Le sang des collines de Scott Preston: on a lu et adoré le Prix «Le Point» du Polar européen 2026
Le prix «Le Point» du Polar européen 2026 a été attribué à Scott Preston pour son roman "Le sang des collines" , traduit de l'anglais par Paul Matthieu, publié chez Albin Michel.
Le nom du lauréat a été dévoilé par le jury à l’occasion du festival Quais du Polar du 3 au 5 avril dernier parmi une sélection de sept finalistes. En général, ce prix est une valeur sure du polar, et selon notre chroniqueur spécialiste du polar c'est encore le cas pour cette année !
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Tourbières, bruyères et sombres collines du nord-ouest de l'Angleterre sont le décors de la vie de Steve, William et Hélène, trois amis d'enfance qui n'ont jamais pu quitter cette région reculée marquée par la pauvreté . Deux fermes isolées, deux hommes, une femme et des moutons bientôt rattrapés par l'ultra violence qu'engendre la pauvreté.
Steve, le narrateur passif, observe sa vie faite de fatalité, de mauvaises rencontres et de renonciations, Steve parfaite victime du déterminisme social cher à notre non moins cher Pierre Bourdieu.
Ecriture sèche et précise, chronique rurale presque documentaire sur la vie des derniers éleveurs ovins de la région de Cumbrie. Roman régionaliste mais aussi polar noir et récit introspectif, le spectre narratif du récit de Scott Preston est large. Description méthodique d'un paysage tourmenté, de la tonte d'un mouton comme de la psyché de Steve notre guide, le romancier réussit le tour de force d'un violent néo-western anglais avec ovidés qu'il soupoudre d'une triste histoire d'amour à la " Jules et Jim ".
Un premier roman très prometteur.
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Extraits :
" Eric-aux-Esgourdes, mon paternel, surnommé ainsi à cause des deux gros choux-fleurs qu'il avait de part et d'autre du crâne. Armé seulement de sa serpette, il avait extirpé deux cents moutons coincés dans les collines de Brimlaw pendant l'hiver du siècle, planté toutes les haies de chez nous jusqu'à Towthwaite, envoyé valser Tom le Chauve sur un ring de lutte écossaise en l'attrapant par les derniers poils qu'il avait sur le caillou, passé cinq ans dans la marine marchande au coté d'un certain Oncle Lanty, avec qui il avait participé à une opération près de Chypre dont ils ne parlaient jamais. Tout ça, je pourrais vous le raconter – mais ça ne lui rendrait pas justice. Si je vous disais qu'on ne s'entendait pas très bien lui et moi, ça reviendrait à dire que c'était un homme avec qui on pouvait s'entendre. C'était quelqu'un de contradictoire. Il parlait sans cesse de l'importance de la famille mais il ne sortait jamais de chez lui. Il me disait de faire quelque chose de ma vie, et il était le premier à se bidonner quand il me voyait me passer un coup de peigne. Il aurait fait n'importe quoi pour sa femme, pour son fils, sauf si c'était quelque chose qu'il n'avait pas envie de faire. Au pub, il jacassait à en épuiser le soleil lui-même, mais à la maison, il n'ouvrait la bouche que s'il était d'humeur à se lancer dans une dispute, et il fallait toujours qu'il ait le dernier mot – et cette fois encore il l'avait eu, parce qu'il était mort d'un arrêt cardiaque avant qu'on ait pu se revoir. "
" Il m'arrivait de me demander ce qu'Helen fichait ici, dans les fells. Cette fille qui confectionnait ses propres vêtements, des robes dignes de figurer dans les magazines féminins. Qui portait des écharpes en velours en été et des chemisiers à fleurs en hiver. Qui gardait des bouteilles de vin au frigo et se servait d'un couteau et d'une fourchette pour manger même quand elle avait les mains propres. Mais quand je l'ai vue faire avec les bêtes, j'ai compris. Partout où elle mettait les pieds, le sol semblait soudain plus ferme. Elle avait un paquet de muscles cachés dans les bras. Le visage piqueté de taches de rousseur. Vous pointiez du doigt n'importe quel fell et elle connaissait son nom. Elle savait commander aux nuages d'éclater, prédire une tempête en observant le plumage d'un étourneau et déchiffrer toutes les nuances de la lumière du jour. "
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Le Sang des collines
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Auteur
Scott Preston
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Genre
Roman noir
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Editeur
Albin Michel
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