Baz'art  : Des films, des livres...
9 novembre 2012

Un chic type quand même, ce Patriiiiiiiiick!!!

patrick-bruel-conversation-avec-claude-askolovitch_1763Ah, Patrick Bruel, il est évidemment de bon ton de le décrier depuis son éclatant succès dans les années 80, lorsqu'il est devenu l'idole des jeunes filles en fleur. 

Son insolent succès, son coté un peu grande gueule, son incursion pas toujours très réussie au cinéma, tout était bon pour lui sauter dessus et dénigrer tout ce qu'il faisait.

Pour ma part, j'avoue, un peu envers et contre tout, toujours aimé le type et l'artiste, dont les tubes ont accompagné bon nombre de mes années d'adolescence et même d'entrée à la vie adulte.  Artiste complet, alternant musique et cinéma, j'ai toujours eu beaucoup d'affinités avec sa musique, avec notamment des textes peut-être parfois un peu naif, mais dans lequel je me retrouvais souvent.

Si, avec les années, il a pris en crédibilité de comédien ce qu'il a un peu perdu en légitimité musicale, et que ses dernières positions politiques m'ont un peu décontenancées, j'ai eu envie d'en savoir plus sur l'homme, qui a tellement fait la couverture des revues peoples, mais dont l'ambivalence et les contradictions m'ont toujours un peu fasciné.

C'est pour cela que j'avais très envie de me plonger dans le dernier ouvrage en date consacré à Bruel, qui n'est pas vraiment une autobiographie, mais une conversation avec le journaliste du Nouvel Observateur Claude Askolovitch.

J'ai lu l'ouvrage il y a plusieurs semaines, et j'en ai gardé un souvenir agréable, grâce notamment à la plume de l'auteur, Claude Askolovitch, qui se met  joliment en scène (en évoquant plusieurs fois le décès de sa femme dans des passages pudiques et fort émouvants), et qui nous explique les coulisses de ces longs entretiens avec l'idole des jeunes filles en fleur dans les années 90.

 On apprend notamment dans le livre que cette période là, Bruel ne l'a pas aussi bien vécu qu'on pourrait l'imaginer. Ainsi, il explique qu'à un moment où des sketchs « plus méchants que drôles » envahissaient les écrans, il avait « du mal à être caricaturé aussi grossièrement, à passer pour un débile ou un analphabète . J'ai pris un jour mon téléphone et j'ai appelé certains rédacteurs en chef ou des patrons de télé que je connaissais et je leur ai dit : "Vous êtes en train de me tuer. Vous en avez conscience ?" »

Dans ce livre, le journaliste l'interroge aussi sur sa carrière et lui demande s'il a des regrets : « Je fais tellement de choses que je n'ai pas le temps pour les regrets. Mais parfois, j'ai le sentiment d'avoir pas accompli tout ce que je pouvais faire. Un acteur doit tourner plus de films, jouer plus de pièces, un chanteur sort plus d'albums. Moi, le fait de faire les deux, même si c'est un rêve, me pénalise quelque part… Au cinéma, je n'ai pas fait le dixième de ce que je pouvais accomplir. Et il y a tellement de metteurs en scène avec qui j'aurais voulu ou je voudrais travailler... »

Le livre se lit vraiment avec grand plaisir, du moins si on a de l'affection pour l'artiste et l'homme qui  évoque tous les sujets de manière intime et sans tabou.

Le sujet politique est également abordé : Si Patrick Bruel a toujours été de gauche, il considère qu'actuellement..« être de gauche, c'est très compliqué. Ou juste triste. Ça ne veut pas dire grand chose. La gauche de ces dernières années m'a souvent un peu déçu et peu intéressé. Mais savait-elle elle-même ce qui l'intéressait ?», s'interroge-t-il ? Et de déplorer : « À part être anti-sarkozyste, quelle a été son cheval de bataille ?

L'atout de ce livre, par rapport à une biographie classique  est  vraiment la mise en abyme opéré par le journaliste du Nouvel Observateur qui est  bien mieux qu'un simple passeur de plat en poussant parfois Bruel dans ses retranchements, et surtout en nous expliquant que le ton de la conversation changera, en fonction de l'humeur de l'artiste, et notamment en fonction de l'avancée de l'album sur lequel travaillait Bruel au moment de l'écriture du livre.

Un album qui sort d'ailleurs à la fin du mois de novembre, et dont ces conversations est une parfaite entrée en matière avant d'écouter, et de savoir si Patriiiiiick a réussi ou non à aborder le cap (musical) de la cinquantaine avec réussite.

