Retour sur deux expositions du Lyon BD Festival
Lors de Lyon BD Festival, plusieurs expositions étaient présentées
La première qui nous a marqué était situé dans les salons de l’hôtel de ville. Elle était consacrée à la bande dessinée, Tourner la page de Zep, avec un style très éloigné de ce que l’on connait du dessinateur.
Ma main avait besoin de vacances. C’est ainsi que Zep résume son envie, et son besoin de développer des récits dans un style réaliste, loin de son travail sur Titeuf. “En bande dessinée, on doit se construire un style assez vite, pour être cohérent au fil des pages et des albums. Mais le risque est de s’enfermer dans un mimétisme graphique toute sa vie. […]Continuer à apprendre, explorer en permanence, est une nécessité. J’ai toujours été admiratif d’un artiste comme David Hockney, qui, passé 80 ans, testait encore de nouvelles techniques.
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Je ne vais pas me lancer dans un commentaire de texte de sa citation mais le fait qu’il veuille revenir vers quelque chose de plus réaliste m’a interpelé, Renoir ayant eu la même démarche au moment où ses tableaux impressionnistes avaient le plus de succès. J’aimerais pour ma part m’éloigner du réalisme (quand on me dit “c’est bien fait”, pour moi ce n’est pas un super compliment, j’aimerais plutôt suggérer des sensations, un souvenir). Peut-être que les artistes sont des éternels insatisfaits ?
Cette exposition m’a aussi décomplexé au moins le temps de la visite.
En effet sur un des panneaux de présentation, Zep confiait :
Quand j’ai commencé, mon style devait beaucoup à ceux que j’ai copiés. Aujourd’hui, c’est de plus en plus moi-même, mais c’est une évolution sans fin. Je serai toute ma vie un apprenti.
Il raconte également qu’avait du mal à représenter, au trait, l’eau et ses mouvements. Il a donc fallu qu’il trouve des solutions pour dessiner la mer et c’est ainsi qu’il s’est tourné vers l’aquarelle. Le fait qu’il ait (un peu) galéré pour représenter quelque chose, c’est rassurant non ? )
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L’exposition présentait pas mal de ses planches en grand format avec des bleus et des jaunes magnifiques entre autres. Quand je suis allée voir la bd ensuite, j’ai trouvé presque dommage que cela soit en si petit format.
Il était expliqué aussi que pour dessiner les personnages de Tourner la page, Zep a fait poser des hommes et des femmes, de son entourage mais plus souvent des comédiens. Il les a pris en photo dans différentes postures avec des expressions variées.
Intéressant aussi de voir toutes les couvertures qui ont été imaginées et ses carnets de croquis dans une vitrine.
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Enfin j’ai lu une citation de Zep que j’aurais pu écrire à sa place tant elle explique la part importante de la fiction (en particulier les romans mais aussi le cinéma) dans ma vie :
Je suis incapable d’un bonheur tranquille, mon histoire réelle ne me suffit sans doute pas. Alors je suis comme un enfant qui se raconte des histoires. Pour que cela marche, il faut devenir ses personnages. J’aurais passé la plus grande partie de ma vie à être un autre.
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Programmée dans le cadre de Lyon BD Festival, l’exposition de Zeian Abirached offre une déambulation immersive à partir de ses albums phares tels que Le Jeu des hirondelles, Je me souviens Beyrouth et Le Piano oriental.
Ce parcours invite à une balade nostalgique et tendre à la rencontre des personnages, des bruits et des lieux de son passé
Les compositions graphiques uniques en aplats de noir et de blanc de Zeina Abirached utilisent l'espace du parking Saint-Antoine pour faire dialoguer l'imagination et la mémoire, faisant surgir du noir de magnifiques bribes de lumière méditerranéenne.
Imaginée à partir des albums phares de l’artiste, puisant dans son enfance et ses racines libanaises, cette fresque plonge les visiteurs dans l’univers de Zeina Abirached
. Le parcours immersif emmène le public à la rencontre des personnages et des lieux de ses récits, où ses compositions en noir et blanc font surgir de belles nuances de lumière méditerranéenne.
Un univers qui transforme totalement l’espace serviciel du parking, grâce au travail de Printelia, dont le soin apporté à la fabrication et à l’installation des impressions restitue toute la finesse des œuvres originales.
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