Rencontre avec Muriel Robin pour le film "La pire mère du monde"
La presse lyonnaise a eu la chance de les entendre s’exprimer sur la création du film, mais aussi sur certaines anecdotes liées au tournage.
Si les thèmes du film abordés peuvent être lourds- la lenteur de la justice, le deuil, le cancer, les relations conflictuelles entre parents et enfants- le traitement est délibérément celui d'une comédie très BD, très rythmée et graphique un peu à la manière du cinéma de Dupontel ou de Caro- Jeunet.
Muriel Robin, qui n'est pas forcément réputée pour être la comédienne la plus faire partante pour assuré les promotions du film, était étonnamment très réceptive et conciliante pour échanger avec nous sur ce film dont on vous reparle prochainement.
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Vous avez accepté très vite, dès la lecture du scénario de vous embarquer dans cette aventure. Quels souvenirs avez-vous de la découverte de celui-ci ?
Muriel Robin : En fait, pour répondre à votre question, il faut remonter bien avant le scénario. Il y a quelques années, Pierre avait été sélectionné à Émergence qui est un concours de scénario. Il m’avait proposé de tourner un petit bout du film qu’il avait en tête.
J’ai un rapport très animal aux cinéastes que je croise. Je dis souvent que j’ai tendance à décliner les propositions, sans doute simplement parce que c’est plus facile. En disant non, on se protège. Pierre, je lui ai très vite fait confiance. Il a un truc avec le montage, l’image…
Très vite, j’ai pu déceler un petit peu la couleur de ce qu’il est capable de faire.
Donc lorsqu’il vient vers moi pour participer à ce projet, en effet je lui dis oui très vite. Je reste fidèle. Et arrive le scénario qui ne ressemble pas aux autres.
C’est une comédie, indéniablement, mais je dirais une comédie d’auteur. Dès que j’ai lu son script, j’ai tout de suite dit oui.
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Interpréter des personnages peu affables, atrabilaires, c’est un véritable plaisir d’actrice, non?
Muriel Robin : Au fond, c’est drôle de montrer les travers humains dans ce qu’ils ont de moins reluisant à travers un film. Je pars du principe que je fais toujours confiance au scénario. Et au fait que Pierre m’a choisi pour ce rôle.
Il n’ignore pas que je me suis souvent exprimée à propos de ma vie et que le public sait que je n’ai pas moins d’humanité que les autres. Et je crois que l’on accepte la dureté de Judith car on devine qu’il n’y a pas que cela chez elle
Vous avez mis de vous dans ce personnage?
Muriel Robin : Disons que j'ai pensé à ma mère qui était dure. Pouvoir s’arrêter sur l’origine de la dureté, c’est intéressant. Il y a souvent une explication à cela. Selon moi Judith est portée par le fait que c’était pour bien faire. Elle a fait un acte d’amour.
Mais c’est toujours intéressant de savoir ce que cache cette dureté. Souvent une blessure. Il y a toujours des pleurs derrière les gens durs. Judith a beaucoup de larmes en elle. Elle me touche. Outre une histoire de relation mère-fille, le film parle également du sacrifice des mères.
Dans le film Judith s’est trompée sur la façon de faire. J’aime bien d’ailleurs que le film parle de ça. Il faut donner aux gens le droit de se tromper.
Et aux mères plus encore. Parce qu’être maman c’est prendre des décisions. Tout le temps. Donc évidemment que l’on se trompe. Judith ne s’est pas dit ‘ok je vais faire un truc pour embêter ma fille. Elle voulait faire son bien. Mais pas de la bonne manière. Elle s’est un peu coupée de sa fille, s’est retrouvée prise dans cet engrenage. C’est un sacrifice. Elle y a laissé sa fille, mais l’assume....
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Comment définiriez-vous la personnalité et le style de Pierre Mazingarbe ?
Muriel Robin : Pierre est très intelligent, extrêmement sensible et vraiment particulier. Il coche toutes les cases de sa particularité.
Comme toutes celles de la comédie, y compris populaire. J’ai découvert son humour. Un truc à lui. Il cherche à faire rire. Mais pas comme tout le monde. Quelque chose de perché. Parfois on est un peu paumé. Il a un pied avec nous et un autre ailleurs.
Et ça c’est formidable. Parce que du coup on découvre un autre sens aux mots qu’il nous fait jouer ainsi que dans sa mise en scène et ses placements de caméra. Il est tellement inventif.
Je le revois encore sur le plateau avec ses yeux grands ouverts, ne disant pas un mot. Et là on comprend tout de suite qu’il se passe un truc dans sa tête. Que ça bouge là-dedans. Évidemment il avait un projet complètement bétonné, mais c’est quelqu’un qui peut sans souci débétonner.
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La réussite de cette scène, outre son écriture, tient au diapason et au rythme que vous apportez au jeu. Comment travaille-t-on cela ?
Muriel : C’est comme en musique quand on fait un bœuf. Y a un mec au piano, l’autre à la clarinette, bim bim pam pam ça se fait tout seul. Ils savent à quel moment ça se finit. Je crois que cela se fait tout seul. C’est chimique. Je n’ai pas d’explication à cela.
On était bien avec cette scène. En plus, Louise et moi avons la même méthode de travail, on bosse beaucoup le texte. On est au mot près
C’est un film particulièrement pensé et précis dans sa mise en scène. Très graphique dans son approche formelle. Est-ce compliqué pour une comédienne d’y trouver son espace de jeu ?
Muriel : II se trouve que j’aime la contrainte. Et j’aime trouver ma liberté dans la contrainte. Si je fais ce métier pour avoir le droit de changer les mots, de changer ma place dans le cadre et de faire un peu tout ce que je veux, franchement autant me filmer dans la vie de tous les jours lorsque je fais mes courses (rires).
Donc s’il y a une contrainte pour trouver l’espace de jeu, j’aime beaucoup cela car ça devient tout d’un coup un peu plus compliqué à faire. Je comprends que certains y trouvent une frustration.
Pas moi. Cela me parle d’autant plus que, pour moi, la forme, c’est vraiment le fond qui remonte à la surface. Plutôt que mille indications de jeu, si on travaille juste à l’oreille, je crois que l’on trouve aisément le cœur de la scène.
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La Pire Mère au monde – au cinéma le 24 décembre
Merci au Pathé Lyon et à Auvergne Rhône alpes cinéma et à Moonlight distributions
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