Baz'art  : Des films, des livres...
18 novembre 2013

Un Chateau en Italie : un film qu'on a beaucoup aimé...et detesté en même temps!!

Un-Chateau-en-Italie

Je vous rassure pour ceux qui auront quelques doutes en lisant le titre de mon article : non, je n'ai pas viré (encore?) totalement schizophrène, et jusqu'à présent, il ne m'est pas arrivé d'adorer un film que je detesterais en même temps.

Il se trouve que j'ai vu  la semaine passée "Un Chateau en Italie", le nouveau film de Valéria Bruni Tedeschi, sélectionné en sélection officielle au Festival de Cannes, et que malheureusement, le film que je pensais être fait pour me plaire, m'a, au bout du compte, profondément agacé et ennuyé...

Mais ennuyé, je l'étais d'autant plus que j'aurais aimé défendre ce film (distibué par Ad Vitam une société que j'aime beaucoup)surtout que je savais que mon collègue de blog, Michel, alias le chroniqueur masqué, avait vu le film deux jours avant moi et l'avait, de son coté, beaucoup apprécié.

Du coup, je lui ai demandé de contrebalancer ma chronique pleine de fiel en donnant sa vision plus positive du film, un peu (beaucoup?) à la manière de la fameuse rubrique "Pour et Contre" de Télérama, rubrique que j'ai toujours adoré depuis que je suis tout petit (même si elle n'est plus vraiment aussi explosive et marquante qu'elle ne l'était il y a 20 ans, tout fout le camp, mon pov' monsieur).

Et en plus comme Michel, contrairement à moi, sait faire court dans ses chroniques ciné, ca m'a obligé à faire de même et tailler dans le gras... Comme ca, vous aussi, vous êtes gagnant...sympa, non? :o)

Et puis, deux chroniques divergentes, ca ne peut que vous donner envie d'y aller dans les salles (enfin celles qui le joue encore), afin de vous faire votre propre opinion, n'est ce pas?

 1. Pourquoi Michel aime bien ce Chateau en Italie....

Une fois n’est pas coutume, le zélé chroniqueur masqué va prendre la défense d’une pauvre femme riche.

Issue de la très,très grande bourgeoisie turinoise, Valérie Bruni-Tedeschi a grandi dans une famille progressiste, ce qui lui a permis d’aiguiser son sens critique, et une solide éducation catholique a fossilisé chez elle la culpabilité de la richesse : bref, elle est blindée, mais elle veut qu’on lui pardonne.

Pour cela elle a décidé de faire l’actrice dans des films à sensibilité de gauche avec Romain Goupil, Patrice Chéreau ou Nanni Moretti et de tourner des autofictions qui dégomment son milieu : « il est plus facile pour un chameau », « Actrices », et bien sur « un château en Italie » son film le plus masochiste.

valeria-bruni-tedeschi-dans-un-chateau-en-italie-116367_w1000

Dans ce film sur la fin d’un monde, la fin d’un règne, à aucun moment, il n’y a de l’auto complaisance. L’héroïne et son frère, derniers héritiers de la famille sont montrés dans leur réalité la plus crue : ce sont des enfants gâtés immatures et têtes à claques. Bons acteurs, chouettes seconds rôles :vive Marie Rivière, vive André Wilms, bon scénario, belle photo, et plein de scènes  réussies à se souvenir, dont celles, irréstistibles, où l'on surprend les gens de maison qui jugent et "daubent" sur la famille.

On accorde donc notre pardon à Valérie Bruni-Tedeschi et espérons que sa culpabilité Judéo-chrétienne l’inspire pour d’autres bons films de ce genre.

2....et moi beaucoup moins :

"Enfant gâtes immatures et tête à claques, tu ne crois pas si bien dire, mon cher Michel,: on explose de rire lorsqu' un notaire (joué fort mal par un acteur qu'on ne devrait plus jamais voir sur grand écran) qui menace la famille d'un possible contrôle fiscal pour causes de malversations financières, on décide à la dernière minute de ne plus vendre un Brughel lors d'une vente aux enchères, on joue avec sa bouffe d'hôpital, on va donner de la soupe une fois par semaine à la soupe populaire juste pour se donner bonne conscience, on se plaint de ses petits bobos aux yeux alors qu'on vient d'apprendre que son interlocuteur a le SIDA, on jette des billets de 50 euros d'un air dédaigneux à un ami de la famille désoeuvré (et quand même vaguement parasite),  bref tous les personnages de ce chateau en Italie ne sont pas vraiment des modèles de simplicité et d'humilité.

 un-chateau-en-italie

Mais cela ne m'autait pas autant géné si Valéria Bruni Tedeschi ne donnait pas l'impression de ne faire son film que pour elle ou du moins,  pour un certain microcosme parisien qui l'adore.  Le film donne en effet le sentiment de ne jamais vouloir nous inviter à entrer dans ce cerle fermé, où l'on multiplie les privates jokes (Louis Garrel y régle notamment ses comptes avec Xavier Dolan) et les préoccupations narcissiques de tout poil.

