TaïaParmi les nombreuses sorties cinéma du  7 mai ( dont je vous ai parlé en plusieurs occasions, notamment pour La voie de l'ennemi ou "May in the summer"), il y avait aussi L'armée du salut, un film marocain qui a connu une sortie en salles trèsconfidentielle alors même que la presse était très élogieuse à son égard.

L'Armée du salut est l'adaptation du roman éponyme écrit par celui qui est également le réalisateur du film : Abdellah Taïa. Celui-ci confie que c'est une adaptation qui trahirait presque le livre car il n'a pas cherché à en faire une adaptation fidèle.

  Voici notamment ce qu'en disait la presse  à son sujet :

"Avec peu de dialogues et beaucoup de regards qui en disent long, Abdellah Taïa nous plonge ainsi dans cette atmosphère pesante, où l'opacité et la frustration ouvrent parfois la voie à des situations d'abus, de  dérives. Il prend soin, cependant, de garder une certaine distance avec son héros."Le Journal du Dimanche

"On retrouve dans son film (à Abdellah Taïa) la sécheresse précieuse de sa prose, cet art du détournement et de la suggestion propre à exprimer par la plus grande économie de moyens les plus grands bouleversements intimes."Le Monde

"L’écrivain Abdellah Taïa passe à la réalisation avec le portrait attachant d’un jeune homosexuel clandestin." Les Inrockuptibles.

 Si je n'ai pas réussi à voir le film (il n'a pas été projeté sur Lyon, hélas), j'ai eu la chance de lire le roman dont le film est tiré, un roman publié en Poche chez Points à l'occasion de la sortie du film. 

Résumé du livre :
Dans la maison où il est né, au Maroc, le père a sa chambre, le frère aîné la sienne. Lui dort avec sa mère et ses sœurs. Cocon familial chaleureux et sensuel. Les enfants savent tout des amours de leurs parents. Mais, par pudeur, on n'en parle pas.
Il est adolescent lorsque son grand frère l'emmène à Tanger. Premier voyage qui lui révèle la vraie nature de ses désirs. Il se prend de passion pour cet aîné qu'il vénère et qui, tombant amoureux d'une femme, l'abandonne à son désespoir. Il a vingt ans. Il débarque à Genève pour poursuivre ses brillantes études. Il a tant rêvé d'Europe, de livres, de cinéma, de liberté ! C'est la solitude qu'il découvre, loin des siens. Il est séduisant, il en joue. Dès lors, comment échapper à l'image d'objet sexuel que lui renvoient les hommes qu'il rencontre, y compris ceux qui veulent son bien ? Abdellah Taïa a écrit l'itinéraire d'un enfant de notre siècle, en recherche d'équilibre entre la tradition marocaine et la culture occidentale, entre le désarroi et l'ambition de réussir. Il brave les hypocrisies, à la fois cru et délicat, naïf et malin, drôle et émouvant.
Ce que j'en pense :
Ce livre est clairement un récit autobiographique plus qu'un roman, l'auteur est cité par son propre nom et visiblement tout ce qu'il raconte est très proche de la réalité.
J'ai beaucoup aimé la prose de l'auteur, la sensualité évidente de sa plume, et sa façon qu'il a a de décrire, par petites touches impressionnistes ses sentiments avec naturel et délicatesse.  L'auteur est animé d'une vrai plan de carrière et ne doute pas de ses aspirations, mais il va s'aperçoit que la vie  décide différemment... Le romancier fait montre de beaucoup de pudeur et de tact pour aborder des sujets aussi délicats que l'inseste ou l'homosexualité dans une culture qui a beaucoup de mal à  l'accepter. Sans jamais  tomber dans les clichés, le livre véhicule aussi un amour pour la littérature et la liberté d'assumer ses choix qui fait plaisir à lire !
Le Concours :Comme j'ai beaucoup aimé le livre et tient à le soutenir, j'ai la grande chance, grâce à Points, de pouvoir offrir en 5 d'entre vous un exemplaire du livre en version poche.
Pour participer au tirage au sort, il suffit simplement de me signaler votre participation en commentaires sous ce billet, et si vous souhaitez également ou non recevoir la newsletter de Points.
Le concours se termine le dimanche 1er juin minuit. Bonne chance à tous!!