Rencontre avec Jean Pascal Zadi, comédien plus français que ricain
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On en a parlé pas plus tard qu'hier matin : mercredi prochain, sort le film "Le rêve américain réalisé par Anthony Marciano Raphaël Quenard et Jean-Pascal Zadi.
Une belle (et vraie) histoire de basket, d’amitié et de résilience. Et aussi une ode à la persévérance pour prouver que tout est possible par le travail.
Face à Raphaël Quenard, Jean-Pascal Zadi joue le cerveau du duo, un homme qui a lutté contre les préjugés pour atteindre son graal.
Un rôle sur mesure pour Jean-Pascal Zadi, 46 ans, qui a, en commun avec son personnage, la même carrure de basketteur.
Rencontre, en marge de la promotion du film à Lyon, avec un acteur aussi franc que solaire, dont le parcours fait écho à celui de son personnage.
Un comédien qui se définit avec humour comme « trop grand, trop noir, trop de dents », mais qui a déjà joué dans des séries en vue (En place, qu’il a cocréée) et a réalisé quatre films, dont "Tout simplement noir" qui l'a fait connaitre au grand public et au monde du cinéma .
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QUAND VOUS AVEZ LU LE SCÉNARIO DU REVE AMERICAIN POUR LA PREMIÈRE FOIS, QUEL EST L’ASPECT QUI VOUS A D’ABORD PLU ? EST- CE QUE C’EST L’ÉCRITURE, LES PERSONNAGES, LE PARCOURS, L’AMITIÉ ?
Jean-Pascal Zadi : Raphaël, que j'ai quasiment tous les soirs au téléphone, a insisté pour que je lise le scénario et ce qui m’a vraiment marqué, c’est l’histoire d’amitié et de persévérance.
Ça avait l’air d’être mon histoire, même si ça n’est pas dans le même domaine. Cette histoire de personnes qui ne lâchent pas alors qu’elles sont en galère, rien ne prouve que leur entreprise va marcher, et finalement c’est un succès, tout ca, ca m'a grave parlé, en fait!
Et évidemment, j’ai été marqué par l’amitié entre Bouna et Jérémy.
Quand tu regardes des films d’amitié, il y a toujours une scène où ça part en conflit, où ça s’engueule, où ça claque la porte. Et là, il n’y en a pas. C’est une amitié du début à la fin, solide et dont l’adversaire est le monde entier et les barrières qu’on leur met pour ne pas atteindre leur objectif.
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CONNAISSIEZ VOUS LA VERITABLE HISTOIRE DE CES AGENTS?
Jean-Pascal Zadi. – Pas du tout. Quand j’ai lu le scénario, j’ai même été étonné de constater que ce tandem, si important dans le monde du sport, soit si peu connu en France.
Sans doute est-ce le fruit de leur humilité et de leur simplicité, alors qu’ils sont quand même les Cristiano Ronaldo des agents de basketteurs ! Ce qui m’a frappé quand je les ai rencontrés, c’est la force de leur lien. Ils ont tout affronté ensemble, les arnaques, les préjugés, le déterminisme social, et ils ne se sont jamais trahis ou lâchés. C’est d’ailleurs moins un film sur le basket que sur leur amitié et leur persévérance.
VOUS LES AVEZ RENCONTRES EN QUELLE CIRCONSTANCE?
Jean-Pascal Zadi.
Oui, un peu avant le tournage, puis ils sont venus pendant le tournage aussi.
Ce qui m’a frappé quand je les ai rencontrés, c’est la force de leur lien. Ils ont tout affronté ensemble, les arnaques, les préjugés, le déterminisme social, et ils ne se sont jamais trahis ou lâchés.
C’est pour cela que j'insiste sur le fait que c'est moins un film sur le basket que sur leur amitié et leur persévérance.
Ce que raconte leur parcours, c’est l’importance d’avoir un objectif dans la vie et de tout essayer pour l’atteindre. Au mieux, on y arrive. Au pire, on s’est découvert en chemin et on vit sans regret.
CE SONT DES GENS QUI ONT UN REVE TROP GRAND POUR EUX ET QUI ONT CONNU LA GALERE. C 'ETAIT FACILE DE S'IDENTIFIER A EUX?AVEC CE PRISME LA?
Jean-Pascal Zadi.
Totalement. Pour moi, le rêve inaccessible, c’était le cinéma, devenir réalisateur. J’ai grandi à côté de Caen, je ne connaissais personne, on me disait que c’était impossible… Mais à force de détermination , je me suis fait une petite place, comme Bouna et Jérémy.
À une époque qui vous dit surtout ce que vous n’avez pas le droit de faire, je trouve important qu’un film comme "Le Rêve américain" mette en lumière des hommes qui ont déjoué les pronostics. .Moi, quand je me suis lancé, j’étais tellement habité que je ne vivais pas les moments difficiles comme des galères, mais comme les étapes d’un parcours.
Le manque d’argent, les rejets permanents, les premiers boulots un peu nuls faisaient partie du lot. Et j’avais la chance d’être bien entouré, comme Bouna.
Sans sa femme, par exemple, il aurait sans doute dû renoncer à son rêve : non seulement elle a assuré la survie économique du foyer, mais elle l’a toujours soutenu, même quand tout semblait perdu.
Bouna, c’est un peu celui qui calme un peu Jérémy, celui qui est un peu sage, un peu philosophe, qui a un peu du recul sur la situation. Je me sens grave en adéquation avec ça. Moi, j’ai beaucoup de recul sur les choses aussi.
