Baz'art  : Des films, des livres...
22 juillet 2025

Festival d’Avignon OFF 2025 : nos (quasi) 5 dernieres pièces coups de cœur !

 

Même si d'ici la fin de semaine on devrait encore publier deux trois billets sur des spectacles glanés à Avignon, voici la dernière sélection de nos coups de cœur- hors seul en scène du Festival Off :

 

1. Ni mégère, ni apprivoisée 

 

 

Que vous connaissiez ou non La Mégère Apprivoisée de Shakespeare, peu importe : vous allez la redécouvrir comme jamais, dans une version rock, déjantée… et terriblement touchante.

Tout commence dans un centre médico-social. Un éducateur un peu débordé propose, un peu par hasard, une activité théâtre à un groupe de personnes cabossées par la vie.
Pas de programme, pas d’idée… jusqu’à l’arrivée fracassante de Sarah, une nouvelle venue au caractère bien trempé. C’est décidé : ils joueront Ni Mégère, Ni Apprivoisée.

Le public assiste alors à ce qui est censé être la première répétition.
Et quelle répétition !

 


Les scènes s’enchaînent, entre malentendus, improvisations foireuses et fous rires – mais derrière la maladresse apparente, une justesse bouleversante. Les interprètes incarnent avec brio ces personnages qui s’emmêlent, s’essaient, se cherchent… et trouvent dans le théâtre un espace de liberté.

Ce que propose cette version, c’est bien plus qu’une relecture : c’est un coup de poing tendre et subversif.
Une satire mordante d’une œuvre datée, devenue ici un cri féministe, une ode à la différence, une célébration de l’imperfection et de la résilience.

 

 

Les comédiens sont tous fabuleux. Il faut un talent fou pour faire croire qu’on joue mal, pour glisser du burlesque au profond, du rire à l’émotion.
Un vrai coup de cœur.

Une pépite du Off 2025.
À ne surtout pas rater.

 

FABRIK THÉÂTRE - 12h00

Du 4 au 26 juillet. Relâche les 9, 16, 23 juillet

Compagnie

Auteurs : Luca Franceschi, CROCCO Paolo

Mise en scène : Paolo Crocco

 

Rédacteur de l'article  :  Maxime Michalet

2. “Le Chœur des femmes”, de Martin Winckler Artéphile, 14h05.

 

 

Adaptation du célèbre roman de Martin Winckler, “Le Chœur des Femmes” raconte l'arrivée de Jean, interne en chirurgie gynécologique, dans un service de consultation externe. Au fil des rencontres, ses idées préconçues vont se heurter à la réalité de la vie de ses patientes. On suit Jean et notre regard évolue avec le sien.
Les nombreux témoignages de personnages aux vécus très différents sont autant de prétextes au spectacle pour parler de secret, de résilience, d'amour, de féminité, de courage et de beaucoup d'autres choses…
Chacun·e pourra alors quitter la pièce en ayant peut-être débuté une réflexion sur son propre vécu, ses croyances, sa vision des femmes et leur position dans la sociét

Si les malades étaient des choses inertes, la médecine serait peut-être une science et même une science exacte ! Mais une malade est un corps souffrant et parlant. Ici, le féminin l’emporte car il s’agit exclusivement dans Le Chœur des femmes de parler du corps des femmes.

Ce corps duquel nous sommes tous et toutes sorti.e.s un jour qu’on nomme « naissance », corps que nombre d’hommes ne connaissent pas, voire ne reconnaissent pas !

 

 

On le sait, Martin Winckler a été médecin avant de devenir l’écrivain insolite qui bouleversa le monde littéraire, médical et autre avec La Maladie de Sachs paru en 1998.

Contraception, avortement, grossesse, violences conjugales... Tous les sujets y passent, avec bienveillance et pédagogie.

L’adaptation du roman de six cents pages par Violaine Brébion suit parfaitement le livre tout en en sélectionnant des moments cruciaux ou représentatifs.

Une fresque admirablement interprétée par un trio d’acteurs juste et vrai : Violaine Brébion (aussi metteuse en scène et adaptatrice), Xavier Clion et Clotilde Daniault.

