Notre sélection coups de❤️ spécial Lyon BD festival
Nos coup de coeur BD du moment liés au Festival Lyon BD
1. DAVID SALA, FRANKENSTEIN D’APRÈS MARY SHELLEY- CASTERMAN
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Auteur et illustrateur reconnu pour la jeunesse, David Sala avait déjà marqué un grand coup avec son adaptation BD de Zweig “Le Joueur d’échecs” avant de donner de son enfance une vision aussi poignante que somptueuse dans “Le Poids des héros”. Voici qu’il s’empare de l’œuvre maîtresse de Mary Shelley dont il livre une vision à la fois fidèle dans la lettre, humaine et humaniste dans l’esprit et grandiose dans l’approche plastique.
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Ce que on a aimé en particulier dans le Frankenstein de David Sala?
Avec son « Frankenstein », David Sala ne s’est pas contenté de dépoussiérer l’œuvre de Mary Shelley, il l’a complètement réinventée.
Non par l’écrit mais par l’image. S’il suit en grande partie la trame originelle, il s’engage dans une voie graphique radicale qui confère une beauté magique à tout l’album.
Paysages multicolores, perspectives chancelantes, motifs géométriques répétés jusqu’au vertige… tout contribue à dévoiler le monde intérieur de Victor Frankenstein : un dandy fragile et tourmenté, en conflit avec lui-même.
D’un côté, son esprit sentimental se complait dans une forme d’affliction romantique ; de l’autre, il est mû par une froideur clinique et la vanité de se savoir supérieur à ses pairs.
David Sala en livre une interprétation toute personnelle, centrée sur la thématique de l'altérité et le rejet de la différence par la société. Les visuels sont vraiment époustouflants, et l'ambiance bien que tourmentée n'en est pas moins poétique.
Il est admirable à quel point David Sala se réapproprie le texte et le sublime magistralement!
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David Sala, Frankenstein d’après Mary Shelley, Casterman, 232 p., ), 28€.
MARION MONTAIGNE, SPACE MONTAIGNE-DARGAUD
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Il est génial, le titre de la dernière bande dessinée de Marion Montaigne, Space Montaigne. Mot compte double comme dirait l’autre puisque dans cette bande dessinée, Marion Montaigne nous entraîne dans les coulisses de l’écriture de « Dans la combi de Thomas Pesquet« et partage les montagnes émotionnelles vécues alors.
En le commençant, je me suis promis de ne pas la lire trop vite cette bande dessinée, surtout qu’elle compte 168 pages et que j’imagine le boulot que cela doit représenter (d’autant plus, qu’elle fait tout, le scénario, les dessins, la mise en couleur) .
Mais comme à chaque fois que j’ai ouvert une bd de Marion Montaigne (Dans la combi de Thomas Pesquet /Nos mondes parfaits / Riche, pourquoi pas toi ?, …), j’ai été happée.
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Ce que on a aimé en particulier dans Space Montaigne
- Son auto-dérision (je suis allée voir sa photo sur le site de Dargaud et j’ai vu le fossé entre la réalité et la façon dont elle se représente)
- Son humour et les fous rires que j’ai eus plusieurs fois durant ma lecture
- Le fait qu’elle parle de santé mentale, des crises d’angoisse qui la saisissent qu’elle traduit par des images très parlantes (suer à grosses gouttes, visage déformé, estomac relié à un aspirateur pour traduire l’impression qu’on l’aspire de l’intérieur)
- Ses contradictions « Je suis flippée mais je suis toujours partante pour tester des trucs nouveaux au danger limité‘, avant de s’installer dans le simulateur Soyouz. Souffrant de phlébite suite à un long voyage en avion où elle ne s’est pas du tout hydratée, elle est la plus décontractée du monde quand elle est assise aux urgences (alors que pour moi c’est une des situations les plus stressantes que j’imagine).
- Ses références, quand par exemple, elle s’admoneste intérieurement en convoquant ses modèles « La Florence Aubenas de l’espace », « Tom Wolfe » « Elise Lucet », « Fabrice Arfi »
- C’est peut-être plus une appréciation de dessinatrice autodidacte et tardive mais Marion Montaigne est capable de tout dessiner : une fusée spatiale de 110 m de long, des gars serrés dans une camionnette aux portes ouvertes qui filment Thomas Pesquet en train de courir ou deux personnes dans une décapotable (au passage, elle suggère le mouvement, le fait que la voiture roule par seulement quelques traits en arrière plan et des cheveux légèrement en arrière mais sans se perdre dans des détails)
- On voyage avec cette bande dessinée puisque pour comprendre comment Thomas Pesquet se prépare avant une mission, elle l’a retrouvé à Cologne, Houston, Baïkanour, Moscou et à chaque fois, on savoure son sens de l’observation et du détail (d’ailleurs, regardez attentivement le dessin qui ouvre chaque passage, vous verrez comment elle suggère les voyages précédents)
- Son talent à vulgariser l’information scientifique comme dans ses bandes dessinées précédentes
- Les échanges avec Thomas Pesquet souvent savoureux (avec un gros décalage entre ce qu’il lui dit et ce qu’elle imagine)
- Space Montaigne raconte les coulisses de sa rencontre avec Thomas Pesquet et au-delà les coulisses de la création litttéraire.
Bref, j’ai refermé trop vite Space Montaigne en me maudissant de ne pas l’avoir lu plus lentement et en pensant vivement la prochaine !
Space Montaigne, Marion Montaigne, Dargaud, 2026.
JAMES ALBON ; LOVE LANGUAGES (GLENAT)
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.Sarah Huxley a quitté Londres pour Paris. Mais elle y mène une vie solitaire, faite de travail, loin des attentes romantiques que l’on peut prêter à la capitale. Quand elle rencontre Ping Loh, une jeune fille au pair d’origine chinoise, la vie des deux femmes bascule…
Des premiers balbutiements timides en passant par les incompréhensions, les deux femmes vont progressivement trouver un langage commun et essayer de surmonter les barrières linguistiques.
À travers les rendez-vous au musée ou au marché, entre les SMS et les applications de traduction, Ping et Sarah vont commencer lentement à apprendre la langue de l'autre, communiquant dans un mélange d'anglais, de français et de cantonais.
À mesure que leur amitié s'épanouit, leur dialecte privé s'enrichit également, un patchwork linguistique personnel, un secret partagé rien que pour elles. Mais lorsque leurs sentiments l'une pour l'autre s'intensifient, elles vont découvrir que les mots les plus simples à traduire peuvent être parfois les plus difficiles à prononcer…
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Ce que on a aimé en particulier dans Love Langage :
Un roman graphique lumineux tant sur le fond que sur la forme.
Après Recette de famille, James Albon revient avec un roman graphique lumineux, réalisé en couleur directe
L’artiste, interroge le sens des mots et le rapport à l’autre à travers une romance inattendue qui dépasse nos différences et fait tomber les barrières. On l'aime, ce style graphique plein de charme et riche en détails, comme un carnet de voyage.
Et aussi L’histoire qui prend son temps pour tisser le lien et faire naître l’attachement pour conter cette histoire sincère et attachante.
Un album puissant, réalisé en couleur directe, qui nous éblouit.
LOVE LANGUAGES, par James Albon, en librairie le 15 avril aux éditions Glénat
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