On y était : PAD Paris 2026 : un rendez-vous incontournable entre design et création contemporaine
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PAD 2026 : un rendez-vous incontournable entre design et création contemporaine
Créé en 1998, le PAD, premier salon de design, s’est imposé au fil des années comme un rendez-vous incontournable pour les collectionneurs et les amateurs de design du monde entier.
Chaque année aux jardins des Tuileries, le PAD réunit des galeries internationales et françaises de Design moderne, et contemporain.
Le PAD raconte les tendances du design. Il réunit chaque année dans un lieu unique les époques, les formes, les matières…
Chaque édition redessine les contours d’un art de vivre, d’observer le beau, de s’inspirer, et de collectionner…
Pour cette édition, certaines galeries, notamment venues de Bruxelles et de Suisse, incarnent cette tension féconde entre ancrage local et rayonnement international.
À travers le regard d’une galerie et d’une artiste designer exposée, essayons de comprendre ce qui se joue aujourd’hui : dans les choix, dans les stratégies, mais aussi dans les intuitions.
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Que représente aujourd’hui le PAD Paris dans votre parcours de galeriste ?
« Le PAD revêt une importance capitale pour nous. C’est l’un des principaux salons du design en Europe, une région clé pour notre activité. C’est également l’un des premiers salons exclusivement consacrés au design, avec une longue histoire derrière lui. Participer au PAD implique un processus de sélection très rigoureux ; le fait d’être choisi pour y exposer vous place donc véritablement parmi les meilleurs, ce qu’on pourrait appeler la crème de la crème. Pour nous, cela en fait une plateforme d’une importance capitale. »
Comment choisissez-vous les artistes que vous représentez ? Existe-t-il des critères précis ou une part d’intuition ?
« Pour nous, c’est un processus très précis et réfléchi. Comme le suggère le nom de notre galerie — des objets qui racontent des histoires —, nous sélectionnons les artistes en fonction des récits que leurs œuvres véhiculent. Mais cette histoire résulte de multiples facteurs.
Tout d’abord, il doit y avoir un véritable coup de foudre – un lien émotionnel immédiat avec l’œuvre d’art. Mais au-delà de cela, comme nous travaillons avec un groupe d’artistes très restreint, les relations sont essentielles. Nous accordons une grande importance non seulement à notre lien avec chaque artiste, mais aussi à la façon dont les artistes interagissent entre eux.
Il est important pour nous que chacun respecte le travail des autres, en particulier lorsqu’ils sont exposés ensemble dans le même espace. Idéalement, le dialogue entre leurs œuvres crée quelque chose de plus grand que la somme de ses parties.
Et comme nous abordons tout avec une vision à long terme plutôt qu’à court terme, établir un lien solide et significatif avec chaque artiste est un élément crucial de notre processus de sélection. »
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Est-ce que vous privilégiez des artistes émergents, confirmés, ou un mix des deux ?
« Pour nous, il s’agit vraiment des deux à la fois : ce n’est pas l’un ou l’autre. Nous les considérons comme complémentaires, chacun renforçant l’autre.
Les artistes confirmés sont essentiels car ils apportent un gage de qualité, d’expérience et d’excellence générale. Ils jouent également un rôle important en inspirant le public, notamment la jeune génération de collectionneurs et de spectateurs.
En même temps, il est très important pour nous de soutenir les artistes émergents et de leur offrir des opportunités, car ils se trouvent à un stade où la visibilité et les encouragements sont cruciaux.
Lorsque l’on présente les deux ensemble dans un même espace, il s’instaure un échange dynamique qui rehausse l’ensemble de l’exposition. En ce sens, ils se mettent véritablement en valeur l’un l’autre. »
Comment avez-vous construit la cohérence d’ensemble au sein de votre stand ?
