Machine-Gun-Preacher-2011-Dutch-Front-Cover-64855Une semaine après avoir vu Effraction dans le cadre de l'opération un dvd contre une chronique avec cinétrafic, j'appréhendais un petit peu le second film que j'ai choisi par le même biais, tant j'avais été échaudé par ce beau nanar avec Nicolas Moumoute Cage.

De plus, il faut dire que ce Machine Gun preacher, le film en question, qui sort en DVD et en Blu Ray le 2 janvier 2013, sous la bannière de Metropolitan Filmexport, ne me paraissait pas présenter beaucoup de garanties quant à son niveau d'ensemble.

Bon, c'est vrai que je m'arrête parfois à des détails et à des raccourcis, mais quand même si on prend seulement le titre :" Machine Gun Preacher", on s'attend forcément à une série Z dans lequel peut débouler à tout moment un Chuck Norris ou un  Dolph Lundgren (pour faire court, en fait, n'importe quel acteur des Expendables), non?Et l'affiche du DVD (voir photo à gauche) ne fait d'ailleurs que corroborer ce sentiment d'avoir affaire à un bon gros navet musclé des familles .

Et la présence dans le role principal  d'un Gérard Butler , connu en France pour n'avoir joué que dans des groses daubes ( Leonidas dans 300 de Zack Snyder,  RockNRolla de Guy Ritchie... L'Abominable vérité, Le chasseur de primes) , Ultimate Game), c'est pas non plus  bon signe,  je trouve... Et le pitch sur l'histoire d'un ancien taulard drogué qui part en Afrique pour se refaire une virginité et qui prend le maquis et les armes, ça ne me disait rien qui vaille non plus...Et puis, pour couronner le tout, le film tourné en 2010 et sorti presque dans la foulée aux Etats Unis a trainé longtemps dans les tiroirs des distributeurs français avant de finalement sortir directement en vidéo, et là encore, cela n'est pas forcément très prometteur..

Mais finalement, grâce à l'insistance du maitre d'oeuvre de l'opération ( il se reconnaitra), et puis grace aussi au nom du réalisateur, je me suis laissé finalement convaincre, et j'ai eu bien fait d'aller au delà de mes réticences.

Oui, le réalisateur, c'est quand même pas n'importe qui, puisqu'il s'agit de Marc Forster, à qui l'on doit entre autres le dernier James Bond Quantum of Solace, Les Cerfs-volants de Kaboul ou encore Neverland.  Or depuis la dernière aventure de Bond en 2008, moyennement reçue par la critique,  on était un peu sans nouvelles de ce réalisateur, qui nous avoue d'ailleurs dans un des bonus du film avoir mis un peu de temps à reprendre ses esprits après l'experience 007; qui l'a quelque peu laissé exsangue.

Et c'est en tombant sur la vie d'un homme à la destinée assez incroyable,  un dénommé Sam Childers, que Foster a eu de envie nouveau  de revenir aux affaires courantes. Il faut dire que l'histoire de ce type est très cinématographique :  voilà un ancien motard de la bande des Hell's Angels, passé par la case meutres, prison et dope, et qui tombe sous le joug du seigneur et qui va ainsi pour le Soudan, abandonnant sa vie de brigand pour aider les enfants en difficulté  (des enfants-soldats d’Afrique de l’Est) et fonder "The Angels of East Africa", une institution qui s'occupe de plus de trois cents enfants. 

Sam Childers écrira une autobiographie Another Man's War qui raconte son parcours en Afrique, et dont Marc Foster s'est largement inspirée pour tourner ce film qui est donc bien plus une fresque sur la rédemption qu'une série Z de castagne (en fait le titre fait simplement référence au surnom donné à Childers et qui met en exergue son gout pour les armes et son coté prédicateur). 

L'aventure de Sam Childers est de celle qui a toujours sut faire rêver les américains ( un peu moins chez nous), tant elle est une  belle  illustration de la rédemption apportée par la foi et l'ouverture vers son prochain. Et le film de Forster, quoique assez prévisible et balisé se suit avec un réel plaisir et sans ennui aucun. Il faut dire que suivre 10 ans de la vie de ce type, et de son changement de personnalité si radical en deux heures de film, c'est du pain bénit pour le scénariste, même si forcément quelques élipses et raccourcis dans l'écriture peuvent un peu géner. Sa transformation peut sembler trop soudaine, le type odieux et méprisable se métamorphosant un peu trop rapidement en gourou humaniste et altruiste.

Mais le film est quand même bien foutu- les scènes de guerre notamment sont impressionnantes, et surtout le film est totalement porté par la performance  nickel chrome de Gérard Butler, qui, comme je l'esperais, trouve enfin un rôle à sa mesure. Proche visiblement des aspirations de ce Sam Childers, Butler arrive à dévoiler toutes les facettes de son personnage, et on ne sait jamais si on affaire à un sombre idiot à la musculature impressionnante et aux neurones un peu absentes (comme l'étaient les personnages de ses précédents films) ou bien alors un type extremement intelligent et stratégique, juste quelque peu dépassé par l'ampleur son projet .

Bref, ce machine gun preacher, qui comporte même quelques scènes émouvantes, est une oeuvre fort honorable qui vaut largement la comparaison avec une bonne partie des films américains qui passent eux le cap de la sortie en salles ( non non, je ne reviendrais pas sur cet Effraction de sinistre mémoire). Vous pouvez sans problème tenter le coup de le voir en location, je ne pense pas que vous le regretterez, que vous soyez fan de Gérard Butler...ou non!!!

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