Ce qui est particulièrement réussi est la mise en scène qu’elle a réalisée avec Xavier Clion et Clotilde Daniaul!! A ne pas rater

 Jusqu’au 26 juillet, Artéphile, 14h05. Durée : 1h20. Relâche le 20.

Rédacteur de l'article : Philippe HUGOT

L'aire Poids Lourds Lachlan Philpott
15h25:   CARMES ANDRÉ BENEDETTO (THÉÂTRE DES)

 


L’Aire poids-lourds, pièce courageuse sur un sujet délicat, traite de la sexualité des adolescentes considérée comme moyen d’émancipation, et de ses aspects délétères lorsqu’elle se conjugue à une absence de repères et à des modèles adultes inopérants pour contrer le leurre des clips vidéo et autres images du même genre que balancent à longueur de temps les médias et les réseaux sociaux.

Rivalité, défis, dégoût et fascination pour les premiers désirs dévastateurs, et l'emprise des réseaux sociaux forment le canevas qui explore les tensions subies à cet âge, capable des pires violences contre lui-même.

L'auteur australien Lachlan Philpott a conçu son texte à partir de dix mois d'entretiens avec des adolescentes et adolescents, des enseignants(es), des parents, des psychologues, des infirmières scolaires, des assistantes sociales.

Il construit sa pièce dans une alternance de va-et-vient entre un passé récent et le présent.

Jouant sur la simultanéité, la juxtaposition de plusieurs temporalités, la pièce est un récit à trois voix de ce qui a précédé ou suivi cet événement et du moment même de son déroulement.

 

La scène est presque nue, mis à part un dispositif de praticables sur deux niveaux.

Un dispositif qui permet aux comédiennes de passer d'un bond d'une scène à l'autre, d'un lieu à l'autre, d'un temps narratif à l'autre.

La metteuse en scène Carole Errante propose un voyage parfois drôle, souvent caustique et l'ensemble des  comédiennes que sont Alia Coisman, Elisa Gérard, Annaëlle Hodet et Anne Naudon, plus Jenny Abouay sont formidables

A la barre de ce qui est un spectacle beau ambitieux et audacieux;

 

 

« L’aire poids-lourds » au Théâtre des Carmes André Benedetto – 6 place des Carmes, jusqu’au 26 juillet à 15h25. Relâche les 15 et 22 juillet. 

Rédacteur de l'article : Philippe HUGOT

 

4. La tête en friche de Marie-Sabine Roger
Théâtre des corps saints – 13h25

Une comédie, drôle et émouvante, qui fait du bien.

Adaptée pour la première fois au théâtre, après le succès du film, cette comédie nous plonge dans l’univers doux amer de Germain.

 

Une rencontre lumineuse au cœur de l’humanité

Au croisement du fragile et du tendre, « La Tête en friche », adaptation du roman de Marie-Sabine Roger, s’impose comme un bijou de délicatesse et d’humanité, porté par deux comédiens d’une justesse bouleversante. Sur une scène dépouillée, dans un parc imaginaire mais ô combien familier, un homme un peu fruste et une femme âgée passionnée de littérature vont tisser, à travers des rendez-vous matinaux anodins, une relation profondément transformante.

Tout commence par un rituel étrange et touchant : compter les pigeons. Une habitude banale qui devient le terreau d’une amitié inattendue. Elle, lectrice passionnée, lui propose de lire à haute voix. Il accepte, presque par politesse.

Mais très vite, ce qui aurait pu n’être qu’une distraction devient un apprentissage de la vie par les mots. Peu à peu, derrière l’épaisse carapace de cet homme simple, le public découvre une sensibilité à fleur de peau, une curiosité sincère, une soif de comprendre ce monde qu’on ne lui a jamais vraiment donné les moyens de saisir.

 

 

Un jour, sur un banc public, il rencontre Marguerite.

Entre ces deux êtres que tout sépare, va débuter une relation faite de complicité, de tendresse et d’humour !

 

 

 

Le texte est ciselé avec intelligence, mêlant humour tendre, émotion retenue et poésie du quotidien. Il rend un hommage vibrant à la puissance du lien humain et à la transmission par la culture. Cette pièce évite les clichés du « beau parleur » sauvant le « sans voix » ; ici, les deux personnages s’apportent autant l’un à l’autre, chacun apprenant à voir le monde avec les yeux de l’autre.

