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  Aussitôt après avoir vu Sous Sol, le nouveau film d’Ulrich Seidl, le cinéaste autrichien, connu notamment pour sa trilogie Paradis (dont deux volets avaient projeté à Cannes en compétition officielle), j’ai du résumer le film aux twittos qui me suivent et qui n’avaient jamais entendu parler de son nouveau film-qui sort en salles ce mercredi et j’avoue avoir été bien embêté pour "vendre" le concept du film.

Car l’histoire de ces "Sous Sol" n’est pas facile à résumer- a fortiori en 140 signes-  et je n’ai pu m’en tirer que par le slogan suivant : l’histoire sous forme de documentaire, d’autrichiens qui s’adonnent dans leurs caves à leurs plaisirs cachés et interdits que sont le sadomasochisme, leur adoration pour Hitler ou les armes à feux. Vous admettrez que bien que cela soit fidèle à ce qu'on voit sur l'écran, cette accroche a de quoi rebuter toutes les bonnes volontés du monde :o)

Je parle de la "passion singulière des autrichiens pour leurs caves" car il paraitrait, et je l'ai appris en lisant le dossier de presse du film, que les autrichiens forment un peuple qui voue une relation toute particulière à leurs sous sols et il a fallu en convaincre pas mal pour que ces derniers acceptent de dévoiler leur part intime et leurs penchants parfois les plus triviaux et les plus incongrus.

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Seidl filme son documentaire comme il le fait pour sa fiction,  avec un cadrage particulièrement froid et resserré, qui sait mêler le sordide et le trash à un certain humour qui n’est pas forcément pour tout le monde.

On voit que le cinéaste sait exactement où il veut poser sa caméra,  mais sa démarche aussi assumée soit elle est parfois gênante tant elle nous force à voir des personnes ou des situations qu’on n'a pas forcément envie de voir au cinéma. On a l'impression que le cinéaste  ne cherche pas vraiment à comprendre (sans parler d'avoir de l'empathie pour) ses personnages et leurs paradoxes, et il ne cesse de  les observer un peu avec un regard d'antrophologue parfois un peu ambigu et génant.

Seidl n’a pas peur de nous montrer le ridicule  et le grotesque de ces concitoyens en grattant là ou ca fait mal, et on se pose toujours des questions sur la motivation première du cinéaste.

Comme c’était déjà le cas avec sa trilogie, et même ( surtout?) sans le prisme de la fiction, le cinéma de Seidl reste particulièrement malaisant, et si regarder ses films  ne peut laisser indifférent, le plaisir ressenti à la vision de ces Sous sol, comme c'est aussi le cas pour ses fictions n’en demeure pas moins limité.

Sous sols, par sa noirceur et ses images parfois à la limite du soutenable (notamment une scène de  boa qui avale un hamster sans que son maitre ne sourcille une seconde ou une sadomasochiste qui est particulièrement indélicate avec son sujet)  n’est pas à montrer à tous les yeux, mais ceux qui vont au cinéma pour être bousculés et pour réfléchir à la condition humaine ne pourront pas le rater.

Bande-annonce : Sous-Sols - VOST