« Pour nous, la cohérence est absolument essentielle. Mon frère et moi, en tant que fondateurs de la galerie, avons tous deux une formation en architecture ; la réflexion spatiale joue donc un rôle central dans tout ce que nous faisons.
Lors d’un salon, on est entouré de milliers d’objets ; l’atmosphère peut sembler très dense et visuellement saturée. Notre intention est donc de créer quelque chose de plus intime, un espace qui permette aux visiteurs de ralentir le rythme et de s’immerger plus profondément.
Nous pensons que l’espace est tout aussi important que les œuvres elles-mêmes. Une œuvre ne peut véritablement se démarquer que lorsqu’elle est placée dans le bon environnement. C’est pourquoi nous accordons tant d’importance à l’aménagement global.
Nous commençons généralement à concevoir notre stand environ six mois avant l’ouverture du salon. Chaque détail est soigneusement étudié – chaque emplacement, chaque couleur, chaque matériau – afin que l’ensemble forme un récit cohérent.
Au final, notre objectif est de créer une expérience totalement immersive, où les visiteurs peuvent entrer dans l’univers d’objets dotés d’histoires. »
Le regard de la créatrice designer Alexandra Jonckers, de la maison Jonckers :
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Pouvez-vous nous présenter notre maison de création ?
« Pour nous présenter brièvement, MAISON JONCKERS est un studio d’artistes familial fondé par mon frère Grégoire et moi-même, Alexandra. À rebours d’une production éditée, nous concevons et réalisons des pièces uniques, meubles d’art et sculptures, pensées comme des œuvres à part entière. »
Comment définiriez-vous l’univers que vous développez à travers vos créations ?
« Pour nous présenter brièvement, MAISON JONCKERS est un studio d’artistes familial fondé par mon frère Grégoire et moi-même, Alexandra. À rebours d’une production éditée, nous concevons et réalisons des pièces uniques, meubles d’art et sculptures, pensées comme des œuvres à part entière. »
Les tendances actuelles du design influencent-elles votre travail ?
« Nous observons les évolutions du design comme un reflet de notre époque, mais nous nous en détachons volontairement. Notre démarche s’inscrit dans une temporalité plus lente, privilégiant la pérennité à l’immédiateté. Nous cherchons à produire des formes qui résistent au temps et échappent aux logiques de tendance. »
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Vos créations s’inscrivent-elles davantage dans le champ du design, de l’art, ou dans un entre-deux ?
« Nous nous situons naturellement entre les deux, avec une sensibilité très ancrée dans le champ de l’art. Nos pièces peuvent avoir une fonction, mais elles sont avant tout pensées comme des œuvres. Être à la frontière nous permet de rester libres : les contraintes du design ne limitent pas notre travail, elles le nourrissent. »
Le design est souvent à la frontière de l’art et de la fonction. La notion d’objet, entre usage et esthétique, est-elle centrale dans votre travail ?
« Oui, l’objet est un point de départ important. Mais nous nous intéressons surtout à ce qu’il dégage : sa présence, son rapport à l’espace, à la lumière, au toucher. La fonction existe, mais elle s’efface souvent au profit d’une expérience plus sensible. »
Le public français a-t-il, selon vous, une sensibilité particulière face à votre travail ?
« Le public français est souvent très attentif à la matière, au détail et au savoir-faire. Cela crée une vraie résonance avec notre travail. Mais nous constatons aussi que cette sensibilité est largement partagée ailleurs. »
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Enfin, qu’aimeriez-vous que le public retienne ou ressente en découvrant votre travail ?
« Nous aimerions avant tout créer un moment de pause. Que nos pièces invitent à regarder autrement, à s’approcher, à prendre le temps. Si elles suscitent une émotion, même discrète, ou une forme d’attachement, alors elles existent pleinement. Notre intention est d’ouvrir un espace sensible, plus que de livrer un message. »
Le Pad Paris est à retrouver au jardin des Tuileries pour sa 28e édition du 8 au 12 avril 2026.
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