravés en  mémoire (notamment cette scène de dialogues ultra érotiques simplement par mots échangés dans un bar). 

Sarah Polley fait en effet preuve d'une grande maitrise dans l'écriture de ses personnages et dans le choix de sa mise en scène, avec notamment une utilisation d'une bande son astucieuse et parfaitement synchro avec son sujet (le morceau d'habitude un peu fun " Video Killed the Radio Stars", entendu dernièrement dans le film Radiostars, illustre ici superbement une scène de manège vertigineuse et éblouissante) …

 Bref, ce Take This Waltz est une chronique sentimentale du meilleur acabit.  Et si vous avez l'occasion de le voir en DVD ou en VOD, ne vous privez pas de ce petit  grand bonheur de film!!!

 

Commentaires
B
oui je te le fonrirme céline... bonne soirée!!!
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C
Il a l air tentant en tout cas :)
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Festival du Film Italien de Villerupt

49e édition - Du 23 octobre au 8 novembre 2026

www.festival-villerupt.com

 

 

 

Hommage à Monica Vitti et rétrospective autour de la figure du père, la 49e édition du Festival de Villerupt dévoile ses premiers éléments de programmation et son affiche officielle.

 

En 2026, le Festival de Villerupt a souhaité, dans le cadre de sa rétrospective thématique, mettre en avant la figure paternelle. D’autorité structurante dans l’Italie d’après-guerre, cette dernière dérive progressivement vers une figure fragile, déplacée, voire problématique, révélatrice des mutations sociales, économiques et culturelles du pays. Une évolution qui sera illustrée travers une sélection d’une dizaine de films.

 

Le festival rendra aussi hommage à l’une des plus grandes icones du cinéma mondial : Monica Vitti, disparue en 2022. Reine de la comédie à l’italienne et égérie de Michelangelo Antonioni, elle est notamment célèbre pour ses rôles dans L’avventura ou Le désert rouge.

DE L'ÉCRIT À L'ÉCRAN MONTELIMAR FILM FESTIVAL 15 ème édition

DU VENDREDI 18 AU JEUDI 24 SEPTEMBRE 2026- Montélimar


Le festival De l'écrit à l'écran revient en septembre 2026 pour sa quinzième édition.
Véritable temps fort de l'action culturelle menée par l'association éponyme, le festival conjugue au présent cinéma et littérature, crée des ponts inter-culturels et interartistiques stimulants et enrichissants. Il s'articule autour de 3 axes fondamentaux: ce qui s’écrit, ce qui se dit et ce qui se pense, sur la toile comme au-delà, et les met en lumière. En 2025, le festival a accueilli plus de 147 invités, organisé 140 événements dont 89 séances de cinéma et réuni plus de 33 000 spectateurs.

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