Critique d'album : Bonne chance pour la suite, Cyril Mokaiesh : inquiet mais toujours debout?
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Cyril Mokaiesh, un artiste qu'on adore à Baz art et avec qui on a échangé plusieurs fois, a sorti il y a quelques jours un nouvel album "Bonne chance pour la suite".
UN album sorti un peu dans l'indifférence générale, et c'est à la fois aussi logique que totalement injuste.
Logique car, plus que jamais l'homme et l'artiste semblent être à des années lumières des standarts du star system d'aujourd'hui, comme il le déplore dans "Regarder passer les trains" , morceau parlé-chanté qui ouvre l'album. Un sorte de réquisitoire sur l'époque actuelle, entre lucidité et désenchantement.
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Les faux semblants de l'époque entre algorithmes arbitraires et autres simulacres sont dénoncés avec verve et sans fioriture.
Cyril épargne juste quelques figures contestataires (Coppola, Lindon) et les érige en figure de proue.
Bref, Mokaiesh ne rentre pas dans le moule, difficile des lors que les médias et radios traditionnels lui damnent le pion.
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Totalement injuste aussi car avec ce nouvel album, Mokaiesh confirme son talent immense de mélodiste et d'auteur à la plume acérée et jamais totalement nihiliste.
Mokaiesh, revenu à une forme de dépouillement (aucun duo, des arrangements réduits au maximum) une forme d’idéalisme, à rebours du cynisme ambiant : croire encore à l’amour, au lien, au collectif, à la valeur des jours ordinaires. Jamais résigné, en colère mais pas tant, Mokaiesh surprend au fil d'un album commencé de façon moins optimiste.
Tandis que "Approximatif "s’attaque aux faiseurs d’opinion et à leurs discours stériles ou qu' Envie d’air appelle à lever la tête et à ralentir., deux très belles chansons coécrites avec Raphaël; " Grâce à toi" et "À ce soir", adressée à son fils adolescent, révèlent un Mokaiesh plus serein, tendre, complice et toujours intense.
Il faut dire que niveau intensité, Mokaeish a mis le paquet. Sur cet opus, il s'est accompagné de Romain Humeau, tête pensante du groupe Eiffel , et à deux ils optent pour des titres amples, capables d’accueillir le tumulte sans perdre le fil des mélodies et des textes, comme a pu le faire parfois Cyril dans certains de ses albums précédents.
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On notera aussi le magnifique "Ecrire," «pour échapper au terrestre, sortir du bois, écrire comme on peste contre soi», chanson qui semble s'inscrire dans le sillage assumé du "Ecrire pour ne pas mourir "d’Anne Sylvestre , une anne sylvestre dont la radicalité semble totalement correspondre à l'esprit du disque.
On aime comme toujours chez Mokaiesh, cette soif de romantisme indestructible, cette persistance dans la recherche du mot juste qui ne cherche pas forcément à faire beau.
La quarantaine atteinte, Cyril Mokaiesh n'oublie pas l'ironie gentiment cruelle ni la dérision dont il nous avait habitué mais met un peu de coté la grandiloquence et la démesure pour aller à l'essentiel à l'épure et se sentir presque complétement apaisé dépouillée,
Une écriture fluide, directe, qui refuse l’amertume et cherche, coûte que coûte, des raisons de croire encore.
Naif, Cyril? peut être un peu, mais surtout combattant et résistant!!
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Cyril Mokaiesh- Bonne chance pour la suite (Un Plan Simple)
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