Baz'art  : Des films, des livres...
8 mars 2013

Flight : un vol en première classe

 FLIGHT_SPAN-articleLarge-v2Je sais bien qu'une fois de plus, les blogueurs ciné qui s'aventureront sur mon site pousseront des cris d'horreur, mais je le dis quand même : je n'ai jamais considéré Robert Zemekis comme un cinéaste important, et encore moins depuis une dizaine d'années,  autrement dit depuis qu'il a tenté abandonné les acteurs de chair et d'os pour s'essayer à la motion capture avec des experiences un peu risibles ( aie Beowulf, bof, le Pole Express).

Je sais que plein de geeks cinéphiles pensent totalement le contraire ( par exemple ceux de l'émission Après la séance, dont j'ai vu récemment le numéro 2), mais moi personnellement, j'étais ravi que le réalisateur du méga célébré Forrest Gump revienne (visiblement contraint et forcé, ses projets de blockbuster étant tous tombés à l'eau) à un cinéma de l'intime et de l'humain avec cette histoire de pilote de ligne confronté aux démons de l'alcoolisme, suite à un crash qu'il n'a pu éviter , malgré ( ou à cause de, tel sera tout l'enjeu du film) son état.

Le film promettait donc de m'offrir une belle histoire sur la rédemption, comme seul le cinéma holywoodien sait nous le proposer...Et, à ce titre, je n'ai eu aucune mauvaise surprise :  la vision de ce Flight nous prouve que, malgré mes réticences récurrentes sur les grosses ficelles du cinéma holywoodien,  ce dernier n'a pas son pareil pour nous raconter des histoires d'héros brisés qui tentent de remonter la pente.

Flight est ainsi  très agréable à suivre car Robert Zemeckis affiche tout le  long du film  une belle maitrise, que ce soit au niveau de l'écriture, du montage, de la mise en scène et de la direction d'acteur.

Evidemment, le film culmine pratiquement dès son début  avec la séquence très impressionnante de réalisme du crash de l'avion qui survient au début du film est un petit bijou d'écriture, de montage et de mise en scène : le suspense et l'angoisse sont présents tout du long et Zemeckis joue avec nos nerfs en multipliant les signes annonciateurs et mensongers.

Le film a là son moment de bravoure, et le pote qui m'a accompagné, qui préfère de loin l'action aux longs bavardages (euh qui a dit le contraire exact de moi?), a un peu regretté que le film ne garde pas son point culminant et préfère aller sur des versants plus classiques du drame sur l'alcool, un drame traversé quand même de scènes très belles et plutot inattendues ( comme cette rencontre dans un couloir d'hopital avec un jeune cancereux, sorte d'ange de la mort avec des visions).

 Passé ce très spectaculaire crash, le reste du film tourne autour des tourments de ce pilote qui n'arrive pas à sortir de la spirale de l'alcool:  ses mensonges répétés, ses questionnements, son courage, ses faiblesses, sa repentance :  on accompagne réellement ce personnage dans son combat contre l'alcool.

Je pensais avant de le voir, que le film allait être plus lisse dans sa description de l'alcoolisme, or, on ne nous cache pas grand chose des combats et des penchants autodestructeurs de cet héros déchu. Ce personnage, assez ambivalent dans sa recherche de l'adrénaline à tout prix (celle de son métier, mais celle aussi offert par l'alcool et la coke) reste passionnant de bout en bout, même dans sa rédemption finale que d'aucuns ont jugés vraiment trop moralisatrice.

Malgré un discours sur la foi certes un peu trop pesant et quand même, reconnaissons le en toute bonne foi, un peu trop moralisateur (éceuil souvent hélas inhérent au cinéma americain) Flight questionne donc très habilement l'héroisme à l'américaine et cette société où chaque responsabilité humaine doit se traiter à coups de prétoires et de mémoire de défense.

