Notre journal de bord du Festival OFF Avignon 2025 : Jour 2
Pourquoi les gens qui sèment : Antigone face aux méga-bassines – La Factory / Salle Tomasi
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Nous sommes prié.es de nous installer rapidement. La réunion publique va commencer. Le préfet réunit les associations et les acteurs locaux sur la question épineuse des méga-bassines. Chloé, militante d’un des collectifs interrompt et prend la parole face à Antoine, désarmé. Ils se connaissent bien, depuis l’école de théâtre. Ils s’aiment malgré leurs désaccords. Elle, militante écologiste, appelle à la désobéissance civile ; lui, devenu préfet, est chargé de maintenir l’ordre. C’est là qu’apparaît le questionnement : faut-il suivre ce qui est légal ou légitime et juste ? La désobéissance civile est au cœur de cette nouvelle création de la compagnie Hors du temps et de l’auteur Sébastien Bizeau. Deux ans après la découverte d’Heureux les Orphelins au théâtre de l’Oriflamme, on retrouve une écriture incisive, une mise en scène ciselée pour aborder les liens entre politiques et médias, la criminalisation des militant.es (donc le recul de ce dit Etat de droit et de la démocratie) et bien sûr de l’urgence climatique. Parce qu’en ces temps, il en faut des pièces comme celle-ci. On a une fois de plus adoré et on leur souhaite un Avignon plein à craquer !
A 12H40 à la Factory / Salle Tomasi
1H20
Du 5 au 26 juillet 2025
Relâche les mardis 9, 16 et 23
Le Malade imaginaire : Redonner une santé au classicisme poussiéreux de Molière – Théâtre du Chêne Noir
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Exit l’Argan comique. Ici trône devant nous un Argan mafieux (de Wish) gangréné par l’addiction et le trouble. Le héros casse ses médicaments en deux pour en sortir la poudre, la même qui couvre ses yeux. Parce qu’ici, le parti pris de Tigran Mekhitarian est de transposer Molière à notre ère. Ce malade imaginaire n’est qu’un homme si affaibli et seul qu’il a besoin de son cri, de la violence et d’une ceinture pour se satisfaire d’une quelconque puissance et d’une affection de la part de ses filles. Entouré de Béline qui ne le désire que pour sa fortune, d’un Cléanthe en Lacoste TN et d’une Toinette (d’ailleurs on a adoré l’éclatante Marine) qui éduque les hommes de cette pièce au consentement, la modernisation insiste davantage sur le propos originel de Jean Baptiste Poquelin, même si le rythme tend à divaguer en deuxième partie. L’univers assombri sous les LEDS rouges et blanches tend à laisser les pointes d’humour tant promises, plus ensevelies par le ton grave et les cagoules. Mêler les vers de Molières au rap permet de redonner une santé au classicisme qui l’en empare et qui tendait à crisper les plus jeunes publics.
A 15h au Théâtre du Chêne Noir
1h20
DU 5 au 26 juillet
Relâche les 8, 15, 22 juillet
L’impératrice : Quand l’univers fantastique de Pina du théâtre de la Cape d’Argent parle au plus grand nombre – Théâtre des Barriques
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Éléonore, héritière pleine de joie du Royaume des Deux Soleils, est élevée par sa nourrice, ses parents étant débordés par leurs responsabilités royales. Alors qu’elle subit les moqueries à l’école, ses parents disparaissent brutalement et elle se retrouve catapultée à la tête du pays. Guidée par ces années de rejet et une soif de vengeance, elle part à la conquête des pays voisins. Ce qui lui attire des ennemis et l’attire dans le pays mystérieux de l’Entre-Terre, lieu de passage entre la vie et la mort. Elle s’apprête à vivre un voyage initiatique peu commun. La dramaturgie très visuelle basée beaucoup le travail des masques créés par Julien Donnot happe autant les jeunes publics que les plus âgés d’autant que le rythme est très soutenu et impose multiples changements de costumes en un temps record. Il faut aussi souligner la performance hilarante des comédien.nes et plus particulièrement Margaux Germay qui nous avait bluffé dans Saigner des Genoux.
