Mexique début du XXème siècle.
Les troupes révolutionnaires du général Reyes pénètrent dans la petite ville de Cholula. Comme toutes bonnes armées révolutionnaires de l'époque, les militaires confisquent les biens de la bourgeoisie locale pour les distribuer aux pauvres, tout juste avant de fusiller les notables.
Mais en visitant la ville conquise, le militaire tombe littéralement amoureux, une première fois pour ce grand et fier garçon.
Une femme croisée dans les rues de Chochula a osé lui tenir tête, un femme aux yeux de braise à soutenu son regard ( le général à aussi des yeux de braise) et elle l'a même gifler la drôlesse.
Devant autant d'audace, de fierté et de résistance, le général ne peut résister, justement, ( Maria Félix a les yeux revolver ). Mais drame cornélien, racinien et même shakespirien, Beatriz est la fille du plus gros notable de la ville qui est sur le point d'être passé par les armes et, cerise sur le gâteau, la belle et fier jeune femme doit très prochainement se marier à un ingénieur hydraulique ( signe de progrès) venu d'ailleurs.
Beatriz, fille de la bourgeoisie méxicaine vieillissante, succombera - t- elle au beau et rustre révolutionnaire qui vole les riches pour donner aux pauvres ?
C'est du beau, du vrai mélodrame romantique sur fond de révolution mexicaine. Avec la photo de Gabriel Figueroa, le film jouit par ailleurs d'une certaine beauté visuelle et son aspect moraliste fascine sur fond de révolution mexicaine.
Attention, pépite. " Enamora " ( amoureuse, dans le texte ) est un objet cinématographique d'une beauté rare.
Si le scénario coche toute les cases de la romcom classique et son dilemme amoureux et social, la beauté des images, des décors et des deux protagonistes emportent tout.
Maria Félix la plus belle femme de l'Amérique du Sud et du Nord et même du Monde et Pedro Armendariz forment un couple mythique, drôle et résolument moderne.
Mais ne comptez pas sur moi pour divulgacher un final à la tension très finement réalisée.
Une belle découverte, un film indispensable au cinéphile curieux ( pléonasme).
N'oubliez pas la devise du cinéphile Baz'art :
" il n'y a pas de vieux film, il n'y a que des films que l'on n'a pas vu. "