Les comédiens sont remarquables de sincérité. Lui, rustre mais jamais caricatural, laisse entrevoir ses fêlures avec pudeur. Elle, toute en finesse et malice, irradie d’un amour des mots communicatif. À eux deux, ils créent une alchimie rare, une complicité qui grandit sous nos yeux, avec pour seul décor un banc, quelques livres, et l’immensité d’une relation naissante.

Il est impossible de ne pas penser, en sortant de la salle, aux mots de Renaud dans Mistral gagnant :
« À m’asseoir sur un banc, cinq minutes avec toi… »
Car c’est bien de cela qu’il s’agit : prendre le temps, écouter, regarder, s’apprivoiser, et s’ouvrir à l’autre. La pièce nous rappelle que la culture n’est pas un privilège, mais un lien, un cadeau que l’on peut offrir, partager, transmettre.

« La Tête en friche » est une ode au pouvoir de la lecture, à la beauté des rencontres improbables, et à la dignité des gens simples. Une pièce tendre, pleine de grâce et de lumière. À voir absolument, pour sortir un peu plus humain qu’on ne l’était en entrant. Un pur moment de théâtre, doux comme une main posée sur l’épaule.
Coup de cœur humaniste du festival.

Théâtre des corps saints – 13h25

Du 4 au 26 juillet, jours pairs

Compagnie : les Affamés

Autrice : Marie-Sabine Roger

Mise en scène : Gilles Droulez

 

Maxime Michallet

 

 

 

“Les Garçons de la bande” , Mart Crowley

Théâtre du Roi-René, 21h40.


La pièce de Mart Crowley a connu un immense succès en 1968 à Broadway, marquant l’histoire du théâtre. Son impact a traversé les frontières et a été reprise en 1970 par Jean-Laurent Cochet. Son influence a également donné naissance à deux adaptations cinématographiques, confirmant son statut d’œuvre culte !
Aujourd’hui, 57 ans plus tard, cette pièce mythique est remontée dans une adaptation et mise en scène d’Antoine Courtray, tout en conservant son contexte original new-yorkais de 1968.

1970. Illégale aux États-Unis, l’homosexualité y est toujours définie comme une maladie mentale. 

La  pièce de Mart Crowley que Friedkin adapte dans un de ses premiers films ,dans lequel pour une des première fois à Hollywood  les protagonistes sont ouvertement homosexuels.

Ce succès du OFF à Brodway est aussi 55 ans après un succes du OFF d'Avignon grâce à Antoine Courtray - qui signe l'adaptation et la mise en scène - au Théâtre du Roi René.

La grande réussite de l'adaptation d'Antoine Courtray tient à la qualité de son texte qui ne cède ni à la mièvrerie ni aux clichés et conserve l'âpreté, la dureté et la mélancolie de l'œuvre originelle.

 

 

Solitude et amitié, jalousie, amour bien, acceptation de soi et de la vieillesse qui vole la beauté, le texte frappe au coeur notamment par son actualité toujours criante.

La mise en scène et la scénographe exhument à merveille  des années méconnues, aux violences intimes rarement soupçonnées.

L' interprétation  d'ensemble par neuf formidables comédiens- dont le plus connu, Frédéric Andrau qui joue Harold, celui qui fête son anniversaire-  donne à voir de l'humanité chez tous les personnages même ceux a priori  les plus froids . 

Michael, l'hôte du lieu, qui cherche chez chacun à faire son outing dans son "jeu de la vérité" personnalisé est aussi cruel que déchirant.

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  Du 5 au 26 juillet, Théâtre du Roi-René, 21h40. Durée : 1h125. Relâche les 9,16 et 23 juillet.

Rédacteur : Philippe HUGOT

 

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Parmi les films présentés, le public pourra découvrir le nouveau film de Zhang Yimou « Scare out », ( voir photo ci dessous) « Endless journey » de Dai Mo (multi primé en Chine), « The lychee road » de Dong Chengpeng...

 

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Du vendredi 22 au dimanche 24 mai, weekend Cannois dans les cinémas Pathé

 

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