Baz'art  : Des films, des livres...
4 avril 2026

Rencontres du Sud : Éric Toledano et Olivier Nakache, pour « Juste une illusion », en salles le 15 avril.

« On parcourt la France en ce moment et il se passe un truc de dingue avec ce film ». C’est en ces termes qu’Olivier Nakache et Éric Toledano présentaient, le mercredi 18 mars dernier, lors des Rencontres du Sud d'Avignon, l’avant-première de leur neuvième long-métrage,"Juste une illusion".

« Intouchables », « Nos jours heureux », "Samba", "le Sens de la fête " : on ne présente plus ces réalisateurs qui cumulent les succès au box-office.

Cette fois, leur film se déroule en 1985. Vincent, bientôt 13 ans, vit en banlieue parisienne dans une famille de la classe moyenne, entre un grand frère distant et des parents en conflit permanent.

Alors qu'il n'est « déjà plus » un enfant et qu'il n'est « pas encore » un adulte, le spectateur va découvrir ses questions et ses doutes sur l'identité, l'amitié, la famille, la religion, le désir et les premiers élans amoureux.>

Bienvenue dans les années 1980. Et plus précisément en 1985. Le papier peint est orange, la moquette est omniprésente, la voiture en vogue est la R5 tandis qu’à la radio, les plus fidèles auditeurs tentent désespérément de gagner «la valise RTL» entre deux titres de Téléphone.

Voici l’ambiance dans laquelle nous plongent Éric Toledano et Olivier Nakache, ce duo de réalisateurs qu’on ne présente plus. 

  Les deux réalisateurs nous offrent ici une œuvre presque autobiographique et rouvre  par la même occasion la parenthèse enchantée de notre adolescence et de la leur.

Car c'est leur jeunesse en filigrane de ce portrait de Vincent, jeune de 13 ans qui, en 1985, va découvrir les joies, les peines, les doutes et les questions qu'on rencontre tous à l'arrivée de l'âge adulte. Une histoire portée à l'écran par Louis Garrel, Camille Cottin, Pierre Lottin et le jeune  acteur Simon Torreton, découvert dans Ducobu.

Leur volonté au travers de films comme celui ci mais aussi  Intouchables, Le sens de la fête ou Samba comme avec la série En thérapie ou en produisant les désormais incontournables Rencontres du papotin ? "Prendre en flagrant délit notre époque." Parler de sujets graves aussi, "parce que le succès ouvre des portes, offre une certaine liberté, mais donne une responsabilité. Donc on est allés là où on nous attendait moins."

Le duo de réalisateurs Olivier Nakache et Éric Toledano  lors de la projection de l'avant-première de « Juste une illusion ».

 

Loin d’être un simple «décor» de film, l’ambiance des années 1980 est bien le cœur du sujet traité par Olivier Nakache et Éric Toledano. «Il faut rendre extraordinaires les choses qui étaient ordinaires, explique le réalisateur Éric Toledano. "C’est une photo d’une époque, où toutes les choses que l’on a connues ont disparu, ont été éphémères comme notre passage sur Terre.»

 

Une époque où «ce n’était pas mieux avant», veut prévenir Éric Toledano, faisant référence aux problématiques préoccupantes de l’époque (sexisme, racisme, Sida ou encore chômage de masse) qu’il aborde à plusieurs reprises dans «Juste une illusion».

Pour respecter les années 1980 comme il se doit, la musique est omniprésente dans le film, comme dans les précédents –on se souvient notamment de la scène où Omar Sy danse sur «Earth, Wind and Fire» dans «Intouchables» –

Un Feel Good (qui fait du bien) un film sur les questionnements adolescents dans les années 80., mais alors vraiment du bien, dans la lignée de leurs précédents succès, mais d’une intimité qu'ils n'avaient encore jamais portée au cinéma.

 

 

Eric Toledano, qui avoue être «l’angoissé du duo» assure que la musique et leurs films ne va pas sans l’autre. En témoigne la scène où Vincent, âgé de 13ans, parvient à emballer la fille de ses rêves.

Un baiser qui semble durer des heures, sur «I’m Not in Love» de 10cc. De même pour cette danse enivrante dans laquelle Camille Cottin (la mère de famille) embarque son mari (interprété par Louis Garrel) sur «I’m So Excited», de The Pointer Sisters. «Cette scène c’est un peu le tournant du film, quand la mère se libère, accède à un poste de cadre», traduit le réalisateur.

On leur parle aussi du soin apporté aux détails dans le film, et même dès le début, «où les logos des sociétés de production et de distribution sont ceux de l’époque»,

 

Lorsqu'on leur demande surtout comment le duo Toledano-Nakache fait pour «avoir son propre style cinématographique». «C’est comme notre ADN", assure Olivier Nacache.  "Nos deux caractères mélangés, ça donne cette écriture-là. Et ce qu’on gagne vraiment, une fois qu’on a fait 20 millions d’entrées avec ‘‘Intouchables’’, c’est la liberté.»

Quitte à ne pas plaire. «Le pire qu’on puisse me dire à la fin d’une projection c’est ‘‘C’était sympa’’, ou pire, ‘‘C’était sympatoche’’. Je préfère que les gens me disent qu’ils n’ont pas aimé, plutôt qu’ils soient indifférents», rigole-t-il.

Et en parlant de plaisanterie, les deux réalisateurs ne sont pas en reste et même si on a promis de ne pas trop spoiler, on en laisse passer une ou deux . Quand il s’agit de se glisser dans la peau d’acteurs X pour parodier les cassettes pornographiques de l’époque, de colorer le personnage du gardien interprété par Pierre Lottin ou d’inventer une fausse histoire d’amour entre François Mitterrand et Helmut Kohl.

On ne s’en lasse pas et les spectateurs dès le 15 avril ne devraient pas s'en lasser non plus.

 

À découvrir en salles, le 15 avril.

Merci à @toledanonakache  et @gaumont_ , merci pour cet instant magique ✨
Photos de Guillaume Samama

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