Baz'art  : Des films, des livres...
5 juin 2024

Fainéant.e.s : Les punks ont du chien

Fainéant.e.s : Les punks ont du chien
Fainéant.e.s : Les punks ont du chien

Fainéant.e.s, œuvre cinématographique au titre en écriture inclusive, est, comment dire ? Le bijou, la pépite de la semaine, voire du mois. Dridi filme des keupons sans toit parfois sans dent, mais jamais sans tendresse ! Explications.

On respire dans le cinéma de Dridi, une respiration mentale, visuelle et artistique, dans notre quotidien numérisé efficace et sans esthétique : chez le cinéaste de Fainéant.e.s, on a des plans fixes, des caméras à l’épaule, des visages filmés en longueur, des non-dits, des non-filmés, des silences, des paysages de Provence en hiver, tout ce qu’on aime !

Et, en prime la voix incroyable de l’oubliée Colette Magny, dans la chanson récurrente du film.

Un seul et unique plan de drone est repéré à la fin du film (on n’en peut plus des paresseux plans de drone partout dans le cinéma et les séries !).

Dridi filme des gens, des marginaux, des punks à chien, des « sans dents » et nous les fait aimer, presqu’envier. Avec des côtés quasi documentaires, le cinéaste de Chouf (2016) ou de Khamsa (2008), filme ces deux jeunes femmes Djoul et Nina, incroyables « avec ce qu’elles sont dans la vie réelle » affirme Dridi, dans leur road movie sans limite, à bord d’un camion Mercedes hors d’âge et brinquebalant. 

Nina à Djoul : « T’es pas bien là ? On a du soleil, la nature, on du boulot et du pognon… » Djioul « J’emmerde le soleil, je l’emmerde au possible. Ce que j’veux c’est tracer la route ! »

Karim Dridi filme avec du sentiment et il filme du sentiment, c’est du cinoche, avec de la tendresse en veux-tu en voilà, on pense d’emblée à Sans toit ni loi, et à l’inoubliable Sandrine Bonnaire en Mona, mais le propos est moins sombre que celui d’Agnès Varda il y a quarante ans, on peut aussi faire le rapprochement avec Thelma et Louise (Ridley Scott).

Pas de pathos ni de misérabilisme, même si leurs pérégrinations leur font prendre des risques pour leur vie et leur santé. Leur errance choisie « trop de murs ! » dit Djoul (.jU. de son vrai nom), qui ne peut pas dormir dans une maison. Nina (Faddo Jullian) fait une fausse couche dans une cave…pas grave, après une douche aux bains municipaux, elle ira mieux !

Punk à chien ou sans chien, coupe iroquois ou non, ce ne sont pas des acteurs, ils ne jouent pas, ils sont « Notre vie c’est la fête… » disent-ils, avant de célébrer dans un squat la fin de vie de l’un des leurs, Gribouille, dans un pogo macabre, joyeux et bouleversant, filmé brillamment à la Kusturica ou à la Tony Gatlif. Les CRS viendront gâcher la fête…

Le film est porté par le duo Djoul-Nina, inséparable et pourtant séparé une partie du film. Se retrouveront-elles ? Look camionneur, clop au bec, Djoul est bourrée de tendresse, et de sensibilité quand son amie (amante ?) Nina fout le camp sac au dos avec le premier routard venu parce qu’elle craque pour son chien Cassette.

Djoul est la boussole, elle trace la route, une force qui emporte le fou-rire rien qu’à l’évocation du mot « travail » avec son père récemment veuf, et pourtant elles bossent  : « Etre fainéant, ça se mérite, c’est pas n’importe qui, qui peut être fainéant, commente Karim Dridi, quand elle veulent travailler, elle le font à fond, dans les vignes ou en usine. Quand elles ont envie d’arrêter, elles arrêtent, prennent l’oseille et s’en vont ». Y a un mot pour ça : liberté.

En salle au Comoedia, Lyon 2è.

Commentaires
Qui sommes-nous ?

 

Webzine crée en 2010, composé d'une dizaine de rédacteurs qui partagent  la même envie : transmettre notre passion de la culture sous toutes ses formes : critiques cinéma, de littérature adulte et jeunesse, critiques de pièces de théâtre, concert , expositions, musique, interviews et portraits d'artistes, comptes rendus de spectacles,  tests de jeu de société., couverture de festivals de cinéma ou de musique...

Visiteurs
Depuis la création 8 359 270
LE FESTIVAL DU FILM DE LAMA DÉVOILE SA PROGRAMMATION !
 

 

Cette année encore, pour sa 32ème édition, le Festival du Film de Lama vous propose une programmation qui ravira petits comme grands, faisant une belle part aux œuvres présentées au Festival de Cannes avec des films venus du monde entier. Comme l'indique la devise du festival, rendez-vous aux "Chroniques d'un village monde" !
 
Le festival s'ouvrira sur le film de Sarah Arnols L'espèce explosive, présentée à la Quinzaine des Cinéastes cette année et mené par Alexis Manenti, Ella Rumpf et Vincent Dedienne.
 
Pour continuer sur cette lancée cannoise, le festival aura l'honneur de vous présenter La vie d'une femme de Charline Bourgeois-Tacquet mais aussi Notre Salut (Prix du Scénario - Festival de Cannes 2026) d'Emmanuel Marre, Minotaure (Grand Prix de Cannes 2026) de Andreï Zviaguintsev, La Bola Negra (Prix de la mise en scène - Festival de Cannes 2026) de Javier Calo et Javier Ambrossi ou encore Histoires de la nuit de Léa Mysius.
 

Festival du Film Italien de Villerupt

49e édition - Du 23 octobre au 8 novembre 2026

www.festival-villerupt.com

 

 

 

Hommage à Monica Vitti et rétrospective autour de la figure du père, la 49e édition du Festival de Villerupt dévoile ses premiers éléments de programmation et son affiche officielle.

 

En 2026, le Festival de Villerupt a souhaité, dans le cadre de sa rétrospective thématique, mettre en avant la figure paternelle. D’autorité structurante dans l’Italie d’après-guerre, cette dernière dérive progressivement vers une figure fragile, déplacée, voire problématique, révélatrice des mutations sociales, économiques et culturelles du pays. Une évolution qui sera illustrée travers une sélection d’une dizaine de films.

 

Le festival rendra aussi hommage à l’une des plus grandes icones du cinéma mondial : Monica Vitti, disparue en 2022. Reine de la comédie à l’italienne et égérie de Michelangelo Antonioni, elle est notamment célèbre pour ses rôles dans L’avventura ou Le désert rouge.

DE L'ÉCRIT À L'ÉCRAN MONTELIMAR FILM FESTIVAL 15 ème édition

DU VENDREDI 18 AU JEUDI 24 SEPTEMBRE 2026- Montélimar


Le festival De l'écrit à l'écran revient en septembre 2026 pour sa quinzième édition.
Véritable temps fort de l'action culturelle menée par l'association éponyme, le festival conjugue au présent cinéma et littérature, crée des ponts inter-culturels et interartistiques stimulants et enrichissants. Il s'articule autour de 3 axes fondamentaux: ce qui s’écrit, ce qui se dit et ce qui se pense, sur la toile comme au-delà, et les met en lumière. En 2025, le festival a accueilli plus de 147 invités, organisé 140 événements dont 89 séances de cinéma et réuni plus de 33 000 spectateurs.

De l'écrit à l'écran - Cinéma Festival - Montélimar - 2024 | De L'écrit à l'écran

Nous contacter

Une adresse mail : philippehugot9@gmail.com 

Newsletter
170 abonnés