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Après avoir totalement  charmé le Festival du film américain de Deauville et celui du film britannique de Dinard, qui  lui a d'ailleurs décerné deux récompenses, le "Hitchcock d'or" et le prix du scénario,  le film - anglo américain (d'où les deux compétitions) "Sing Street"  a visiblement fait chavirer une grande partie des spectateurs  français depuis sa sortie il y a tout juste une semaine, et cela est on ne peut plus mérité.

Ce film est l'oeuvre du cinéaste irlandais John Carney,ancien musicien professionnel, auteur des déjà très réussi  "Once "et "New York Melody," qui étaient déjà de petites pépites avec pas mal de musique dedans.

Si j'avais déjà beaucoup aimé les deux premiers  films du cinéaste notamment once  ce " Sing street" est encore plus accompli et jubilatoire et a tout pour devenir le West si de story ou le Fame des années 2010..

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En effet, ce très réussi  mélange de comédie romantique, chronique sociale et ballade musicale est un véritable juke-box des années 80, ainsi qu'une vraie pépite, vue en projection presse il y a quelques semaines et qui m'avait fait totalement vibrer d'émotions en tous genres.

Les années 80 à Dublin, un jeune homme de 15 ans tombe amoureux, crée un groupe, réalise ses rêves sous l'œil bienveillant de son grand frère, se fait des amis : le scénario de Sing Street surfe allégrement avec plusieurs genres: chronique sociale, comédie musicale, teen movie, peinture de l'éducation catholique stricte des milieux défavorisés,  mais en mélant ces genres avec une belle fluidité et surtout, sans jamais tomber une seule fois dans le pathos ou le mièvre.

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 Bien plus qu'une simple bluette à laquelle le pitch pourrait d'abord faire penser, le nouveau long métrage de John Carney a pour gros atout de départ d'avoir pour toile de fond l'Irlande des années 80, avec son contexte économique difficile et ses rigidités sociétales (divorce interdit, méthodes éducatives d'un autre âge), une Irlande en pleine crise économique encore engoncée dans ses codes sociaux et moraux, des codes que  les héros du film ne manqueront pas de vouloir transgresser dès que possible.

Mine de rien, le scénario aborde ainsi pas mal de thématiques passionnantes et qui fonde totalement un récit d'apprentissage, tel que le choc des générations, la désillusion,  l'amour, la musique, le harcèlement, la difficulté de grandir, les difficultés financières, le critique d'une éducation religieuse....

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Mais le thème  principal de ce petit bijou reste  le cap si difficile de  l'adolescence et ses problématiques inhérentes à cet âge : la  découverte de l'amour, la nécessité de trouver sa voie, les rêves d'adolescents  et la difficulté de les conserver,  l'importance de la complicité avec ses amis et l'émancipation d'un aîné un peu trop imposant - formidable  Jack Reynor dans le rôle du frère, personnage drôle et très touchant aussi- , pour oser pouvoir enfin voler de ses propres ailes. 

 Sing street, entre autres multiples qualités, offre aussi l'immense plaisir de faire découvrir  une actrice prodigieuse et éblouissante  l'Anglaise Lucie Boynton, 22 ans tout rond, qui interprète Raphina et on comprend parfaitement à quel point le jeune héros de l'histoire peut totalement se métamorphoser humainement et musicalement pour tenter de conquérir son coeur.

 

Le film possède bien en lui une énergie revigorante et contagieuse, et fait souvent penser à l'excellentisime  "The Commitments", cette autre merveille musicale d'Alan Parker- qui n'a pourtant pas fait que des bons films-,  qui avait tant fait chavirer ma jeunesse (déjà 25 ans, mon dieu) .

Impossible comme pour le film de Parker de ne pas tapoter du pied au rythme des mélodies écrites et composées spécialement pour le film, des compositions originales signées Bono et The Edge de U2 en collaboration avec John Carney, lui même tant l'homme connait la musique.

On rit, on pleure(un peu), on bat la cadence : bref, on un coup de coeur total pour cet épatant film musical réjouissant à la fois nostalgique et terriblement optimiste;  et on ne peut que vous conseiller d'aller vous aussi vous prendre au charme de cette enthousiasmante pépite de cet automne.