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  Professeur de droit à Toulouse, Jacques Viguier fut accusé d'avoir tué son épouse avant d'être acquitté deux fois, dans un fait divers qui avait fait les choux gras de la presse à la fin des années 2000.

C'est une affaire forcément complexe, puisqu'elle concerne un indidividu qu’on accuse du meurtre de sa femme, alors même que son corps n’a jamais été retrouvé et que son amant a orchestré un acharnement médiatique contre l’accusé.

Près de dix ans après cette affaire, et alors que le fin mot de l'histoire n'a jamais été posé, l'affaire Viguier fait l'objet d'un long métrage

 Le jeune cinéaste ANTOINE RAIMBAULT connait bien l'affaire sur le bout de ses dossiers, pour avoir notamment assisté aux deux procès en question, le premier en 2009 et le second en appel l’année d’après.

Il est très rare que le cinéma français aborde des affaires criminelles aussi récentes, et encore plus celles dont aucun jugement n'a pu être rendu.

Le thriller judiciaire est un genre quasiment exclusivement anglo-saxon, tant et si bien que le public français aurait tendance à considérer comme acquis certaines procédures qui n’existent pas dans le droit français.

Le but du cinéaste était de faire découvrir notre cour d’assises et d’en rendre l'infime complexité, si différente du droit américain et sur ce plan là le pari est largement réussi! 

 

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 On devine qu'Antoine Raimbault a souvent vu ces films américains de procès, notamment ceux de Sidney Lumet, Michael Mann ou Alan J Pakula, qui lui ont  servi de modèle pour le tournage d’« Une intime conviction », notamment au niveau du rythme des plaidoiries et de la façon de filmer des scènes très dialogues et pouvant être statiques.

Et ce n'est pas le moindre des mérites de ce film d'avoir réussi à « franciser » un genre qu’ Hollywood avait d’une certaine manière confisqué.

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Si les scènes de procès collent visiblement très fidèlement à la réalité, le jeune cinéaste étant resté très proche des notes et des comptes rendus des audiences, il a également eu la bonne idée de créer autour de cette histoire un personnage de fiction, celui de Nora, jouée par la toujours épatante Marina Fois.

Notre star de Burger Quizz et ex Robin des Bois  incarne ici  un personnage incapable de jongler avec sa vie privée et sa double casquette professionnelle, qui permet de transcender  la partie documentaire du film, dans le but d’insuffler une dramaturgie  nécessaire au récit.

 

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Ce personnage de Nora semble être en quelque sorte le double inversé  d'Antoine Raimbault : on peut imaginer ( même si le cinéaste nous dira le contraire lors de l'interview à venir) qu'à son instar, le metteur en scène aura écouté des heures et des heures d’audience au casque ou bien aurait aimé réveillé Dupond Moretti à des heures indues,  pour lui faire part de son intime conviction personnelle.

Car comme le titre du film l'indique très judicieusement, le long métrage d'Antoine Raimbault montre de façon très pertinente comment le doute nourrit l’essentiel de la réflexion judiciaire et c'est une façon pertinente de l'affirmer, à l’heure où tout le monde semble perclus de certitudes en tous genres.

Le film montre parfaitement à quel point dans un procès, il n’y a que le doute qui compte et qui doit forcément profiter à l’accusé et que, dans la procédure française du moins, ni la preuve ni la vérité ne sont les enjeux de la défense. 

 

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 Car si le film de Raimbault ne cherche pas à faire le procès de la justice française, il s’agit toutefois de montrer à quel point cette intime conviction est déterminante à l’issue d’un procès.

Quant à  Olivier Gourmet, qui n’a pas eu souvent l’occasion de jouer un personnage public réel et vivant, il  réussit parfaitement  à s’écarter de son  modèle, Éric Dupond Moretti, dont l’image est particulièrement connue du grand public et qui affiche ici un charisme et un aura qui n'ont rien à envier à ce dernier.

 Restituant parfaitement les étapes-clé de ce procès hors norme, cet Une Intime conviction, aussi rythmé que crédible, se pose en modèle du genre dans le cinéma français qui en manquait sérieusement.

 Voir notre interview du cinéaste Antoine RAIMBAULT rencontré en septembre 2018 sur Montélimar dans le cadre du festival de l'écran à l'écrit

 

 

UNE INTIME CONVICTION sort ce jeudi 6 juin 2019 en DVD et en édition Blu RAY chez Memento films

Bonus :

  • Commentaire audio du film par le réalisateur Antoine Raimbault
  • Scènes coupées commentées par Antoine Raimbault
  • Échange avec le public en présence de Antoine Raimbault, Olivier Gourmet et Maître Dupond-Moretti
  • Making-of, Jour de cinéma (Canal +)
  • Émission On aura tout vu (France Inter) : Invités Marina Foïs, Maître Saint-Palais et Stéphane Durand-Souffland, chroniqueur judiciaire
  • Podcast NoCiné par Binge audio
  • Bande-annonce