Dans cet ennuyeux "chateau en Italie", on parle certes de sujets très graves (deuil, maladie, désoeuvrement et grande précarité., FIV, fausse couche..) mais on le fait avec une telle propension au nombrilisme et au verbiage, que le film, qui se voudrait intelligent, libre, audacieux ne m'a finalement semblé que totalement vain, vaguement agaçant, et se contente (sauf en quelques rares scènes, comme celles avec Xavier Beauvois qui apporte un contrepoids bienvenu) d'aligner des scènes vaguement décalées et le plus souvent anecdoctiques.

Un film qui nous donne la facheuse impression de jouer tout seul, et de ne pas vouloir nous inviter à entrer dans le cercle... Facheux, n'est ce pas?

 UN CHATEAU EN ITALIE - Bande-annonce VF

Et vous, vous avez vu le film? Et alors, vous êtes plus du côté Michel ou du mien?

Commentaires
C
Comme tu l'as lu chez moi, j'ai passé un bon moment mais ni adoré ni détesté, je suis d'accord ces enfants gâtés sont insupportables et d'un autre côté j'aime le sens de l'autodérision de VBT, genre les scènes avec les bonnes soeurs ça me fait vraiment rire... elle dénonce quand même pas sur son milieu, ce n'est pas que du nombrilisme...
Répondre
P
Je n'avais pas envie de le voir, je n'irai donc pas le voir (désolée Michel ! ). Sympa cette idée de double chronique :)<br /> <br /> Et bravo pour la Une sur Hellocoton !
Répondre
A
J'ai vu une itw de la réal, et son film a l'air d'être à son image, c'est prétentieux, verioeux ... Je suis déjà en retard sur les films que je veux voir, je passe donc mon tour !
Répondre
L
Bon, et bien je vais être obligée d'aller le voir pour me faire ma propre idée ...
Répondre
M
Je n'ai pas été le voir justement pour les raisons que tu cites! Comme quoi j'ai bien fait de passer mon tour ;)
Répondre
Qui sommes-nous ?

 

Webzine crée en 2010, composé d'une dizaine de rédacteurs qui partagent  la même envie : transmettre notre passion de la culture sous toutes ses formes : critiques cinéma, de littérature adulte et jeunesse, critiques de pièces de théâtre, concert , expositions, musique, interviews et portraits d'artistes, comptes rendus de spectacles,  tests de jeu de société., couverture de festivals de cinéma ou de musique...

Visiteurs
Depuis la création 8 253 581

 

Depuis vingt-six ans, le Festival Cinémas du Sud, organisé par Regard Sud, offre un panorama du cinéma contemporain du Maghreb et du Moyen-Orient, à travers des œuvres rares

(Fictions, documentaires) avec la présence exceptionnelle de leurs cinéastes.

 Cette 26e édition qui se tiendra du 15 au 18 avril 2026, permettra de découvrir aussi des œuvres du patrimoine arabe, comme le film Gare Centrale de Youssef Chahine, et Said Effendi du cinéaste irakien Kameran Hosni (né en Irak et décédé en 2004 à Los Angeles) et le film du cinéaste marocain Ahmed El Maanouni, Alyam, Alyam.

Cet évènement sera aussi l’occasion de découvrir des œuvres inédites, des premiers long-métrages et d’assister à une avant-première. Elle accueillera des invités témoignant de l’importance du Festival Cinémas du Sud à l’Institut Lumière.

https://www.institut-lumiere.org/25e-festival-cinemas-du-sud

 

mauvais gones
 

Les Mauvais Gones 2026 : Lyon au cœur du cinéma criminel du 20 au 24 avril

Du 20 au 24 avril 2026, Lyon accueillera la 8e édition du festival Les Mauvais Gones, un rendez-vous désormais installé dans le paysage culturel lyonnais, dédié au cinéma policier et de gangsters.

Pendant cinq jours, le cinéma UGC Ciné Cité Confluence se transforme en véritable immersion dans l’univers du crime à l’écran, avec une programmation de films cultes, des soirées thématiques et des échanges avec des invités du monde du cinéma.

 https://www.lesmauvaisgones.fr/

 

 

Festival Caravane des Cinémas d’Afrique

La 18e édition du Festival Caravane des Cinémas d’Afrique aura lieu du 21 au 26 avril 2026 au Ciné Mourguet et dans 30 salles partenaires à travers la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Créé en 1991, le Festival Caravane des Cinémas d’Afrique avait initialement lieu chaque année avant d’adopter un rythme biennal dès 1992. En 2026, il retrouvera son format annuel, marquant ainsi une nouvelle étape dans son histoire. Ce retour à une périodicité annuelle permettra au festival d’accompagner plus étroitement la vitalité et la diversité du cinéma africain contemporain, en écho à la richesse de sa production et à l’enthousiasme croissant de son public.

Le Festival en quelques chiffres : une trentaine de films présentés, 30 salles partenaires en Région Auvergne-Rhône-Alpes, une vingtaine de nationalités et invités, environ 80 séances, 6 films en compétition pour le Prix du Public, 10 courts métrages pour le Prix du Jury Jeune. 

Nous contacter

Une adresse mail : philippehugot9@gmail.com 

Newsletter
169 abonnés