Kevin-Powers-Yellow-birdsEt encore une chronique littéraire cette semaine, histoire d'écluser un peu les romans du premier semestre 2013 avant que je ne sois noyé ( pour mon plus grand plaisir, il va sans dire) par les romans de la rentrée de septembre.

Ce roman, je ne pouvais pas ne pas vous en parler, tant c'est sûrement un des livres les plus forts que j'ai pu lire cette année, alors même, u'au départ,  je ne misais pourtant pas énormément dessus.

En effet, si vous savez peut-être, car je l'ai déjà dit lorsque j''ai parlé des films de ce genre là , je ne suis pas forcément passionné par les récits de guerre, loin s'en faut, alors même que ce genre a pourtant donné lieu à d'incontestables réussites,reconnues, par la  grande majorité des observateurs, comme de très grandes oeuvres cinématographiques ou littéraires sur le sujet.

Mais si je vous avais parlé de mon peu de goût pour ce genre, je ne vous en avais pas jusqu'à présent donné les raisons.

Eh bien,  aussi étrange que cela puisse paraitre, figurez vous qu'elles remontent à loin : en effet, un de mes meilleurs amis d'enfance, celui avec qui j'ai passé pratiquement une bonne partie de mes années de eunesse, disons, de 8 à 14 ans, était un gosse véritablement dingue d'armée et de tout ce qui touchait de près ou de loin aux militaires, et passait pratiquement toutes ses journées à me raconter les exploits du général Patton ou de Napoléon à Waterloo.(euh oui, ca existe, je vous assure)..

Et moi, dont le père était pourtant un antimilitariste convaincu, et qui avait pris de lui ce coté quand même super pacifique, j' écoutais sans ciller ces récits, mais jusqu'à en être dégoutés, surtout quand l'ami en question s'est engagé dès l'âge de 16 ans et s'est mis à m'envoyer des photos de lui où il posait devant le drapeau français.

Bref, j'en ai conservé une petite aversion contre les histoires militaires, mais je suis obligé de reconnaitre que dernièrement j'ai un peu changé d'avis, grâce à une oeuvre littéraire, qui est un véritable petit miracle littéraire. 

Ce roman c'est Yellow birds, il est l'oeuvre d'un jeune américain,  Kevin Powers  qui est parti de sa propre expérience pour tisser un récit largement inspiré de ses souvenirs personnels. En effet,  Powers est un ancien marine, engagé dans les marines dès l'âge de 17 balais, et qui a fait la guerre contre l'Irak pendant deux années, en 2004.


 Son "Yellow Bird" ( le nom d'un chant de ralliement que les soldats chantaient là bas) se passe d'ailleurs en Irak, et fait des allers retours aux Etats Unis, où le héros de l'histoire est revenu, avec le quoditien de cette guerre en Irak qu'il n'a jamais vraiment réussi à quitter, d'autant plus que son meilleur ami, Murph, est mort au front, alors même qu'il lui avait fait la promesse de le ramener au pays sain et sauf.

 C'est donc un roman qui dit plein de choses, mine de rien, des choses essentielles comme par exemple sur  le poids de la culpabilité qu'on porte en soi quand un ami meurt en notre présence,  mais aussi sur l'horreur et les absurdités de la guerre, les traumatismes énormes qu'elle engendre, consicemment ou non.

Cela pourrait être terre à terre et ultraréaliste (ce que je reproche un peu au Soldat Ryan de Spielberg, un des grands films dont je parlais au début de mon billet), c'est, au contraire, une oeuvre pleine d'humanité, de lyrisme et de poésie.

Et surtout, il donne l'impression qu' aucune de ses phrases  ne semble être laissée au hasard, toutes étant tellement pleines de sens et de portée  philosophique et presque métaphysiques ( "La guerre prendrait ce qu'elle pourrait. Elle était patiente. Elle n'avait que faire des objectifs, des frontières. Elle se fichait de savoir si vous étiez aimé ou non. La guerre s'introduisit dans mes rêves cet été-là, et me révéla son seul et unique but : continuer, tout simplement continuer. Et je savais qu'elle irait jusqu'au bout".)

Et le récit, à la chronologie éclatée, se lit avec un vrai plaisir, captivés que nous sommes par ce récit intense et brûlant. Ce livre a été couronné comme meilleur roman étranger par le Journal Le monde, cela m'a semblé être totalement méritée, foi d'un anti livre de guerre assumé!!!