Deuxième volet après Pina les Conte de la cape d’argent, le Théâtre de la Cape d’Argent avec la plume et la mise en scène d’Alexandre Lucas Becourt brosse un conte fantastique, attendrissant rempli d’humour qui aborde tant de sujets qui peuvent nous parler : le harcèlement scolaire, la capacité à exprimer ses émotions, la rédemption… Un genre théâtral auquel je ne me confronte pas assez mais que ça fait du bien de sortir de sa DA théâtrale !!
A 17H30 au Théâtre des Barriques
1H10
Relâche les 8, 15, 22 juillet
Arianne, un pas avant la chute : le Théâtre de l’Oulle transformée en salle de concert – La Factory
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20h sonne. La chanteur mondialement connue Arianne donne le dernier concert de sa tournée. C’est un peu le concert de sa vie comme lui fait remarquer la journaliste Olga lors d’une interview confession. Arianne vit pleinement comme toustes les stars de rock, son public la remplit. Mais sans lui ni son groupe, elle se sent tanguer. Derrière cet entretien fleuve, Olga tente de savoir un élément précis : que s’est-il passé le soir du dernier concert ? Tout s’est effacé de la mémoire de la chanteuse ; il faut reconstituer les pièces de sa vie. Si à notre sens, les enjeux de santé mentale dans l’industrie musicale sont un peu expédiés, Mathilde-Edith Mennetrier livre tout de même une performance étourdissante. On peut mentionner Sarah Horoks dont le regard traduit le désemparement à chacune de ses répliques.
Une énergie de zinzin règne sur le Théâtre de l’Oulle pendant ces 1H20 non-stop partagées entre un concert de rock, un exercice de plateau TV et une séance de psychothérapie. Thomas Gendronneau et la compagnie La Caravelle nous offre un moment enivrant et perturbant, lors les limites de la réalité s’engouffrent sous la célébrité rock dont beaucoup n’ont qu’en tête la funeste malédiction des 27.
A 20h25 à la Factory / théâtre de l’Oulle
1h15
Relâche les 8, 15, 22 juillet
L’abolition des privilèges : Hugues Duchêne et Maxime Pambet s’emparent de la nuit théâtrale du 4 août 1789 - Théâtre du Train Bleu
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Loupée au Théâtre 13 et au OFF 2024, l’occasion est trop forte pour ne pas s’y présenter. Alors que 22H30 a sonné, une assemblée se constitue. Un dispositif scénique quadri-frontal se présente devant nous, nous avons le choix ou non d’aller sur scène, projecteurs pleins phares. Après s’être installé sur l’estrade, on nous sert mousseux et verres de cristal, l’accueil est primordial. Mais seulement à notre groupe, les autres spectacteur.rices n’en disposeront point. Nous devinons après avoir intégré la noblesse du XVIIème siècle. Hugues Duchêne adapte avec maîtrise et exigence le roman de Bertrand Guillot. On remonte le temps, la nuit du 4 août 1789 au cours de laquelle est proclamée la fin des privilèges, équivalent à l’époque à la suppression du système féodal. Maxime Pamblet entre dans la cour ou plutôt le ring théâtral qu’est la presque Assemblée Nationale après un petit Facetime. Sa performance est plus qu’à saluer, les coups partent mais la défense ne diminue jamais. Sauf quand lui-même commence à ouvrir la frise historique : ce mot « privilège » n’est point réservé à l’ancien temps, il est au cœur de nos débats actuels quand certain.es prônent le ruissèlement des richesses. S’agit-il maintenant de proclamer une nuit du 4 août écologiste ou mettant fin au système patriarcal ?
A 22h15 au Théâtre du Train Bleu
1h15
Du 5 au 24 juillet
Relâche les 11, 18 juillet
Crédits photos : 1- Cédric Vasnier / 2- Patrick Fouque pour le théâtre de la Concorde / 3- Charlotte Assad-Grazian / 4- Blokaus
Jade SAUVANET
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