mazarine-pingeotMon titre vous interpelle? Ben, quoi, elle ne vous intrigue pas Mazarine Pingeot? Je ne parle pas forcément du mystère de ses origines, dévoilé il y a près de 20 ans, puisque tout le monde sait qu'elle est la fille illégitime d'un fameux François M..

Non, dans ce billet, je veux tenter de comprendre, pourquoi, depuis maintenant 5 ans, Mademoiselle Pingeot sort régulièrement des livres, dans l'anonymat le plus complet, alors même que ses premiers romans provoquaient une effervessence médiatique assez incroyable.

En effet, je suis tombé par hasard sur son tout dernier ouvrage, Pourmémoire Mémoire, qui fait partie des 654 romans publiés depuis août, et qui est vraiment sorti dans la plus stricte confidentialité. En parcourant la liste des autres romans du même auteur paru chez Julliard, je me suis aperçu qu'elle avait publié, lors de la rentrée dernière, un autre roman, Mara, dont je n'avais absolument pas entendu parler, alors même que je suis quand même assez sérieusement chaque année la rentrée littéraire.

Du coup, j'ai voulu savoir pourquoi cette ferveur médiatique autour de la fille de l'ex président était totalement retombée, et j'ai donc acheté Ce Pour Mémoire, pour tenter de percer ce mystère Mazarine,mais pas que pour cela, car j'avais en magasin d'autres - toutes aussi- mauvaises raisons.

En effet, avec ce roman trés court (85 pages à 14 euros, ca fait  quand même cher la page!), je me suis dit que ca ferait un livre de la rentrée vite fini et vite chroniqué !!! Je sais, je sais, c'est pas terrible comme argument, mais j'ai notamment Freedom qui m'attend dans ma P.A.L, et faut bien que je trouve le temps de m'ingurgiter les 818 pages d'une écriture bien plus difficile à lire, j'imagine que ce roman de Mazarine.

Car, taisons vite ce faux suspens : à la lecture de ce Pour Mémoire, j'ai compris pourquoi Miss Pingeot n'est plus défendue que par ses illustres amis des médias ( de Giesbert à Beigbeder qui font des critiques élogieuses sur le 4ème de couverture). Je n'avais pas forcément beaucoup aimé ni son premier roman ( qui s'intitule premier roman, pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple) ni Bouche cousue, où elle raconte plus ou moins sa propre enfance de fille des hautes sphères dont l'existence est entièrement cachée, mais tout n'était pas forcément à jeter.

Ici, en revanche, difficile d'éprouver la moindre indulgence pour la romancière: son -très bref- récit sur un adolescent trés mal dans sa peau parce qu'il a vu à 7 ans le film Nuit et brouillard qui l'a complètement traumatisé et qui va le faire entrer dans une profonde dépression, n'a aucune consistance et surtout, semble complétement plombé par le style scolaire, appliqué et souvent pompeux de Mazarine ( prenons une phrase au hasard: " tu apprendras à tes dépens que le volontarisme bute contre un autre principe, que la conscience n'est qu'une illusion de maitrise, et qu'heureusement pour toi,un instant plus sauvage, plus originaire, finira par prendre le dessus".). Pour le moins confus, non?

Evidemment, le thème central, à savoir la Shoah et le devoir de mémoire, est absolument inattaquable, et de trés nombreux artistes, de Lanzman à Jonathan Littel en ont tiré des chefs d'oeuvre, mais ici, évidemment, Mazarine Pingeot n'arrive pas à la cheville de ces modèles, et il est fort possible que, dès l'année prochaine, je ne me souvienne même plus d'avoir lu ce livre.  Pas sûr que son prochain ouvrage permette de faire repasser Mazarine de l'ombre à la lumière, mais on va lui laisser le bénéfice du doute .

ce livre chroniqué dans le cadre du challenge 1% rentrée littéraire