Poésie et voix de femmes / On a lu deux voix de femmes pour cueillir le beau malgré l’exil
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Entre exil et lumière, la poésie de Rupi Kaur et de Ketty Nivyabandi trace des chemins de femmes qui ont quitté leur terre natale pour renaître ailleurs, au Canada. L’Inde pour l’une, le Burundi pour l’autre : deux départs, deux déracinements, mais une même nécessité vitale — celle de tendre vers la lumière, comme on tend les mains vers le soleil.
Dans Le soleil et ses fleurs et Je suis un songe de liberté, la poésie devient un territoire refuge où l’exil se transforme en matière sensible. Leurs textes disent la perte, le manque, le deuil de ce qui fut — mais surtout l’apprentissage patient de la gratitude. Car il faut accepter de perdre pour mieux savourer les petites choses du quotidien : un mot, un geste, une lumière passagère.
Chez Kaur comme chez Nivyabandi, la douleur aiguise la sensibilité. Chaque image, chaque vers devient une tentative de réenchantement du réel. Une fleur, le soleil, la douceur d’un matin ordinaire prennent une valeur presque sacrée : ce sont des ancrages, des preuves de vie. Leur poésie invite à ressentir sans détour, à accueillir les émotions dans toute leur intensité.
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Ces deux ouvrages sont des odes à la femme forte — celle qui chute, doute, pleure, mais avance. Ils parlent d’acceptation de soi, de tolérance, d’amour et de résilience, sans jamais nier la violence du déracinement. La question n’est pas d’oublier la douleur, mais d’apprendre à vivre avec elle : comment (ré)apprendre à savourer les petits plaisirs du quotidien sans effacer les cicatrices ?
Lire ces recueils, c’est comme croquer de petits bonbons au miel : la douceur n’annule pas l’amertume, elle la traverse. Les mots transpercent, bouleversent, et donnent envie de vivre pleinement — de cueillir le beau, malgré tout.
« J’apprends à le faire chaque matin
cueillir le beau est mon nouveau combat » — Ketty Nivyabandi
« Parfois je m’empêche de
prononcer les mots à haute voix
comme si le fait de quitter ma
bouche pouvait les user » — Rupi Kaur
Deux livres à lire lentement, comme on laisse le soleil réchauffer la peau. Quand la poésie, enfin, met du soleil dans la vie.
Je suis un songe de liberté — Ketty Nivyabandi, Éditions Bruno Doucey
Le soleil et ses fleurs — Rupi Kaur, Éditions Pocket
Rédacteur : Maxime Dorian
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