ollivier pourriol Encore une fois, j'ai- plus ou moins délibérement- choisi de lire à la suite, dans la pile d'ouvrages que je reçois chaque jour ( faudrait aussi que je sois raisonnable  que j'arrête d'en demander, mais j'y arrive pas) deux livres qui ont pas mal de points communs, et en tout cas, une  seule et même thématique et même angle d'approche.

Dans ces deux essais, l'auteur du livre a été témoin privilégié, et même acteur,  d'une émission de télévision très populaire,  et dans les deux cas, la lune de miel s'est terminé en noeud de boudin, et la personne en question a fini avec pas mal de rancoeurs qu'elle a accouché dans un livre.

Ces deux livres, forcément un peu polémiques, du moins sur le papier, ont forcément fait parler d'eux comme à chaque fois qu'on déboulonne une institution, et comme le sujet est de ceux qui me passionnent, je les ai lus  dans la foulée et vous en livre  mes impressions  sans plus tarder:

1.On/off: Ollivier Pourriol vs le Grand Journalon-off-ollivier-pourriol-9782841116621

 

Même si  je ne suis pas un grand fan de cette émission, trop "machine à broyer la culture" pour moi,  j'ai du regarder le Grand Journal trois ou quatre fois l'année passée ( et surtout pendant le Festival de Cannes d'ailleurs, on ne se refait pas). Et hélas, je ne me souvenais pas du tout y avoir vu Ollivier Pourriol, le chroniqueur littéraire.

La première fois que j'ai vu son visage, c'était il y a plusieurs mois, lors de la vision d'une séance de mon émission fétiche le Cercle, car il fait partie depuis plusieurs mois des chroniqueurs cinéma (car comme Eric Neuhoff , il critique livres et film, bizarre, non?...en même temps je fais bien pareil, moi aussi, non? :o) et dans laquelle ses interventions, philosophiques et même métaphysiques volent encore plus haut que celles de ses confrères et sont en tout cas assez toujours pertinentes et épatantes... 

En lisant On/Off, l'ouvrage qu'il vient de publier chez Nil éditions, je comprends mieux pourquoi son visage n'avait pas imprimé ma rétine lors de son passage dans l'émission de Denisot. Ollivier Pourriol y était là sans être vraiment là, et  ne brillait pas par ses interventions en plateau.

En fait, Olivier Pourriol, romancier, philosophe, bardé de diplômes, est arrivé un peu par hasard dans ce talk-show, suite à un passage remarqué lors de la promo d'un de ces précédents bouquins. Recruté comme caution intellectuelle  de ce programme très formaté, il passera une saison presqu'en enfer, à essayer de caser- vainement- ses chroniques littéraires au milieu du verbiage promotionnel.
Trop naïf, pas assez caméléon, insuffisamment pugnace, il ne trouvera jamais sa place dans ce milieu de requins.

  Car ce philosophe, recruté pour "donner de la hauteur à l'émission" par le rédacteur en chef, afin d'incarner l'intellectuel de la bande aux côtés d'Ariane Massenet ("la blonde") et Jean-Michel Aphatie ("le chauve"), a profité de cette année cathodique pour prendre des notes et en tirer ce On Off particulièrement jouissif et très originalement construit. 

En effet, ce livre est composé uniquement de dialogues. Du coup il se lit très vite, mais on met parfois un peu de temps à comprendre qui parle et qui sont ses interlocuteurs que l'on devine  comme soit les producteurs de l'émission, les rédacteurs en chef, les animateurs ou ses amis,   tous ces gens qui  le mettent notamment en garde contre le "superprédateur", Michel Denisot à qui tous les chroniqueurs font une cour effrénée pour bine figurer auprès de lui.
 
Le livre est également pas mal truffé d'extraits de différentes émissions, procédé  certes un peu plus facile, mais indispensable pour mieux comprendre les conversations de débriefing des prestations de Pourriol. Celles après les émissions où étaient invités Johnny Halyday, puis Franck Dubosc( avec le malentendu sur sa "connerie") sont assez édifiantes, et poruvent à quel point Olllivier Pourriol n'était pas oluble avec l'ADNde l'émission.
 
Plus qu'un livre de scoops  (je me doutais avant de lire l'ouvrage de savoir comment l'émission fonctionnait en réalité) ce livre trace  plutôt l'auto portrait d'un Candide à la télévision ainsi qu'une analyse sur le pouvoir lénifiant du petit écran, pouvoir aux mains de personnes déconnectées de la réalité, naviguant au gré des sondages d'opinion et des attachés de presse, des taux d'audience et de l'idée que le téléspectateur doit être nourri comme un poulet de batterie bas de gamme, comme dans la fameuse "pensée" de Patrick Le Lay sur le temps de cerveau disponible à la TV et le coca  cola.
 
On lui conseilla de ne pas lire les romans qu'il présente, ou seulement la première, la dernière et la centième page ( si je faisais cela, j'en gagnerais du temps, moi :o), et si cela est assez effarant sur la place de la culture à la télévision, cela n'a malheureusement rien d'étonnant, le temps d'Apostrophes étant hélas révolu.
 
Bref, un ouvrage passionnant, loin du réglement de compte acerbe qu'on pouvait attendre, mais  quand même un peu déprimant sur  la place de la culture dansnotre société médiatique actuelle.

 2. Dans la secte Nouvekristov-leroy-350lle Star: Kristov Leroy fait " caca"  sur le télécrochet de M6

J'ose à peine vous l'avouer : si je connaissais mal le nom et le visage de l'intellectuel Ollivier Pourriol avant de lire son livre, ceux de Kristov Leroy m'était beaucoup moins inconnu.  Surtout son visage d'ailleurs, car comme tous les candidats à une émission de téléréalité, on ne connaissait pas son patronyme en entier, et sa seule particularité résidait dans l'ortographe de son prénom, nettement moins courant que  le classique Christophe.

