[CRITIQUE] EDDINGTON: chaos au troisième round
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Nous sommes en mai 2020, en pleine pandémie. Américain en diable, Joe Cross se méfie des ordres venant de l’État fédéral et se permet, bien que n’y connaissant rien, de douter du discours scientifique.
Crânement, le shérif refuse même de porter un masque. Fâcheux quand on est censé représenter la loi. Dans le chaos créé par l’épidémie, il décide de tenter le tout pour le tout, et de défier, devant les urnes, le maire sortant, Ted Garcia
Son antithèse, un libéral, d’origine hispanique, écologiste convaincu mais hors sol.
L'affrontement personnel entre l'édile et le policier tourne à la joute politique... jusqu'à une escalade sans retour.
Ari Aster compte assurément parmi les cinéastes les plus en vue de Hollywood. Il fait partie, sans doute avec Robert Eggers («Nosferatu») et Jordan Peele («Nope») de ces jeunes réalisateurs US célébrés pour avoir réinventé le film d’horreur, en abordant ce genre avec une nouvelle ambition esthétique et politique.
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«Eddington», son quatrième long-métrage, en compétition au dernier festival de Cannnes bien que le moins horrifique des quatre, reste dans cette veine là tant cette fable sombre et incisive dissèque à vif une Amérique au bout du rouleau
Bienvenue dans un monde où la parole perce uniquement virtuellement et d'où naît une écoute tronquée menant à une violence absurde, jusqu'à un point de non retour.
La confrontation souvent délirante entre les deux hommes tourne au jeu de massacre, dans une bourgade en ébullition.
Une Amérique miniature, gangrenée par la paranoïa, le complotisme et les haines communautaires peuplée de citoyens hypnotisés par leurs smartphones.
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Entremêlant avec roublardise les tensions communautaires, un climat pandémique étouffant, le tout saupoudré de complotisme à tout va et de fake news, le film souffre malheureusement d'un trop plein et d'une certaine confusion narrative qui le perd vite dans sa propre spirale de chaos et malgré une ambition formelle des plus évidentes, le récit s'essouffle à vouloir mettre au jour les traumatismes d'un pays gangrené par les dérèglements collectifs.
Cette trop longue (2 h 28) plongée dans l’Amérique profonde au Nouveau-Mexique perd un peu de sa force en mettant finalement tout le monde à dos- son portrait d’un groupe d’activistes «progressistes» n'est pas vraiment flatteur.
Eddington, qui dans ses meilleurs moments fait penser à celui des frères Coen, finit par se perdre dans une représentation de la violence armée assez complaisante.
Finalement le chaos de la mise en scène épouse le chaos montré à l'écran, avec sa force et ses limites en même temps.
Eddington , de Ari Aster, avec Joaquin Phoenix, Emma Stone, Austin Butler, Pedro Pascal, Luke Grimes. 2 h 28. Sortie 16 juillet.
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