loin du centreLes premières pages de «Loin du centre»,  le premier roman du journaliste Jacques Braunstein ( ancien journaliste à Tecnikart, désormais à QG) sont assez trompeuses: la narrateur, un certain Ben, lycéen de terminale dans une boîte à bacs se réveille un matin, complètement amnésique de sa nuit passée  avec Sacha, une fille de sa classe à la famille mystérieuse. Une fois qu'il a recouvré ses esprits, il retrouve la jeune fille morte, apparemment assassinée.

Bref, avec ce début, on s'attend à avoir un roman à suspens, truffé d' une enquête palpitante sur les traces de cette mystérieuse nuit et de cette fin tragique, or, et c'est la grosse déception du livre, le roman va trés vite nous amener complétement ailleurs et sur une piste moins interessante pour le commun des mortels.

L'histoire policiète n'interesse absolument personne, et si l'’auteur y revient bien parfois, cette désinbvolture sur un évenement quand même assez stupéfiant plombe pas mal l'intrigue.

Car cette histoire est en fait un pretexte à un long monologue sur la vie nocturne parisienne dans les années quatre-vingts le Bus Palladium , le Palace et les Bains Douches, boites de nuit dont j'ai évidemment entendu parler, mais que j'ai bien moinsfréquentées que l'auteur), la jeunesse dorée des boîtes à bac, et la musique alors à la mode, sur fond d'attentats terroristes. On se croirait beaucoup plus dans un témoignage, vraisensablement autobiographique, sur cette époque là avec quelques élements de fiction pour enrober le tout. Seuls ceux qui ont vécu la même époque que l'auteur trouveront matière à se passionner à cette chronique très, voire détaillée sur cette période.

En effet, le livre ne cesse d'aligner les poncifs sur cette époque, et multiplie le "name dropping" (Philippine Leroy Beaulieu, Vincent Lindon, Michel Blanc), sans que cela n'aille bien loin.

Bref, cette plongée dans l'univers des nuits parisiennes n'est guère passionnante, même si elle se lit quand même  jusqu'au bout (le livre ne fait que 150 pages), mais ce Loin du centre fait bien partie de ces livres qu'on oublie aussitot après les avoir lus.