Notre journal de bord du Festival OFF Avignon 2025 : Jour 4
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Maïa (Louise Bénichou) et Alicia (Marion Brest), 13 ans, rentrent en 4ème. Heureuses de se retrouver, elles traversent l’année, la violence du harcèlement, les premiers rapports de force et les premières émois… Si les parents et l’amour reviennent tous les jours, l’exigence des profs et le travail pèse de plus en plus. La prof de français exaspère particulièrement Maïa, surtout avec ce Chateaubriand et ses Mémoires d’outre-tombe. Celle-ci se découvre une passion pour cette matière, une forme d’équilibre, de refuge face aux bouleversements de sa vie, jusqu’à ce que la pression prenne le dessus… La jeune collégienne affronte ses premiers troubles, l’anxiété la submerge jusqu’à l’isoler. Elle se décide alors, pour se soulager, de tenir un journal fait de lettres ou d’enregistrements à l’adulte qu’elle deviendra. L’auteur-metteur en scène Cédric Orain se penche, de son constat dans des ateliers d’écriture avec des élèves de 4ème et 3ème, sur le développement des troubles anxieux et dépressifs chez les adolescent.es. Chaque spectacteur.rice peut être touché au plus profond, public scolaire plus jeune comme adulte qui a vécu cette période charnière. Touché, c’est le minimum que nous pouvons ressentir en sortant de la salle. Nous, nous sommes sorties le cœur serré et les yeux humides, tellement c’était poignant !
A 9H45 au Théâtre du Train Bleu
50 min
Du 5 au 24 juillet
Relâche les 11, 18 juillet
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Sur la scène éphémère, nous sommes installées sur des bancs à hauteur de comédien.nes. La proximité nous le prouvera, l’émotion nous éclaboussera dès les premiers instants. Ceux où Lelia, Colin et Florent débarquent chez Maryse, leur mère, au soir de sa vie. Ce léger sourire aux lèvres agace, perturbe notamment Florent, dans ce moment de crépuscule oragé que la pénombre des lumières nous fait bien sentir. Maryse est une mère qui n’a jamais dit « je t’aime », n’a jamais fait de calin mais son langage de l’amour se symbolise par le sacrifice d’une vie pour que ses enfants ne manquent de rien. Chaque enfant se replie sur les souvenirs Cette histoire, qu’ils incarnent à tour de rôle, est entremêlée avec de vrais témoignages récoltés auprès d’habitantes et d’habitants de Sevran. D’autant que ce spectacle est d’abord né en appartement, permettant d’ouvrir à un public qui n’a pas l’habitude d’aller au théâtre.
Des vies abîmés par les maladies professionnelles, la dureté du quotidien sur les marchés et les risques de burn-out, c’est un récit qu’on entend trop peu au théâtre et c’est par la magnifique plume de Florian Pâque que le care se glisse en chaque spectateur.rice avec cette poésie bien plus politique qu’on ne le pense. La famille est plutôt un lieu de vulnérabilité au sens conflictuel plutôt que la source d’amour tant attendu au premier abord. Ce care prend le dessus d’autant plus lorsque la précarité touche les mères solas. Les souvenirs constituent la première étape d‘un deuil ainsi d’une porte pour redonner une dignité à la vie de leur mère que tant ont voulu écraser et invisibiliser. L’auteur aussi comédien forme avec Loelia Salvador et Nicolas Schmitt forme un trio d’une justesse bouleversante avec toute la complexité du lien fraternel, lien accompagné de non-dits qui ressortent. Les larmes coulent du début jusqu’à la fin, les mots touchent comme une pique jusqu’à se prendre une énorme claque dans la gueule ! C’est clair, C’EST NOTRE COUP DE CŒUR D’AVIGNON !
A 12h au Théâtre du Train Bleu – Espace Maïf / Salle Étoile
2h (trajets en navette compris)
Du 5 au 24 juillet
Relâche les 11, 18 juillet
Comment traverser les temps sombres ? : Chanter Arendt et Brecht pour pallier la sidération – Théâtre du Balcon
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Les temps sombres, sont, dit Hannah Arendt, ceux où « les gens cessent de demander autre chose à la politique que de les décharger du soin de leurs intérêts vitaux et de leur liberté privée ». Ces temps-ci sont bien présents aujourd’hui et nous pousse dans nos contradictions, entre l’action/l’engagement et l’impuissance. Audrey Vernon a voulu écrire pour prévenir cette dernière. Après la mort de Nahel, l’autrice et humoriste se penche sur le plan Borloo avorté sur les banlieues demandé par Emmanuel Macron puis jeté à la poubelle par lui-même. Surviennent l’escalade au Proche-Orient, Gaza et le RN quasi aux portes du pouvoir après la dissolution de juin 2024.
