On-a-eu-du-mal_9429Pour commencer cette semaine à venir de billets regroupant 3 petites chroniques dont je vous ai parlé samedi dernier, j'ai choisi de parler littérature, en  regroupant  trois livres dans un même billet.

Idée pas plus bête qu'une autre, me diriez vous, mais malheureusement c'est pour parler de 3 livres de cette rentrée littéraire qui ne nous ont (Michel et moi) pas vraiment convaincus.

Et je vous donne un avant goût de cette semaine à venir en regroupant déjà trois livres, dans un même billet mais malheureusement c'est 3 livres de cette rentrée littéraire qui ne nous ont (Michel et moi) pas vraiment convaincus.

 Car, malheureusement, comme on pouvait s'en douter, ma rentrée littéraire ne s'est pas cantonnée pas aux excellents romans de Jean Louis Fournier (voir chronique de lundi dernier) ou de Laura Kaschiscke (dont je parle très bientôt). Il y a eu aussi quelques lectures plus malheureuses, plus ennuyeuses....

Voici donc une petite synthèse de ces 3 lectures parmi d'autres, en commençant par un roman au titre hélas qui résume bien l'esprit général qui nous a animé pendant ces lectures :

1."On a eu du mal" de Jérémie Gindre :

Je partais confiant en attaquant ce recueil de nouvelles que j'ai mis dans ma valise pour Saint Malo et que j'ai également fait lire à ma compagne. En effet, cet ouvrage , publié aux éditions de L'Olivier (une maison d'édition qui ne publie pas n'importe quoi, loin de là) nous présentait une présentation en 4/ème de couverture  particulièrement alléchante.

On y apprenait que l'auteur, artiste contemporain suisse visiblement assez connu, cherchait à explorer "l'apparemment anodin". " Ses investigations, destinées à décrypter le rôle des émotions, le mènent dans "l'extra-quotidien", d'où il rapporte des scènes singulières et drôles".

Sur le papier, ce genre d'approche peut  intriguer et séduire, et d'ailleurs, la première nouvelle dans laquelle un jeune garçon américain de 12 ans passe des vacances dans un camping de l'Ouest américain avec ses parents peut effectivement intriguer par son apparente banalité virant à l'étrange. Mais n'est pas Laura Kashischke ( la grande pretresse dans ce domaine) qui veut, et si Jérémie Jeindre sait tenir une plume,  le ton employé est trop froid et désincarné pour toucher et captiver. L'auteur veut tant traquer le banal et l'anodin  mais du coup tout reste d'une platitude et d'une absence d'aspirité telle qu'on lit ce livre sans jamais vraiment ressentir la moindre parcelle d'émotion...

On ne saurait dire si c'était le but voulu, mais me concernant, si l'émotion pointe aux abonnés absents, le plaisir fait largement de même :o)

saison2. "Les saisons de Louveplaine" de Cloé Kerman

 Voilà un vrai mystère: ce livre salué un peu partout, que j'ai lu dans le cadre du Prix du Roman Fnac m'est assez vite tombé des mains, après une bonne centaine de pages.

Pour être certain que je n'étais pas passé à coté de ce bouquin publié chez une excellente maison d'édition ( Seuil) et dont l'auteur avait été célébré lors de son roman précédent, je l'ai fait lire à mon co chroniqueur Michel... qui a pensé exactement la même chose que moi et n'a pu non plus aller au bout.

Car 3 ans après son premier roman, Les hommes couleurs, que je n'avais pas lu mais qui avait notamment obtenu le prix du livre Inter (argument que j'ai mis en avant auprès de Michel, ex membre du jury de ce prix), Cloé Korman s'intéresse à nouveau au thème de l'immigration.

 Louveplaine est une ville imaginaire de Seine Saint Denis dans laquelle arrive Nour, une jeune femme algérienne venue à la recherche du mari disparu. L'ambition de l'auteur, louable sur le papier, est de traiter la banlieue de façon différente par rapport aux  autres romans français sur le sujet (par exemple ceux  de Faiza Guene ou Saphia Azzeddine) : ici, pas de verlan et de parler vrai de la banlieue, mais un texte très littéraire, avec une belle plume et vocabulaire très recherché.

Sauf que du coup, tout sonne faux et l'ensemble donne un coté très scolaire et très distancié, sans le moindre humour qui là encore, ne nous touche pas du tout.  Bref, une vraie déception... Et depuis j'ai vu d'excellentes critiques de ce roman, notamment chez Télérama et les Inrocks...le mystère Korman reste entier...

la traitresse3.  "La traîtresse" de Dominique Zacchary :

Ce livre là, il n'est pas encore sorti, puisqu'il ne parait que dans un mois, soit le 10 octobre prochain. Je pense donc être le tout premier à écrire dessus, et j'espère, pour l'auteur, que les critiques à venir seront plus élogieuses que la mienne.

Car ce roman écrit par Dominique Zachary un auteur belge, journaliste et auteur de best seller 'La patrouille des enfants juifs) pourrait parfaitement  répondre à l'équation suivante :comment gâcher un bon sujet en écrivant comme un collégien?

En effet, partant d'une intrigue  qui pourrait donner un bon téléfilm  de France Télévisions sur l'épuration en Belgique avec des personnages forts et bien campés  donne, en roman, un récit inodore et insipide.

Avec l'immense respect que l'on doit bien évidemment aux véritables héros de cette histoire, sous la plume de Dominique Zachary, que l'on suppose  évidemment pétri de bonne intentions, on a l'impression de lire quelque chose de tellement scolaire, tellement appliqué, pas très loin en fait d'un album expliquant les répudiés de la libération aux enfants, que le résultat s'avère finalement assez édifiant et pas bon du tout.


 Trois chroniques pas très sympa  (allez, rassurez vous, très prochainement, j'en fais d'autres bien plus positives!), mais qui concourent quand même bien évidemment pour la challenge 1% littéraire organisé par Hérisson 8!!