Car Kristov Leroy a bien été  candidat à une émission de télévision, mais pas n'importe laquelle, car il s'agit de mon émission chouchou ( enfin après le Cercle quand même), la fameuse LA NOUVELLE STAR,  du moins dans le temps de sa gloire, puisqu'il a participé à l'édition 2008, celle juste après le sacre de Julien Doré, et à cette époque, je ne ratais pas une miette de cette émission, et je revoyais meme en replay toutes les prestations du live ( bon j'avais pas encore de blog à ce moment là, elle est valable, cette excuse bidon?)

Et vous alors, ca ne vous dit rien, ce nom de Kristov Leroy? Et si je vous dis "j'ai envie de faire caca», ca vous dit toujours rien? Non rassurez vous, je n'ai pas complétement perdu la boule, je vous ressors simplement la phrase qui a fait connaitre Kristov Leroy aux yeux du grand public et qui lui a donné son quart d'heure warholien, même si ce n'était pas forcément de la meilleure des façons.

Mais avant son morceau de bravoure(?), je dois dire que ce Kristov était un de mes chouchous de cette édition 2008, avec Ycare ( vous vous en souvez plus de celui là, bah normal, il a mieux réussi, musicalement parlant) et Cédric, le beau marin  rockeur idole de ses dames. Chez Kristov Leroy, j'aimais bien son coté un peu décalé, sa sensibilité folk rock,  sa maturité revendiquée loin du coté bébé des autres candidats ( il avait déjà 30 ans, le mien à l'époque et allait devenir papa)  et les chansons qu'il interpretait, même si, en lisant son bouquin, je me suis aperçu qu'elles ne provenaient pas du tout de son propre chef, et que dans la réalité, il est beaucoup moins chanson française que je ne le pensais. Il ne l'est d'ailleurs pas du tout, et dans ce livre, il vomit sur toute la chanson francaise dans son ensemble, même Cabrel et Souchon, et j'avoue que cela m'a un peu refroidi, vu kristov-leroy-dans-la-secte-nouvelle-star-22646_w618cx318cy355mes préférences à moi... :o)

D'ailleurs, si Kristov voulait revaloriser son image avec ce livre, il n'y arrive pas vraiment, tant il donne quand même l'image d'un type un peu prétentieux ( plus que celle qu'il avait dans l'émission finalement), et qui se croit et se veut au dessus de tout le monde, tant il est persuadé d'avoir le monopole du bon gout et les producteurs de la Nouvelle star sont tout le contraire.

Car, contrairement à Olivier Pourriol, Leroy ne semble  pas posséder la capacité de recul nécessaire pour se remettre en question, c'est un peu moi contre le monde entier, et si on croit fortement à ce qu'il raconte, un peu plus de remise  en question aurait été salutaire.

Cela étant dit,  ce qu'il dévoile de l'émission reste vraiment passionnante et voir de l'intérieur les coulisses et les mécanismes de ce show est forcément jouissif pour le fan que j'ai été.

Leroy raconte les castings, les contacts avec la production et les jurés, et bien sûr les primes. L'auteur démonte le programme en n'hésitant pas à mettre en doute la sincérité des jurés. Il y raconte  son casting préparé (il est contacté via son site MY SPACE),  la semaine de préparation qui précède le premier direct pendant laquelle, il lui faut inventer une identité,  la naissance de son enfant qui est volée par la production,  la manipulation psychologique des candidats,  et également  le sabotage de sa prestation avec cette fameuse phrase, qui pour lui est préméditée et résulte d'un geste contestataire, le seul qu'il a vraiment eu au cours de ce parcours.

 Ce livre nous révéle certaines pratiques de la production  laissant à penser que l'émission est beaucoup plus scénarisée qu'il n'y paraît. Pour Kristov Leroy, La Nouvelle Star est une véritable secte au sein de laquelle l'artiste ne s'appartient plus. Il est le jouet des producteurs qui décident de tout.

 Là encore, pas vraiment de scoop: je me doutais bien que l'émission était scénarisée, que les producteurs avaient un poids incotnestable sur le déroulement de l'émission, et Leroy ne nous révèle pas non plus de scandale énorme. Il ne nous affirme  par exemple jamais que les votes sont bidonnés, mais simplement que le public  est un peu manipulé  par les choix de chansons proposés aux candidats, ce qui était flagrant à l'écran et qui l'est pour toutes ces émissions ( notamment dans la dernière émission de The Voice)  

Le propos de Kristov Leroy est de surtout de nous prouver que cette émission est beaucoup plus une telé réalité que ce qu'on pensait, et,  pour ma part, je voyais déjà ce coté téléréalité, qui  m'agaçait un peu dans l'émission, mais n'entravait pas pour moi le plaisir des passages musicaux.

Ce qui est certain c'est que grâce à cet ouvrage, Kristov Leroy, aujourd'hui professeur d'anglais et qui mène en parallèle une carrière d'auteur-compositeur-interprète dans le registre pop-folk, refait parler de lui ( on le voit  même sur certains plateaux télévisés), et même si c'est en donnant un peu l'impression de cracher dans la soupe, c'est toujours mieux, j'imagine,  que de retomber dans l'anonymat.

Bref, deux livres interessants, parfois un peu discutables dans leurs propos, avec un ( celui de Pourriol) plus ambitieux dans sa forme, et finalement, je trouve, plus modeste dans son fond.