Elle décide de s’entourer des figures d’Hannah Arendt, Bertolt Brecht, Walter Benjamin et Günther Anders : ce que « je vois la réalité s’approcher de ce qui était pour moi de la fiction ». déclarait-t-elle dans L’Humanité il y a un an. En les citant et en les racontant, Vernon parle de notre rapport à la sidération face au génocide actuel et l’actualité anxiogène en proposant une comédie musicale sur la vie d’Hannah Arendt et d’y mener une introspection personnelle mêlée à la vie de la philosophe pour retrouver des moyens de combat. Hyper décalé, barré et sincère, c’est aussi pour cela qu’on aime la patte Vernon !
A 15H10 au Théâtre du Balcon
1H10
Du 5 au 26 juillet
Relâche les 10, 17, 24 juillet
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Camille, 16 ans, vit son adolescence dans les années 2000. Elle s’entoure de deux amis, Adrien et Magali, qui vivent et la soutiennent dans une période bien connu comme étant vulnérable, d’autant que l’amour familial tend à avoir manqué. En même temps que le bac, elle prépare l’examen du permis. Conseillé par une amie, elle rencontre son moniteur, Christian, 35 ans. Rassurant, la complimentant, Camille prend confiance à ses côtés, jusqu’à ce que la mécanique de l’emprise s’enclenche. Christian violera l’adolescente et la séquestrera, prétextant à une relation amoureuse que personne ne peut comprendre. Isolement classique de la victime par l’agresseur. 16 ans plus tard, le traumatisme revient au détour d’une conversation avec une psychologue. Levée de l’amnésie traumatique. La colère remonte à la surface, la libération de la parole devient indispensable pour détruire la honte. La jeune femme dépose plainte et fait face à la malheureuse mais bien connue non-écoute de policiers, déjà bien documentée dans le sillage de la révolution #MeToo. Remise en cause de sa parole et culpabilisation : Pourquoi la victime a-t-elle continué à voir son violeur ? Les allers-retours temporels entre 16 ans et 32 ans permettent de souligner les conséquences des violences des années plus tard. La mémoire et l’amnésie traumatique, détaillés pour ceux.celles qui sont moins informées sur les violences sexuelles, sont au cœur de cette création d’Elsa Androguer. Lumineuse et insoupçonnable, son jeu s’épaissit au fil du récit percutant jusqu’à faire jaillir la résilience.
A 19H25 à la Scala Provence
1H20
Du 5 au 26 juillet
Relâche les 7, 14, 21 juillet
Représentation supplémentaire le dimanche 27 juillet
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Si la nouvelle saison de Drag Race France vient de débuter, l’idée d’une saison concentrée sur les drag kings permettraient de visibiliser encore celles qui se saisissent du drag. Charlie est né.e d’une peur d’exister. Charlie est une extension d’Emilie Verheul qui se révèle un jour, dans la cour d’école lorsqu’Emilie danse. Personne ne la voit jusqu’à ce que tout le monde l’observe comme Charlie les regarde.
Visage sculpté, sourcils dessinés, costume rayé à l’élégance assuré : Charlie trouve un lieu où tout le monde peut se révéler, où la norme n’écrase plus. Si le chant lui permet d’exprimer les maux enfouis, la danse amène la couleur tant désirée pour se révéler (sans être Bozo le clown ni Dracula). Madonna est une alliée. Entre la sincérité du récit et la performance explosive, la puissance de Charlie D’Emilio se déploie au gré de la mise en scène sensible de Coralie Mennella qui nous replonge tant dans l’ambiance des cabarets et d’une inspiration voguing que dans le seule-en-scène sous sa forme théâtrale première, celle de raconter l’intime. Drag libérateur : Charlie D’Emilio est née devant nous et continuera d’éclore !
A 21H30 au Théâtre des Lila’s
59min
Du 5 au 25 juillet
Relâche les 9, 16, 23 juillet
Crédits photos : 1- Clément Foucard / 2- Jérémy Vitté / 3- Laura Gilli / 4- Marie Pétry / 5- Studio Louche
Jade SAUVANET
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