Première critique de long métrages pour 2021  et c'est carrément du trois en un avec trois longs métrages à voir dans les salles, bien évidemment, dès que celles ci daigneront se réouvrir.

Trois beaux longs métrages qui nous amènent dans des pays cinématographiques peu usités par le cinéma à savoir le Sénégal, la Bulgarie et la Lituanie .

Bref,  laissons nous vous emmener :

1/Au Sénégal avec LE PÈRE DE NAFI réalisé par  Mamadou Dia

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Tierno est l’imam pacifique et progressiste de la petite ville de Yonti au bord du fleuve Sénégal.


Il voit avec inquiétude revenir Ousmane, son propre frère, qui s’est radicalisé en Europe. Tierno affaibli par la maladie a peu de temps pour empêcher sa communauté de tomber sous la coupe d’une bande d’islamiste radicaux qui veulent prendre le contrôle de la ville. Nafi et Tokara, deux enfants qui s’aiment deviennent les enjeux d’une guerre fratricide.

 

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Il faut se laisser porter par la lenteur envoutante de ce western africain. Un western, mais aussi un opéra tragique, un drame contemporain sur un sujet extrêmement sensible.
Un récit très construit, des dialogues forts, une mise en scène travaillée et une lumière magnifique qui enveloppe le visage des acteurs.   

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Mamadou Dia qui a étudié le cinéma à New-York utilise la trame d’un récit de western ou de film de Mafia et le transporte dans le Sénégal de son enfance...mais justement avec une douceur et une lenteur qui crée un drôle de mélange et c’est vraiment agréable...

Un vrai instantané de la vie dans une petite ville sénégalaise: Le père de Nafi,  est vraiment accessible même pour le grand public et les acteurs filmés souvent en gros plan sont vraiment très expressifs et en plus très beau..Cerise sur le gâteau : le pular, la langue des Peuls, devient une douce mélopée, comme une invitation au voyage.

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La sortie du nouveau film de Mamadou DiaLE PÈRE DE NAFI, initialement prévue le 6 janvier , est reportée à une date ultérieure.

 2/En Bulgarie avec La saveur des coings  de Kristina Grozeva et  Petar Valchanov

 

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 Ce n' est pas facile d' être le fils de Vasil, artiste peintre officiel et reconnu. A l'enterrement de sa mère, Pavel se dit aussi que cela n' a pas du être facile d' être son épouse.

Lorsqu' après la cérémonie, une voisine affirme qu'Ivanka a essayé de l' appeler de l' haut-delà sur son portable, Vasi devient persuadé que son épouse essaie de rentrer en contact avec lui.
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Il demande à son fils de l' accompagner chez un médium connu pour avoir une ligne directe avec les morts. Le voyage devient un périple catastrophique qui mettra à nu les relations déjà compliquées du père et du fils.
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Vingt-quatre heures chrono pour ce pauvre Pavel. Une journée pour régler ses comptes et pouvoir ne plus être qu'un fils pour enfin devenir père.
" La saveur des coings" est un film drôle et touchant, une comédie douce amère sur la difficulté de s' inscrire dans un arbre généalogique.
Simple, efficace et très bien menée, la comédie a aussi le grand intérêt de nous offrir un voyage en Bulgarie, un pays rare sur les écrans français.

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AU CINÉMA LE 17 FÉVRIER Distributeur : Urban films

3/En Lituanie avec TOMBER POUR ALI :un film de Romas Zabarauskas

 

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un film de Romas Zabarauskas 

Nouvelle date de sortie - 17 mars 2021 - clôture du Festival Chéries-Chéris en présence du réalisateur **

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Marius, avocat d’affaire dans la bonne ville de Vilnius, n’a pas de problème, il a de l’argent, des amis cyniques, drôles et sérieusement superficiels avec lesquels il peut parler de ses amours. Bienvenu dans la communauté gay, arty et branchée de Lituanie.

Un soir, alors qu’il drague sur le Net, il fait la connaissance d’Ali, un réfugié syrien qui vit en Serbie en attendant de rejoindre de la famille à Berlin. Marius, qui se qualifie de “ vieille tarlouze dans une Lituanie homophobe”, prend une semaine de vacances et part pour Belgrade. Une semaine pour se rendre compte qu’une vie est vide si on ne peut aider les autres.
Une semaine pour ne pas penser qu’à soi. Une semaine pour tomber amoureux.

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 Romas Zabarauskas est une voix singulière dans les pays baltiques, également connu dans son pays la Lituanie comme un activiste LGBT très engagé.

Ses précédents films « Porno Melodrama » (2011), « We Will Riot » (2013) et « L’Echappée Amoureuse (You Can’t Escape Lituania» (2016) questionnent les sujets de l’amour queer, du nationalisme croissant, et de politique en général.

Tomber pour Ali est un film bien foutu, très agréable à voir, mais surtout très engagé dans justement sa manière de présenter les gays non pas de manière doloriste mais plutôt comme des acteurs de comédie très branchés, le milieu bobo et arty de Vilnius, mais tu sens tout de même que tout n’est pas facile avec l’homophobie  en filigrane, bref on est pas à Frisco, Paris ou Berlin 

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Tomber pour Ali, belle drama-comédie romantique,  un film où  Rohmer rencontre Fassbinder, de belles personnes qui parlent beaucoup et agissent peu dans de beaux appartements, puis une remise en question profonde face au désarroi d’un alter-égo.

Un cinéma classique, bien photographié, bien écrit, bien joué et surtout un sacré voyage en Europe de l’Est, où les amours de Marius et Ali sont très loin d’être évidentes. Romas Zabarauskas signe avec “Tomber pour Ali” un beau film militant.  

**(dates du festival à confirmer)