Et enfin, dernier atout mais non des moindres, alors que j'ai tendance à souvent critiquer le manque général de charisme des acteurs américains (ma chère Potzina pourra en témoigner), Flight nous montre à quel point une star holywoodienne peut montrer son meilleur lorsqu'il a un entre les mains un véhicule (plutot un avion) en or: en effet, Denzel Washington offre ici une composition éblouissante, sa meilleure depuis des lustres, sans jamais cabotiner (on pense à pas mal d'autres acteurs qui se sont cassés les dents à jouer les poivrots) et il arrive à apporter de l'humanité à un personnage qui sur le papier en recelait peu.

Et son duo avec un John Goodman déchainé fait regretter que ce dernier n'ait pas plus de scènes à son actif.

Bref, une bonne histoire, une belle mise en scène et un acteur du tonnerre: le vol proposé par ce Flight n'a rien du low cost, au contraire!!

Commentaires
P
Je t'avoue que les critiques moyennes que j'ai pu lire m'ont fait renoncer à le voir en salles, d'autant que l'histoire me bottait moyen. Je le garde pour une future soirée DVD.<br /> <br /> Bonne soirée filou !
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U
J'ai beaucoup aimé ce film et la performance de Denzel Washington est vraiment troublante.
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F
Plutôt déçue par ce film pour ma part car j'ai trouvé que les ficelles étaient vraiment très grosses et tellement moralisateur... Cela n'enlève toutefois rien à la scène de crash géniale et à la performance de Denzel Washington !
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C
Tout à fait d'accord ! Tu exprimes de manière plus détaillée (et bien mieux) ce que j'en ai moi même dit dans mon article bilan sur mon blog peu après sa sortie :)
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A
Complétement d'accord avec toi de bout en bout, avec la même critique sur le côté foi omniprésente, c'est tellement Américain.
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Depuis vingt-six ans, le Festival Cinémas du Sud, organisé par Regard Sud, offre un panorama du cinéma contemporain du Maghreb et du Moyen-Orient, à travers des œuvres rares

(Fictions, documentaires) avec la présence exceptionnelle de leurs cinéastes.

 Cette 26e édition qui se tiendra du 15 au 18 avril 2026, permettra de découvrir aussi des œuvres du patrimoine arabe, comme le film Gare Centrale de Youssef Chahine, et Said Effendi du cinéaste irakien Kameran Hosni (né en Irak et décédé en 2004 à Los Angeles) et le film du cinéaste marocain Ahmed El Maanouni, Alyam, Alyam.

Cet évènement sera aussi l’occasion de découvrir des œuvres inédites, des premiers long-métrages et d’assister à une avant-première. Elle accueillera des invités témoignant de l’importance du Festival Cinémas du Sud à l’Institut Lumière.

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Les Mauvais Gones 2026 : Lyon au cœur du cinéma criminel du 20 au 24 avril

Du 20 au 24 avril 2026, Lyon accueillera la 8e édition du festival Les Mauvais Gones, un rendez-vous désormais installé dans le paysage culturel lyonnais, dédié au cinéma policier et de gangsters.

Pendant cinq jours, le cinéma UGC Ciné Cité Confluence se transforme en véritable immersion dans l’univers du crime à l’écran, avec une programmation de films cultes, des soirées thématiques et des échanges avec des invités du monde du cinéma.

 https://www.lesmauvaisgones.fr/

 

 

Festival Caravane des Cinémas d’Afrique

La 18e édition du Festival Caravane des Cinémas d’Afrique aura lieu du 21 au 26 avril 2026 au Ciné Mourguet et dans 30 salles partenaires à travers la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Créé en 1991, le Festival Caravane des Cinémas d’Afrique avait initialement lieu chaque année avant d’adopter un rythme biennal dès 1992. En 2026, il retrouvera son format annuel, marquant ainsi une nouvelle étape dans son histoire. Ce retour à une périodicité annuelle permettra au festival d’accompagner plus étroitement la vitalité et la diversité du cinéma africain contemporain, en écho à la richesse de sa production et à l’enthousiasme croissant de son public.

Le Festival en quelques chiffres : une trentaine de films présentés, 30 salles partenaires en Région Auvergne-Rhône-Alpes, une vingtaine de nationalités et invités, environ 80 séances, 6 films en compétition pour le Prix du Public, 10 courts métrages pour le Prix du Jury Jeune. 

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