Rentrée littéraire 2026 :C’était ça ou mourir de Thélyson Orélien: L'Odyssée version 2026
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Comment incarner la réalité de ce qu’est un migrant quand dans le discours médiatique et politique, il n’est que des chiffres, un concept abstrait et rarement vu autrement que comme une menace ?
Avec C’était ça ou mourir (titre puissant qui en quelques mots dit l’absolue nécessité de ceux et celles qui sont en exode), on se glisse dans la peau de Jonas, professeur d’histoire géo à Port au Prince en Haïti en proie à une violence mortelle. Dans une langue juste et poétique, Thélyson Orélien livre un véritable hommage aux femmes et aux hommes qui sillonnent le monde "pour ne plus avoir peur".
C’est ce jour-là que j’ai décidé de partir, comme on arrache une dent, comme on se coupe un bras, comme on dit adieu à sa langue maternelle. J’ai décidé de fuir. Pas pour devenir riche, ni pour vivre mieux. Juste pour vivre. Point."
Jonas n’a rien : ni argent, ni passeport, ni papier. Il part avec un sac plastique carrefour qui renferme une photo de sa mère et ses carnets de poème. Et ce sac, il ne le lâchera pas de la République Dominicaine au Brésil, en traversant la terrible jungle du Darien, dans les camps d’accueil (qui n’ont d’accueillant que le nom), au Costa Rica et au Mexique.
A chaque étape, à chaque changement de frontière, on se demande comment il va s’en sortir et on retient son souffle.
"Plus les mois passaient, mieux je comprenais le piège : on te donne une petite aide, assez pour que tu ne meures pas, mais pas assez pour que tu vives. Tu deviens un zombie administratif. Ni mort, ni vivant. Et le pire, c'est que tu ne peux même pas t'indigner. Parce que les gens te regardent alors comme si tu exagérais. « Tu es chanceux d'être ici ! » Oui, je suis chanceux. Mais la chance n'empêche pas la fatigue. Et la gratitude ne doit pas interdire la dignité."
La mort rôde, l’espoir joue au yo-yo mais la langue de T. Orélien est lumineuse et imagée et toutes celles et ceux qui liront ce roman penseront forcément à tous les Jonas qui se battent pour exister en entendant ou en lisant le mot migrant.
Portée par l’écriture lumineuse, riche en images et pas dénuée d’humour de Thélyson Orélien, C’est ça ou mourir dit ce qu’est l’attente interminable, la mort qui rôde, l’espoir, l’absurdité technologique mais aussi les mains qui se sont tendues, l’écoute qui empêche de ne pas sombrer, la langue de l’exil qui unit.
C’était ça ou mourir Un livre bouleversant à lire absolument !
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