Et en bonus une de mes chansons préférés de Patrick, qui renvoie à une partie particulière de ma vie.
Commentaires
F
ah je sais que tu adores pas l'artiste, ni le chanteur ni l'acteur...d'ailleurs je pensais meme que tu n'allais pas commenter ce post...or, si et tu es la seule :o) merci à toi Potz et très bonne soirée!!!
Répondre
P
Tu sais que je ne porte pas spécialement le mec dans mon cœur. Ma sœur m'a tellement cassé les pieds avec lui quand elle était ado et moi encore une gosse, que je ne supporte plus de l'entendre chanter ! A longueur de journée on avait droit à ses disques mis à fond dans sa chambre, on ne s'entendait plus penser ;)<br /> <br /> L'acteur ne m'a pas toujours emballé non plus, à part récemment dans Le Prénom. Ce livre serait peut-être l'occasion de me "réconcilier" avec lui... ou de me fâcher définitivement ;)<br /> <br /> En tous cas, merci pour cette belle présentation filou.
Répondre
Qui sommes-nous ?

 

Webzine crée en 2010, composé d'une dizaine de rédacteurs qui partagent  la même envie : transmettre notre passion de la culture sous toutes ses formes : critiques cinéma, de littérature adulte et jeunesse, critiques de pièces de théâtre, concert , expositions, musique, interviews et portraits d'artistes, comptes rendus de spectacles,  tests de jeu de société., couverture de festivals de cinéma ou de musique...

Visiteurs
Depuis la création 8 359 270
LE FESTIVAL DU FILM DE LAMA DÉVOILE SA PROGRAMMATION !
 

 

Cette année encore, pour sa 32ème édition, le Festival du Film de Lama vous propose une programmation qui ravira petits comme grands, faisant une belle part aux œuvres présentées au Festival de Cannes avec des films venus du monde entier. Comme l'indique la devise du festival, rendez-vous aux "Chroniques d'un village monde" !
 
Le festival s'ouvrira sur le film de Sarah Arnols L'espèce explosive, présentée à la Quinzaine des Cinéastes cette année et mené par Alexis Manenti, Ella Rumpf et Vincent Dedienne.
 
Pour continuer sur cette lancée cannoise, le festival aura l'honneur de vous présenter La vie d'une femme de Charline Bourgeois-Tacquet mais aussi Notre Salut (Prix du Scénario - Festival de Cannes 2026) d'Emmanuel Marre, Minotaure (Grand Prix de Cannes 2026) de Andreï Zviaguintsev, La Bola Negra (Prix de la mise en scène - Festival de Cannes 2026) de Javier Calo et Javier Ambrossi ou encore Histoires de la nuit de Léa Mysius.
 

Festival du Film Italien de Villerupt

49e édition - Du 23 octobre au 8 novembre 2026

www.festival-villerupt.com

 

 

 

Hommage à Monica Vitti et rétrospective autour de la figure du père, la 49e édition du Festival de Villerupt dévoile ses premiers éléments de programmation et son affiche officielle.

 

En 2026, le Festival de Villerupt a souhaité, dans le cadre de sa rétrospective thématique, mettre en avant la figure paternelle. D’autorité structurante dans l’Italie d’après-guerre, cette dernière dérive progressivement vers une figure fragile, déplacée, voire problématique, révélatrice des mutations sociales, économiques et culturelles du pays. Une évolution qui sera illustrée travers une sélection d’une dizaine de films.

 

Le festival rendra aussi hommage à l’une des plus grandes icones du cinéma mondial : Monica Vitti, disparue en 2022. Reine de la comédie à l’italienne et égérie de Michelangelo Antonioni, elle est notamment célèbre pour ses rôles dans L’avventura ou Le désert rouge.

DE L'ÉCRIT À L'ÉCRAN MONTELIMAR FILM FESTIVAL 15 ème édition

DU VENDREDI 18 AU JEUDI 24 SEPTEMBRE 2026- Montélimar


Le festival De l'écrit à l'écran revient en septembre 2026 pour sa quinzième édition.
Véritable temps fort de l'action culturelle menée par l'association éponyme, le festival conjugue au présent cinéma et littérature, crée des ponts inter-culturels et interartistiques stimulants et enrichissants. Il s'articule autour de 3 axes fondamentaux: ce qui s’écrit, ce qui se dit et ce qui se pense, sur la toile comme au-delà, et les met en lumière. En 2025, le festival a accueilli plus de 147 invités, organisé 140 événements dont 89 séances de cinéma et réuni plus de 33 000 spectateurs.

De l'écrit à l'écran - Cinéma Festival - Montélimar - 2024 | De L'écrit à l'écran

Nous contacter

Une adresse mail : philippehugot9@gmail.com 

Newsletter
170 abonnés