J’ai choisi ce métier-là parce que c’était à ma portée, même si je ne connaissais personne…
À 20 ans, beaucoup de gens autour de moi me donnaient l’impression de subir leur vie, et moi, j’avais envie de choisir la mienne et d’être moi-même. Raphaël et moi, nous avons en commun d’être arrivés dans le milieu sans mentir sur ce que nous sommes.
BOUNA ET JÉRÉMY ONT ÉTÉ BOULEVERSÉS PAR LE FILM, VOUS AVEZ VU LE FILM À CÔTÉ D’EUX. CELA DEVAIT ÊTRE UN MOMENT PARTICULIER POUR VOUS, DE VOIR LES PERSONNAGES RÉELS DÉCOUVRIR VOS PERFORMANCES ?
Jean-Pascal Zadi :
C’est vrai que regarder le film avec eux m’a mis la pression parce que tu joues quand même la vie d’un gars, même si pendant le tournage, je pensais pas trop à ca, je restais focalisé sur les instructions d'Anthony....
Mais j’ai été soulagé à la fin du film. Les enfants de Bouna m’ont dit «à un moment, on croyait que c’était papa à l’écran». Je trouve que c’est un honneur que Bouna et Jérémy aient apprécié notre travail, qu’ils se soient reconnus dans cette histoire.
Il ne faut pas oublier que c’est 20 ans d’histoire résumés en 2 heures. Donc il peut y avoir des frustrations, des moments où ils ne se reconnaissent pas dedans, où ils sont un peu déstabilisés. Mais visiblement non, donc on était très rassurés!!
CE FILM C'EST AUSSI L'HISTOIRE DE DEUX AMITIES, CELLE DES DEUX AGENTS ET CELLEVOTRE AMITIE AVEC RAPHAEL QUENARD, NON?
Jean-Pascal Zadi : Oui, tout à fait.. Avec Raphael, on s’est rencontrés sur Coupez !de Michel Hazanavicius…
Dans la vie, on est pareils : on sourit beaucoup. On a cette espèce de pudeur de ne pas saouler les gens en exposant nos problèmes. Pour moi, sourire exprime une certaine beauté, une classe, une générosité De l’envie de s’épanouir et d’être soi-même.
C’est un des gars qui me fait beaucoup rire et tout. Et du coup, on s’engraine mutuellement. Quand je sais que je suis en tournage et je me lève le matin à neuf heures, je sais que je vais voir Raphaël.
Déjà à neuf heures, déjà, je rigole. La journée n’a même pas commencé que déjà, je rigole déjà. Donc ouais, c’est une amitié où dans laquelle on se sent bien, quoi. On est nous-mêmes, on peut dire ce qu’on veut, on fait ce qu’on veut, on peut raconter nos vies, on peut raconter nos problèmes. Aussi, comme on a un parcours un peu similaire, tu vois, du coup, on a vécu des choses presque similaires et on peut témoigner l’un de l’autre sur certains trucs.
Lorsque Raphael joue, sa personnalité est là, et quand je parle avec lui, je parle vraiment avec lui, pas à un gars qui fait semblant !Oui, nous avons en commun toutes ces barrières et ces tartes qu’on s’est prises dans la gueule ! Mais… attention, ce que je vais dire va faire trop « pub télévisuelle », mais je pense que notre originalité est notre force. Le fait qu’on ne soit pas des mecs de Paname, qu’on ne soit pas forcément liés à ce métier à la base, le fait que Raphaël s’exprime comme ça et que moi j’avais les dents écartées en avant…
Nous avons compris que cela pouvait être des forces : on nous a acceptés parce qu’on s’est acceptés nous-mêmes, qu’on ne s’est pas cachés.
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QU’EST- CE QU’IL VOUS RESTE DE CES PERSONNAGES, PLUSIEURS MOIS APRÈS LE TOURNAGE ?
Jean-Pascal Zadi.
Il me reste beaucoup de choses. Avec Raphaël, on n’était pas attendus dans la fête, on n’était pas attendus à cette grande table du cinéma. Et quand tu y arrives et que très rapidement, il se passe plein d’événements dans ta vie, tu as un peu tendance à trouver les choses normales.
Ce que ce film m’a laissé en moi, c’est le fait de continuer à rêver grand. Ce film m’a montré que j’avais fait du chemin, mais que comme Jérémy et Bouna, il ne faut pas s’arrêter sur ses acquis, il faut continuer et aller encore plus haut.
VOUS L'AVEZ, VOUS, CE REVE AMERICAIN?
Jean-Pascal Zadi.
Ce serait ambitieux de l'affirmer haut et fort: je parle aussi mal anglais que mon personnage. Raphael, pour le coup il est meilleur que moi en anglais, à part l'accent il parle comme Macron (rires)..
Moi j’aime trop la langue française ! Et puis, je m’amuse encore beaucoup à essayer de décrypter la société qui m’a vu grandir.
Ce qui est fou c'est que le rapport que j’ai au cinéma américain, c’est plus le rêve, c’est plus l’inaccessible, c’est plutôt les grosses productions. Et moi, le cinéma français, en fait, j’adore.
Moi, j’adore le cinéma français, j’adore l’industrie française et je le prends comme mon cadre de travail, mais comme aussi quelque chose que j’aime. Et je n’ai pas d’ambition américaine à proprement dit.
Moi, mes ambitions, c’est juste de faire des bons films. Moi, mon rapport au cinéma, je trouve que c’est un rapport très français.
C’est-à-dire que moi, ce que je veux, c’est être dans des bons films avec des gars que j’aime.
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Interview réalisée le 13 février à Lyon
©Fabrice SCHIFF
Merci à Gaumont films et à Pathé Lyon
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